« L’audience relative » des blogs et des médias en ligne : une expérience statistique

Une réflexion sur les notions d’audience et d’influence, totalement expérimentale, que je vous livre.

La notion d’audience dans la presse écrite est relative : quand on dit que le journal Le Monde, par exemple, a une diffusion de 360 000 exemplaires, ou une audience de 2 millions, cela ne signifie pas que 360 000 personnes, ou 2 millions, lisent tous les articles tous les jours.

Les lecteurs font leur shopping, et le principe est que plus il y a de choses à lire, plus il y a de chances pour que la quantité d’information que l’on consomme par rapport à la quantité d’information proposée soit faible.

On peut donc imaginer un indice « d’audience relative » : un indicateur d’audience (diffusion, audience) ramené à la quantité éditoriale produite. Si le Monde produit 100 articles par édition, on a une audience de 2 millions pour 100 articles, soit un indice d’audience relative de de 20 000.

En soi, cela ne veut évidemment pas dire que chaque article du Monde est lu 20 000 fois, mais cela peut permettre d’effectuer des comparaisons entre des médias qui produisent beaucoup et des médias qui produisent peu.

Et ne serait-ce pas un indice, finalement, d’influence ? Ou un indice « d’écoute » ou « d’attention » du lectorat ? (car l’influence, c’est aussi se faire écouter…)

L’influence n’est pas l’audience, mais l’audience est un élément d’influence. On peut écrire peu, mais avoir un public relativement nombreux, fidèle, intéressé, à l’écoute : on sera plutôt influent. On peut écrire de façon stakhanoviste et générer une audience globale importante, mais chaque article sera lu peu de fois, et on sera plutôt pas très influent…

(NDR : ceux qui me connaissent savent à quel point je suis méfiant avec la notion d’influence. Voir ici par exemple. Je privilégie l’analyse qualitative de l’influence, mais sa quantification m’intéresse.)

Si on applique ce raisonnement au web, on peut effectuer des comparaisons entre blogs et sites médias en ligne. Les blogs n’ont en général pas des audiences comparables à celles des sites médias, mais ils écrivent beaucoup moins. Il serait donc très intéressant de pouvoir comparer l’audience relative des blogs et l’audience relative des médias en ligne…

Comment faire ? A partir de là, il faut faire des hypothèses et des choix :

– il faut d’abord récupérer des données d’audience pour les sites et les blogs. On sait que ça n’existe pas. Mais nous faut-il des données d’audience complètes ? Non car après tout, les données d’audience vont être ramenées par rapport à une quantité de production éditoriale et donc ne voudront rien dire en valeur absolue. Le tout est de pouvoir comparer des données, même partielles, pour tous les sites et blogs étudiés.

– C’est exactement ce que Google Reader fournit. En utilisant la fonction « ajouter un abonnement » dans Google Reader, apparaît le nombre d’abonnés au flux RSS en question. Il ne s’agit que des abonnés aux flux via Google Reader, cela ne donne donc qu’une idée très partielle de l’audience d’un site : il manque les abonnés Netvibes ou Bloglines, le trafic direct, le trafic via les moteurs de recherche, le trafic entrant via des clics sur des liens naturels ou publicitaires, etc. Mais encore une fois, on s’en fiche, puisqu’il s’agit juste de comparer des sites entre eux.

– Il manque alors un moyen d’estimer la quantité éditoriale produite par un site. Et là, magie de Google Reader, la même recherche sur « ajouter un abonnement » fait également apparaître le nombre de « publications par semaine ». Sur quelle durée ? Mystère, mais au moins dispose-t-on d’un chiffre.

Ainsi, Internet et Opinion (par exemple), a 36 abonnés Google Reader et publierait en moyenne 4.2 fois par semaine.

A partir de là, on peut s’amuser : comparer le nombre d’abonnés Google Reader entre blogs, entre médias, entre médias et blogs, voir quels médias et quels blogs postent le plus et le moins, etc.

Par exemple, quand on regarde les chiffres à partir des blogs du top 100 du classement Wikio, on voit que le n°16, Biologeek, n’a que 36 abonnés Google Reader. Juste au-dessus, le n°15, Standblog, en a… 2777. Par contre, le même Biologeek n’écrit que 1,6 fois par semaine, ce qui relativise son faible nombre d’abonnés. Le blog de Jean-Marc Morandini compte 841 abonnés… mais publie 183,4 fois par semaine, ce qui relativise son audience. Fred Cavazza, lui, publie 7.5 fois par semaine. Le Monde.fr compte plus de 500 000 abonnés RSS mais publie… 700 fois par semaine. Le blog qui a le plus grand nombre d’abonnés est TechCrunch (21 000), ce qui est autant que Rue89 ; etc.

Pour info, top 10 des blogs par nombre d’abonnés :

1 Techcrunch 21 430
2 KozToujours 18 040
3 Diner’s room 17 844
4 Presse Citron 3 629
5 Journal du geek 2 932
6 Standblog 2 777
7 Zorgloob 2 290
8 Fubiz 2 251
9 Fred Cavazza 1 659
10 Accessoweb2.0 1 489

Top 10 des médias en ligne (étudiés) par nombre d’abonnés au fil de une (seulement le fil de une, sinon je n’ai jamais le temps de faire cet article 😉 ) :

1 L’Equipe 733 194
2 Le Monde 536 681
3 Nouvelobs 141 689
4 Libération 128 491
5 01 Net 97 317
6 Les Inrocks 90 717
7 Clubic 88 070
8 Pcinpact 70 937
9 LCI 38 588
10 Rue89 21 136

Les 10 blogs (étudiés) qui publient le plus (billets par semaine) :

1 Gizmodo 209,1
2 Morandini 183,4
3 Beta politique 107,3
4 Chauffeur de buzz 84
5 TV News 82,4
6 Le blog auto 80,3
7 Journal du geek 74,4
8 The inquirer 58,6
9 Pingoo 55,3
10 GuiM 52,5

Les 10 médias (étudiés) qui publient le plus (par semaine) :

1 Le Figaro 861,2
2 Le Monde 716,6
3 L’Equipe 573,8
4 LCI 561,4
5 LePost 540,6
6 L’Express 513,1
7 Le Parisien 466,7
8 Métro 461,8
9 20 minutes 440,3
10 Nouvelobs 340,7

Bref, à partir de là je me suis amusé (tout à fait, cela m’amuse énormément) à relever le nombre d’abonnés et la fréquence de publication pour :

– les blogs du top 100 de Wikio

– une bonne trentaine de médias en ligne (les plus hauts dans les classements Nielsen et Médiamétrie ; les plus cités par la blogosphère ; les sites média de quelques « grands médias » traditionnels, des pure players emblématiques, etc.)

Un magnifique fichier excel, une formule de calcul, et hop, on a, pour environ 130 blogs et médias en ligne, un « indice d’audience relative ». Qui ne signifie rien en soi mais permet des comparaisons, donc de faire un classement.

