Le billet d’un euro selon Christophe Girard… Et non… les symboles ne peuvent pas tout

inflation.jpegChristophe Girard, adjoint au maire de Paris en charge de la culture, nous fait partager son point de vue sur le pouvoir d’achat et l’euro. Selon lui,

L’euro court (…) le risque d’apparaître, aux yeux des consommateurs, comme un bouc émissaire commode pour leurs difficultés quotidiennes.

Il s’ensuit des constats intéressants mais bien maigres pour généraliser à l’ensemble des Français :

Avec un billet de 20 ou 50 francs en poche, le consommateur avait auparavant le sentiment de « posséder de l’argent ». Avec l’équivalent en pièces de 1 ou 2 euros le consommateur a inversement le sentiment d’ « en avoir moins pour son argent ».

La solution ? Introduire un billet de un euro… Waouh

Parce que c’est bien connu :

Posséder des billets, même de 1 euro, donnerait en effet au consommateur le sentiment de « posséder de l’argent » et par conséquent du pouvoir d’achat. Loin d’être une simple mesure de portée symbolique, la création du billet de 1 euro pourrait avoir un réel impact psychologique sur les consommateurs. Elle aurait également des aspects pratiques : les billets sont beaucoup moins encombrants dans les poches et, contrairement aux pièces, ils peuvent être changés dans les bureaux de change.

C’est vrai que nous allons souvent dans les bureaux de change… Plus sérieusement, il y a bien un effet euro dans la perception de l’inflation actuelle. Mais elle n’a pas grand chose à voir avec ce qu’en dit Christophe Girard. L’euro a plus eu un effet perturbateur en brouillant nos références, nos échelles de prix etc… Alors que l’euro soit en monnaie ou en billet, cela ne change pas grand chose. La métrique a changé, 1 euros = 6,5 et des poussières. Les prix psychologiques ont changé… Et un billet à la place d’une pièce n’y changera rien ou pas grand chose.

Oui, les Français voit le passage à l’Euro comme le moment déclencheur d’un renouveau de l’inflation. Mais tout ça parce qu’on aurait plus de pièces et moins de billet ?

Si, « en matière de consommation les symboles comptent aussi », il n’existe pas pour autant ni de solution miracle ou mécanique. Et en creux, Christophe Girard a une drôle de conception du consommateur qui, si on suit son raisonnement (donner lui un billet il ira déjà mieux) est une sorte d’homme unidimensionnel – bien loin de la réalité sociale. Dommage pour un homme politique chargé de la culture.

4 réponses à “Le billet d’un euro selon Christophe Girard… Et non… les symboles ne peuvent pas tout

  1. Je n’ai pas d’avis pertinent sur la question, mais un ressenti :
    Symboliquement, le billet revêt plus de valeur que des pièces parce que souvent attribué à des sommes plus importantes, en tout cas en France, qu’aux pièces. (gamin j’avais une collection de pièce de 50 francs – ancien francs)…
    Avoir plus de billet peut donner la sensation d’avoir plus d’argent. Enfin probablement les premiers temps car finalement cela ne changera en rien le coût de la vie.

    J’étais à Prague il y a quelques semaines : le premier billet, de mémoire est celui de 50 couronnes (environ 3 euros) puis 100, 200… 1000, 2000…
    Du coup, on a un plein de billets en poche et l’impression d’être « riche ». Mais quand tu donnes 200 couronnes pour 2 sandwichs et 2 sodas tu vois bien que ces coupures partent vite.

    Le billet à 1 euro n’aura en effet qu’un impact psychologique de courte durée.
    m’enfin, je suis une brêle en éco et en math et encore moins un expert en psychologie monétaire…

  2. Emmanuel Bruant

    Je suis assez d’accord avec vous. En fait là comme souvent, c’est l’usage en situation, dans la vie quotidienne qui va jouer sur la perception. Donc quand vous allez à la boulangerie, le prix reste le même. Donc l’impression d’une inflation ne va pas changer pour autant qu’on utilise un billet ou une pièce.
    Effectivement on peut escompter un impact psy de courte durée… peut-être. Mais au mieux ce ne sera que dans la courte durée. Or les problèmes de représentation d’économie domestique, d’inflation etc. sont des phénomènes ancrées dans un subtil jeu de mémoire entre présent et passé.
    Vendre de cette manière le billet d’un euro c’est en rajouter une couche dans les discours très perturbants déjà pour les consommateurs. Le mieux est très souvent l’ennemi du bien.

  3. Je suis désolé, avoir le porte monnaie plein de billets de 1000 lires ne m’avait jamais donné le sentiment d’avoir plus d’argent… un timbre coutait alors 700 lires.

    Attribuer l’inflation à l’euro est de la pensée magique. L’augmentation des prix de produits de consommation courante est plus récente, et dû à d’autres facteurs (rpix des céréales, prix du pétrole…). Cf. http://www.sauvonsleurope.org/test/php/outils/euro.pdf

  4. Emmanuel Bruant

    Tout à fait d’accord avec toi Valéry… et créer l’illusion c’est préparer la désillusion;-)