L’avenir des médias en ligne en 6 questions

On parle beaucoup de l’avenir de la presse écrite, mais une autre question mérite d’être posée : celle de l’avenir des médias en ligne.

Je ne parle pas ici du web communautaire mais des médias professionnels : ces rédactions qui emploient et (sous)paient les journalistes et ont besoin d’un modèle économique pour vivre, donc pour publier.

De nombreuses, et passionnantes, lectures récentes dans les communautés web dédiées au journalisme apportent des éléments éclairants. Ou noircissants, c’est selon.

Voici 6 questions, ou enjeux, qui s’efforcent de synthétiser la situation à partir de ces différentes sources.

1. Comment un site média peut-il gagner de l’argent ? Un modèle économique est-il seulement possible ?

Malgré la croissance des audiences d’Internet, la question nécessite d’être posée. Voir à ce sujet le billet de Cédric Motte de Chouingmedia qui mérite vraiment lecture et qui vient rappeler à quel point la situation est difficile dans les rédactions en ligne.

"Les sites bénéficiaires sur leur activité éditoriale sont extrêmement rares", écrit Cédric Motte. Un constat qui est aussi celui des intervenants de la dernière conférence organisée par le SNJ intitulée "Le web, sauveur ou fossoyeur du journalisme ?" (un très bon résumé chez Ceucidit).

Quelques exemples appuient ce propos :

- "A ma connaissance un site comme Rue89 a rentré les meilleures mois 30 000 euros de publicité et c’est très largement moins que ce qu’il faut. Il y a des mois il ne fait que 1000 euros", dixit Gérard Desportes de Mediapart cité chez Ceucidit.

- Chez Backchich : un tout récent appel à la générosité des lecteurs

- La situation de rédactions online bénéficiaires est à relativiser : Lemonde.fr, annoncé comme bénéficiaire, republie des articles de l’édition originale dont le coût de production est supporté par les médias papier. Même si l’édition online paie un prix pour ce contenu, ce prix ne serait pas "le juste prix" (dixit Narvic dans les commentaires de Chouingmedia).

En d’autres termes, Lemonde.fr serait "subventionné" par la version papier. Ce qui pose la question suivante : si le média en ligne est bénéficiaire (techniquement, il gagne de l’argent), que coûte-t-il à la version offline ?

Car les audiences se déplaçant vers Internet, il y a forcément un manque à gagner pour la version papier. Et on a beau jeu de dire que la version web est un produit d’appel pour la version papier, qui peut dire qu’Internet rapporte des lecteurs à la version papier plus qu’il n’en coûte ?

Et maintenant que tout média qui se respecte dispose de son site web d’information, ne peut-on pas se demander si il était seulement dans l’intérêt des médias de basculer sur le web ? La question peut paraître sotte puisque les audiences se déplacent de toute façon sur le web qui est le média d’avenir, mais ne peut-on pas se demander si la migration vers le web n’accélère pas le déclin des médias traditionnels… alors que les business models du web ne sont pas définis ?

* Le problème du prix de la publicité

Le problème du modèle économique est, selon Cédric Motte, le prix de la pub :

"il est impossible de vivre d’un site d’informations de qualité. La faute à qui ? Pas du tout à une audience qui ne serait pas là : les sites d’infos sont parmi les plus visités. Non, la faute, encore et toujours, au prix de la pub." (…)

"Pour qui a connu les régies pub des gros portails de l’époque, ils allaient parfois jusque -80% pour du CPM. Forcément, quand Yahoo annonce un CPM ridicule, qu’AOL embraye et que MSN ne dit pas non, à une époque où ils concentraient toute l’attention, cela a perverti les annonceurs… Du coup on se retrouve avec des CPM autour des 5-10 euros."

(CPM = coût pour mille contacts)

* L’abonnement : une solution marginale ?

Si la pub ne permet pas de vivre, comment gagner de l’argent ? Le web d’information payant est encore loin d’avoir fait ses preuves. De ce point de vue les expériences encore récentes d’@rrêt sur images et Mediapart seront pleines d’enseignements. (Personnellement je ne suis pas convaincu de leur viabilité économique).

Là où il semble y avoir un pouvoir d’achat pour de l’information en ligne, comme le relève Cédric Motte toujours lui, c’est chez les cadres, dans les entreprises, là où l’information a une valeur économique et financière (ce sont les entreprises qui paient les abonnements). Ce qui positionne de façon favorable les marques média très installées et très CSP+ ou "leaders d’opinion".

L’abonnement ne serait-il qu’une solution que pour une minorité d’acteurs avec un profil précis ?

* Les autres façons de gagner de l’argent

Rue89 (par exemple) vend des services éditoriaux. Les sites leaders sur leur catégorie sont aussi des sites de services : Aufeminin.com, Boursorama, Allocine… ne sont pas des sites exclusivement de contenu. Cédric Motte :

Quels sont les sites qui gagnent de l’argent ? Ceux qui ont transformé leur modèle médias initial (je suis un site média sur les femmes pour aufeminin, je suis un moteur de recherche pour google, je suis un réseau social pour myspace) en modèle de services BtoB.

Si il faut vendre du conseil éditorial ou du conseil marketing pour vivre (ce que fait Yahoo par exemple), cela pose de nombreuses questions. Déontologiques (conflits d’intérêt, indépendance de la presse), mais aussi par rapport au marché du conseil : les sites médias seront-ils les nouveaux concurrents des agences de com demain ?