Les médias en ligne dominent-ils les blogs ? Voilà ce que ça donne (désolé pour la mise en page, c’est un copié-collé du fichier excel), avec les médias professionnels en gras :

1 KozToujours 3537,3
2 Diner’s room 2317,4
3 01 Net 2306,1
4 Les Inrocks 1727,9
5 L’Equipe 1277,8
6 Le Monde 748,9
7 Clubic 727,3

8 Techcrunch 695,8
9 Pcinpact 562,1
10 Standblog 514,3
11 Nouvelobs 415,9
12 Rue89 408,0
13 Libération 403,7
14 Fubiz 331,0
15 Zorgloob 289,9
16 Doctissimo 283,5
17 Transnets 249,8
18 Révolution web 2.0 en live ! 236,9
19 Fred Cavazza 221,2
20 Technologies du langage 163,3
21 Netvibes.com blog 155,0
22 Agoravox 139,4
23 Presse Citron 122,6
24 Le blog d’abondance 105,5
25 L’internaute 93,5
26 Arrêt sur images 93,2

27 2803 by Henri Labarre 87,2
28 Journal d’un avocat 84,9
29 Emob 81,7
30 Fran6art 74,5
31 Jean-Michel Billaut 69,4
32 LCI 68,7
33 Blogeee.net 65,5
34 Bienbienbien 63,9
35 Intruders TV 63,1
36 Les Echos 58,5
37 Beau à la louche 55,4
38 La République des Livres 49,1
39 Accessoweb2.0 49,1
40 Le journal du net 44,9
41 Trends Now 43,4
42 Papygeek 42,9
43 Futura Sciences 39,5
44 Journal du geek 39,4
45 Jacques Froissant 38,2
46 Iphon 38,0
47 Mashable 37,6
48 WordPress Francophone 36,7
49 Bakchich 35,9
50 Génération NT 35,8
51 Kelblog 34,6
52 Jarodxxx 33,3
53 Mais pourquoi est-ce que je vous raconte ça 33,0
54 Coulisses de Bruxelles 32,2
55 Bleebot blog 31,7
56 Versac 30,1
57 Vinvin entertainment 29,6
58 Le monde du blog 28,5
59 Gonzague Dambricourt 28,3
60 Kick and blog 26,9
61 Embruns 26,9
62 Tapahont 26,5
63 Neteco 25,9
64 Marianne2 25,5
65 3 couleurs 25,0
66 Affordance 23,2
67 Biologeek 22,5
68 Plume de presse 22,4
69 Le Figaro 22,2
70 L’Express 21,8
71 France Football 21,2
72 Contre Journal 20,7
73 Ecrans 20,0
74 L’observatoire des médias 18,6
75 MrBoo.fr 17,6
76 ZDNet 16,3
77 La vie des idées 16,0
78 Veille2com 15,6
79 Cuisine plurielle 15,4
80 Webilus 14,8
81 Actualités de la Recherche en Histoire Visuelle 14,7
82 Adscriptor 14,7
83 Et si c’était bon 14,7
84 Benoît Descary 12,8
85 La Tribune 12,3
86 De source sûre 11,5
87 Loïc Le Meur 11,2
88 Bagatelles 10,8
89 Wikio blog 10,4
90 Papilles et pupilles 10,1
91 Le tiers livre 10,1
92 Le blog auto 9,9
93 Chauffeur de buzz 9,8
94 NTIC 8,7
95 Nowhere else 2.0 8,6
96 Ma vie en Narcisse 8,4
97 Eryn et sa folle cuisine 8,1
98 Choses vues 7,9
99 Chez Clarabel 7,7
100 Crise dans les médias 7,7
101 Ligne et papilles 7,5
102 Contre info 7,4
103 GuiM 7,1
104 Korben 6,3
105 20 minutes 5,1
106 Morandini 4,6
107 Le Point 4,5
108 L’Expansion 4,3
109 Intox2007 4,2
110 Psychologies 4,2
111 Le Parisien 3,5
112 Bozarblog 3,3
113 Pingoo 3,1
114 France2 3,1
115 TV News 2,3
116 Gizmodo 2,0
117 The inquirer 1,9
118 Le vinZ de blog 1,8
119 Partageons mon avis 1,7
120 Beta politique 1,4
121 Marc Vasseur 1,4
122 Peuples.net 1,2
123 Bizet’s blog 1,1
124 Caledosphere 1,0
125 Sarkofrance 1,0
126 Homo Sapiens Internetus 0,7
127 iSubway 0,7
128 MesOpinions.com 0,6
129 LePost 0,6
130 Métro 0,4
131 Investir 0,1
132 Challenges 0,1

Des résultats très très étonnants à mon sens :

– dans le classement très mélangé entre blogs et médias en ligne. Beaucoup de médias en ligne sont assez haut dans le classement ce qui est finalement rassurant pour eux… mais beaucoup sont aussi très, très bas dans le classement…

– dans les chiffres qui montrent des disparités énormes. Pour prendre des concurrents directs, le Figaro a 22 quand le Monde a 748…

– Classement assez moyen de beaucoup de blogueurs « historiques »…

Que faut-il en penser ? Mon ami Koz, 88ème du classement Wikio, est-il en réalité le site le plus influent du web français ? Ne nous emballons pas, il y a de nombreux et sérieux problèmes :

– Fiabilité des données Google Reader ? Il y a forcément un problème, justement, avec Koz : Google Reader indique 18 000 abonnés. Pourquoi pas. mais le Feedburner de Koz mesure 18600 abonnés au total. Or il est rigoureusement impossible qu’il n’y ait pas au moins 3 abonnés Netvibes pour un abonné Google Reader, étant donné l’utilisation faite de ces deux services en France. Google Reader ne peut pas réaliser 97% des abonnements de Koz. Il peut y avoir le même problème pour le deuxième du classement, Diner’s Room.

– Le nombre d’abonnés est biaisé pour les sites proposés par défaut par Google Reader, comme, je crois… TechCrunch

– Quand il y a plusieurs flux pour un même site, faut-il additionner les abonnés à chaque flux, y compris quand le flux est un flux Feedburner ? C’est ce que j’ai fait pour les blogs. Pour les médias en ligne, je me suis arrêté au flux principal, celui des dernières infos, qui est en général le plus important.

– Sur-représentation des sites dans les thématiques High-tech et Internet, dont les lecteurs sont plus facilement utilisateurs de flux RSS

– Enfin un classement thématique serait plus juste : on mélange des torchons et des serviettes. Il faudrait faire le même exercice pour sites et blogs high-tech ; sites et blogs actu générale ; etc.

Quelle est votre analyse ? Voyez-vous des moyens d’améliorer cette méthodologie ?

