Modèles économiques : le net est toujours aussi flou

Incertitude radicale. Telle est sûrement la meilleure expression pour caractériser les essais perpétuels de formules pour trouver un modèle économique viable sur Internet. Preuve encore ces jours derniers avec les rumeurs autour de la disparition de la zone payante du New York Times, TimesSelect (en français c’est chez Jeff Mignon ou sur rue89). En cette période de destruction créatrice du secteur des médias, le jeu reste très ouvert mais ne sera pas sans conséquence sur la manière de présenter et de faire vivre l’information. A tort ou à raison, les prochaines décisions du NYT seront un indicateur très précieux des possibles évolutions de l’offre des médias français qui ont l’oeil rivé outre-atlantique. A suivre…

3 réponses à “Modèles économiques : le net est toujours aussi flou

  1. C’est bien cela le problème, les médias français ont trop l’oeil rivé sur l’Amérique. Au 19e siècle le philosophe R.W.Emerson écrivait dans un article fameux aujourd’hui considéré comme la déclaration d’indépendance des lettres américaines : « cela fait trop longtemps que l’on écoute les muses européennes ». A nous et aux médias de dire le contraire au XXIe siècle.

  2. Tout à fait Dang. Je me suis posé cette même question en écrivant ce billet. Comment prendre cette information, ici chez nous ? Comme une information telle quelle ou déjà comme une illustration du tropisme IT-New media qui ne jure que par les US…
    Question : lorsque Pierre Haski propose ce billet, alors qu’il est juge (journaliste) et parti (éditeur d’un site en devenir), sommes-nous en présence d’un bel indice de prophétie autoréalisatrice du secteur des médias en France.
    Je le rappelle, une des meilleurs façons de décrire les modifications du champ médiatique est sûrement d’envisager ses acteurs comme étant dans une incertitude radicale : très peu d’infos, souvent contradictoires, pas de recul – « nouvelle » technologie oblige, absence de repères – période d’apprentissage obligatoire.

    Ceci dit, pourquoi n’aurions-nous pas l’oeil rivé sur l’Amérique ? Dès lors, pas mal de questions se posent et pour lesquelles j’aurais bien du mal à répondre… :
    – les usages du net vont-ils être mondialisés ? en gros, de NY à Pekin en passant par Paris et Berlin les manières d’utiliser Internet seront relativement semblables. Dans ce cas, regarder du côté US ne me choque pas.
    – au contraire, les usages du net vont-ils être très différents selon les régions et culturels de l’information et de l’expression ? Une approche culturaliste à vérifier mais qui n’est pas non plus à jeter au vu du nombre de blogs ouverts en France par rapport à nos proches voisins.
    – la question des usages n’est pas une question socio-géographique (mondialisation vs localisation) mais bien plus une question socio-démographique (discrimination des usages selon les revenus, la CSP etc.). Là encore, cette piste est plus que plausible.

    Des questions qui nous font revenir à cette petite expression, incertitude radicale!
    Le problème de Pierre Haski en l’occurence est d’oublier dans son post que d’autres faits et informations pourraient venir modifier les stratégies économiques à tester. Mais si tous les acteurs du secteur sont tous assez proche de cette posture (ce qui se dit et ce qui se fait aux US est primordial pour nous) alors on risque de connaître une prophétie autoréalisatrice qui ira dans le sens de la mondialisation des usages.

  3. Pingback: Le point sur YouTube : entre succès d’usage et challenge économique « internet et opinion(s) - web 2.0, communication, relations publiques, influence, médias, blogs, etc.