Les commentaires sur Google News : un premier bilan (et il est mitigé)

La lecture du dernier billet de Stan attire mon attention sur cet article d’Ecrans qui apporte des éléments de bilan sur la possibilité offerte par Google depuis le mois d’août de commenter les Google News US.

(Possibilité offerte aux parties prenantes de la news et non à tous, mais qui ouvre un champ intéressant de relations publiques en permettant aux personnes citées de mieux donner leur version de l’histoire.)

(Ecrans se basant lui-même sur le New York Times, vous aurez compris qu’i&o reprend PR2Peer qui reprend Ecrans qui reprend le New York Times – si c’est pas de la viralité, ça.)

Nous étions plusieurs à évoquer ce lancement à l’époque, qui faisait tout simplement de Google un éditeur.

L’annonce de Google avait été la cible de nombreuses critiques, dont l’essentiel portait sur la faisabilité de l’opération : comment définir ou identifier une partie prenante ? L’opération est-elle rentable avecle temps passé à gérer ces commentaires ?

10 jours après le lancement de l’opération, je m’inquiétais de ne trouver aucun commentaire en fouillant le Google News US. Le bilan évoqué par le New York Times après quelques mois est donc le suivant : environ 150 commentaires sont visibles à la fois, et comme chacun d’eux reste en ligne environ un mois, ce sont 5 ou 6 nouveaux commentaires par jour qui sont publiés. Ce qui est très peu.

Google l’explique par le faible nombre de personnes citées dans les articles (ce qui en dit un peu plus sur ses critères de choix pour définir qui est une « partie prenante » : c’est donc une personne citée dans l’article). Google s’est même mis en situation de démarcher les personnes citées pour leur demander des commentaires.

Parmi les facteurs explicatifs, Ecrans cite Techdirt pour qui on n’a pas besoin d’une fonctionnalité comme celle de Google News :

« aujourd’hui, il est facile de créer son propre site web ou son blog et donner sa version de l’histoire ».

Mais cela ne me convainc pas car le web étant un espace extrêmement décentralisé, il y est difficile d’attirer le public à soi et l’on a intérêt à disséminer son message, surtout sur un espace à forte audience comme Google News.

Ecrans cite également John Battelle pour qui la raison est que Google News n’est pas un espace communautaire :

« Google News est entièrement géré par un algorithme informatique. Il n’existe pas de communauté explicite. (…) Ce n’est pas un endroit où les gens vont être sociaux. »

C’est un argument intéressant et, je crois, à retenir.

Mais ne faut-il pas y voir dans ce bilan très mitigé la difficulté structurelle pour les organisations à entrer dans le débat de façon réactive ? C’était déjà une des questions que nous posions sur Internet et Opinion au mois d’août et je ne la formulerais pas différemment aujourd’hui :

« Pour les parties prenantes des news publiées, la question est stratégico-culturelle : les personnes et organisations citées sauront-elles faire bon usage de cette possibilité, oseront-elles prendre leur part au débat ? S’agissant des entreprises, il y a de ce côté-ci de l’Atlantique encore un saut culturel à franchir. Dans leur intérêt. »

Stanislas encore lui répond que ce sujet est clairement au centre des enjeux de la communication des entreprises et mentionne l’initiative de la SNCF qu’il faut effectiver saluer. Il s’agit d’une logique « centralisée », c’est à dire que la SNCF crée un lieu de débat qui est le sien.

L’enjeu pour la communication des organisations est je pense, ou sera, de franchir le cap suivant : des stratégies « décentralisées », c’est à dire d’aller à la rencontre des publics en ligne là où ils sont. Comme par exemple, sur Google News.

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