Enfin sur cette question des modèles économiques, la lecture du prochain bouquin de Chris Anderson, "Free", peut être éclairante. Anderson ne parle pas de l’industrie des médias en particulier mais écrivait qu’il y a des dizaines de modèles économiques :

"le "freemium" (une version gratuite grand public, une version payante, et très chère, pour un petit nombre de professionnels) ; le modèle publicitaire (que Google est en train de transformer considérablement) ; les "cross-subsidies" ; le "zero marginal cost" ; le "labor exchange" ou encore le modèle du "gift" (cadeau) etc."

(Lire le papier d’Anderson qui annonce son bouquin et cette analyse de Frédéric Martel).

2. Que peut-on attendre de la publicité et des annonceurs ?

A partir du moment où on fait le constat que les situations économiques des rédactions sont particulièrement compliquées et que le principal problème est dans les revenus de la publicité, la question qui se pose est de savoir comment ces revenus publicitaires peuvent évoluer.

Je ne sais pas si le prix des CPM peut augmenter. L’hypothèse que je fais est que s’ils sont bas c’est aussi parce que le web rend très largement traçable le comportement de l’internaute vis-à-vis de la pub. Et l’internaute étant actif (il évite la publicité, je prends souvent cet exemple d’eye-tracking) et publiphobe, il est difficile de créer des formats publicitaires en ligne qui ne soient pas malvenus. L’affiliation étant certainement le meilleur format.

En clair : les CPM sont bas parce que le web permet de montrer que l’efficacité de la publicité en ligne est relative. Non que la publicité offline soit forcément plus efficace, mais elle était / est sans doute partiellement protégée par la difficulté de tracer son efficacité.

Par contre et sans jouer les Madame Irma Geneviève la Voyante, on peut distinguer 3 tendances qui s’affrontent quant à l’évolution de la pub.

* La concurrence des autres sites

Il est bien entendu que la publicité en ligne va progresser, mais vers quels types de sites ? Le raisonnement de l’annonceur sur l’audience peut avoir des effets très dangereux pour les sites d’information : celui d’attirer l’audience sur d’autres sites que des sites d’information : les moteurs de recherche, les agrégateurs, les sites de services, les réseaux sociaux, les sites de partage, etc. Comme le disait Trevor Edwards de Nike,

"We’re not in the business of keeping the media companies alive, we’re in the business of connecting with consumers."

Autrement dit, et c’est normal, l’annonceur se fiche bien se savoir quels types de médias il fait vivre et même s’il en fait vivre. Voilà un point de pessimisme.

* La progression de l’audience

Pour Cédric Motte, "le web n’ira pas plus loin en termes de pénétration du marché". Je ne suis pas sûr de suivre : aujourd’hui, 58% de la population de + de 11 ans est internaute. La fracture numérique se réduit, mais reste une réalité. Les taux de connections progressent de 10 à 12% par an. Bien sûr on ne connectera pas la totalité des 40% restants et Cédric me le fait remarquer dans les commentaires de son billet, mais je suis sûr que l’audience peut encore progresser. D’ailleurs elle progresse, comme le montre XiTi. Ajoutons-y le développement attendu du marketing mobile… Un point d’optimisme, donc.

* L’évolution vers d’autres indicateurs de mesure de l’efficacité publicitaire

On parle de plus en plus des notions de contact ou d’attention, en plus de la mesure d’audience. Effectivement le temps passé sur un site devrait être une notion clé, quand on connaît les durées des visites on a très vite tendance à relativiser son audience…

Or les sites médias font partie des sites qui sont le plus susceptibles de retenir l’attention de l’internaute. Je n’ai pas d’étude sous la main, mais il me semblerait naturel que les internautes passent un temps moyen plus élevé sur des sites d’information que sur des blogs, des moteurs de recherche, des agrégateurs. Les sites média sont des sites de destination et la publicité devra le reconnaître. Voici un autre point d’optimisme.

3. Quelles conséquences pour le paysage des médias en ligne ?

Aufeminin.com annonçait il y a deux semaines des profits en nette baisse du fait d’un "environnement concurrentiel changeant", résultats aussitôt sanctionnés par la bourse.

Il me semble assez symptomatique que le pure player emblématique de la réussite d’un média en ligne annonce des difficultés en raison d’une plus grande concurrence de l’information féminine sur Internet. Le message me semble clair : malgré les progressions d’audience que l’on peut attendre, il n’y aura pas de place pour tout le monde. Le marché des médias en ligne va nécessairement connaître une phase de consolidation. Et c’est de cette phase de consolidation que peuvent venir l’émergence d’acteurs solides et rentables.

Dans cette perspective, quels médias sont les mieux positionnés ? Là encore, le débat n’est pas tranché.

* Sites d’info des médias offline vs. pure players

D’un côté, les sites qui sont des déclinaisons online de marques média offline ont des atouts certains : l’attrait de la marque d’abord ; la possibilité de récupérer des contenus produits pour la version offline ensuite ; les archives enfin dont la publication favorise le trafic via les moteurs de recherche.

Pour autant, ces structures n’ont pas une culture web très développée et se contentent souvent de faire du papier sur le web ou plus généralement "la copie conforme du medium précédent", comme le disait Alain Joannès dans notre entretien.

C’est d’ailleurs sans doute ce qui explique que les leaders thématiques soient tous des pure players : Aufeminin, Boursorama, Linternaute, 01net, Allocine… Cédric Motte vient de livrer une analyse de ce qui différencie les pure players des sites de médias traditionnels, qu’on tentera de résumer en un mot : l’agilité.

