10 considérations sur les blogueurs

Issues de quelques années d’observation de la blogosphère, de saines lectures (un exemple), de nombreuses discussions avec d’autres blogueurs, etc. : voici 10 considérations sur les blogueurs, qui vont plus ou moins à contre-courant des perceptions générales.

1. « Les blogueurs », ça n’existe pas.

Le problème de l’utilisation du terme « les blogueurs », c’est qu’il induit qu’on parle d’une population qui, à défaut d’être totalement homogène, recèlerait au moins quelques caractéristiques communes. Mais à part le fait de tenir un blog, on a bien du mal à définir ces caractéristiques universelles du blogueurs.

Les profils des auteurs ? Je reprends de temps en temps cette phrase de José Ferré :

« Les auteurs des blogs sont pêle-mêle adolescents, ex-premier ministre, chefs d’entreprises petites ou grandes, élus locaux, artistes, candidats au suicide, anciens ministres, membres d’associations citoyennes, poètes, hôteliers, journalistes, militants de toutes les causes, amoureux de musique, de littérature, de photographie, amoureux tout court… (…) Tel est le nouveau monde des blogs, inventif, créatif, anarchique, naïf, détestable ou généreux. Parfois talentueux. »

Leur approche rédactionnelle ? Certains blogs décrivent le quotidien, d’autres sont des blogs d’experts ; certains blogs sont analytiques, d’autres reprennent de l’information brute ; certains blogs sont des lieux de destination, d’autres sont des lieux de passage ; certains blogs valent par la plume de leur auteur, d’autres par les conversations qui y ont cours ; certains blogs produisent peu, d’autres énormément ; certains blogs valent tout court, d’autres ne valent rien…

Leurs motivations ? Oui, on a là sûrement un point commun : le blogueur est motivé par un désir de reconnaissance. Reconnaissance qui peut prendre de multiples formes. Mais cela suffit-il à parler des « blogueurs » comme d’un ensemble ?

Au contraire, on est toujours autre chose avant d’être blogueur. Les blogueurs français à plein temps sont une poignée. On est salarié et blogueur, patron et blogueur, journaliste et blogueur, étudiant et blogueur, militant et blogueur, etc. l’attribut « blogueur » ne peut venir qu’en deuxième position.

Bien sûr, on peut dire « les blogueurs », comme on dit « les automobilistes » : mais cela comporte une énorme limite : on en sait pas exactement de quoi on parle. Les blogueurs ne sont pas un ensemble défini comme peuvent l’être les journalistes, qui bien qu’étant un ensemble très hétérogène, sont une profession régie par une charte de déontologie, des études, des pratiques professionnelles, des habitudes, etc.

Rien de tel avec les blogueurs. On n’apprend pas à être blogueur, on pratique le blogging comme on l’entend. C’est d’ailleurs une des raisons qui me font penser que le statut de blogueur est plus enviable que celui de journaliste : la liberté de choisir ses sujets, la liberté de la fréquence de publication, la liberté du contenu sur le fond et sur la forme… Les blogs sont des médias, mais les blogueurs ne sont pas des journalistes.

2. Les blogs forment une longue traîne médiatique.

Le principe de la longue traîne telle que Chris Anderson l’a défini est en gros le suivant : si on classe les biens culturels par ordre de popularité, on s’aperçoit que la distribution traditionnelle se concentre sur un nombre limité de références vendues au-dessus d’un certain seuil ; et que l’e-commerce a permis l’accessibilité à un nombre quasi-illimité de références vendues en très petit nombre.

L’idée est assez facilement transposable au système médiatique : des médias professionnels on et off à gauche (nombre limité + audiences les plus importantes) ; les blogs à droite (nombre illimité et audiences de niche).

L’idée reste schématique puisque des médias professionnels se situeraient dans la partie jaune du schéma et des blogs dans la partie verte, et elle doit être investiguée avec la notion d’audience relative (un certain nombre de blogs ont une audience par article plus que comparable à celle de médias professionnels).

Pour autant, cette idée de longue traîne est une idée clé pour comprendre la blogosphère : nous sommes dans un monde horizontal, éclaté, peu différencié, difficile à lire, peuplé de micro-médias. La blogosphère, c’est d’ailleurs un peu Microcosmos.

3. La blogosphère est média-dépendante (et pas l’inverse)

On a eu beau vanter la possibilité pour tout un chacun de devenir le témoin d’un scoop et le premier sur l’information, l’immense majorité des contenus UGC sur le web, dont les blogs, relèvent du commentaire, du point de vue, de l’analyse, du copier-coller ou de l’expérience personnelle. Pas de l’information. (Carlo Revelli, par exemple, a lancé les enquêtes participatives d’Agoravox pour favoriser l’emergence d’informations plutôt que d’opinions).

Au contraire, les des blogueurs reprennent et commentent les informations… produites par les journalistes. Les médias continuent très largement à faire l’agenda des centres d’intérêt et des conversations des Français. A fortiori ceux de la plupart des réseaux de blogueurs, qui reprennent et commentent l’actualité telle que définie par les médias, avec des préférences pour certains sujets, des absences pour d’autres sujets, mais finalement assez peu de sujets qui leur sont propres (en dehors du sujet… « blogosphère »).

