La vieillerie de la semaine : « Les médias et leur nouvel écosystème »

Pour les uns, c’est sortie d’école, Fin de semaine, Pose café, Déjà en RTT. Pour les autres : Rentrée des classes, Blues du lundi matin, Pose café, Vivement la prochaine RTT. En tout cas, on se détend avec un post tout droit sorti de notre vide grenier commun : Internet.

Et oui, avec tous les discours sur la réactivité, l’instantanéité, le présentéisme, l’immédiateté, et j’en passe on en oublierait presque qu’Internet est aussi la toute nouvelle mémoire du monde (pour le clin d’oeil au titre poétique et évocateur du court-métrage d’Alain Resnais sur la Bibliothèque Nationale, suivez le guide). C’est pourquoi nous avons décidé de replonger, chaque fin de semaine, dans les milliers d’archives disponibles à tous et presque (totalement?) oubliées.

La pépite du jour, en forme d’hommage, nous viens du côté de chez Parody qui le tenait lui-même d’Olivier Ertzscheid qui lui-même le tenait d’Hypergene, celui-là même qui le tenait de…. Enfin, Emmanuel Parody vous explique tout très bien tout cela par ici. C’était un 10 janvier 2006.

Pour les flemmards de l’hypertexte, on retiendra le schéma qui suit, issu de l’article de Shayne Bowman et Chris Willis pour la revue universitaire Nieman Reports, « The Future Is Here, But Do News Media Companies See It? » (pour les amateurs de pensum et/ou de lecture première main, votre bonheur se trouve ici).

Avec un peu plus d’un an de recul, que cela vous inspire-t-il ?

Actualisation : si certains en doutaient, les commentaires sont plus intéressants que mon billet.

media_ecosystem_nieman.gif

Publicités

5 réponses à “La vieillerie de la semaine : « Les médias et leur nouvel écosystème »

  1. François Guillot

    Mon cher Emmanuel, puisquee nous sommes chacun le premier lecteur de l’autre, je vais avoir le plaisir d’être le premier à répondre à la question posée. Je vois 2 choses importantes dans ce schéma très bien fait :

    – le schéma est centré sur le journaliste et ce qui change pour lui. On ne voit pas tant de choses directement centrées sur la personne du journaliste, donc c’est intéressant pour les gens de RP dont je fais partie.

    – le lien ascendant me paraît ténu : les journalistes font-ils un bon travail de veille ou de réseau pour tirer le meilleur de ces « story ideas » ? J’ai tendance à penser que bof. J’ai plutôt l’impression que les médias / les journalistes puisent de deux façons :
    * dans le modèle de conversation. maintenant tous les médias veulent mettre un max d’interactivité dans tout (bon j’exagère, mais on voit la tendance)
    * dans l’info sur l’actualité du net : la nouvelle vidéo qui cartonnent, le papier d’angle sur ce que les blogueurs disent du sujet de société du moment, etc.
    => mais je vois encore assez peu d’articles inspirés d’ANGLES proposés par les internautes. Est-ce à dire que les internautes n’ont pas tant d’idées ou que les journalistes ne s’en servent pas bien ? Il doit y avoir un peu des deux.

    Pour moi le mot qui compte donc dans le schéma est dans le titre : « emerging ». Même si c’est une vieillerie, le schéma reste au moins partiellement prospectif.

  2. La vieillerie tient encore bien la route, pour moi ce schéma n’a pas pris une ride. Il faut quand même préciser qu’il peut s’interpreter différemment selon qu’on se situe du côté d’une presse spécialisée ou d’une presse généraliste. Côté spécialisé il est plus facile d’imaginer un apport constructif des lecteurs souvent acteurs et experts.

    Pour le reste on n’y est pas encore, l’interactivité sous forme de commentaires c’est encore un moyen de se payer du web 1.9 sans prendre le risque de changer l’essentiel.

    De l’autre côté je crois qu’on surestime beaucoup la volonté du lectorat de participer au processus de production de l’information. Au fond l’enjeu c’est surtout d’identifier et valoriser la fraction de lectorat qui peut apporter une vraie valeur ajoutée. Pour ça il faut l’ENGAGEMENT des journalistes auprès du lectorat. On a tous bien compris que « l’actualité du net » c’est la réponse méprisante destinée surtout à gagner du temps. Comme s’il s’agissait d’un Second World.

    Sur un plan beaucoup plus opérationnel ce schéma est aussi un schéma de distribution, il décrit un flux économique en même temps qu’un flux de trafic. Vu sous cet aspect nous avancons vite car l’avantage d’ouvrir les portes et de permettre la circulation de l’information est un élément immédiatement mesurable.

    La grande question c’est qu’on ne peut pas durablement imaginer d’exploiter economiquement ce modèle par des astuces marketing ou techniques sans devoir affronter l’évidence: la révolution culturelle qui conditionne l’ensemble (culturelle et non technique come on aimerait justement le faire croire ou le croire nous-mêmes). Il n’y a pas de grand projet éditorial sans vision politique de la société. L’enjeu, sous peine de disparaître, c’est de comprendre cette révolution.

  3. François Guillot

    Sur la révolution culturelle je vous suis bien volontiers. Autant je n’aime pas l’emploi du mot révolution quand on parle de ce qui se passe dans l’opinion (les médias changent, les façons de s’informer changent, mais est-ce que c’est cela qui fait évoluer les opinions des gens ???), autant je trouve qu’un des plus grands chambardements est dans le « style ». C’est peut-être un sous-point de la révolution culturelle mais ce qui me semble, c’est que le web 2.0 change avant tout le style d’expression : l’expression moins institutionnelle, plus informelle est assez contaminante. C’est aussi un enjeu pour les métiers des RP.

  4. Je suis d’accord avec cette idée que c’est plus le style, ou peut-être le ton qui est bouleversé par le Web 2.0
    Il y a comme un vent de légèreté et moins de formalisme dans l’expression qu’elle soit journalistique ou en communication. À mon avis, c’est vraiment une bonne chose pour tout le monde : pas besoin d’être ennuyeux pour communiquer : soyons créatifs, émotifs, expressifs et surtout soyons plus « cool »…

    Si les blogs n’auront servi qu’à ça, ça sera déjà beaucoup.

  5. Pingback: Lectures en vrac « internet et opinion - web 2.0, communication, relations publiques, influence, médias, blogs, etc.