Le fabuleux destin de Rachel Bekerman dévoilé par Le Monde

n835324859_1458.jpgL’enquête vient du journal Le Monde et donne un article édifiant et indispensable à lire.

Depuis novembre, une personne du nom de Rachel Bekerman (en possible photo à gauche…), se réclamant de la rédaction interactive du Monde, administre le groupe « Journalistes français » sur Facebook. Elle a réussi à fédérer environ 1300 personnes, journalistes, étudiants et professionnels de la communication.

Problème… Personne ne semble la connaître. L’intéressé(e) fait tout pour rester très discret(-ète). Acculé(e) par des journalistes du Monde, la Rachel déclare :

« Je suis attachée de presse pour un média Web dont j’aimerais garder le nom secret. (…) Mon travail consiste à faire parler des sites Internet que nous éditons. Je profite des réseaux sociaux pour créer un maximum de buzz. L’information se diffuse plus vite par le biais des journalistes. C’est pourquoi j’ai créé ce groupe. »

Antoine Barthelemy, dont le site Whosdaboss (?) est cité par Rachel Berkerman n’est ni surpris ni choqué :

« C’est de bonne guerre. C’est même une bonne méthode. En marketing, la fin justifie les moyens. Dans la vraie vie, ce n’est pas bien de mentir, mais sur Internet, tout le monde ment. C’est le jeu. »

J’ai entendu la même argumentation il y a moins d’une semaine de la part de deux responsables d’une web agency très respectable et à l’origine (selon moi) des projets les plus intéressants du net français. Pour dire que ce genre de mépris envers les internautes est partagé par certains acteurs du secteur. Ces pratiques de net-activisme, de promotion par des identités inavouées est particulièrement déplorable.

Effectivement, ce cynisme désespérant reste indolore tant qu’il n’est pas démasqué. Pourquoi s’en priver ? Mais il se révèle dévastateur en matière de confiance sur Internet. Il est dès lors contre productif à long terme :

  • Contreproductif pour les agences (je serais annonceur, je n’aurais pas envie de travailler avec des prestataires tricards; et je n’aurais pas envie qu’on sache que j’ai fait appel à eux).
  • Contreproductif pour les marques qui sont alors montrées du doigt : Seesmic, le dernier bébé de Loïc Le Meur est cité dans l’article du Monde par Rachel Bekerman comme un de ses « clients ». Même si rien ne le prouve, c’est embêtant en termes de réputation. Loïc Le Meur n’a pas, à cette heure, réagi sur son blog – alors qu’il ne peut pas ne pas être au courant de cet article comme il l’explique lui même dans son dernier billet.

Jérémie Berrebi lui aussi cité, critique ces méthodes et déclare sur son blog qu’il y reviendra avec un argumentaire plus détaillé. On attend la suite avec impatience.

Reste un angle mort dans l’article du Monde. Rachel Bekerman n’est pas la seule à animer ce groupe. L’autre administratrice du groupe est une certaine Marianne Valentin. Qui est-elle ? Que fait-elle ? Peut-être que David Abiker, »friend » sur Facebook avec la demoiselle, pourra nous en dire plus ou la poker pour nous?

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12 réponses à “Le fabuleux destin de Rachel Bekerman dévoilé par Le Monde

  1. Cet article est aussi une bonne façon de stigmatiser les pratiques de certains « communicants ». Le comportement de Rachel machinchose est la version numérique de la célèbre réplique de Charlotte de Turckheim, patronne d’agence de com’ à Nathalie Baye, sa nouvelle « associée » dans le film dans Rive Droite Rive Gauche,du journaliste Philippe Labro « tu ne t’imagines pas que, dans ce métier, tu ne vas travailler qu’avec ton cerveau, tout de même ».
    La Rachel machin et le patron du site n question, je leur collerai bien une paire de claques, moi. Plus sérieusement, il faudrait quand même arriver à découvrir la vraie identité, l’agence et tout et tout. Une officine à faire fermer, ça ne ferait pas de mal

  2. François Guillot

    Miss Rachel est membre d’un groupe qui s’appelle « Pas de publicité sur Facebook ! ». Ca ne s’invente pas.