4. Les blogueurs fonctionnent en réseaux affinitaires, pas en communautés

On comprend assez facilement que les blogueurs, comme les internautes, s’organisent et se retrouvent par logiques affinitaires.

On emploie généralement le mot communauté pour décrire ces phénomènes relationnels, mais ce terme est-il le mieux choisi ? En tout cas, les communautés de blogueurs ne sont pas des communautés fermées. On peut être membre de plusieurs groupes affinitaires simultanément, et la légitimité à intégrer un de ces groupes est une affaire de contenu (ce que je raconte) plus que d’identité (ce que je suis). La logique de fonctionnement est une logique de réseau.

A l’arrivée, on a les blogueuses cuisine, les blogueurs buzzmarketing, les geeks, etc. Des groupes (des grappes, d’ailleurs) de plus ou moins grande taille, avec des référents plus ou moins autoritaires, une porosité plus ou moins grande d’un groupe à l’autre… Ces réseaux affinitaires peuvent finalement être représentés comme ceci (image prise chez David Armano) :

5. Les blogs démarrent (éventuellement) des conversations (qui n’en sont pas vraiment)

« Les médias traditionnels envoient des messages, les blogs démarrent des conversations ». Cette maxime qui orne encore aujourd’hui le blog de Loïc Le Meur a marqué les esprits dans la blogosphère et a largement contribué à « faire » l’image des blogs.

On peut admirer le français (« les médias envoient des messages » plutôt que « les médias diffusent des messages »…) ou réfléchir un instant à la fameuse « conversation » sur les blogs (on en avait déjà parlé, à une époque où nous ne comptions qu’une poignée de lecteurs).

De la même façon qu’il faut remettre en question les termes « les blogueurs« , « blogueurs influents« , « communautés« , il faut remettre en question l’idée de « conversation » généralisée. La conversation est un bien rare sur les blogs. Pour plusieurs raisons :

– d’abord, pour qu’il y ait conversation, il faut qu’il y ait un minimum de public participatif. Tous les blogs sont loin de réunir un public participatif minimal et l’idée « je vais faire un blog, je vais avoir des commentaires » est un énorme leurre dans lequel sont tombés beaucoup d’apprentis blogueurs croyant que par la grâce de la magie des blogs, ouvrir un blog signifiait instantanément avoir un public.

– ensuite, et à l’inverse, parce qu’il faut choisir entre audience et conversation. On ne peut pas discuter à 50. Sur les gros blogs, les médias en ligne, etc., la conversation est impossible. On assiste à une somme de commentaires sans fin qui pose d’innombrables problèmes de modération aux éditeurs. Un fil de commentaires n’est pas une conversation.

– Aussi, parce qu’une conversation suppose un esprit constructif qui manque en de nombreux lieux. On a plus souvent de la controverse et de la polémique (stérile de préférence) que de la conversation. Et il suffit parfois d’un seul troller pour gâcher l’équilibre précaire de la conversation.

Enfin, si les conversations existent, ils est tout à fait exact de dire comme Loïc Le Meur que les blogs les démarrent. En revanche il est bien rare qu’elles aillent à leur terme.

Pour deux raisons : 1. chaque nouveau billet vient recouvrir le précédent et interrompt alors largement la conversation en cours. Et 2. les lecteurs qui viennent déposer un commentaire et ne reviennent pas lire le reste du fil ensuite sont souvent plus nombreux que ceux qui reviennent régulièrement voir les réponses à leurs commentaires et répondre aux réponses…

Bref, comme en général les blogueurs ET leurs commentateurs sont finalement plus dans une logique de publication que de discussion, et qu’ils ont rarement la patience de ne faire qu’attendre et participer à la discussion sans republier… on voit beaucoup de conversations avortées.

6. Bloguer n’est pas chronophage, c’est animer un réseau qui l’est

« Bloguer c’est chronophage », « bloguer rend addictif »… Si on veut, oui. Mais il ne faut pas oublier que le blogueur est totalement libre de la façon dont il anime son blog. Tout dépend de ses objectifs. S’il s’agit d’écrire quotidiennement, oui le blog sera chronophage. Mais on peut choisir d’écrire une fois par mois si l’on veut. On peut bloguer pour soi sans vouloir réunir un public.

C’est lorsque l’on souhaite réunir véritablement un public que les choses se compliquent. Ce qui prend du temps, c’est finalement toute la participation à la vie du réseau et pas seulement le fait d’écrire des billets. Bloguer est une activité chronophage, mais au sens où elle suppose de lire les autres, de les commenter, de répondre aux commentaires chez soi, et pas seulement de rédiger des billets.

C’est pour cela que le blog n’est pas juste un outil : faire vivre un blog est un engagement, voire une stratégie.

