Diversification des sources et recoupement des informations par le public américain

McKinsey vient de rendre publique une de ces études dont il faut se méfier (résultats et analyses principalement basés sur un sondage en ligne dont on a aucune idée, ou si peu, de la démarche méthodologique). Elle n’en reste pas moins intéressante à titre d’indicateur et de confirmation.

Il ressort clairement qu’Internet renforce les pratiques de recoupement de l’information : les américains consultent désormais en moyenne une douzaine de sources d’information par semaine. La télévision reste encore le média de référence avec le plus grand nombre de sources différentes consultées (6 en moyenne), suivi d’Internet (3 sources en moyenne). Pour les autres médias, les personnes interrogées disent consulter une seule source d’information (toujours en moyenne).

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Ce besoin de recouper les informations est très clairement exprimé à travers plusieurs verbatims, qui n’étonneront somme toute personne, tels que : « chaque événement a au moins deux faces », « je veux disposer de tous les faits », « je veux me former ma propre opinion ».

La diffusion d’Internet se massifiant, il faut sûrement s’attendre, à terme, à une plus grand volatilité des audiences, ce que McKinsey appelle la « Brand promiscuity ». Les lectorats viscéralement attachés à leur journal s’effriteraient.

D’autant que les Américains interrogés disent privilégier l’accessibilité de l’information à sa qualité. Ils se tourneraient d’abord vers les sources les plus claires, les plus actualisées, les plus commodes à consulter, avec le choix le plus large d’informations. La pertinence de l’information, la qualité de l’analyse ou encore la personnalité du journalistes sont des items de bien moindre importance.

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Et les auteurs de conclure sur l’organisation de l’information en ligne, déjà amorcée par certains titres : une entrée par des informations succinctes et synthétiques pour continuer, selon les intérêts de chacun, par une navigation au sein d’informations à différents niveaux de lecture et de formats (blogs, chats, vidéos, infographies…).

 

PS : par contre, j’ai beaucoup plus de mal avec la typologie de l’étude (les citizen readers, les news lovers, les digital cynics, les traditionnalistes, les headliners…) car l’analyse proposée est bien trop succincte et légère sur ce point (il faut bien en garder sous le pieds pour les clients).

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