De mon côté, je ne prends rien de tout ça au pied de la lettre, mais les résultats me semblent intéressants. Je ne sais pas si les explications méthodologiques sont très claires mais la pédagogie de l’évaluation et des chiffres est difficile. Il me semble que la signification d’un indicateur d’audience relative est à chercher du côté de l’influence. Même si l’influence, quand on veut la quantifier, est aussi une affaire :

– d’audience absolue (si, quand même)

– de reconnaissance (le lien entrant étant le signe de reconnaissance sur le web, d’où les méthodes basées sur cette notion : PageRank, Autorité, classement Wikio…)

Sans compter ce qu’on ne peut pas quantifier (l’influence dépend des circonstances, du hasard, des sujets abordés, etc.)

Là où je suis assez sûr de moi, c’est qu’il y a une piste à creuser dans l’analyse de l’audience relative pour mesurer les rapports de force entre médias et blogs.

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44 réponses à “« L’audience relative » des blogs et des médias en ligne : une expérience statistique

  1. bravo pour l’exercice…avec toutes les réserves liées aux sources des chiffres

    Ce qui me frappe : l’abcsence de lexpress, lefigaro et 20minutes dans le top 10 des médias avec le plus d’abonnés RSS.
    mes hypothèses : la (mauvaise) qualité et valorisation des flux sur le site (c’est nous!), l’audience +/-techno d’un site (20minutes, lefigaro?)

  2. « l’indice d’audience relative » a-t-il un quelconque rapport avec l’audience (nb de visites) ???

    si t’as du pas mal bosser pour établir ce classement, le résultat est complètement à coté de la réalité

    j’ai les stats de quasi tous ces sites et blogs à la visite près … et les médias écrasent tous les blogs et de loin ( hormis morandini et chau….. 😉 )

  3. avec nb visites/j + pages vues/visite et nb d’articles publiés par jour, tu pourrais t’en sortir 😉

  4. François Guillot

    Les réserves sont nombreuses, c’est vraiment expérimental, j’insiste là-dessus.

    Otto… ne sois pas vexé parce que tu es classé assez loin 😉 ben si tu as des données d’audience plus fiables je suis hyper preneur – sinon le seul moyen que je vois c’est Google Reader, en même temps l’avantage c’est que c’est la même source pour tout le monde et ça donne une idée d’une audience fidèle, attentive (vs. pages vues qui incluent le search)

    La collecte des donnés a représenté environ 3h de boulot, en fait ça va assez vite.

  5. Très intéressant.

    Je ne sais pas si les abonnés Google Reader est le bon chiffre à retenir. L’audience sur alexa.com ?

    JR

  6. François Guillot

    PS : Otto, aucun doute sur le fait que les médias écrasent les blogs, c’est même un truc que je répète constamment dans ma pratique professionnelle. Mais toute l’idée est justement de relativiser l’audience par rapport au nombre de publications (un blog qui publie 100 fois moins qu’un média a peut-être finalement un « ascendant » sur ses lecteurs comparable à celui du média, tout en n’ayant pas une audience qui lui arrive à la cheville).

  7. François Guillot

    JR : c’était l’autre possibilité en effet… mais avec les biais d’Alexa… il y a aussi Statbrain… Mais finalement je me suis dit que :

    – comme c’est aussi Google Reader qui donne les fréquences de publication, autant comparer des chiffres 100% Google reader

    – le nombre d’abonnés RSS n’est qu’une petite partie du trafic, plus ou moins importante selon les sites, mais ce sont les fidèles, donc une audience consolidée et importante qualitativement pour le site.

  8. François, lorsque l’on découvre le seul indice d’audience fiable sur le Net, on ne s’empresse pas de le dénigrer. Dans cet épais maquis de sites et blogs dépourvus de classements fiables, dans lequel d’un mois sur l’autre, je peux passer de la 5ème à la 17ème place d’un certain classement que je ne citerai pas puisque d’un mois sur l’autre, je suis passé de la 5ème à la 17ème place (je suis remonté depuis), tu as, toi, trouvé l’outil de mesure panacique. Koztoujours rules. Et ça en emmerdera plus d’un. Mais je n’y suis pour rien.

    Evidemment, je suis surpris du nombre d’abonnés que je peux avoir sous Feedburner. Pourtant, juré-craché, je ne saurais même pas comment bidouiller la chose. J’avoir juste suivi la procédure normale. Je ne vois donc qu’une explication possible : y’a tout plein de gens qui pensent que peut-être sur koztoujours, il peut y avoir quelque chose d’intéressant. Et parmi eux, certains pensent même que je suis génial. C’est une possibilité que je ne peux négliger, dusse ma modestie en souffrir. Mais je ne voudrais pas mourir sans avoir su que j’étais un génie.

    Mais soit, je veux bien admettre qu’il y a peut-être quelque étonnament à concevoir à ce que koztoujours, fort réputé et d’une qualité qui ne se dément jamais, pile toute la presse online.

    Pour ce qui est de la fiabilité Google Reader, mes stats confirment ce que tu dis : il n’y a aucun rapport entre les visites issues de Netvibes et celles issues de Google Reader. Pour tout dire, Xiti ne les voit même pas. Dans mes stats sur 2008, les visites via netvibes représente 19% des visites. Lieu Commun ? 27,4…

  9. Je ne sais pas du tout si la méthodologie est bonne. Mais l’idée de relativiser l’audience par rapport au nombre de publications est intéressante.

    D’autres données seraient intéressantes (mais sûrement difficiles à appréhender 😉 ): 100.000 lecteurs vers un blog qui publie 10 brèves par jour, ou même simplement des liens, vs 10.000 lecteurs vers un blog qui publie 2 ou 3 billets développés par semaine sur un sujet original…

    Le développement de la lecture des articles « à l’unité » (en suivant un lien, par moteur de recherche ou agrégateur de flux) incite à relativiser l’audience globale des sites ou des blogs par rapport à l’audience des articles les plus lus… Certains sites ou blog ont des variations extrêmes d’un article à l’autre, d’autres ont un lectorat plus régulier… Cela pourrait correspondre à une lecture « qualitativement » différente.

    Des pistes de recherche : le croisement de tes données avec le classement wikio des billets les plus cités du mois, un classement des sites tenant compte de l’écart entre la moyenne de lecture par billet et le nombre de lecture des billets les plus lus…

  10. Pingback: Koztoujours, tu m’intéresses ! » François Guillot, la science au secours de l’évidence

  11. François Guillot

    Sa majesté Koz : merci d’avoir pris un peu de ton temps précieux pour déposer un commentaire qui montre que malgré le succès, tu as su rester simple, proche des gens.

    Narvic : je crois que tu le dis mieux que moi. Il y a le développement de la lecture d’un article à l’unité qui invite à se creuser la tête dans le sens de l’audience relative, qui peut être un critère de lecture qualitative. C’est pour ça que je parle « d’influence », d’ailleurs (l’influence ne doit pas être très loin de la lecture qualitative).

  12. @ François

    Derrière cette question de « lecture qualitative », l’enjeu n’est pas mince : c’est celui de la pub, et de la rémunération des contenus !