7. Bloguer est un apprentissage de la modestie

L’idée première du blogueur est, souvent, de diffuser sa science aux autres. Un peu comme lui :

Pourtant, le mécanisme des commentaires fonctionne généralement très vite et permet de constater qu’il y a toujours plus expert que soi, ce qui a vite fait de nous calmer.

Et l’apprentissage de son public, même s’il n’est pas plus expert que soi, fait que l’on se retrouve rapidement à anticiper des réactions, ce qui influence l’écriture. Combien de blogueurs n’ont-ils pas constaté que leur ligne éditoriale avait évolué sous l’influence des commentaires ?

L’apprentissage de la modestie, c’est donc à la fois la découverte que d’autres existent, qu’ils sont plus experts, et qu’il est extrêmement difficile de s’en tenir à son projet initial dans la durée.

8. La propagation des opinions est imprévisible et anarchique

Cette allégation est un des dadas de nombreux webologues (comme par exemple Duncan Watts) : on passe du modèle pyramidal et organisé au modèle… bordélique. Où l’information est passée par ici, où elle repassera peut-être par là… sans que l’on comprenne bien pourquoi et sans qu’on sache véritablement l’anticiper. Beaucoup de « gros » blogueurs se disent d’ailleurs surpris des billets « qui marchent » et de ceux qui « ne marchent pas »…

Alors, que sait-on à propos de la propagation des opinions ?

– que la viralité se propage plus facilement des gros vers les petits que des petits vers les gros. Le problème étant que dans l’univers de la longue traîne, petits et gros sont peu différenciés. La difficulté à modéliser l’information est donc une conséquence de l’horizontalité de la blogosphère, comme nous l’avons évoqué dans le point 2.

– que la viralité dépend des « radars du web ». Les radars du web, ce sont les amplificateurs d’informations, par exemple des blogueurs populaires qui, par le hasard de leurs lectures, vont attirer l’attention sur le billet d’un autre. On a un très bon exemple de ce phénomène avec le billet « De la corruption de la presse » de Novovision, le plus vu de l’histoire de ce blog, qui avait végété avec quelques dizaines de pages vues pendant des semaines, avant de tomber sous des radars et d’être vus 3000 fois en quelques jours. Un phénomène de buzz décrypté par l’auteur, Narvic.

– qu’elle est d’autant plus anarchique dans la blogosphère que les blogueurs n’étant pas des professionnels de l’information, ils n’ont aucune vocation à systématiser ou à « scanner » tout ce qui se dit sur un sujet donné. Le hasard y est donc d’autant plus important que ce sont des « amateurs » qui font et défont les informations qui circulent. A notre niveau sur Internet et Opinion(s), on voit très bien que quelques « gros » blogueurs nous lisent par périodes, puis plus du tout (sinon ils nous reprendraient quotidiennement, c’est sûr😉 )

– à l’arrivée, et c’était notre réaction à l’étude de Duncan Watts, le succès d’un billet, d’une idée, d’une opinion, dépend peut-être moins (si ce n’est autant) de l’identité de son auteur, que de sa résonance avec la société à un moment donné. Choisir le bon sujet, les bons mots, au bon endroit, au bon moment : les succès dans la blogosphère sont autant affaire de contenu que de canal.

Autant de raisons qui expliquent l’anarchie de la circulation de l’information, mais ne permettent pas de la modéliser.

9. Un blogueur n’EST PAS influent : il PEUT l’être…

Les habitués de ce lieu connaissent ma détestation de l’expression « blogueur influent ». Sans vouloir paraphraser ce que j’ai déjà écrit à ce sujet, être influent c’est avoir la capacité à modifier des représentations ou des opinions d’un public donné. Plusieurs réserves donc à propos de l’expression « blogueur influent » :

– Influent à quelle échelle ? Dire de quelqu’un qu’il est « influent » tout court suppose dans mon esprit qu’il / elle draîne des milliers de fidèles, ce qui n’est généralement pas le cas des blogueurs…

– Etre influent, c’est avoir un public influençable, avoir un ascendant sur son public. Pourquoi pas : si le public est là, c’est qu’il s’intéresse à ce que raconte le blogueur, c’est qu’il est en demande. Mais l’influence est bien un jeu entre un individu et son public, et tous les publics ne se valent pas… D’ailleurs la réaction de beaucoup à ce débat est de dire « ce sont mes lecteurs qui m’influencent« . (mais bon, comme les lecteurs sont souvent des blogueurs… non j’arrête, il ne faut pas compliquer).

On ne peut être écouté que sur 3 ou 4 grandes thématiques, pas davantage. L’influence quand elle existe est donc toujours une influence thématique (untel sera de con conseil pour l’achat de mon prochain plasma) et pas l’espèce d’omnipotence sur laquelle nous fantasmons…

– Enfin et cela rejoint le point 8, l’influence est souvent une affaire de circonstances. Elle ne se décrète pas, elle se constate plus souvent a posteriori (à l’exemple du blogueur Jaï, devenu en quelques jours référent sur les questions de trading au moment de l’affaire Kerviel)

Bref, des blogueurs populaires, oui. Des blogueurs influents, moins. Un blogueur peut être influent, mais selon les sujets, les circonstances, le public. Cela rétrécit la notion de « blogueurs influents » avec laquelle on nous rebat les oreilles.

