Le Docteur House est demandé en amphi

Il y a quelques jours je revenais sur l’effet 24h auprès d’un de ses publics sûrement les plus sensibles, les jeunes officiers américains. Télérama nous propose cette semaine une double page à propos du nouveau médecin à la mode, le docteur House. On peut y lire le témoignage de Sabine Sarnacki, professeur de chirurgie pédiatrique à l’hôpital Necker.
Si vous vous intéressez aux métamorphoses de la pratique médicale, vous savez sûrement qu’on reproche au corps médical d’être trop gourmand en nouvelles technologies pour traiter des cas qui, pour certains, sont tout à fait décelables autrement. Credo d’une référence comme Didier Sicard du CCNE, c’est aussi un constat partagé par ce professeur interrogé par Télérama :

« nos étudiants ont balayé la sémiologie à cause du pouvoir de la technologie. Imagerie, scanner, IRM, biologie moléculaire, c’est leur leitmotiv ».

Et que dit-elle à propos de notre bon (enfin, exécrable) docteur maison ?

« Aujourd’hui pour accrocher les étudiants en restant dans leurs univers, je leur dis : voilà un cas pour le docteur House. Pour qu’ils commencent à regarder la sémiologie que cette fichue technique met au rancart. Et pour leur montrer que le métier qu’ils veulent faire est bien celui-là, et qu’il est excitant ».

Ou comment augmenter son pouvoir de persuasion grâce à une série américaine, plébiscitée par ce public encore jeune et inexpérimenté (qui est peut-être vu plus de malades à la télé qu’en vrai)… CQFD ?

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2 réponses à “Le Docteur House est demandé en amphi

  1. j’avais lu cet article aussi et trouvé l’expression « médecin métaphorique » ingénieuse, je me suis demandée si on ne pourrait pas penser la fiction en elle-même comme métaphore, je ne me souviens plus trop mais je crois qu’il y a quelque chose de cet ordre dans « la métaphore vive ».
    J’ai entendu que les médecins réanimateurs souffrent des effets d’audience et d’influence qu’ont pu connaître des séries comme « urgence » en lesquelles l’héroisation des médecins a frappé les esprits, à tel point que sont apparues suspectes voire fautives des décisions d’arrêts de traitement et plus prégnante la notion de performance. C’est très curieux cette confusion entre réalité et fiction.

  2. Pingback: Obama : le rôle de la fiction dans les opinions « internet et opinion(s) - web 2.0, communication, relations publiques, influence, médias, blogs, etc.