    Trouver un moyen de différencier le billet qui est « vraiment » lu, par celui qui l’affiche à son écran (car ce billet à trouvé son lecteur, qui est intéressé, donc attentif), du billet qui s’affiche par une sorte d’ « erreur d’aiguillage » depuis un moteur de recherche, ou en suivant par curiosité un effet de buzz, et dont le lecteur n’est pas intéressé, ou pas attentif…

    J’imagine que pour le publicitaire, le nombre de « vrais » lecteurs est le chiffre qui est vraiment intéressant…

    Et un site qui peut mettre en avant 1000 « vrais » lecteurs sur 2000 visites sur un billet, devrait être plus intéressant (pour le publicitaire) que celui qui n’en à que 100 pour 10.000 visites… Je me trompe ?

  13. François,

    Je suis souvent, trop souvent, plus que de raison, d’accord avec la plupart de tes analyses. Voici donc, enfin, un billet qui me permet de diverger quelque peu 😉 Tu précises que ton approche est encore expérimentale, mes commentaires auront donc vocation à contribuer au succès de tes recherches…

    Il me semble que ta méthodologie lisse trop les choses, qu’elle s’appuie trop sur l’implicite postulat du « toutes choses égales par ailleurs ». Je m’explique. Tu divises en fait le nombre de visiteurs d’un site par le nombre d’articles publiés. On obtient donc un nombre de visiteurs moyens par article. Aussi, ta méthodologie implique que pour tout site, l’intensité de lecture est la même, que sur chaque site, quelle que soit sa nature, sa ligne éditoriale ou encore ses thématiques privilégiées, un visiteur type lit le même nombre d’articles que sur n’importe quel autre site.

    Or, les familiers des études de lectorat de journaux (ou de visitorat de sites) savent bien que l’intensité de lecture varie fortement d’une famille à l’autre et, au sein de chaque famille, d’un support à l’autre. De manière générale, on observe souvent que les supports les plus généralistes (type médias en ligne dans ton développement) sont ceux qui ont la plus faible intensité de lecture. En d’autres termes, ce sont ceux qui ont le plus fort taux de déchet. A l’inverse, les supports plus spécialisés (par exemple des blogs thématiques, ancrés au sein de communautés) bénéficieront d’une plus forte intensité de lecture.

    L’intégration de données liées à l’intensité de lecture, au moins famille par famille (on pourrait dire communauté par communauté), serait sans doute de nature à rendre la méthodologie plus rigoureuse. Mais là, les 3 heures que tu as vaillamment passées sur ton fichier Excel n’y suffiront pas 😉

    On se rapproche donc de l’approche de Narvic, où l’on doit s’intéresser à chaque article (et pour ça, commentaires et rétroliens sont des indicateurs intéressants, sinon d’audience, du moins d’engagement).

  14. Audience relative, oui, mais quitte à faire des indicateurs de lectorat par article, ça va devenir compliqué et même une usine à gaz. Un exemple : la taille d’écriture. Une brève écrite dans la marge, souvent en police plus petite, est-elle lue à égalité avec le quart de page ? Lit-on plus facilement une page située à droite qu’une page à gauche (à peu près 85 % des français sont droitiers, ce qui explique que presque tous les hypermarchés ont leur entrée à droite avec la hi-hi et les promos) ?Si l’exercice serait vraiment intéressant, les indices de pondération et l’ensemble des paramètres à prendre en compte me semblent quand même particulièrement difficiles à trouver.

    @narvic : en effet, la question des arrivées impromptues sur un billet mérite le détour. Tout fier d’avoir passé un cap de visites, j’avais jeté un oeil attentif à ce qui faisait venir nos lecteurs. Et… beaucoup s’étaient manifestement trompés en arrivant, en raison de tags pris dans un autre contexte ou de titres facétieux mais à double sens. http://3dcom.wordpress.com/2008/03/25/5-000/
    Bref, ça sent le « click back », alors qu’on comptera une visite.

  15. François Guillot

    Narvic : oui mais c’est aussi pour cela que la mesure du temps passé par l’internaute sur un site est clé, et devrait se développer pour faire partie des indicateurs de monétisation.

    Mais est-ce qu’une lecture très attentive du site est rassurante pour un annonceur ? Pour prendre mon cas personnel et je ne pense pas être une exception, je suis un lecteur attentif et je ne VOIS PAS la publicité sur Internet. Mon oeil l’évite et il y est particulièrement bien entraîné 😉 – on voit ce genre de choses très bien dans les études d’eye tracking.

    C’est la question du temps de cerveau disponible : la télé selon P. Le Lay doit conditionner le téléspectateur pour qu’il soit en condition de voir la pub. On rend l’individu passif. Sur Internet il est actif. Il se balade, il clique, il lit. Et donc, il évite la pub… Internet c’est à certains égards le contraire du temps de cerveau disponible et c’est un vrai souci pour la pub (qui explique d’ailleurs à mon avis le fait que les CPM soient très bas).

    Anthony : ta contradiction est bienvenue et je t’en remercie. D’ailleurs je ne me sens pas du tout gêné par ce que tu dis. En fait je vois deux choses :

    – tu confirmes que ce genre d’approche serait plus pertinent en étudiant des « familles » ou « communautés » : j’en suis également persuadé. Faire un classement global était plus simple et permet de déblayer le terrain, mais il faut comparer des choses comparables.

    – sur le fait de s’intéresser à chaque article. On voit qu’on en vient finalement à différencier l’évaluation d’un contenu et l’évaluation d’une source.

    Evaluation d’un contenu = lectures d’un article seul, commentaires sur cet article, reprises et citations…

    Evaluation d’une source = Evaluation du média, blog dans son ensemble.

    Le fait de différencier les deux me paraît très pertinent car totalement cohérent avec les usages du web 2.0. Pourquoi ? Quand on parle des « blogueurs influents », un des trucs qui me gêne c’est justement qu’on considère que quelqu’un, ou un média, soit influent par définition. Or sur le web on voit bien que l’influence d’une idée, quand on la constate, est au moins autant une question de CONTENU (un article qui entre en résonance avec des préoccupations de lecteurs) que d’EMETTEUR (untel a dit que…, donc c’est formidable).

    Après il a des facteurs de hasard, de circonstances, etc. Mais sur Internet, dans la longue traîne médiatique, le monde horizontal, beaucoup de sources sont à peu près équivalentes et l’influence peut venir de partout (ou de nulle part). Donc l’idée que l’on regarde l’influence d’un contenu plutôt que d’une source est très pertinente.

    Cela pose le problème de l’usine à gaz comme l’évoque Nicolas. Mais tout dépend aussi de la question d’évaluation posée…

    Avec l’audience relative, je me situe non pas sur l’évaluation d’un contenu mais sur l’évaluation d’une source. Parce ce que les deux niveaux sont importants et complémentaires.

