L’impact des leaders d’opinion : le cas Parker (très spécifique mais si instructif)

Bon, coupons court à toute ambiguïté : oui l’équipe de France de Basket joue ce soir contre la Lituanie; et non, je ne parle pas de Tony mais de Robert Parker, un des experts les plus reconnus sur le marché viticole (tiens pour s’en convaincre il suffit de suivre l’autopromo du grand chef).

rparker.pngParker, dans son style, est sans contexte un leader d’opinion : chroniques dans The Wine Advocate, guides, livres, sites Internet, les notes du bonhomme sont guettées par la profession. Etait-il possible, pour autant, de quantifier son influence et son impact sur le marché ? Oui, à la lecture de l’étude de trois économistes de l’INRA qui ont rendu leur conclusion dans un document de travail au titre malicieux « The impact of gurus : Parker grades and en primeur wine prices » (26 pages, avec annexes et en anglais).

L’enquête date de quelques années désormais mais a été portée à ma connaissance par la chronique éco de ce jour dans Libération (foire aux vins oblige) et signée Pierre-Yves Geoffard ( à consulter sans modération si vous souhaitez en savoir plus sur cette étude).

Nos économistes de l’INRA ont pu travailler sur des données naturelles suite à un coup du sort en 2003. R. Parker vient chaque année au printemps déguster certains vins français en primeur. (Incise pour les incultes comme moi : certains vins de Bordeaux sont vendus en primeur, c’est-à-dire avant même maturation complète). Or en 2003, l’ami Parker ne se rendra dans notre belle contrée qu’à l’automne – après la vente de ces mêmes vins. Donc si vous avez suivi, en 2003, les prix de ces vins ont été fixé avant la publication des notes de Parker, contrairement aux autres années.

De quoi aiguiser les outils favoris des économistes qui ont donc cherché à saisir les effets de cette absence de notation. Résultat sans appel : les vins notés par Parker connaissent une augmentation moyenne de 3 euros par bouteille.

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Bien sûr, ce cas est très spécifique au marché du vin mais il vient s’ajouter à bien d’autres enquêtes (dont on parlera un jour c’est sûr) sur les leaders d’opinion. Généralement, leur influence est évidemment très difficile à identifier et à isoler. Cette absence d’un printemps a été une vraie aubaine pour saisir de manière empirique son impact. Quant à connaître l’effet Tony Parker sur la vente de Kinder, c’est une autre histoire.

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