Le syndrôme France Info

Intéressant de voir comment une station comme France Info s’adapte face à la crise d’audience : dans cet article du Monde, son nouveau directeur Patrick Roger met l’accent sur la réactivité (et notamment la capacité à bouleverser l’antenne), le débat et la féminité. Au moins deux de ces caractéristiques peuvent être décrites comme très 2.0 (même si ce n’est pas à des gens de radio que l’on apprendra que le débat interactif existait avant Internet).

Le cas France Info à l’ère du web 2 est particulièrement intéressant : elle illustre, de par son positionnement tout info, ce que nous avons appelé le syndrôme France Info. Pour décrire son évolution, un des responsables de la station disait ceci :

« quand je suis arrivé à la radio, il y a une douzaine d’années, quelqu’un m’a dit : France Info, c’est formidable, parce qu’après les matchs de foot du jour il me suffit d’attendre dix minutes pour avoir l’ensemble des résultats. Récemment quelqu’un m’a dit, avec des mots quasi-identiques : France Info c’est n’importe quoi, parce qu’après le foot il faut que j’attende dix minutes pour avoir les résultats « 

(Télérama n° 2993, « France Info peut-elle rivaliser avec Internet ? »).

Preuve, s’il en fallait encore une, qu’Internet a considérablement accéléré la circulation de l’information et va jusqu’à destabiliser les repères de rédactions qui avaient elles-mêmes été à la source d’un bon coup d’accélérateur.

Le repositionnement permettra-t-il de vaincre le syndrôme France Info ?

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2 réponses à “Le syndrôme France Info

  1. J’ajoute que France Info choisi également de prendre le contre-pied, ce qui parait plutot intelligent, avec un nouveau format de journal plus long et approfondi… J’y voit une stratégie de changement de positionnement. De « média chaud », la station cherche aller vers une position de « media froid », plus propice à la reflexion et l’analyse et moins factuelle dans son traitement de l’actu (ce qu’internet fait très bien).

  2. je ne sais pas si la radio de chaude deviendra froide, au sens de media d’approfondissement et d’analyse ;o) mais il est clair que la diffusion brute d’info ne suffit plus à faire la différence entre les programmes.