Les sujets sur lesquels je n’ai pas le temps d’écrire

[enfin, on ne devrait jamais dire « je n’ai pas le temps », mais « j’ai d’autres priorités »]

L’Encyclopédie collaborative de Larousse. L’avenir est-il aux formats hybrides, où des experts encadrent de l’UGC ? Là où Rue89 a mis du journalisme dans le blog, Larousse met de l’expertise dans le wiki. Une initiative qui ne souhaite pas concurrencer Wikipédia… Non, d’autant plus qu’elle ne risque pas de le faire, vu l’énorme erreur choix de SEO relevé(e) par Palpitt.

Des journalistes qui se fâchent contre des blogueurs (ici et ). C’est la forme (pétage de plombs) qui retient l’attention (un email, ça se copie-colle et ça se publie…), mais sur le fond… il faut dire qu’il y a parfois de quoi s’énerver.

Narvic, toujours aussi prolifique, apporte la preuve que l’on peut réconcilier quantité et qualité, et rend compte de l’agora du Syntec RP sur « la dilution des propagateurs« . Où il a beaucoup été question de l’avenir des médias (l’occasion pour moi de vous renvoyer sur notre contribution au sujet au cas où vous l’auriez manquée). Ce qui m’a le plus marqué dans cette conférence (intéressante mais sans scoop pour ceux qui suivent le sujet de près) : la franchise de Valérie Decamp, DG de La Tribune, qui dit tout haut ce que beaucoup pensent moyennement fort : « a-t-on besoin de 400 journalistes pour faire un journal comme Le Monde ? ». Et Eric Scherer de l’AFP, qui dit : « seuls les médias de niche peuvent vivre ». (Eric Scherer dont il faut lire l’article sur la révolution permanente dans l’économie de l’attention).

L’Express n’arrête plus de prendre des initiatives d’ouverture : le blog de la nouvelle formule (après d’autres épisodes que vous avez peut-être suivi). Challenges de son côté organise un concours de blogs qui manque de choix (on a un peu de mal à croire que « Depuis plusieurs semaines, avec l’aide de notre partenaire Wikio, un jury composé de membres de la rédaction de Challenges et de plusieurs personnalités extérieures sillonnent l’Internet à la recherche des meilleures créations » pour en arriver à cette sélection). Au moins Challenges joue-t-il le jeu puisqu’il y a dans la sélection un blog de… L’Express.

Enfin découvrez Après La Télé, le blog presque tout frais d’Aurélien Viers, qui remplit me semble-t-il un vide : l’analyse (francophone) des questions de vidéo en ligne.

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6 réponses à “Les sujets sur lesquels je n’ai pas le temps d’écrire

  1. S’énerver, c’est mieux que ne rien dire et mépriser, finalement!

  2. François Guillot

    Ca dépend des objectifs 😉

  3. J’ai passé la tête à la conf AGORA. J’ai eu l’impression de voir un troupeau d’autruches en train de faire une compétition de qui aura le plus grand trou pour mettre sa tête.

    Les journalistes sont morts en tant que marque média. Quand je veux une analyse des phénomènes nationaux ou internationaux, je vais chez versac, chez i&O, chez autheil, chez eolas, chez truc ou bidule. J’aime bien Apathie, aussi… depuis France Inter. Il est chez RTL, mais si il part chez n’importe qui, je le suivrai.

    Alors que la marque-média apporte de la crédibilité, de la déontologie, je pouffe doucement.

    Que ceux qui bossent en agence RP nous donnent leur point de vue !

  4. Je voulais dire, du point de vue du blogueur, c’est mieux de voir débouler un journaliste qui s’énerve, c’est plus rigolo! 🙂

  5. François Guillot

    Samski : vaste débat !

    En gros tu dis que le lecteur crée désormais un rapport avec des plumes (individus) et non avec des marques (médias). J’espère ne pas trahir ta pensée.

    C’est sûr que c’est sans doute un des changements accélérés par le web 2.0, d’autant plus que le journalisme traditionnel est assez largement désincarné. Mais en même temps ça concerne quel % des lecteurs ?

    Tu vas me dire que ce sont des pure players (l’internaute, doctissimo, etc.) qui dominent. Donc moindre importance de la marque média. Mais en même temps ça veut pas dire que les lecteurs des pure players suivent des plumes. Et c’est pas un hasard si le .fr du Monde est le premier site d’actu géné après L’internaute.

    Donc la marque, c’est super important. Au contraire, quand on ne sait pas quelle valeur ou quelle crédibilité accorder aux sources d’info sur Internet (rappel : Google est le premier usage du web, donc on ne sait pas où on va tomber quand on cherche de l’info + score de confiance des Français envers « Internet » dans le baromètre la Croix = 31%, donc oui il y a un problème de repères, de références, sur Internet), c’est important d’avoir des marques médias vers lesquelles se tourner.

    La marque, c’est même tout ce qui reste aux médias puisque la définition du média par le support (écrit, audio) est en train de péricliter complètement.

    Donc pour moi c’est plutôt sur les sujets d’experts, les sujets de niche, qu’il se crée un rapport individuel de certains lecteurs à certaines plumes (et non un rapport avec des marques).

    Après, que la marque apporte de la déontologie, …… disons qu’on a des contre-exemples très régulièrement.