Information R/evolution, la nouvelle vidéo de Michael Wesch

De nombreux blogs en ont déjà parlé et François Guillot l’avait évoqué, mais j’assume le fait d’être à la (longue) traîne. Michael Wesch, professeur d’anthropologie est, à ses heures (non) perdues, un vidéaste de talent qui nous sensibilise aux nouveaux enjeux et conséquences d’Internet sur nos modes de pensée (le site de son groupe de travail).

Il a posté sur YouTube une nouvelle vidéo, Information R/evolution, sur nos manières de gérer et de distribuer désormais l’information. Par la qualité de la réalisation, de la pertinence des questions qui sont soulevées et de la fulgurance de certains propos, cette vidéo est à regarder (et à méditer) absolument :

Pour ma part, je suis beaucoup moins convaincu et enthousiaste qu’après le visionnage d’une autre de ses célèbres vidéos, The Machine is Us/ing us. En effet, cette nouvelle démonstration en image me semble passer sous silence de nombreux faits et exemples qui altèrent grandement l’optimisme qui sous-tend son argumentation (en gros, le prémisse argumentatif réside dans l’idée que « nous sommes l’information », que « nous produisons l’information », un « nous » et une généralisation qui ne me satisfont guère : les faits me semblent infirmer en grande partie cette vision ; en effet, les médias de masse même si leur audience s’érodent ou stagnent restent très structurants aujourd’hui ; pour ce qui est de l’avenir il nous le dira en temps et en heure). The Machine is Us/sing us a la qualité d’être cohérente avec de nombreuses recherches en anthropologie de l’écriture. Information R/evolution cède un peu plus à la facilité pour l’évangélisation d’une hypothétique sagesse des foules. Voilà pour mon point de vue, je serais ravi d’avoir le vôtre.

Pour les nouveaux venus ou les aficionados, je me sens Henri Langlois et i&o se fait Cinémathèque :

7 réponses à “Information R/evolution, la nouvelle vidéo de Michael Wesch

  1. La musique est terrible en tous cas ;o)

  2. Emmanuel Bruant

    Oui, c’est peut-être bien le seul défaut esthétique de ces deux vidéos. Preuve que l’on ne peut être compétent dans tous les domaines.

  3. à ces heures > à ses heures
    altérent > altèrent
    prémice > prémisse
    sérodent > s’érodent
    en tant et en heure > en temps et en heure
    qualité qualité > qualité
    ravis > ravi
    En effet, quoique séduisantes et bougrement efficaces (à l’américaine ?), les vidéos de Wesch manquent de dimension critique. Ne pas parler de l’évolution ou de l’involution orthographique, sémantique, syntaxique et grammaticale de cette explosion de mots est un peu dommageable par exemple. Mais il est vrai que jusqu’à présent nous avons pris le problème de la publication comme second après celui de la maîtrise de la pensée et du langage (écoles de journalisme, par exemple). Que devient le milieu dans lequel une telle production inverse le rapport et place la production avant la correction et la relecture ? Peut-être observera-t-on une plus grande souplesse dans les modes d’expression ?

  4. Je vais corriger les fôtes de mon camarade qui je crois n’a pas à accès à Internet ce week-end et par ailleurs déteste se relire. Ceci dit, je ne pense pas qu’il ait besoin qu’on les lui pointe une par une…

  5. Emmanuel Bruant

    Oh cela est de bonne guerre et je vous prie de m’en excuser (cela prouve que nous sommes lus). De plus, trouve que la question posée par Alexis est très pertinente. Cela dit, on peut la retourner : que devient le milieu dans lequel une telle production inverse le rapport et place la correction et la relecture avant la production? Pour être corrigé et se relire il faut avoir produit et écrit, non? Mais il est vrai que tout bon grammairien honni le principe de charité. C’est pour cela qu’on les aime.

  6. Hi hi, splendide la précision de François sur honni :D
    Non, franchement, je pensais qu’une fois les corrections faites vous les ôteriez de mon post puisque ces remarques n’ajoutaient rien au débat, j’aurais dû le préciser j’ai été naïf. Je suis désolé d’avoir si facilement critiqué l’orthographe d’Emmanuel.
    Finalement je me demande si ces erreurs ne me sont pas apparues comme soulignant le décalage qui existe entre une orthographe déliée et son équivalent strict alors même que l’article s’interrogeait sur les évolutions des pratiques liées à l’écriture online. Ainsi, cela fait quelques temps déjà que je m’imagine voir bientôt les moteurs de blog intégrer des fonctions de correction automatique de l’orthographe des posts a posteriori. On pourrait imaginer aussi un système intégré au code de la page et faisant appel à des fonctions server-side permettant aux internautes de corriger les fautes par consensus. Une fois qu’un lecteur aurait signalé une erreur possible, celle-ci apparaîtrait d’une façon légèrement différente aux lecteurs de la page, à charge pour eux, de « voter » pour ou contre le changement proposé. On vit vraiment la préhistoire du web 2.0 en fait :)