La popularité du blogueur, elle, est corrélée à plusieurs facteurs. Nous en avions listé 4 :

– Contenu (qualité – expression d’un regard et/ou apport d’informations nouvelles, “potentiel” du sujet traité auprès des lecteurs, différenciation, qualité de la plume)

– Forme (graphisme, mise en page, taille des billets plutôt courte, utilisation d’image et de son)

– Posture (réactivité sur l’information, fréquence d’actualisation, dialogue ou controverse, durée dans le temps)

– Réputation (statut / légitimité de l’auteur dans la vraie vie, réseautage au sein de la blogosphère, RP du blog, effet “winner takes all”)

Avec comme constat global que l’on peut être un blogueur populaire en faisant exception sur un des critères, mais que les blog du haut du classement de Wikio sont généralement performants sur au moins 3 de ces 4 items.

Autrement pour être un blogueur populaire il y a toujours cette solution là :

10. Connaître les blogueurs, c’est conduire à la fois un travail de géographe et d’ethnologue

La connaissance de la blogosphère dans son ensemble suppose plusieurs approches : celle du géographe, qui cartographie cette jungle ; et celle de l’ethnologue, qui connaît les peuples, leurs us et coutumes. Voir notre billet complet à ce sujet.

Il est donc difficile de parler de la blogosphère sans y passer une partie de son temps. Difficile aussi de parler de toute la blogosphère étant donnée la diversité qu’on y trouve. C’est pourquoi je n’exclus pas que certains des points évoqués dans ce billet soient invalidés par des commentateurs avisés.

D’ailleurs, est-ce que ces 10 points suffisent à avoir une compréhension globale de la blogosphère ?

49 réponses à “10 considérations sur les blogueurs

  1. Bonjour François,

    et merci pour cet excellent billet, riche en stimuli. Si je devais citer un 11e point, je dirais quid de l’évolution de la blogosphère, des tendances pour les années à venir.
    Je les imagine nombreuses, ça part dans tous les sens, certes, mais pour moi la blogosphère reste l’un des secteurs les plus dynamiques du Web, et tend à devenir une référence en soi. Mon lecteur agrège près de 1000 flux, tous des blogs, aucun média traditionnel. C’est dans cet amas que je recherche l’info que je veux, je ne sais pas a priori laquelle c’est, mais je sais que je la trouverai.
    Accessoirement si j’accède aux médias c’est par les blogs, et non l’inverse.
    Oui, le futur (de la) des blogosphères (comparables aux galaxies, nombreuses et variées mais qui forment l’univers) est prometteur au fur et à mesure que le Web gagne en maturité.
    Les blogs sont un constituant dynamique et fort de cette maturité.
    Jean-Marie

  2. Je suis tout a fait d’accord😉

  3. Une compréhension globale ? Mais… tout à fait !

    Je serai un peu plus mesuré sur le point 3. La blogosphère est souvent media dépendante, mais ce n’est pas toujours le cas.

    Un blog peut être tout à fait personnel comme celui de Kek (http://blog.zanorg.com/), qui parle de son quotidien. C’est aussi le cas de blogs littéraires, qui servent à mettre en ligne des textes. Je pense également aux blogs d’art : mettre en ligne régulièrement ses photos, ou ses dessins comme Cha (http://blog.chabd.com/).

    Le point 10 me paraît essentiel. Trop souvent on pêche par approche géographe. Mais l’observation extérieure ne suffit pas pour connaître un sujet aussi mouvant et complexe. La « blogosphère » est un objet vivant, qui évolue, mute, grouille, change, seule l’immersion réelle (se prêter au jeu, tout simplement !) permet d’en saisir les subtilités.

    Merci pour ce travail de synthèse.

    [Meta commentaire] ce billet est un contre-exemple du 3, répond aux points 5 (espérons), 6, s’inscrit dans la démarche du 7, le 8 est à suivre, je pense qu’il fera du 9, et vous êtes très 10.

  4. François Guillot

    Jean-Marie : cela me rappelle le pseudo-débat qu’il y a eu à un moment sur l’avenir des blogs, les blogs sont-ils morts, etc. J’en avais parlé ici https://internetetopinion.wordpress.com/2007/09/23/lavenir-des-blogs-en-debat/ – je trouve que les blogs partent un peu moins dans tous les sens aujourd’hui qu’il y a trois ans, mais que le paysage a gagné en maturité et en lisibilité. L’avenir des blogs ? C’est je pense à la fois un rôle plus reconnu et une blogosphère plus « structurée ».

    Laurent : cela m’aurait étonné ;-D

    Enikao : ce que je dis dans le point 3 vaut pour l’actualité « généraliste », moins pour les domaines spécialisés.