    Donc en résumé, outre le fait de réfléchir à l’évaluation du contenu, ce que ton commentaire semble m’apporter, c’est la notion de familles. Parce que pour le reste je ne vois pas comment surmonter le problème que tu évoques, le « lissage », et je reste persuadé qu’on a quand même besoin de pouvoir évaluer des sources. Pour cela il y a les liens entrants et leur valeur, il y a l’audience absolue, et il a, peut-être, l’audience relative…

    Nicolas : par rapport à l’exemple que tu prends, je trouve que c’est un truc terrible sur le web, dont on se rend vraiment compte quand on devient éditeur de site (blogueur par exemple). C’est aussi un apprentissage de la modestie…

  16. Si ce n’est pas du linkbaiting cet article…

    Globalement d’accord avec ce que tu écris : une idée intéressante qui permet de pondérer l’audience brute mais des limites méthodologiques majeures.

    L’abonnement à un flux RSS ne signifie pas nécessairement en effet lecture des contenus, et donc influence. On peut être abonné à des flux de journaux comme Le Monde juste pour voir les titres de l’actualité sans forcément cliquer sur quoi que ce soit pendant plusieurs jours, tout en lisant systématiquement tous les articles de Techcrunch.

    Le meilleur critère d’influence quantitatif me semble devoir être le nombre de visiteurs récurrents sur un site. Hélas ces données ne sont pas publiques (à suivre : l’initiative de Google analytics en ce sens).

  17. Pingback: L’”audience relative” des blogs et médias en ligne, son rapport à l’influence : un chemin de mesure ouvert par Internet et Opinion(s) | CiTiZeN L. aka Laurent Francois

  18. @François
    Nous sommes d’accord sur la pertinence de l’approche par communautés et sur l’importance sans doute supérieure de l’autorité contextuelle (du message) par rapport à celle de l’autorité structurelle (du site) dans un monde de communication horizontale. L’influence peut venir de partout, mais elle est souvent initiée, ou à tout le moins relayée, par des leaders ou relais d’opinion au sein de différentes communautés web.

    S’agissant du meilleur indicateur d’autorité structurelle d’un site, il est bon en effet que chacun contribue de sa pierre à l’édifice. Liens entrants, audience absolue, audience relative, durée moyenne des visites, etc. Nous aurons tous à gagner à une stabilisation, fut-elle de courte durée, de ces indicateurs…

  19. François Guillot

    Valery :

    – Linkbaiting : héhé. Mais tu auras remarqué que je n’ai pas transformé chaque média du classement en lien vers le site d’origine… Et puis je me méfie de la popularité, plus il y a de visiteurs, moins ils lisent bien et je suis très content du niveau des commentaires actuels…

    – sur l’usage qu’on fait du flux RSS. Compliqué en effet. Comme tous les indices (temps passé ? Oui mais des internautes gardent certaines fenêtres ouvertes toute la journée ; Pages Vues ? Oui mais quid du niveau réel de lecture ; etc.). En plus tu mets le doigt sur un paradoxe des flux RSS : d’un côté on pourrait se dire qu’ils traduisent la fidélité du public ; de l’autre comme ça ne coûte rien d’ajouter un flux, on peut le faire sans s’engager véritablement…

    – c’est quoi l’initiative de Google Anaytics ?

    Anthony : Oui, l’influence peut venir de partout, mais à condition de tomber sur un « radar » du web qui va l’amplifier ou l’activer.

    Je me dis qu’il faut peut-être parler « d’audience relative moyenne », voir « d’audience relative moyenne par l’abonnement » (ARMA) ;-). Tu évoquais le lissage auquel procède cette méthodo, finalement le résultat auquel on arrive est peut-être ) mi-chemin entre l’audience absolue (qui renvoie à l’autorité structurelle et ne dit pas combien de fois est vu un billet) et l’audience d’un article (qui renvoie à l’autorité contextuelle). Ca lisse, mais si ça met un peu de contextuel dans le structurel, c’est déjà pas mal non ?

  20. Et je suis ravi de t’apprendre que le PSG a gagné le championnat (relativement à son niveau). Olivier Besancenot est relativement président de la République (faut qu’on lui dise). Et le Bengladesch, relativement au climat pourrit qui sévit là bas, est un pays très riche.

    Je plaisante, mais ton classement est amusant, mais intéressant au second coup d’oeil.
    😉

  21. Bon, j’arrive un peu tard pour mon grain de sel, et beaucoup a été dit.

    Quelques remarques.

    1. le thermomètre. Google reader indique pas mal de failles : comment pourrais-je, alors que je suis l’incontestable roi de la blogosphère, n’avoir que dix lecteurs sur google reader ? Quand j’en ai des millions, chaque heure, qui arrivent par ce biais ?
    Blague à part, il y a des distortions de volumes un peu aberrantes, malgré tout : je pencherais soit pour un bug (cf la part supposée de google reader par rapport au total feedburner) soit pour une réelle disproportion d’usage par « communauté ».

    2. la data. Intéressant hint de croiser lecteurs et activité de publication. Mais même remarque qu’Anthony : quid du contenu ? Si je publie 50 articles ultra-courts, faits d’un lien et de deux phrases par jour, je ne joue pas le même rôle qu’un Koztoujours, dont les articles tiennent de la diarrhée verbale. Le rapport du lecteur à ces différences de contenus ne peut pas être comptabilisé dans la même catégorie.

    3. catégoriser ? On en revient toujours là. A vouloir mettre dans des classements des torchons et des serviettes, on finit avec des listes interminables qui mettent ensemble des torchons, des serviettes, des choux et des carottes. L’important est avant tout de segmenter, et de comprendre, au moyen d’outils de ce type, mais aussi de bonne catégorisations et définitions des contenus, le rôle que chacun tente de jouer, son positionnement et sa promesse.

    4. de toute façon, moi, je ne fais plus confiance aux outils automatiques de classements de blogs : je ne crois qu’au regard acéré du journaliste. Vous comprendrez pourquoi le 5 juin.

  22. paul2canada

    3. d’accord avec Versac

    Un blog c’est souvent un seul auteur et un journal c’est plusieurs journalistes.il faudrait comparer la consultation d’un journal papier avec son édition online ou avec un agrégat de blog / journal citoyen comme CoZop, CentPapiers, Agoravox. Ensuite refaire l’étude dans 5 ans et voir la progression du net. Rappelez vous ce qu’était l’internet en France, il y a 10 ans.

    il faut étudier les logs pour les statistique de consultation.

    Les publicitaires veulent être vu et doivent se foutre de l’influence des articles.

    Concernant l’influence des blogs, il faut regarder la qualité des gens qui les lisent et qui peuvent être des journalistes qui font un écho dans les média de masse. C’est difficile à mesurer. Regarder les réseaux sociaux comme les amis de mes amis explosent le nombre de contacts.