Agilité qui a son revers, notamment la nécessité d’installer la marque et l’absence de contenu republiable et d’archives.

Il n’est pas dit que la consolidation se fasse juste autour des sites de médias traditionnels ou juste autour de pure players. Elle peut très bien se faire autour d’acteurs issus de ces deux familles. Nous sommes dans une période de "destruction créatrice" ou "d’incertitude radicale", pour reprendre les termes chers à Emmanuel Bruant. Le paysage est changeant et peut se modifier sous l’effet d’innovations technologiques, de décisions juridiques… Il paraît donc illusoire de vouloir se projeter et de faire des scénarios.

A ce propos, une réaction à un propos de Cédric Motte dans un autre de ses billets : "En 20 ans de web en France et autant d’années au cours desquelles les échecs se sont succédés, personne ne peut espérer devenir riche en lançant un site d’informations." Je crois que ce raisonnement néglige un peu la dynamique du web et cette idée de destruction créatrice : le web 2.0 n’est là que depuis 4 ans, il se passe des choses nouvelles sans cesse, tout le monde apprend tous les jours. J’aurais donc plus tendance à voir la période actuelle comme une période transitoire dont il peut sortir… tout et n’importe quoi.

4. Qui va produire l’information ?

C’est une question que nous avons posée sur Internet et Opinion(s) il y a quelques semaines, à la suite du long papier du New Yorker que nous avions commenté, d’un résumé de ce papier chez Benoît Raphaël et d’un commentaire d’Emmanuel Parody – ouf.

Je ne vais pas copier-coller notre précédent billet mais l’idée est en résumé la suivante : ce sont les médias offline qui sont les principaux producteurs d’information. Sur Internet, en majorité, on copie-colle et on republie. D’ailleurs, Francis Pisani écrit cette semaine :

"Google News a indexé près de 3.000 articles se rapportant à la rupture des négociations entre Microsoft et Yahoo. 3.000 articles «sur la même chose» remarque Scott Karp de Publishing 2.0"

Jean-Marie Le Ray d’Adscriptor fait justement remarquer que ces 3000 articles ne sont pas identiques – autrement dit, il ne faut pas confondre information brute et analyse, mais l’idée est là : sur Internet, l’information est dupliquée, dédupliquée, etc.

Et commentée : la réussite de certains médias repose sur l’agrégation ET le commentaire d’informations produites par d’autres (le Huffington Post par exemple).

Donc, si ces médias d’agrégation et de commentaire captent la publicité pendant que la presse traditionnelle continue à s’affaiblir, qui va produire l’information ?

La part des agences de presse dans la production d’information semble croissante, celle des émetteurs d’information (les relations publiques) aussi. Peut-on attendre des médias en ligne qu’ils produisent de l’enquête et de l’analyse ? Cela suppose des coûts qui n’ont pas l’air de pouvoir (ou vouloir…) être supportés aujourd’hui.

5. Quelles sont les implications de la situation sur le contenu produit ?

Plusieurs des enjeux ci-dessus ont des conséquences sur la nature de l’information produite – à commencer par le dernier point : le rôle des agences de presse et des relations publiques, qui plutôt que de voir les médias comme des machines à relayer des messages, doivent toujours tendre vers plus de sens.

Ajoutons trois points pour répondre à la question du contenu :

* Le marketing éditorial

L’analyse du trafic sur les sites est édifiante. Philippe Cohen, rédacteur en chef de Marianne2.fr, au cours du débat du SNJ rapporté sur Ceucidit :

"si je fais un article sur la grève du Monde ou sur les Echos, je vais avoir 1500 ou 2000 visites maxi. Alors que si j’écris sur Marion Cotillard, Carla Bruni ou sur le SMS et bien ça va dépoter." Et de conclure : "je suis obligé de jouer un peu sur les deux".

[ndr : peut-être qu'on finira par remercier Airy Routier d'avoir su générer du trafic sur les sites d'information ? ;-)]

Le raisonnement par la publicité a donc pour conséquence d’orienter le contenu rédactionnel vers les informations les plus putassières, ce que Rfly résume ainsi dans les commentaires de Chouingmedia : "pas de thunes pour la qualité, du fric pour le people et les sites X".

D’une certaine façon Internet encourage l’approche rédactionnelle par le "marketing éditorial" : le fait de voir exactement quels papiers marchent ou pas encourage le rédacteur à se comporter non pas en journaliste (vérifiant, contextualisant, donnant du sens et resitituant des faits) mais en marketeur (mon public veut une information avec telles et telles caractéristiques, je produis mon information en fonction de ces caractéristiques).

C’est un peu tout le contraire de la vocation du journaliste décrite par Hervé Bourges (résister aux contraintes temporelles dictées par les nouveaux médias) et rapportées par Narvic.

On en revient finalement à un débat d’offre et de demande : si on suit la demande (et Internet en rendant le suivi de l’internaute transparent pousse dans ce sens), l’information aura tendance à se spécialiser (sur-représentation de certains sujets, sous-représentation d’autres) et à se détériorer.

En ce qui concerne l’offre, on a évidemment envie de dire qu’une information à vraie valeur ajoutée doit pouvoir trouver son public, encore faut-il se doter des moyens nécessaires.

C’est encore le modèle d’abonnement payant qui permet le mieux de mettre en oeuvre ce raisonnement par l’offre. Plus que jamais, les expérimentations actuelles sont à suivre..

