Grève et rapport de forces off contre on-line : le cas du blocage de Paris I

rubrique-1_01.gifVu chez Rue 89 : une consultation en ligne sur le blocage de la fac. Cette initiative de la présidence de l’université de Paris-I n’a rien d’anodine : elle permet de contrebalancer le rapport de force mis en place par les étudiants en grève (pour voir le communiqué de presse de la présidence, c’est ici; pour voir d’autres réactions issues du site Bella Ciao c’est par et ).

Dans la tradition syndicale étudiante, bloquer des bâtiments, organiser de manière très cadrée les Assemblées Générales, assurer le bon déroulement des manifestations et les prises de paroles médiatiques sont autant de manière pour rendre visible un rapport de force en leur faveur. Pour les autres, être contre signifie généralement ne pas avoir les moyens ni les lieux pour réagir, s’organiser et s’exprimer. Les syndicats ont la capacité d’aggréger autour d’eux. Les étudiants non favorables au blocage, eux, votent plutôt avec leur pieds. Tous ceux qui ont été étudiants et intéressés par les questions universitaires trouveront bien un exemple de la difficulté à prendre la parole dans une AG, à entamer une discussion contradictoire et être tout simplement écouté. D’où, généralement, l’instauration d’une spirale du silence du côté des étudiants non convaincus d’un arrêt des cours.

Une consultation sur Internet, faites dans les formes, rend ainsi plus aisée l’expression de tous et dans le cas présent la reprise en main de l’initiative par l’institution universitaire (même si dans ce cas, je suis très sceptique sur la manière dont la question de la consultation a été formulée). Les résultats diffusés aggrégent les voix contre le mouvement. Ils rendent visibles et appréhendables une autre opinion. Avec Internet, ce sont aussi les manières de donner de la voix, d’exprimer son opinion qui changent et rentrent en concurrence. Instrumentalisé ou non, c’est peut-être aussi ça le cinquième pouvoir ?

Mise à jour de François, 17/11 : nous avons la réponse de Thierry Crouzet à cette question. 

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2 réponses à “Grève et rapport de forces off contre on-line : le cas du blocage de Paris I

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