Influence des réseaux sociaux

En plein dans le sujet Internet et Opinion : une étude de Global Market Insite sur l’influence des réseaux sociaux sur la Présidentielle U.S. (info et capture d’écran via Mashable). Dommage que l’étude en question ne soit pas accessible, il faut s’en tenir aux billets déjà publiés.

Les chiffres : sur un échantillon de plus de 2000 personnes, 17% déclarent avoir déjà regardé la page MySpace, Facebook ou autre d’un candidat à la présidentielle. Et 53% de ces 17%, soit 9% du total, se déclarent « davantage susceptible de voter pour un candidat après avoir vu sa page ».

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Si on regarde plus précisément par tranches d’âge, les 9% de MySpace-Influençables se décomposent comme suit :
– 21% chez les 18-24
– 16% chez les 24-34
– 7% chez les 35-44
– 4% chez les 45-54
– 4% chez les 55+

La tentation est d’en conclure que les réseaux sociaux, dans la foulée du web 2.0, sont un vecteur d’opinion pour une partie importante de la population. Pourtant, ce n’est pas si simple :

– l’étude repose sur du déclaratif, dont il faut toujours se méfier. Les personnes interrogées peuvent être moins influençable qu’elles ne le laissent entendre

– si on prend l’exemple d’un fan de Barack Obama qui va voir la page MySpace de son poulain mais pas celles de ses concurrents : il va répondre oui à la question « avez-vous regardé la page de l’un des candidats ». Et si cette page lui a plu (il y a de bonnes chances), il peut répondre affirmativement à la question « êtes-vous davantage susceptible de voter pour l’un des candidats après avoir regardé sa page ? ». Moralité : l’étude ne dit pas que les personnes interrogées ont benchmarké les pages des candidats pour se faire une opinion.

– l’étude ne dit pas non plus combien de temps les personnes ont été exposées aux pages des candidats : si je suis resté 30 secondes sur la page d’Hillary, combien cela va-t-il peser face au temps que j’aurais consacré à la lecture de la presse à son sujet ? Face au temps passé à l’écouter à la radio, à la regarder à la télévision, à me documenter sur elle sur d’autres sites Internet ? Face au temps passé à parler d’elle avec mes amis ?

Bref, ne nous emballons pas. Les pages des candidats sur les réseaux sociaux sont une source d’information à leur sujet parmi des dizaines, des centaines d’autres. Et qui dit source d’information ne dit pas automatiquement source d’opinion.

6 réponses à “Influence des réseaux sociaux

  1. L’étude est certes loin d’être parfaite au niveau de la méthodlogie, mais elle illustre quand même (à une certaine échelle) un péhnomène qui loin d’être une tendance comme peuvent le penser certains est entrain de bouleverser pas mal de choses dans notre quotidien d’internautes et influencer notre comportement/opinion.

    J’attend avec impatience que des chercheurs (bien de chez nous) puissent conduire de véritables études avec une méthodologie rigoureuse sur le sujet mais ils ont l’air un peu occupés (pour caricaturer) à développer « l’impact de la carte de fidélisation sur la fréquence d’achat dans les hypermarchés. »

  2. François Guillot

    Héhé. En effet il serait intéressant de regarder par exemple le temps passé sur les réseaux sociaux vs. les autres médias. Dans la mesure où ce sont des médias (mais est-ce que ce sont des médias, d’ailleurs ?) qui rendent assez accro, il y a sûrement des choses intéressantes à voir… Il faut aussi regarder où ce temps supplémentaire est pris. Aux blogs ? Pas impossible, mais pas seulement.

  3. Je reste assez sceptique sur l’impact réel de ces outils en matière politique. Plein de sociologues ont démontré que les médias servent plus à conforter son point de vue qu’à s’en forger un…

  4. Laurent Javault

    Quelque chose me paraît cependant intéressant, malgré toutes les réserves que l’on peut avoir sur la méthodologie de cette enquête (et la taille modestement « sondagière » de l’enquête) c’est tout de même les « 37% » de 18-34 ans.
    On pourrait y voir ce que dit Aziz : des évolutions comportementales propres à ces générations (Y?) qui préfigurent une montée en puissance – certes encore ténue – des réseaux sociaux.

  5. François Guillot

    Sauf que 21% des 18-24 et 16% des 25-34 ne font pas 37% des 18-34 mais plutôt la moyenne des deux dont probablement 18 ou 19%. C’est intéressant mais pour moi un vrai critère serait de savoir :
    – s’ils benchmarkent les pages des candidats
    – le temps qu’ils y consacrent vs. le temps consacré aux autres médias

  6. Laurent Javault

    Autant pour moi… en effet ! Je me suis laissé emporter par l’élan de la… jeunesse (ah,ah).