    > Pour prendre mon cas personnel et je ne pense pas être une exception, je suis un lecteur attentif et je ne VOIS PAS la publicité sur Internet. Mon oeil l’évite et il y est particulièrement bien entraîné

    En es tu certain ainsi ?
    il y a plusieurs outils qui éliminent automatiquement la publicité et bien mieux que le zapping manuel du télespectateur TV.
    Entre mon énorme fichier Host, les options de KAV, Firefox et ses modules anti-pub, pas beaucoup de pub traversent.
    Reste que la majorité n’utilisent pas ces outils mais ça viendra je pense avec les excès comme le zapping TV sur sa télécommande.

  23. J’arrive après la bataille (et après Versac) ce qui me permet juste de saluer l’approche, de trouver pertinent/intéressant le concept d’audience relative, et de cracher sur le biais induit par GoogleReader. Mais bon, fallait bien que tu trouves des données, donc très intéressant.

    Pour aller vaguement plus loin, en termes d’opé de RP que tu vendrais à un client, l’indice d’audience relative est un peu compliqué à exploiter : Koz a un super indice, mais en fait il parle juste à 100 fois moins de monde à la fois que le site du Fig’ ou de Libé. Comment, alors, justifier à ton client le fait que tu veuilles « travailler » Koz ?

    (nb : Koz étant incorruptible, il s’agit uniquement d’un exemple illustratif).

  24. …quand un article est lu plusieurs fois par la même personne, ce qu’on peut dire c’est qu’il est mal écrit ;o)

  25. Je comprends ton désarroi, Versac mais… tu sais c’qu’il dit, le diarrhéique, au constipé ?

  26. François Guillot

    Sam, c’est sûrement plus pertinent pour les RP que pour la pub. La pub a besoin de volume, en RP un des problèmes est justement d’assimiler l’audience d’un média à l’audience d’un article. Sans connaître l’audience de chaque article, ça nous rapproche, un peu, je pense.

    Donc ce que je dirais à mon client c’est : « ne vous inquiétez pas je travaille le n°1 de l’influence sur Internet, et vous avez eu raison de me choisir, puisque j’influence le n°1 de l’influence, c’est bien que vous êtes conseillé par le maître du monde. » ;-D

  27. Bonjour François,

    Est-ce que l’on doit comprendre qu’à partir de maintenant vous êtes la petite voix dans l’oreillette de Koz?

    Pour ma part, j’ai toujours pensé que sur un blog, les gens venaient avec leurs certitudes et repartaient avec les mêmes, tout en espérant avoir fait changer celles des autres. Depuis mes visites régulières chez le « numbeur ouane », j’ai un peu évolué sur la question. Je pense que l’influence d’un blog tient à trois choses : la qualité des articles, les réponses du rédacteur aux commentaires de son article et le regard du lecteur.
    Difficile à quantifier.

    A qualité constante, le calcul de l’audience relative me paraît un bon début pour mesurer l’aura d’un blog. Encore faut-il trouver les bons chiffres et Google Reader me semble un peu dénaturer la réalité du lectorat régulier (ou abonné).
    A mon goût, il faudrait croiser plus de données, comme par exemple le nombre de commentaires (avec la difficulté de séparer ceux du maître des lieux et ceux des lecteurs : chez Eolas, ses commentaires sont dans ceux de ses lecteurs, chez Koz, ils sont compter comme un commentaire à part entière). Le nombre de commentateurs et la fréquence de leurs posts peuvent aussi être un facteur à prendre en compte… si on arrive à avoir les données…

    Ah oui, pour ajouter de l’eau au moulin avec mon expérience perso, je dirais que, bien que visitant beaucoup de sites d’information et de blogs français et étrangers, je ne me suis abonnée qu’à deux blogs : Le journal d’un avocat et Koztoujours (donc, il y a bien une valeur ajoutée du nombre d’abonnés par rapport au nombre de lecteurs) mais je ne poste que chez Koz… il y a donc aussi une valeur ajoutée du commentaire pour mesurer l’influence d’un site.

    Petit bonus : je viens aussi de m’abonner à celui-ci… et de poster… serais-je influencée 😉 ?

  28. Alors, j’ai procédé moi-même à un petit calcul.
    J’ai été chercher les infos sur Google Reader pour les 3 sites auxquels je suis abonnée : celui-ci, Koztoujours et le journal d’un avocat. Le nombre d’abonnés ne me semble pas adapté mais je le garde pour l’instant pour rester dans l’esprit de ce billet.
    Les chiffres sont :
    Koztoujours : 18410 abonnés pour 5.1 de fréquence de publication par semaine,
    Internet et Opinion : 37 pour 4.2
    Eolas : 1692 (j’ai additionné les 2 flux) pour 7.2.

    Par ailleurs, en regardant les 10 derniers billets postés avant le 20 mai (ce jour), j’ai calculé une moyenne de commentaires par billet de :
    62.3 pour Koz,
    7.2 pour I&O
    89.2 pour Eolas
    Sachant que les propres commentaires d’Eolas ne sont pas pris en compte, contrairement à ceux des auteurs des deux autres blogs.

    Avec la méthode de « l’audience relative » (abonnés/fréquence de publication) :
    Koz : 3609.80
    I&O : 8.81
    Eolas : 235.00 (ce qui déjà le met à la 19 place au lieu de la 28ème)

    Avec un calcul de « participation relative » (abonnés/moyenne de commentaires)
    Koz : 295.51
    I&O : 5.14
    Eolas : 18.97

    J’ai eu envie de tester une « influence relative » soit « audience relative »/ »participation relative », ce qui revient en fait à faire « moyenne de commentaires »/ »fréquence de publication » et là, miracle, on n’a plus besoin de ce chiffre si contesté du nombre d’abonnés (c’est pas beau, ça ?). Ca donne :
    Koz : 12.22
    I&O : 1.71
    Eolas : 12.39

    Et comme je sais que le chiffres de commentaires chez Koz est dopé par ses interventions, j’ai aussi fait un calcul en ôtant 20% des commentaires de Koz, ce qui donne alors une « influence relative » de 9.77, ce qui me semble mieux correspondre à l’importance visible du site de Koz par rapport à celui d’Eolas.

    Voilà, c’était juste une piste de réflexion. C’est sur qu’avec 3 sites, on ne fait pas un indice valable. De plus, le calcul de la moyenne de commentaires doit être améliorée (mais au moins le nombre de commentaires pour un billet précis ne peut pas être contesté à un instant T).

    Verdict ?

  29. François Guillot

    Merci Philou pour ces commentaires inattendus et bienvenus 😉

    L’idée de la participation relative est intéressante mais si je peux me permettre je pense qu’il faut inverser le calcul et faire nombre de commentaires / nombre d’abonnés. (Et là i&o explose Koz et Eolas, chouette). C’est un indicateur qui montre un niveau moyen de participation du public fidèle du blog, donc son « engagement », ça me semble assez intéressant.

    Après faut compter le nombre de commentaires, et le problème c’est que tout le monde ne s’appelle pas ouinon.