    Pour le point 10, cele fera plaisir à Emmanuel qui est le « théoricien » du géographe et de l’ethnologue. C’est je pense aussi un point important : ce boulot d’ethnologue n’est pas un boulot de spécialiste (il ne requiert pas de compétences techniques ou spécifiques) mais il demande quand même qu’on s’y investisse en s’immergeant. C’est une expertise, mais accessible à tous.

    [merci pour ce commentaire très 5😉 ]

  5. Bonjour François,

    Peut-être une piste pour un 11) :
    De l’approche du blog dans la diversité européenne.

    Le nombre et la vitalité des blogs (beaucoup de blogs très différents et beaucoup de lecteurs et d’abonnés dont un certain pourcentage de commentateurs, réguliers ou non) révèlent-ils un aspect culturel typiquement français, ou plus largement francophone (par ex. les blogs belges) ?
    Peut-on, à travers les blogs européens (ou leur absence), leur nature, leur vitalité, remarquer des différences sociologiques importantes ?
    Quid, par exemple des blogs belges néerlandophones comparés aux francophones ?

    Deux brèves de l’expansion sur ce sujet (qui datent un peu) :
    le web et les jeunes 11/2007
    Les blogeurs européens 11/2006

    Si tu as d’autres sources ça m’intéresserait.

    A bientôt

  6. D’accord sur tout. Sauf peut-être sur les « réseaux affinitaires » qui, avec les exemples choisis, tendraient à laisser penser que les blogeurs cuisine ne lisent et ne se connectent qu’avec des blogs cuisine, ce qui est faux. OK pour parler d’affinitaire, sauf que les points potentiels d’affinité sont multiples et variés (thèmes, styles de traitement, univers connexes, envie de découverte de l’inconnu…).

  7. Excellent billet. Concernant le point 9- sur l’influence, à quoi se mesure l’influence d’un blog/ueur ?

    Pour moi, c’est deux choses :

    – le trafic.
    – le « bruit » que l’on peut mesurer dans les pages référencées des moteurs de recherche.

    A ce propos, je pense que le classement Wikio gagnerait en fiabilité s’il considérait aussi dans ses critères les liens dans les commentaires. Ainsi que les liens laissés en signature par les commentateurs. Les blogueurs savent déjà modérer ces choses donc je ne pense pas qu’il y aurait plus d’abus que qu’aujourd’hui. Je dis cela car quand quelqu’un laisse 50 commentaires de bonne qualité, ces commentaires ont une « influence ».

  8. J’ai bien saisi ton propos, François, car tu places le sujet sur un angle communication / information. Mais mais mais…

    Il me semble, et là je vais peut-être dire une bêtise, que les blogs ont été popularisés au départ de l’ouverture des plateformes user-oriented comme des sortes de carnets personnels, intimes, journaux de bord. Eléments qui ne sont pas nécessairement liés à l’actualité (ou alors parlons de micro-actualité : centrée sur l’auteur et son monde) mais qui peuvent avoir un visitorat fidèle.

    On peut dévorer les chroniques du quotidien d’un(e) inconnu(e), si c’est particulièrement bien écrit, intéressant, touchant, que sais-je. Or l’auteur est parfois amené à parler de ses coups de coeur, et à être un éventuel référent quant à ses goûts / envies / plaisirs. Ou au moins à s’intéresser par curiosité. Kek me fait rire, je le trouve attachant, et je crois que de nombreux lecteurs s’intéressent à ce qu’il pense et prête intérêt à ses avis.

    Quitte à être 10, autant garder un oeil sur une frange assez importante de la population observée🙂

    @Eric : bien entendu, on a tous des intérêts personnels variés. Mais l’interconnexion par affinités a un sens, j’imagine mal blogdecuisine.hebergeur.com dans la blogroll de blogdevoiture.hebergeur.com et des échanges croisés de commentaires.

  9. D’accord sur l’ensemble, sauf sur un point… qui finalement change tout😉

    Non, pas plus que les blogueurs, les journalistes ne forment « un ensemble défini ». C’est même tout le contraire. (Cf. les travaux universitaires, notamment Denis Ruellan, « le journalisme ou le professionnalisme du flou »). Et c’est ce qui fait que le phénomène du blog et des blogueurs les remet si profondément en cause…

    Cette profession s’est construite autour du refus de toute définition claire : une conception très extensive, voire conquérante de son espace professionnel, un refus obstiné de s’enfermer dans une approche « fonctionnaliste » : pas de champs professionnel clair, pas de compétence technique délimitée, pas d’organisation professionnelle instituée, ni de voie d’accès privilégiée, etc.

    On ne souligne jamais assez que la seule définition officielle et reconnue de la profession : la carte de presse, est une définition foncièrement tautologique, qui revient à dire qu’un journaliste est celui qui est reconnu comme tel par ses pairs, et rien d’autre.

    L’accès à la profession a toujours été organisé uniquement autour de la cooptation et sur une base corporatiste. En même temps que les journalistes ont développé « à usage externe » un discours d’auto-justification, voire d’auto-promotion de la profession, qui relève largement du mythe et n’a aucun rapport avec son fonctionnement dans la pratique.