* L’influence du web communautaire

Le dernier billet de Benoït Raphaël : "comment les blogueurs ont révolutionné le journalisme" montre aussi l’évolution du contenu dans les médias professionnels. On voit en effet énormément de choses dans les médias (pas seulement en ligne d’ailleurs) qui sont inspirées de ce que l’on voit dans la blogosphère.

On voit bien dans le billet de Benoît Raphaël les tendances rédactionnelles : une organisation différente de l’information ; l’évolution des tonalités (emploi du "je", expérience personnelle, utilisation des liens, des listes…) ; la vitesse de circulation de l’information qui peut avoir comme commentaire le manque de vérification (loin d’être le monopole du web) ; l’intégration des commentaires, qui crée un process de corrections et d’enrichissements et faisait dire à Jeff Jarvis récemment que “sur papier, le process crée le produit ; en ligne, le process est le produit” ; etc.

Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’une révolution, encore moins qu’elle impacte l’ensemble du journalisme en ligne, mais c’est justement parce que la mayonnaise n’a pas pris partout que le web communautaire peut continuer à influencer le contenu produit par les médias de la façon décrite par Benoît Raphaël.

* Le renouveau du consumérisme

Il s’agit là d’un des dadas de mon ami Bruant, sujet que nous évoquons de temps à autre sur ce blog. L’impact du web dans les médias est aussi là : dans une information plus consumériste. Le papier du Monde sur l’iPhone avait été une petite révolution à peine remarquée à l’époque, mais les exemples pullulent. Notre dernier exemple en date, le dossier de Libé sur GTA IV, est ici.

6. Que peuvent faire les médias en ligne ?

On va tenter ici de synthétiser diverses opinions d’experts. Ces opinions peuvent en gros être classées dans deux catégories : investir et innover d’une part ; faire évoluer les pratiques et la culture des rédactions d’autre part.

* Investir et innover

Evidemment les difficultés des rédactions ont pour corollaire la réduction des coûts : réductions d’effectifs, journalistes payés au lance-pierre, rédactions web focalisées sur du tri d’information et pas sur de l’enquête. Mais est-il viable de ne raisonner que par les coûts quand on traverse une crise ou quand on est en période de destruction créatrice ? C’est justement parce que la période bouleverse les repères habituels qu’il faut investir et innover.

Cela passe par de l’expérimentation, ainsi que le montre Cédric Motte dans sa formation faite à la Fédération Nationale de la presse française. Il n’y a aucune bonne solution, il est nécessaire d’expérimenter. L’intégration d’UGC ou de "journalisme citoyen" est une piste, mais les bonnes solutions ne sont peut-être pas celles qu’on attend. Le mot-clé est peut-être la sérendipité.

Alain Joannès insistait dans l’entretien que nous avons conduit sur le Rich Media, que l’on pourrait aussi décrire comme "l’info en 3D" et dont le résultat est "1+1=3". Les pratiques de Rich Media, courantes aux Etats-Unis, sont encore balbutiantes ici même si elles existent. Alain Joannès défend l’idée que leur mise en place est moins une question de coût qu’une question culturelle. Une réponse à creuser, donc.

On évoquera aussi un point de Cédric Motte sur l’organisation du contenu : éclater les sites généralistes en une multitude de sites thématiques spécialisés. Idée qui me semble cohérente avec un principe fondamental du web : le fonctionnement en réseaux affinitaires, ou en communautés thématiques.

L’innovation est aussi dans la recherche de son business model et pas forcément au niveau du seul rédactionnel. Si le développement des services est la clé vers la rentabilité, les sites d’information doivent développer des services (BtoB)… Ce n’est alors pas au niveau de la rédaction que ça se joue mais au niveau de la direction générale, de la stratégie d’entreprise.

* Faire évoluer les pratiques et la culture des rédactions

Ah, le rapport des journalistes au web… qu’il s’agisse des journalistes en place (que l’on peut illustrer par la situation au Parisien il y a quelques semaines) ou (plus inquiétant) des étudiants en journalisme, on va qualifier ce rapport de "compliqué".

On ne s’achète pas une culture web comme ça, surtout quand la profession entretient la méfiance et la défiance vis-à-vis du web, ce qui a pour effet une profession désemparée.

Cette culture web passe donc par la formation. Relire à ce sujet le point de Journalismes.net sur les formations web en école de journalisme en France). Philippe Couve disait aussi lors de son intervention au cours du débat SNJ :

"A la question “un journaliste doit-il savoir tout faire aujourd’hui?”, j’ai répondu “oui” à la consternation d’une partie de la salle. Effectivement, je pense, et c’est le sens de la spécialisation multimédia mise en place au CFJ, que les journalistes aujourd’hui doivent maîtriser les bases de tous les médias (écrire, écrire pour le web, enregistrer du son, prendre des photos, tourner de la vidéo)."

Alain Joannès évoque, lui, trois pistes pour une re-légitimation du journaliste : fiabilité, capacité, innovation. Une question d’attitude et d’exigence, donc.

Mais la question est aussi une question de choix éditoriaux et d’identité de marque.

Seth Godin insistait sur son blog il y a quelques jours sur la nécessité pour le New York Times (mais c’est valable pour tout le monde) de se concentrer sur ses forces, ce pour quoi il est reconnu, et non pas sur ce qu’il ne traite pas mieux que les autres. Ce qui rejoint en quelque sorte le point de Francis Pisani sur les 3000 articles traitant de l’actualité Microsoft – Yahoo et lui faisait dire :

"la valeur des articles d’actualités, plus encore que celle des produits de consommation courante, tend vers zéro." (…) "Traiter des sujets que tout le monde traite revient, pour les médias d’information, à assécher la source qu’ils exploitent. C’est un héritage du temps où l’audience n’avait accès qu’à un nombre très limité de publications. Le moment est venu d’intégrer à l’économie des médias le fait que leur audience en consulte toujours d’autres."