    Par contre je ne pense pas qu’il soit utile de rediviser la moyenne de commentaires par la fréquence de publication : tu as déjà calculé une moyenne de commentaires (nombre de commentaires sur 10 billets divisé par 10) et les données obtenus se suffisent à elles-mêmes. Ca, c’est plutôt un signe de « vitalité » ou d’interactivité sur le blog.

  30. Euh, moi c’est Philo, filou, c’est mon calcul pour éviter le fameux nombre d’abonnés…

    Je n’ai pas compris la phrase sur les gens qui s’appellent ouinon. C’est un problème pour savoir combien de commentaires il y a?

    Tu as piqué ma curiosité avec cet indice d’audience relative. Je continu à réfléchir à la question… et à lire ce blog.

    A bientôt

  31. François Guillot

    Philo ! Pardon !

    Pour être plus clair sur ouinon, il faut cliquer ici :
    http://www.ouinon.net/index.php?2007/09/24/215-cartograhie-blogosphere-francophone

  32. Sur ce thème, lire le livre « La bêtise économique » (éditions perrin, mai 2008), qui étudie la consommation médiatique d’un événement, la façon dont se crée le bruit médiatique, dans les médias et les sphères politiques, les écarts de bruit entre les médias nationaux et les médias parisiens, et pas toujours au bénéfice du lecteur. Tout n’est pas qu’affaire de chiffres…

    http://labetiseeconomique.wordpress.com/

  33. Emmanuel Bruant

    Je ne suis pas sûr que nous parlions du même sujet Catherine (j’imagine que Cam est Catherine Malaval;-) mais par ailleurs, et évidemment, votre livre nous intéresse.

  34. Une autre approche de l’influence d’un blog : mon propre blog comme mesure de l’influence des autres. Je sais, c’est très narcissique ;-), mais je m’explique…

    Un lien vers un billet de mon blog dans le corps d’un billet chez André Gunthert (Actualité de la recherche en histoire visuelle) m’apporte 28 visites en deux jours (depuis jeudi).

    Un lien vers le même billet, dans les commentaires chez Koz (merci au gentil commentateur 😉 ) : 24 visites sur la même période

    Même billet, même jour : le lien depuis Internet et opinion : 10 visites.

    Autre exemple : hier un lien depuis Authueil sur un ancien billet : 61 visites d’un coup.

    Exemples plus anciens :

    L’effet Eolas: 63 visites dans la même journée pour un lien.

    L’effet Parody (version ZDnet de son blog + version ecosphere du même billet) : 265 (dans la journée)

    L’effet 20minutes.fr : 239

    Et surtout : l’effet magique d’Embruns : 500 visites par lien (en moyenne dans la journée, et l’effet dure quelques jours ! 😉 )

    La conclusion que j’en tire : grosse différence d’influence entre les « purs blogs » et les sites de presse (20minutes) ou blog appuyés sur des sites de presse (Emmanuel sur ZDNet). Seul Embruns parvient à jouer dans cette catégorie…

    Parmi les blogs, à part Embruns hors catégorie : Eolas ou Authueil surclassent clairement les autres (même I&o, désolé François 😉 ).

    Cette approche est plutôt celle de l’influence comme capacité de prescription de lecture. Ça permet d’éviter plusieurs biais : on ne compte ici que de vrais lecteurs attentifs, puisqu’on ne compte que leur clic. On remet sur le même plan tous les sites, quelle que soit leur productivité éditoriale et le rapport nombre de billets/nombre de visites.

    L’intérêt de cette approche est finalement que c’est la seule qui mesure l’influence d’UN billet Embruns ou Eolas par rapport à UN billet 20 minutes ou ZDnet… Ce qui évite l’effet « dilution » de l’audience d’un billet dans la moyenne de fréquentation de l’ensemble d’un site, qui introduit un biais de fond à mon avis et rend cette mesure-là peu significative.

    Ma petite méthode artisanale apport-t-elle de l’eau à notre moulin ?

  35. Emmanuel Bruant

    Tout à fait d’accord avec vous. François s’amuse régulièrement à faire exactement les mêmes calculs ! Et rien à dire sur la méthode… Le problème est plutôt que personne n’a accès à ces informations à part le blogueurs qui envoie les internautes et celui qui les capte! Donc la généralisation est impossible. La seule solution serait de créer une base de donnée (à deux entrées internautes envoyés/reçus) collective et propre à des blogs aux affinités assez proches. Avec une telle base ont pourrait par exemple travailler sur deux hypothèses : l’effet prescripteur et l’effet sujet. Car ce qui manque dans votre petite expérience c’est la manière dont vous avez été cité. Est-ce que cela joue dans le clic du lecteur ? Je pense que oui. Mais à quel niveau par rapport à l’effet auteur, je ne sais pas. Alors… qui est prêt à se lancer ?;-)

  36. François Guillot

    Narvic, merci pour ces infos, c’est très intéressant. Concernant le trafic apporté par i&o, je ne vois qu’une explication : tu utilises un mauvais module de stats 😉

    En fait mon idée d’audience relative est issue du constat que tu évoques : le blogueur qui regarde ses stats de près (c’est à dire tous les blogueurs) voit d’importantes différences de prescription entre les blogs. Certains apportent beaucoup de visiteurs (nous on l’a vu avec Versac, Embruns, Koz, DarkPlanneur, Thierry Crouzet, Authueil, un lien déposé dans les commentaires du blog HiTech du Figaro…), et dans mes expériences précédentes de blogueurs je l’avais vu avec des liens déposés dans les commentaires du BigBangBlog et de Christophe Ginisty qui avaient amené des dizaines et des dizaines de clics.

    J’avais été aussi linké dans un article du Monde.fr qui ne m’avait rapporté qu’une centaine de clics (il faut dire qu’il n’était pas très valorisé sur le site). On l’a été récemment sur 20minutes.fr avec le sujet sur les sextapes. LePost aussi avait mis un lien sur les billets d’Emmanuel. Et en gros ces médias professionnels ont envoyé autant de trafic que les gros blogs.

    Donc de mon observation, je ne faisais pas exactement le même constat que toi. Cela pose un problème qu’Emmanuel évoque : la contextualisation du lien. Est-ce un lien noyé parmi d’autres ou un lien avec peu de concurrence ? Le texte autour du lien invite-t-il fortement à cliquer ? Quid du sujet ? Ca, on l’a vu très clairement sur i&o quand on a été linkés dans la newsletter Stratégies :
    – une fois sur le billet « blogueurs influents », avec un texte assez prescripteur et un sujet qui fait fantasmer, environ 600 clics
    – cette semaine sur ce billet sur l’audience relative, avec un texte disant que la réflexion sur l’audience patauge et que les commentaires sont imbitables : environ 2 à 300 clics.

    En tout cas, cela m’a interrogé sur le nombre de lecteurs réel de chaque article, c’est de là qu’est partie l’idée de l’audience relative – puisque tout le monde ne s’appelle pas Narvic et ne donne pas un compteur de lectures pour chacun des billets.

