Un « second thought » sur Second Life

C’est bien connu : on finit par brûler ce qu’on a adoré. Dans le genre yo-yo de l’opinion, Second Life est sans doute la plate-forme web autour de laquelle les discours sont les plus excessifs : l’emballement médiatique de début 2007 et avant (largement alimenté par la répétition des annonces de marques et d’agences, voir ici, ou ) est progressivement (depuis mars en fait) venu faire place à un silence pesant des mêmes médias et aux critiques les plus acerbes des blogueurs (voir ici, ou ). Et s’il est très vite apparu que la plupart des annonces de marques dans Second Life avaient pour principal bénéfice (et je n’espère pas pour principal but) de faire parler la presse… écrite, nous avons voulu creuser la question à l’agence pour faire un vrai tour d’horizon. Nous avons donc demandé à Dan Benzakein d’Extralab de nous rendre visite rue de Trévise pour démythifier Second Life devant une foule curieuse.

Si les anecdotes croustillantes dans Second Life sont légion et participent de l’attractivité (subjective) de la plate-forme, j’ai surtout été frappé par le parallélisme entre les débuts du web et les débuts de Second Life. Il est encore très tôt pour tirer des conclusions définitives. Alors oui, il y a l’obstacle de la prise en mains. Alors oui, Second Life est à moitié désert. Alors oui, c’est sexe et casino à gogo (enfin, maintenant les casinos sont interdits). Alors oui, l’événementiel est ultra-limité par les capacités de la plate-forme (80 personnes à la fois). Mais le champ des possibilités – bien au-delà de la seule communication de marques – est intéressant, en particulier en matière de management et dans certains secteurs comme l’immobilier et l’entertainment.

A ce stade, Second Life, ça reste de l’image, de l’expérimentation, des publics initiés, très early adopters et internationaux. C’est d’ailleurs pour cela qu’on peut excuser que tant de marques s’y soient rendues dans une logique de coup de com et de one-shot. Mais il sera moins compréhensible maintenant de voir se répéter ce genre d’approches : Second Life est comme n’importe quelle plate-forme, si on s’y investit, que ce soit au travers d’un véritable projet. D’autant plus que c’est un univers à vraiment connaître avant de s’y aventurer – autant dire qu’on ne peut pas le faire sans être accompagné par un expert. Au final, pour la communication comme pour le management c’est une niche, mais une niche de R&D.

A suivre aussi : la série en cours d’Internet Actu « demain les mondes virtuels ». Premier billet ici, deuxième .

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Une réponse à “Un « second thought » sur Second Life

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