Il s’agit donc à la fois pour un média de sonder son identité de marque (ce qui fait son "ADN", ce pour quoi il est reconnu) et de produire de la valeur ajoutée. Qu’est-ce donc que la valeur ajoutée d’un média ?

- pas l’information brute puisque tout le monde l’a et la reproduit (à moins de l’avoir avant tout le monde)

- pas les pages opinion puisque le web communautaire pullule d’excellents articles d’opinion (et là il faudrait un changement culturel fondamental puisque le must du journalisme en France est de devenir éditorialiste)

- mais plutôt l’enquête d’une part et l’analyse, la remise en perspective d’autre part. Qui sont des fondements, en principe, du métier de journaliste… Faut-il en déduire que les rédactions auraient intérêt à davantage "expertiser" leurs journalistes, ce qui aurait pour corollaire une moindre mobilité transversale des carrières ?

- la capacité à réunir et animer une communauté autour de soi, à faire parler. Ce qui suppose aussi l’implication des journalistes dans les relations avec les lecteurs, et pose encore et toujours, des questions de temps disponible, de culture et de volonté.

On terminera en rappelant que l’avenir des médias en ligne passe aussi l’avenir des marques médias : le média se définit de moins en moins par son ou ses supports et de plus en plus par sa marque. Un média en ligne d’avenir est donc peut-être aussi la version web d’un groupe média qui gagne de l’argent sur les autres supports… et ainsi "subventionnent" le site.

Pardon à ceux qui sont allés au bout pour ce très long article et auront noté qu’il n’y a… aucune réponse aux 6 questions. C’est ce qu’on appelle un débat ouvert.

28 réponses à “L’avenir des médias en ligne en 6 questions

  1. Une réflexion, à la lecture de l’enquête de Denis Muzet sur "la consommation" des médias des Français en 2004 (La Mal Info, note de lecture à venir chez moi ;-) ): il fait une distinction entre les médias "qui viennent aux gens" et ceux "que les gens vont chercher", radio, télé et quotidiens gratuits d’une part, presse quotidienne "classique", hebdo et magazine, et – à l’époque, il y mettait aussi – internet, de l’autre.

    La nature, la forme et l’objectif de l’info sont très différents dans les deux cas selon lui : information d’alerte, de flux, en continu, une info bavarde, règne de la brève, du gros titre, du vite dit-vite lu, absence de commentaire dans l’un, contextualisation, analyse, remise en perspective, "retour sur" et éditorial, de l’autre…

    Information qui sert à socialiser (on en parle à la machine à café), mais surtout à rassurer (veille constante sur les menaces terroristes, sanitaires climatiques, qui peuvent m’assaillir à tout moment et me demander une réaction rapide) d’un côté, information qui permet de comprendre, de prendre position de l’autre.

    Avec un internet qui devient pour de plus en plus de gens une source primordiale d’information dans la journée, ce média est probablement appelé à assumer les deux rôles. Mais pas forcément par les mêmes sites… D’un côté le flux continu de brèves et de gros titres secs : l’info-buzz. De l’autre du sens et de la documentation (l’info "sérieuse" ;-) ).

    Les deux n’ont pas le même coût, mais n’ont probablement pas le même mode de financement non plus. L’un est un média de masse, l’autre un médias ciblé et segmenté : même s’ils sont sont financés par la pub tous les deux (je ne crois guère aux abonnements…), leur pub pourrait ne pas avoir le même prix…

  2. A la lecture de ce billet, qui se met dans les pas de ses prédécesseurs du même acabit sur i&o, je dirais sans hésiter qu’Emmanuel et toi avez su positionner votre site dans une de ces communautés spécialisées du web. Décortiquer, bousculer, rediriger, parler aux quelques centaines de lecteurs qui manifestent un intérêt tout particulier pour la communication, les RP et les médias. Un contenu riche, car unique, et attachant (terme français que je substitue généralement à l’anglais engagement), car adapté.

    Parmi bien d’autres, l’adaptation des contenus, mais aussi et surtout des approches, va inévitablement favoriser les médias spécialisés, qu’ils soient issus du monde ancien, de l’encre et du hertzien, ou du monde nouveau, fait d’octets et de bauds.

    Il est à la fois trop tôt, je n’ai pas encore digéré toutes les parties, et trop tard, il me reste encore quelques documents Excel à manipuler ce soir. Bravo pour cette analyse. Et merci, elle me donne l’occasion de préparer un dossier où je tenterai d’apporter quelques réponses aux questions que tu laisses en suspens…

  3. François Guillot

    Narvic : je dois dire à ma très grande honte que La Mal Info traîne chez moi depuis deux ans et que je l’ai à peine entamé. Voilà qui va me motiver ;-) car la réflexion que tu livres est très intéressante. Oui Internet est sans doute amené à jouer les deux rôles d’autant plus qu’on a trouvé des moyens de faire venir Internet aux gens. La distinction entre sites à fort flux d’info et site à forte valeur ajoutée semble très pertinente, d’autant + quand on se met dans la logique de "se concentrer sur ce pour quoi on est fort" (Seth Godin / Francis Pisani). Il faut encore à la fois gagner en clarté dans le paysage des médias pour que cette distinction paraisse plus évidente et gagner en maturité du côté des annonceurs.