    Le blogueur remet en cause cet « équilibre instable », sans même le vouloir ou le chercher, et en raison même de sa propre in-définition.

    Certains blogueurs empiètent manifestement sur certains terrains autrefois réservés aux journalistes. Ils accentuent encore le caractère flou de cette profession. Ils poussent à se poser la question non plus en terme d' »être journaliste ou pas » (ce à quoi la profession à toujours cherché à restreindre le débat), pour faire émerger une autre problématique : « faire du journalisme ou pas » (un plan sur lequel les journalistes ont toujours refusé de placer réellement le débat).

    Voilà en quoi les blogueurs, par le simple fait qu’ils sont là et qu’ils bloguent, remettent en cause cette « profession floue ».

    Les journalistes n’ont que deux recours possibles face à cette remise en cause (une fois passé le temps de l’attaque frontale, et la tentative de discrédit des blogueurs, qui semble arriver à son terme) :

    – la professionnalisation du métier, qui se définit enfin clairement et de manière précise et restrictive autour de ses fonctions, ses compétences, les conditions d’accès et le mode d’organisation. Ce serait une véritable révolution.

    – le maintien de la « logique floue », qui conduit aujourd’hui à accentuer la dilution du journalisme et à effacer la frontière avec les blogueurs. Et mène tout droit au « Tous journalistes ! »

    Des pressions dans les deux sens se manifestent aujourd’hui dans la profession, comme dans la société. Je ne sais pas de quel côté de l’arbre la pomme va tomber…

  10. 9 – Un blogueur n’EST PAS influent : il PEUT l’être…
    mais est-ce que les influents ont des blogs ?

  11. J’ajouterai à ce qu’a dit justement enikao, que cette « experience personnelle » dont parles François constitue pour moi une information source ou « scoop ».

    Le journaliste reprend souvent une information source de l’AFP ou d’un confrère qu’il traite / analyse. Toute la question est de savoir si certains amateurs sont capable de faire un traitement équivalent ou meilleur que les professionnels. Le blogueur qui commente l’actualité ressemble davantage a l’éditorialiste ou chroniqueur d’un journal. Le blogueur qui fait une analyse fine et cohérente des faits, m’intéresse davantage que le journaliste-présentateur d’un JT .

    Maintenant comme expatrié, ce qui m’intéresse avec les blogs d’opinions Français c’est de voir l’influence des média de masse Français. Les blogueurs (d’actualité) même critiques du système constituent une sorte d’écho. il y a aussi une tendance que je retrouve souvent à tout vouloir rationaliser, homogénéiser et critiquer.
    « Les cyclistes » ça existe même si c’est très hétérogène.😉

  12. François Guillot

    Philo :

    je ne connais bien que la question française. Je me souviens avoir entendu dire Gilles Klein comme Loïc Le Meur qu’il n’y avait pas de différences ontologiques entre les blogs français et les blogs américains. Cela mériterait néanmoins une étude… et en plus ça ne répond pas à ta question.
    On sait que les Français bloguent beaucoup, peut-être plus que leurs voisins européens. Les éléments d’explications sont à chercher dans la pénétration du haut débit, et sans doute dans des facteurs culturels (je me souviens que Laurent Javault parlait de « génie de l’écriture » à la française, ce qui renvoie aussi à la culture de l’écrit, du débat, des joutes intellectuelles…)… mais je ne sais pas comparer ça au reste de l’Europe.

    Eric :

    Le 4ème point doit être mal exprimé parce qu’une bonne partie de l’idée est que ces réseaux ne sont pas exclusifs (les blogueuses cuisine ne lisent pas que des blogs cuisine). C’est mieux représenté par le schéma que par le texte (c’est l’idée de la porosité). De plus le blog est un outil de rencontre, ces rencontres construisent un réseau. Par ex je pense que toi et moi on peut dire qu’on est dans le réseau l’un de l’autre, dans la même communauté je ne sais pas😉 . Ce qui va plus dans le sens de la « communauté » c’est qu’il y a une certaine confraternité des blogueurs entre eux.

    Gautier :

    Pour moi il y a 3 choses pour mesure l’influence d’un blogueur (je parle de mesure) :

    – le trafic en effet, mais en ce moment je regarde pas seulement du côté du trafic « absolu » mais aussi de celui de l’audience de chaque article (cf. mon billet sur « l’audience relative »)

    – les indices de reconnaissance, basés sur les liens entrants. PageRank, Technorati, Wikio. De ce point de vue Internet a vraiment rendu l’influence plus palpable, car il est certain que le fait d’être cité (donc, souvent, linké) par les autres est un indice de reconnaissance, donc on n’est pas loin de l’influence. Par conséquent, effectivement la position d’un blog comme résultat de search est effectivement un indice d’influence (ou plutôt, un indice d’accessibilité, donc d’influence)

    – la 3ème méthode consisterait à quantifier du quali : richesse du contenu, orginalité, ascendant du blogueur sur ses lecteurs, qualité du lectorat via la qualité des commentaires, etc.

