Facebook ne cesse d’attirer. On vient y retrouver ses amis, s’en faire de nouveaux, entretenir ses connaissances ou encore travailler son réseau professionnel… Ouf, ça fait déjà beaucoup. Mais les usagers de la plate-forme du moment ont plus d’un tour dans leur sac. Voilà que Facebook a désormais une nouvelle utilité : agréger les mécontents, leur permettre de se reconnaître et de donner tous ensemble de la voix. De quoi rejoindre la panoplie du consumérisme.
HSBC vient d’en faire les frais outre-manche. Rappel des faits (chez Ecrans notamment) : la banque décide d’augmenter les agios auprès de ses clients étudiants à découvert. Branle bas de combat du côté du NUS (National Union of Students, le principal syndicat étudiant britannique) qui lance dans la foulée un groupe Facebook, Stop the Great HSBC Graduate Rip-Off!!!
La mobilisation porte suffisamment ses fruits : environ 4000 membres s’inscrivent en plein mois d’août sur le groupe (aujourd’hui il en compte plus de 6000), plus de 1000 commentaires… HSBC fait marche arrière dans un communiqué commun avec le NUS
Pour Wes Streeting, Vice-président du syndicat étudiant et créateur du groupe, Facebook a été central dans cette campagne : il a permis de toucher des étudiants non militants ou des anciens qui ne fréquentent plus les campus, le tout durant une période de mobilisation creuse – les vacances.
On peut ajouter également que les fonctionnalités de la plate-forme permettent d’archiver et partager les preuves matérielles nécessaires dans ce type de mobilisation. Sur le groupe administré par le NUS, chacun peut consulter quelques courriers envoyés par HSBC à certains étudiants. La critique prend appui sur des preuves disponibles à tous et non uniquement sur des mots d’ordre ou des appels à mobilisation.
Ainsi, la capacité d’agrégation offerte par Facebook peut être, à terme, un outil puissant pour prendre collectivement la parole et compléter les actions consuméristes habituelles. Et tout ceci à moindre coût, ce qui laisse présager une appropriation rapide.
5 septembre 2007 à 11:40 |
[...] François Guillot vient d’écrire un billet où il montre comment Facebook peut devenir une arme citoyenne… Il n’y a plus que les blogs dans l’arsenal du cinquième pouvoir… d’ailleurs je rappelle qu’il n’a pas commencé par eux et que pratiquement aucune de ses victoires se sont faites à travers eux… c’est pour cette raison que les blogs doivent se trouver une véritable raison d’être. [...]
5 septembre 2007 à 4:25 |
Facebook nous promettrait-il de belles joutes par groupes interposés lors des prochaines échéances électorales ? Par exemple les municipales à Paris ?
5 septembre 2007 à 4:29 |
Certainement mais je ne sais pas si ces joutes seront déterminantes ou gadget. C’est déjà largement le cas aux USA (Facebook, MySpace) pour les primaires. Tiens, je ne sais pas si tu avais vu ce billet à ce sujet : http://internetetopinion.wordpress.com/2007/08/21/influence-des-reseaux-sociaux/
5 septembre 2007 à 6:00 |
En tout cas, c’est une histoire bien utile. Facebook, c’est un peu la class action version communication : un formidable porte-voix et une opportunité de montrer l’envergure d’une mobilisation. L’avantage : les spécialistes des coups médiatiques devront maintenant prouver qu’il y a du monde derrière eux. ça va être de plus en plus difficile de se drapper dans l’intérêt général sans prouver qu’on est suivi…
5 septembre 2007 à 11:47 |
Imagine quand les class actions seront possibles en France (c’est tout à fait possible, Emmanuel m’en parlait l’autre jour) : c’est peut-être là que le web fera une vraie démonstration de pouvoir…
29 novembre 2007 à 3:22 |
[...] Quels que soient les résultats ces questions me semblent à creuser. (La mobilisation des étudiants britanniques contre HSBC est du même acabit) [...]