    Anthony : Ravi de savoir que nous sommes attachants ;-D plus sérieusement merci de ce retour. Je vois que tu partages l’idée de la nécessité d’une spécialisation thématiques des médias en ligne, j’attends tes autres commentaires (et réponses aux questions surtout) avec impatience !

  4. Il s’agirait pour les médias de se situer entre le pôle lepost.fr d’un côté, mediapart de l’autre ! :-)

  5. François Guillot

    En même temps on est toujours à peu près situé entre LePost et Mediapart, non ? :D

  6. Un détail (que tu ne peux sûrement pas expliquer: tu ne peux pas tout!): les rentrées pub de Rue89 oscillent entre 1000 euro et 30 000 euros par mois, alors que l’audience est stable (680 000 VU par mois). Comment on l’explique?

    Sinon, magistral cet article. ;-)

  7. François Guillot

    Salut Eric, en fait je pense savoir ;-) (mais je te rassure y’a plein de trucs dans le billet dont je n’avais absolument pas connaissance idée avant de lire d’autres sources et d’en faire la synthèse)
    Les annonceurs sont dans des logiques de campagne. Peu d’annonceurs achètent le même espace toute l’année sur le même média (site Internet ou pas).
    Il y a donc des mois où rue89 est dans le plan media de plusieurs campagnes (30 000 euros), d’autres où malgré son audience on ne lui achète rien.
    Conclusion : le "fond de commerce" de rue89 semble manquer de diversité pour assurer des revenus stables. Malgré l’audience.
    De + un annonceur a sans doute un peu + de mal à se décider à acheter sur Rue89 (perçu comme subversif) que sur un site avec une audience équivalente mais "gentil".

  8. Ok.

    Finalement, à lire ton article je me demande si Mediapart n’a pas fait le bon choix. En optant pour le payant, ils se placent dans un état d’esprit complètement différent. Ils n’ont pas à jouer avec les mots clés. (Mais, connaissant Plenel, ils vont jouer à la course au scoop, ce qui peut aussi amener quelques excès)…

  9. François Guillot

    Je ne sais pas si c’est le bon choix mais c’est une expérimentation "logique" quand on observe ce qui se passe sur les médias en ligne : il fallait bien que quelqu’un jour le contrepied en tenant le discours de la qualité du contenu et du modèle économique payant.

    Pour cela c’est une expérimentation majeure, d’autant plus que Plénel a su se constituer une véritable équipe. Je ne suis pas encore suffisamment allé dans le fond de ce que Mediapart produit pour en faire une critique éclairée, mais j’entends dire que c’est du "papier sur le web".

    La question qui se pose : la papier sur le web, est-ce une bonne approche ?
    – les défenseurs du Rich Media comme Alain Joannès vont dire que c’est une erreur majeure
    – mon collègue Bruant en a fait une analyse légèrement différente dans son billet sur "l’effet diligence" :
    http://internetetopinion.wordpress.com/2008/04/21/mediapart-et-leffet-diligence/

    D’une part l’organisation des pages est totalement "contre-web" et pas vraiment pensée.. pour la lecture à l’écran.
    Mais d’autre part cela peut rassurer un public méfiant vis-à-vis du net et habitué au média papier…

    Donc… à suivre… quand on vous dit qu’on est dans une phase d’apprentissage !

  10. @ François, sur Mediapart

    Sur le modèle économique : d’accord avec toi que l’expérimentation est logique. Mais vraiment pas sûr que ça puisse atteindre l’équilibre. Bon, ils semblent avoir un peu de trésorerie, contrairement à Bakchich, donc un peu temps devant eux…

    Comme Eric, je redoute moi-aussi la politique du scoop, même si pour le moment, ils semblent plutôt calmes ;-) Mais comme pour tout projet "fermé", comme @si, le problème se pose inévitablement du recrutement de nouveaux abonnés… Comment attirer avec si peu de visibilité en ligne, sinon par une politique de "coups" ?

    Sur le profil de l’abonné à Mediapart, on peut s’en faire une petite idée à la lecture des blogs, éditions, et de leurs commentaires (libre d’accès en lecture, mais réservé aux abonnés en écriture). Le sentiment que j’en retire : niveau d’expression élevé (laissant supposer un bon niveau de formation), préoccupations plutôt "intello" (politique, culture…), et une attitude ambivalente avec la internet et la technologie, faite de réticence et de curiosité. Je sens des gens qui ont envie de s’y mettre, qui s’y intéressent, mais qui ne connaissent pas bien, ont quelques préjugés, et apprennent peu à peu.

    Reliant ça à "l’effet diligence" de ton compère, ça donne une sorte de rôle de sas à Mediapart, pour un public qui vient de la presse "haut de gamme" et n’arrive que maintenant sur le net, sur la pointe des pieds, qui a besoin d’être rassuré, en retrouvant des repères connus, et en se sentant dans une zone un peu protégée (ce que j’ai appelé le "bocal à poisson rouges")…

    Mediapart, comme une sorte de média d’acclimatation, pour une "seconde vague" d’immigrants du numérique… ;-) Ils vont sûrement apprécier :-))

  11. François Guillot

    "Comment attirer avec si peu de visibilité en ligne, sinon par une politique de “coups” ?"