    Ce serait énorme de mettre en commun des données de ce genre, car je suis d’accord que la capacité à faire cliquer est un bon indicateur du pouvoir de prescription du site / blog, donc de son influence. Malheureusement je n’ai pas noté précisément le nombre de visites dans chacun des cas que j’évoque. On utilise un module de stats basique de wordpress, d’ailleurs il faut qu’on remédie à ça vite.

    Ce qui paradoxalement signifie qu’un indicateur pour valoriser un site est aussi sa capacité à faire en sorte que les lecteurs aillent voir ailleurs !!! 🙂

  37. « Ce qui paradoxalement signifie qu’un indicateur pour valoriser un site est aussi sa capacité à faire en sorte que les lecteurs aillent voir ailleurs !!! »

    C’est bien là où je voulais en venir hé, hé, hé… Le pouvoir de linker !

    C’est un aspect important du fonctionnement de l’audience en ligne, et les sites de presse ont énormément de difficultés à prendre en compte ce phénomène. On a souvent remarqué qu’ils rechignent beaucoup à placer des liens sortant de leurs sites, faisant d’eux des cul-de-sac du net.

    Il y a un problème de culture journalistique : guider ou accompagner le lecteur à l’intérieur du site, comme si c’était un journal papier, de la « Une » à la « der », sans autre finalité que d’être lu pour soi, et sans prendre en compte que le site n’est pas « un paquet » d’info vendu en bloc, mais une collection d’articles, qui se retrouvent sur un trajet de lecture de l’internaute…

    Il y a aussi le problème de la publicité : retenir le lecteur le plus longtemps, pour lui en montrer le plus.

    L’évolution de sites comme 20minutes ou le nouveau figaro.fr va d’ailleurs dans le sens de faire de chaque page d’article une « Une » de tout le site, c’est une réponse intéressante.

    Mais ça ne résout pas le problème de la sortie du site : ils ne parviennent pas encore à assumer qu’organiser la sortie du lecteur est un atout pour le faire entrer !

  38. J’adore ce genre de perspective de calcul, j’écrivais ce matin un bref article sur Analyse succincte du top 10 des blogs de Wikio, et effectivement, je comprends mieux pourquoi techcrunch a autant d’abonnés. J’ai essayé de faire un calcul du même genre entre l’age du blog, le nombre de billets par jour et le nombre d’abonnés pour trouver un dénominateur commun, mais je n’ai pas trouvé les informations nécessaires. Cet indicateur dont tu parles se doit être affiné, tu pourrais l’ appeler indicateur universel d’audience. D’autre part, un billet dit lu dans les statistiques n’est pas forcément lu jusqu’au bout, tout comme une vidéo sur you tube. Donc très compliqué ton affaire. J’ai mis environ 5 minutes pour lire ton billet, combien l’on lu jusqu’au bout?

  39. François Guillot

    @Narvic : je ne sais pas si tu avais vu cela, j’avais pondu une (autre) petite étude statistique sur le côté cul-de-sac des sites. On y voit pas mal de disparités entre les médias étudiés. Problème de culture, problème de captation de la pub, problème de CMS parfois (voir le commentaire d’Emmanuel P qui explique que certains CMS ne permettent PAS l’insertion de liens dans le texte !!!) sur le billet que je linke… Mais le fait de linker n’est-il tout simplement pas la traduction web de la citation des sources, pratique qui devrait être inhérente au journalisme ?

    https://internetetopinion.wordpress.com/2008/03/08/une-petite-etude-statistique/

    @ Thierry : Le problème de lecture que tu évoques n’est pas propre au web… Comme quoi le problème de la mesure d’audience… est vraiment un problème. En ce qui concerne les caractéristiques des champions du top blogs de Wikio, j’avais fait un billet qui peut t’intéresser, sur l’ancienneté moyenne des 50 premiers. C’est là :

    https://internetetopinion.wordpress.com/2007/09/06/lanciennete-des-blogs-influents-et-autres-considerations-sur-les-criteres-de-succes-dun-blog/

    Le classement Wikio est basé sur les liens entrants avec un algorithme inconnu (tout comme le PageRank en fait). Les liens entrants sont je pense une façon très intéressante d’évaluer l’influence (on parle de moi donc je suis influent), mais avec l’idée d’audience relative je voulais éviter l’effet quanti à tout prix.

    Tu dis dans ton billet que le plupart des blogs du top 10 écrivent 3 fois par jour ou plus, cela augmente leur chances d’être linkés, de récupérer du trafic par le search, etc., mais ça ne garantit pas que leurs lecteurs lisent vraimen ce qu’ils écrivent… D’où l’idée de raisonner par nombre de lecteurs moyens sur un billet…

    Après ce qui me semble vraiment manquer pour l’audience relative c’est des données autres que Google Reader (et comme beaucoup le font remarquer, mais cela faisait partie de mes commentaires préalables : avoir une approche thématique des sujets). Peut-être que ça viendra.

  40. @Narvic et François je trouve très intéressant cette question des liens sortant sur les sites médias. Ils me semblent que si les sites médias le fessaient plus largement ils ne serraient pas dépendant d’agrégateurs comme google news et wikio.

    Avec un bémol sur nouvel obs
    François dit que « L’absence d’utilisation de liens surprend chez les deux autres (groupe Nouve Obs) qui sont des sites à véritable contenu. »
    Alors qu’il y des liens sur tous les articles dans la col de droite sur tous les sujets. Et il semble que ca fait un moment que c’est comme ca.

    Je rends compte que c’est peut-être une question liens dans le texte. Et effectivement on comprend l’intervention d’Emmanuel au sujet de la chaîne de publication.

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  42. @Emmanuel : l’expérience de recueil d’infos croisées serait en effet intéressante, mais nécessiterai de nombreux participants.

    J’ai mis en ligne un petit comparatif à propos du pouvoir de prescription d’autres médias là : http://enikao.wordpress.com/2008/06/10/cross-media-le-porte-voix-dun-blog/

    Mon blog étant parfaitement inconnu et tout frais, qui plus est pas référencé et dans aucun blogroll à ma connaissance, les apports extérieurs sont très facilement repérables et marqués. Je tiens à disposition les mots-clés recherchés pour me trouver, et les liens cliqués sortants si ça intéresse.

    (Flûte, je viens de me rendre compte que j’étais cobaye…)

    D’autres volontaires ?

  43. 36 abonnés Google Reader ?! Bah zut alors 🙂

    Deux hypothèses, soit tu n’as pas soumis le bon feed, soit ma récente refonte qui a changé l’url n’est pas prise en compte (même si j’ai mis des redirections 301), ce qui est plus probable.

    Quoi qu’il en soit, ça montre que ton étude n’est pas super fiable (ou alors j’ai vraiment peu d’abonnés GReader ou alors Google commence à me blacklister avec tout le mal que je dis d’eux ;)).

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