  3. Je ne sais pas qui sont les 90 % des amis que j’ai dans Facebook. Je m’y suis inscrit pour voir et voir ce qui se passe dans cet immense truc. J’en ai tiré plusieurs papiers et chroniques sur le langage, la notion d’amitié, le networking. Mon profil est ouvert aux 4 vents. Marianne Valentin ; j’ai du la valider en même temps que dix autres. Je crois me souvenir ne pas avoir accepté d’entrer dans le groupe en question. Mais je vais jeter un oeil.

  4. Donc j’ai vérifié. Je n’étais pas dans le groupe. Y serais-je entré que ça ne changeais rien. je ne suis membre que d’un groupe dans Face book, celui des amis des Maronsuis dont je suis une sorte de père spirituel.

  5. Emmanuel Bruant

    François, tu crois que c’est le vrai David Abiker ?
    Toutes ces histoires remettent au goût du jour les tables tournantes et les conversations avec l’au-delà. Les pseudos sont au XXIème siècle ce que les spectres furent au XIXème.

  6. François Guillot

    Oui je crois que c’est le vrai David Abiker ! Qui comme tous les « friends » de Rachel Bekerman et Marianne Valentin que j’ai interrogés, les ont acceptées sans savoir qui elles étaient…

  7. édifiant en effet, je me souvient que Gilles (du mondedublog) avait émis des doutes sur ce groupe,

    A l’inverse de ce que déclare Antoine Barthelemy, tout le monde ne ment pas sur Facebook et c’est d’autant plus facile de feinter lorsqu’on sait utiliser les codes pour ensuite les détourner, comme par exemple la création de groupe, mais surtout l’ajout d’amis, réputés de préférence, susceptibles d’apporter une légitimité à votre profil et de rendre crédible vos initiatives. Il me semble que c’est ici le cas : J’ai, par exemple, et sans l’avoir ajoutée, 5 amis en commun avec Rachel. Ceux qui ont ajouté la miss sans la connaître ne l’ont ils justement pas un peu aidée dans sa tâche sans le savoir ? Rejoindre un groupe, c’est un coup bien trop faible pour l’utilisateur, mais la qualité de ses membres, comme celle des amis de l' »admin », participe à instaurer un climat de confiance,
    et effectivement c’est bien de confiance qu’il s’agit.

    bon, moi je file ajouter David Abiker 😉

  8. François Guillot

    Effectivement l’opération de « Rachel Bekerman » et « Marianne Valentin » semble démontrer une bonne maîtrise de Facebook. Jusque dans l’utilisation de l’application « My HTML » qui personnalise un message lorsque vous arrivez sur leur profil : « Bonjour François Guillot, je suis journaliste, je vous invite à rejoindre le groupe Journalistes Français… »

    Par ailleurs il y a un truc dont personne ne semble s’émouvoir et qui moi me chiffone beaucoup : c’est le fait que ni Loïc Le Meur, ni Cyrille de Lasteyrie n’aient démenti une implication de Seesmic, près de 72h après la publication de l’article, alors que l’article du Monde indique que Rachel Bekerman les cite comme « clients » de ses services. Pourtant il suffit de se mettre à la place de Seesmic deux secondes pour voir que c’est un sale coup à leur réputation, et quand on n’a rien à se reprocher on dément. Vite.

  9. Hello,

    Je ne suis pas certain que Seesmic en soit à gérer sa réputation… peut-être plutôt en recherche de notoriété que de réputation, laquelle sera probablement plus liée à la qualité du produit fini qu’à la préservation d’un capital réputationnel embryonnaire. Enfin, on verra bien !

  10. François Guillot

    Oui mais enfin Joïakim, tu as comme moi lu un jour le blog de Loïc Le meur, l’imagines-tu réellement ne pas réagir à une fausse rumeur, avec la réactivité qu’il prône sans cesse ? Moi ça me paraît impensable.

    Si tu étais le patron de Seesmic et que tu voyais ça dans la presse, tu serais très énervé et tu aurais envie de réagir très vite.

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