Les motivations de la participation : une histoire de reconnaissance
25 août 2007Je reviens une nouvelle fois sur l’étude McKinsey, “How Companies can make the most of user-generated content” (on va finir par croire que je bosse pour eux).
Outre le tableau synthétique partagé dans le post précédent, une autre question est abordée dans ce papier : quelles sont les motivations des personnes qui participent aux sites collaboratifs?
Pour y répondre, l’auteur de l’article, James Bughin, nous propose deux enquêtes:
- l’une est basée sur un questionnaire en ligne auprès d’utilisateurs allemands de sites de partages de vidéos (dont la méthodo et les questions posées sont évidemment absentes du papier ce qui doit nous inciter à la prudence)
- l’autre questionne les participants au wiki d’une entreprise techno elle aussi allemande
De la première enquête il ressort que les internautes actifs recherchent avant tout la gloire (”I seek fame; I want the world to see my videos”). Viennent ensuite l’amusement (”c’est fun”) ou le partage avec des amis (”I want to share my experiences with friends”) et enfin une posture plus altruiste (”I want others to benefit from my videos”)
Dans le cas de l’entreprise techno, James Bughin estime que plus de la moitié des contributeurs au wiki interne expliquent leur implication par des facteurs tels que l’esprit d’équipe, la construction d’une réputation en interne et d’une identification par les pairs. 20% des contributeurs déclaraient que l’horizon d’une prime ou d’un bonus était un moteur.
Si l’argent est sûrement euphémisé par ces enquêtes en raison de leurs biais méthodos, il n’en reste pas moins une conclusion centrale : l’importance de la reconnaissance comme déclencheur de la participation sur Internet. (La rémunération ne suffit pas même si elle peut se révéler différenciante pour choisir sa plate-forme : entre Dailymotion et YouTube comment choisir ?). Plus précisément, on peut distinguer plusieurs types de reconnaissance :
- la reconnaissance personnaliste (le mot est sûrement trop maladroit puisqu’il fait penser à la doctrine du personnalisme) : je veux être reconnu en tant que personne, j’existe, je suis bien là.
- la reconnaissance téléologique : je souhaite être reconnu car je pense pouvoir, à terme, en tirer profit (le débutant qui veut faire du cinéma, le consultant qui veut une promotion ou une bonne évaluation)
- la reconnaissance relationnelle (je souhaite être reconnu par mes proches, amis, familles ou faire d’aures connaissance par ce biais)
- la reconnaissance altruiste (je souhaite être reconnu pour ce que j’apporte et non pour ma pomme)
Evidemment, cette proposition est très grossière et critiquable. J’aborde cette question bien trop rapidement. On y reviendra car il me semble que c’est un enjeu anthropologique et politique (cf. Axel Honneth) de nos sociétés et qui prend un tout autre écho avec les nouvelles technologies de l’information.

Publié par Emmanuel Bruant