    => en effet je ne vois pas trop. il faudrait une communication soutenue, mais pour un média comme Mediapart l’opportunité de faire parler de soi elle est essentiellement au moment du lancement puis… à chaque "gros coup". Il faut donc espérer pour Mediapart que l’idée de l’effet diligence ou du bocal à poissons rouges soit une réalité. C’est un concept qui me semble très intéressant d’un point de vue théorique mais qui reste entièrement à vérifier avec des chiffres… d’abonnement.

  12. Merci pour ce très "rich" billet et les nombreux liens. Pour Media part, la question demeure: peut-on faire payer 9 euros par mois pour avoir accès à de l’info généraliste? L’abonnement reste une solution à creuser pour éviter une nouvelle génération de journalistes-marketer, mais le public est-il prêt à payer pour des infos qui ne sont pas de niche?

  13. Pingback: Grégory MAUBON » Les médias 0.0, 1.0, 2.0 sont-ils solubles ?

  14. François Guillot

    Hello Aurélien, je te conseille les derniers billets de Narvic sur Mediapart qui aborde cette question : il y a peut-être bien une niche pour Mediapart mais se pose le problème du recrutement de nouveaux abonnés :

    http://novovision.free.fr/?Mediapart-un-media-d-acclimatation

  15. Merci François, je vais regarder ça. Vraiment bien tous ces liens dans les deux derniers billets, encore bravo !

  16. Pingback: le blog de l’Ours » Archive du blog » Une rafale de liens ou d’articles parmi les blogs suivis

  17. Pingback: Les sujets sur lesquels je n’ai pas le temps d’écrire « internet et opinion - web 2.0, communication, relations publiques, influence, médias, blogs, etc.

  18. Pingback: Conférence “dilution des propagateurs” : la vidéo est en ligne « internet et opinion(s) - web 2.0, communication, relations publiques, influence, médias, blogs, etc.

  19. Pingback: Nicolas Demorand : le marketing au secours des médias… « internet et opinion(s) - web 2.0, communication, relations publiques, influence, médias, blogs, etc.

  20. media et company qui paye ?????

    discussion entre lees mediagereral et mediaempeurs et leurs conseillers

    mediageneral : peut etre que cette societe du spectable a du plomb dans l aile ..
    et qu il faut arreter de financer toute ce bla bla et ces bling bling du cadre dinamique , a l employe de banque et tous ces journalistes a la con

    non mon mediageneral je ne suis pas d accord … cela serait trops dur … pour eux .

    ils ne savent meme pas que la guerre est perdu et que la prochaine demarre bientot , ils ne savent meme pas se proteger et n ont aucune specialite a mettre en avant .. ils ne sont aps des combattants mon media general …

    mediageneral : gagner de l argent sur le web … humm la grosse arnaque.
    ils le savent bien d ailleurs …
    jusqu a preuve du contraire les budget pub sont negocie politiquement et ce depuis si longtems ..que je n arrive meme plus a retrouver sur legifrances le decret machin … :) ( voir les loi sur la pub dans les media regionaux , les investissements croisess a la tele ..e tc…. enfin bon tout le monde le sait . merde …. reveillez vous )
    et puis bon canal plus , hollywood et le reste et les supplements en englais ..
    .
    la PUB c est sympa … mais c est un impot privee pour els bling bling ca ….. alors qu ils arretent de nous emmerder .

    theatre communicationelle a son ap…ppp…oge … :

    mediageneral :
    le fric .. les dollars … cela se gagne en controlant les bourses .. sur le terrain avec des M16 pas sur internet ….
    ou bien en abonnant tout ces cons a internet et au mobile …. ( orange .. etc.. )

    voila c est clair non .

    Oui mon media general mais alors la situation est la suivante mon general …
    les guignol et la world company c est fini .. la guerre c est fini ..
    mais ils ne peuvent assumer ceci …..maintenant .. c est trops gros .. trops dur

    Les bourses sont dans la merde … et pour longtemps mon media general 5000 milliards de dollars plus le reste …..
    donc merci de sortir vos casques mon mediageneral …

    mediageneral :ha bon on a perdu la guerre …………..:( ???

    oui mon general , si vous voulez le dire comme cela …

    mediageneral : l ennemi accepte de discuter mais bon … ils nous donnent quelques petro dollars pour aider … mais bon c est au jour le jour .. sans strategie reel mais bon c est toujours bon a prendre

    bon … alors on fait quoi ?

    dire au gens la verite et les sortir de leur torpeur ….

    mediageneral : vous etes fou ? pourquoi le faire ?
    vous vous rendez compte ?
    mais a ce petit jeux il va se passer quoi ? vous croyez qu ils sont pret a ceci …?

    oui mon general ….ils n attendent que cela pour etre les elus , ils en veulent encore mon general ..

    mediageneral :pas bete votre strategie …

    mon general, je serais clair , il nous reste le controle des semences tout de meme que nous controlons totalement , nous pourrons nourrir les media avec cela ….et quelques bling bling .

    c est un deal a passer , ils sont pret a accepter … nous en discutons et l idee passe bien . le reste j en fait mon affaire mon general

    j apprecis votre force mon ami .. et votre tact ..

    les media sont foutu mon general et donc holly….wood aussi comme la musique .. mon general
    et pas le film 1941 mon general , je parle de l industrie du spectable …mon media empereur ….
    ce sont des dealers mon general .. il nous faut les financer encore de 600 milliards par an …

    mediageneral : mais vous delirez ce jour mon ami ..

    non mon general j ai les chiffres …

    mediageneral :alors on fait quoi ?… il ne nous reste qu a appeler les helicos …. pour une evacuation alors?