    Enikao :

    Mais tu as parfaitement raison, les blogs ont été promus comme des carnets personnels, et quasi-simultanément on a commencé à voir sortir les histoires de « tous journalistes ». Le point sur la « média-dépendance » est plus une réponse à cette perception des « blogueurs qui font l’actu » ou de « tous journalistes ».

    Narvic :

    Très intéressant, mais en quoi est-ce que ça change tout ? Est-ce que tu veux dire que parce que les journalistes ne savent pas se définir, il y a finalement peu de différences entre blogueurs et journalistes ?

    Pour moi un journaliste est une personne rémunérée à écrire pour un organe non-promotionnel (et non pas « indépendant », ce serait trop compliqué d’ouvrir ce débat là). Effectivement on peut mettre à peu près ce qu’on veut là-dedans et encore plus une fois qu’on a les éléments de remise en contexte que tu apportes ici. Néanmoins, on peut opposer un certain nombre de différences entre les pratiques de blogueurs et de journalistes :

    – les journalistes sont rémunérés, pas les blogueurs
    – il y a des filières pour devenir journaliste, pas pour devenir blogueur
    – le journaliste est le plus souvent entraîné à opter pour un point de vue général, le blogueur est en général sur un point de vue particulier ou personnel
    – le journaliste est en général en recherche de nouveauté, le blogueur est davantage en recherche d’expérience
    – les journalistes ont des pratiques normées (agences de presse, interviews, communiqués, conférences, etc.) que n’ont pas les blogueurs
    – etc.

    Pour revenir à la conclusion de ton commentaire… Ce serait effectivement une révolution que la profession se clarifie…

    Xav :

    Très peu, au sens où on voit assez peu de personnalités « connues » médiatiquement ou « universitairement » tenir des blogs. Dommage d’ailleurs.

  13. François Guillot

    Paul de Montréal : l’expérience personnelle peut ou peut ne pas être une source d’info. Quand un blogueur parle d’un produit qu’il a essayé, c’est une info s’il fait partie des premiers à l’essayer. Sinon c’est juste de l’expérience perso, de l’avis. Ce qui ne veut pas dire que c’est dénué d’intérêt : au moins les blogueurs parlent-ils de choses qu’ils ont vraiment vécues alors qu’on sait bien que dans les pages shopping de la presse grand public, les produits ne sont pas testés…

    Quand tu dis « Toute la question est de savoir si certains amateurs sont capable de faire un traitement équivalent ou meilleur que les professionnels », je pense qu’on a chacun nos réponses. D’un côté comme de l’autre, on a du bon et du mauvais. Avec comme spécificités d’avoir davantage d’info brute dans les médias et davantage de point de vue dans les blogs. Un gros enjeu pour les médias comme pour les blogs est de savoir toujours mieux analyser une info, lui donner du sens par rapport à son contexte, en la rattachant à d’autres faits…

  14. A François Guillot,
    Je comprend et nous sommes d’accord sur l’essentiel mais allons dans les détails.

    Pourquoi l’avis / l’opinion d’une personnalité devient en soi une source d’information pour les média de masse alors ?😉

    Je (anonyme) peux essayer le premier un produit et donner tout de suite un simple avis, une opinion ou l’essayer le dernier et rédiger après une longue utilisation une information détaillée relié à mon expérience d’utilisateur.
    Cette information ne sera pas un scoop mais pourra apporter par ex. des informations précieuses sur le produit et son comportement à long terme.
    Est ce que cette information sera populaire, attrayante ?
    Sans doute pas mais elle demeure malgré tout une information inédite.
    Est ce que le fait que je sois une personnalité ajoute de l’intérêt ?
    Pour les études de masse, c’est généralement oui.

  15. Merci à Narvic et François pour ces échanges très 5, c’est particulièrement enrichissant. A la fois sur le flou de la profession de journaliste qui n’a pas délimité son territoire (sans définition, difficile de traiter un sujet, en effet) et sur le distingo blogueur / journaliste.

    Je crois à l’approche systématique, et là j’ai effectivement un argumentaire assez complet sur le fait que « tous journalistes » c’est impossible. En dehors des considérations techniques, la question du « regard » porté sur l’actualité marque une différence de style profonde sur la façon dont un même fait est abordé. Un journaliste se doit de ne pas porter un jugement qui met en avant sa personnalité, il me semble. Il ne peut pas finir son article par un pirouette (et encore moins demander l’avis du public…).

    François, sur l’analyse je suis d’accord, mais le journaliste qui travaille pour un quotidien doit pisser de la copie dans le format imposé et en temps voulu (sauf pour les versions online) : quel recul ? Quel temps pour la curiosité, le recoupement ? En particulier avec une rédaction réduite comme on le voit avec les plans de licenciements ? Je me suis toujours posé la question : le journaliste a-t-il le temps d’aller lire ce qu’a écrit un confrère sur le même sujet ? (un exercice qui vaudrait le coup !).

