Vidéo de la semaine : le off de Rachida Dati sur France 24

La vidéo de la semaine, puisqu’on parle souvent de « fin du off » sur ces pages, c’est (avec un peu de retard certes) celle de Rachida Dati qui discute avec Roselyne Febvre sur le plateau de France 24.

Un peu plus de 200 000 vues, est-ce si élevé ? C’est moins que le total pour cette autre vidéo qui montrait Rachida Dati oublier la présence d’une caméra et avait fait son effet en son temps. 200 000 vues, ce n’est peut être pas la bombe que certains attendaient en sortant l’info… Plusieurs éléments d’analyse :

– Finalement et comme le relève Daniel Schneidermann qui se réjouit de cette « franchise déconcertante » dans Libé, la vidéo ne montre pas la Ministre sous un mauvais jour. Sur la forme elle n’est pas désagréable, assez sympathique et naturelle, même

– On y voit une connivence avec une journaliste, mais quoi d’autre ? Pas grand-chose sur le fond. D’ailleurs toutes les reprises de l’info que j’ai pu voir étaient centrées sur le tutoiement inattendu entre une Ministre et une journaliste. Aucun élément de la discussion qui ressorte véritablement.

– Ce tutoiement (pour ma part je n’irai pas jusqu’à dire que Rachida Dati et Roselyne Febvre sont « bonnes copines » : leur conversation me paraît plutôt être celles de « bonnes connaissances professionnelles ») ne vient, pour beaucoup, que confirmer ce que l’on sait des rapports entre le pouvoir et les médias.

– Le travail journalistique de Roselyne Febvre n’est pas apparu pas excessivement complaisant, comme le relève Backchich :

« (…) après une longue introduction à peindre Rachida en fantastique femme de pouvoir, Roselyne l’aborde avec des questions dignes du meilleur journalisme. On ne peut pas dire, en effet, qu’elle lui cire les Prada lorsqu’elle la met en face des attaques dont le gouvernement fait l’objet sur les largesses faites à Kadhafi ou la réforme de la justice. »

– Mais aussi peut-être la banalisation de ce genre de situations : à force de voir des vidéos de (réels ou supposés) dérapages, notre étonnement est-il toujours le même ? Notre envie d’en parler, de partager, ne diminue-t-elle pas ? Ne risque-t-on pas d’assister à une certaine banalisation du off ?

A voir. On relèvera enfin que parmi les vidéos « off » de « coulisses » récentes impliquant Rachida Dati, celle-ci aura fait nettement plus de bruit que celle de la Télé Libre, pourtant dangereuse en termes d’image, qui sera restée assez confidentielle.

6 réponses à “Vidéo de la semaine : le off de Rachida Dati sur France 24

  1. Concernant les vidéos « off » professionnelles :

    En tant que journaliste reporter d’image, je suis toujours choqué de constater qu’un (ou plusieurs) techniciens en régie s’amusent à enregistrer les invités à leur insu pour les diffuser sur le web. Je me demande toujours ce qu’il leur arrive après. Si jamais ce genre de chose se produisait dans le média où je travaille je serais sans doute viré le lendemain pour faute grave.

  2. Bonjour,
    dans votre dernier paragraphe, vous faites référence à un reportage qui n’a rien d’un « off ». L’équipe de LaTéléLibre filme normalement une réunion public, et des militants s’interpose physiquement pour interdire la prise de vue. C’est une entrave à notre liberté, pas une image volée!

    Nous sommes pas partisans des caméras et des micros cachés. Vous n’en trouverez aucune sur les 700 reportages actuellement disponibles sur LaTéléLibre. Nous préférons les questions directes adressées aux hommes et femmes du monde politique.
    Une caméra cachée peut s’envisager pour révéler un une transaction frauduleuse, une malversation grave. Pas besoin de diffuser une conversation privée comme celle de France 24 pour prouver que certains journalistes tutoient les politiques…
    Nous avons tous avantage à être clairs et rigoureux, nous en serons plus forts.

  3. Pardon, revoici le texte après relecture…

    Bonjour,
    dans votre dernier paragraphe, vous faites référence à un reportage qui n’a rien d’un “off”. L’équipe de LaTéléLibre filme normalement une réunion publique, et des militants s’interposent physiquement pour interdire la prise de vue. C’est une entrave à notre liberté, pas une image volée!

    Nous ne sommes pas partisans des caméras et des micros cachés. Vous n’en trouverez aucune sur les 700 reportages actuellement disponibles sur LaTéléLibre. Nous préférons les questions directes adressées aux hommes et femmes du monde politique.
    Une caméra cachée peut s’envisager pour révéler une transaction frauduleuse, une malversation grave. Pas besoin de diffuser une conversation privée comme celle de France 24 pour prouver que certains journalistes tutoient les politiques…
    Nous avons tous intérêt à être clairs et rigoureux, nous en serons plus forts.

  4. François Guillot

    CRESS > C’est surprenant dans la mesure où le mec qui fait ça risque son boulot, mais le fait de savoir qu’il y a un débouché sur Internet pour ce type d’images ou de sons rend le risque possible… Ensuite des médias d’investigation pourraient justement vouloir devenir des « voleurs d’image » professionnels…

    John Paul > En effet je fais un amalgame entre des images clairement volées (le off de France 24) et d’autres images de « coulisses » mais celles-ci tout à fait « on » (LaTéléLibre virée du meeting de RD, dont j’avais déjà parlé). Je voulais donc parler de « coulisses » et non de off dans ce dernier paragraphe. Je corrige.

    PS : sont-ce les journalistes qui tutoient les politiques… ou les politiques qui tutoient les journalistes ?

  5. Ce qui est intéressant dans le cas de LaTéléLibre est qu’elle a transformé un incident de tournage en sujet de reportage (d’ailleurs nettement plus croustillant). J’aurais fais la même chose à leur place, d’autant qu’ils se sont bien vengés du fameux militant par la suite.

    Oui, John Paul Lepers est un journaliste honnête qui a toujours respecté les personnalités politiques malgré sa réputation « d’insolent ».

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