    Oui mon general j ai dejas mis en place le programme … les helicos sont dejas pret , vous allez voir cela sera super beau mieu qu au vietnam …. on va meme leur lancer du fric des helicos ils seront contents et heureux ..

    alors on fait quoi mon mediageneral … je peus lancer l ordre

    et bien en tant que mediaempereur … je me fou de la middle class et des media et du reste , tout ces gens ne sont pas serieux … mais bon si vous voulez les aider de votre cote , je peus bien faire cela pour vous …

    MERCI mon mediageneral

    mediageneral :mais je veus parler des pauvres maintenant , des paysans et autres sans le sous … on a plus les moyens de faire les cons … maintenant il faut agir vite et clair .

    OUI mon mediaempereur , cest mon boulot .

    mediageneralempereur : alors vous proposez quoi alors ?… vous avez toujours de tres bonnes idees mon ami …

    et bien mon media empereur .. je ne sais quoi vous dire ce jour.. ou du moins j ai peur de vous en dire trops … plutot .
    je n ai pas de budget pour eux , car ils sont autonome mon general … a plus de 30 % ce quie st exeptionnel pour une democratie

    mediageneral :putain tout de meme on a des pauvre super top en france .
    alors pourquoi pas virer ces cons de la middle class .
    je vous demande d arrete de faire le bon samaritain et de faire votre boulot …

    Mon mediageneral il nous reste quelques temps mon general pour monter une operation de media psycho controle ….

    mediageneralempereur: c est quoi ce truc encore .. ?

    c est une forme moderne de propagande mon general qui utilise tout les moyens a disposition pour oriente la mediasphere …

    mediageneralempereur : ha bon j aime bien lorsque vous parlez clairement

    oui moi aussi mon media general …

    mediageneralempereur : alors on commence a quel moment ?

    mais j ai dejas lance le truc mon general …

    mediageneralempereur : mais sans m en informer ?

    et bien oui mon general , je n ai pas le temps mon general , le temps presse

    le mediaempereureur :bon et bien je vous laisse faire , moi je vais me coucher , demain j ai du boulot .

    ok mon mediaempereur donc c est bien 500 milliards d euros pour les media journalistes .. ok … et ce pour 5 ans .

    je m inquiete mon general .. car c est un programme asse agressif .. je trouve .. que je ne peus controler .. totalement

    mediageneral :vous savez mon ami , tout ce fric au bout du compte c est du vent car celui qui va me baiser est quelques part en train d ecrire un truc .. qui fera que quelque chose changera car moi vraiment ce jour je m apercoit que je ne fais que de la gestion
    pour une bande de robot …

    mais mon general les robots aussi se revoltent …

    mediageneral : ha bon

    oui il parait …. je pense , certains l on ecrit il y a dejas 40 ans …

    mediageneral : putains 40 ans ils avaient pense au truc .. les mecs …

    oui mon general .. ils etaient mes educateurs et maitres .

    mediageneral :ha bon , j en apprend de belles choses ce jour …

    oui mon mediaempereur , j espere que ce debut de 21 em siecle l annee prochaine sera
    superbe ….

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  23. Merci beaucoup François pour ce post vraiment très bien fait.
    Le rich média est surement l’avenir des sites d’informations sur le Web. Cependant, réalisé un mix (photos, videos, texte, sons, carte) pour décrire un évènement et le rendre vivant aux yeux de l’internaute ne semble pas forcément trivial…
    N’étant pas journaliste, j’ai quand même du mal à imager une seule personne faisant tout à la fois… Les rédactions ont actuellement en leur sein plétore de journalistes, photographes, secrétaires de rédactions et autres qui pourraient peut -être former des équipes de reporters.
    Une image pour illustrer cette idée emprunté à la musique.. Une homme orchestre n’a jamais réussi à concurrencer l’harmonie crée par un groupe de musique.
    Laissons, les photographes faire leur boulot, laissons les journalistes écrire, laissons les preneurs d’images et de sons faire leur boulot et mixons tout ça sur le média WEB.
    Un article Web devient un vrai travail d’équipe en somme.

  24. François Guillot

    Tiens je me demande si des médias en ligne ont produit du Rich Media intéressant pour expliquer l’embuscade des soldats Français de l’OTAN en Afghanistan. C’est typiquement le genre de sujets qui mérite Rich Media.

    Pour revenir à ton commentaire, Nabusco, je pense qu’il y a deux questions à étudier :

    1. la conception d’une information en Rich media (avec des infographies, une navigation particulière, etc.). La référence du rich media en France ce sont les web reportages de Geo : http://reportage-video.geo.fr/nouvelle-orleans-katrina/ ; dans ce cas ça me semble vraiment être un boulot de spécialiste

    2. la capacité d’un journaliste à restituer une information simple à l’écrit pour le papier, à l’écrit pour le web, sous forme de son ou de vidéo simples. Ca ne me semble pas insurmintables et il est clair que les médias auraient beaucoup à gagner à penser "information" avant de penser "écrit", "son", "image"

    de ce point de vue je rejoins Alain Joannes qui est la personne avec qui nous avons eu les discussions les plus approfondies sur ce sujet.

    Sinon, bien vu l’image de l’homme-orchestre, mais pour pourquivre le parallèle, je pense que sur le point 2. on est en-dessous en termes de complexité

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  27. Mother: Freddie, why is your face so red?
    Freddie: I was running up the street to stop a fight.
    Mother: That’s a very nice thing to do. Who was fighting?
    Freddie: Me and Jackie Smith.