Marianne 2 vient de nous le révéler, chiffres Edistat à l’appui. Le bouquin L’échange épistolaire de BHL et Houellebecq risque d’être un bide industriel. Evidemment, ce n’est pas un bide classique puisque l’ouvrage s’est vendu à un peu moins de 30 000 exemplaires (plus précisément 27 950 en 4 semaines) : il explose donc la majorité des sorties éditoriales classiques et de loin, ce qu’il ne faut pas oublier tout de même.
Mais il faut prendre la mesure de l’exception : le premier tirage a été de 100 000 exemplaires ! Il reste donc pour l’instant plus de 70 000 livre sur les bras des éditeurs et la dernière semaine les ventes ont baissé de plus de 40%.
Si on peut reprocher aux médias des effets de cadrages et d’agenda, on voit encore une fois qu’il n’y a pas d’effet mécanique entre l’exposition médiatique d’un sujet (ici injonction à lire un livre) et ce que font réellement les gens (ici acheter effectivement ce livre). L’effet de prescription des journalistes et autres présentateurs-promoteurs (le livre est paraît-il “bon”) est loin d’avoir jouer à plein (euphémisme). Le cas Houellebecq-BHL est un bon exemple de saturation médiatique : les deux auteurs, seuls ou séparément ont été très très présents devant les micros et sur les plateaux… jusqu’à susciter l’overdose (on pourrait faire un constat équivalent avec Christine Angot). On pourrait dire la même chose à propos des élections américaines et d’Obama mais par chance pour les journalistes on ne vote pas
Preuve que les médias ne font pas toujours l’opinion…
4 novembre 2008 à 9:52 |
Veux tu la preuve que je ne tape pas uniquement sur François ?
Emmanuel, un seul exemple ne prouve pas grand chose. Un ensemble d’exemple concordants non plus mais peut parfois constituer un faisceau de preuve.
Obama a dépensé 4 à 5 fois plus d’argent que McCain dans sa campane mais je doute qu’une Sarah Palin l’emporterait en dépensant 10 fois plus qu’Obama. Les média font beaucoup dans l’opinion publique mais il y a des limites quand même comme dans ton exemple.
Sarah Palin Got Pranked (audio)
hahaha
Incroyable sa bêtise!
Elle est gouverneur de l’état d’Alaska.
4 novembre 2008 à 10:04 |
On a peut-être oublié autre chose :
- les amateurs de l’un ne sont pas nécessairement amateurs de l’autre, voire détestent l’autre, c’est le risque des mashups vidéo ou littéraires
- on aura beau dire et répéter sur tous les plateaux TV que c’est un bon bouquin, si le téléspectateur n’est pas le lecteur de ce type d’écrits alors ça ne sert à rien, la cible n’est pas atteinte tout simplement (ont-ils fait le JT de TF1 ?)
- Houellebeck n’est pas un animal facilement médiatique : débit lent, ton je-m’en-foutiste…
5 novembre 2008 à 11:48 |
Un truc m’a frappé dans la façon dont ce bouquin a été présenté par les journalistes : ils ont parlé de “coup éditorial” de l’année, voire de “coup marketing”. On ne fait pas mieux pour tuer un livre dans l’esprit d’un lecteur potentiel, qui plus est, s’il est amateur de BHL ou d’Houellebecq, c’est-à-dire plutôt en position de méfiance, voire de défiance par rapport à la culture de masse “marketée”.
5 novembre 2008 à 3:22 |
@ Paul : tout à fait d’accord sur “l’administration de la preuve” comme on dit. Mais je n’écris pas un essai de sociologie à chaque billet
Et le canular Sarah Palin est assez énorme !
@ Enikao : je suis d’accord avec tes remarques très justes.
@ LAurent : exact aussi… Un livre présenté comme “marketé” à un public tellement large qu’il ne se sent pas concernés… On a la recette du “bide annoncé d’un succès annoncés”