    Un exemple : j’ai lu un curieux portrait trop élogieux du prochain coordinateur des services de renseignements par Georges Malbrunot, journaliste qui fut otage à Bagdad. Or ce monsieur est (c’est Georges qui l’écrit) un acteur clé de sa libération. Ca n’a pas choqué grand monde à part moi qui ait effectué ce fameux rapprochement (et Mediapart qui m’a mis dans sa revue de blogs) : il s’agit quand même d’un truc tout neuf (la coordination des 3 services, qui plus est directement rattachée à l’Elysée !) et il me semble que Libé ou Le Monde auraient pu s’étonner de voir un confrère traiter un sujet où nécessairement il a un parti pris. Et puis tous les soirs pendant la détention, le JT et le JR débutait par « cela fait aujourd’hui X jours que nos confrères sont détenus » : on a déjà oublié ces noms ?

    Dans une entreprise, on benchmark ses concurrents régulièrement et c’est normal. Et dans la presse ? A-t-on honte de se comparer ?

  16. billet tres intéressant sur la « blogosphère « !
    Y-a-t-il un lien entre l’origine géographique des blogueurs et leur « influence » ?
    Vu de ma province, j’ai le sentiment que la vision de la blogosphère ou des « communautés » et les sujets développés sont très parisiens sur des sujets comme le politique, l’économie, les nouvelles technologies (là je ne fréquente pas !)…
    mais plus le blog est spécialisé (blog spécialisé en encadrement ou cuisine par exemple) moins l’origine géographique est perceptible.

  17. Réflexion faite, au vu des échanges d’amabilités entre Versac, Jean-Marc Morandini et Gilles Fontaine quite aux Blogs d’Or de Challenges, il y a peut-être un point à rajouter à propos du 5 : le blogueur a un certain égo, accepte difficilement la critique et cherche les embrouilles…

    Et puis un 7 pour moi dès ce matin… c’est toujours utile.

  18. > 5 : le blogueur a un certain égo, accepte difficilement la critique et cherche les embrouilles…
    😀

    C’est une extrapolation amusante à partir de quelques blogueurs français.

    Pour l’égo, il est assez facile à mesurer suivant que le blog est personnel ou collaboratif (plusieurs auteurs), la photo et sa taille, etc …

  19. La considération numero 2 mériterait davantage de développement (10% des blogueurs conditionnent 90% de l’audience). A mon sens, c’est par ce point central que l’on comprend toute la dynamique informationnelle de la blogosphère. Le reste est intéressant mais assez pauvre en conséquences sociologiques et ethnologique.

  20. Bonjour,
    Billet très riche, merci.
    J’ajoute que bloguer est aussi une activité pratiquée dans le cadre d’une stratégie SEO – Search Engine Optimisation. Dans le petit monde du référencement, c’est une pratique répandue visant à créer des liens entrant qui seront comptabilisés par Google. Une manière d’améliorer le « PageRank » d’une page en faisant pointer des liens vers la page et par suite, améliorer son positionnement naturel dans les résultats de recherche.

  21. 6. Bloguer n’est pas chronophage, c’est animer un réseau qui l’est
    > Bloguer est une activité chronophage, au sens où elle suppose de lire les autres, de les commenter, de répondre aux commentaires chez soi, et pas seulement de rédiger des billets.

    Oui « suppose » mais pas sur un blog (littéraire) très actif que j’ai découvert ou l’auteur n’intervient pas.
    http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/06/05/le-virtuel-sauvera-la-culture/#comments
    Répondre au commentaire est possible quand le volume est réduit.
    Avec 100 à 300 commentaires par jour ce devient difficile.

  22. Ce billet est trop lon. il manque la onzième considération : les blogueurs lisent les blogs. Sauf quand les billets sont trop long.

  23. Je trouve ce billet très drôle et très bien vu. Les 2 moyens de devenir un blogueur connu sont vrais : il n’y a qu’à voir que les blogs des personnalités ou journalistes renommés deviennent presque automatiquement connus. Quant au commun des mortels blogueurs, il ne leur reste plus qu’à se remettre à leur clavier et à écrire😉

  24. Pingback: Wow Effect ! » Blog Archive » 10 considérations sur les blogueurs

  25. Autre Nicolas mais même commentaire🙂
    Sauf que j’ai tout lu car ca m’intéressait vraiment.
    J’aime beaucoup le dessin sur le famous blogger. Cela montre bien que le web est de moins en moins anonyme. L’identité numérique devient le miroir de notre identité IRL (In Real Life).

  26. Ma lettre ouverte aux Bloggers “Influents”….😉
    http://www.woweffect.be/?p=623

  27. Super billet.
    Juste une requête. Je n’ai peut-être pas été assez attentive mais je ne crois pas que tu évoques la responsabilité du blog ou du blogueur et le seuil d’imputation des écrits d’un blogueur. Puisque cette question a pu je crois donner lieu à des réflexions inquiètes sur votre site, je me demandais si tu/vous aviez trouvé une formulation qui vous semble juste du degré de responsabilité sociale et juridique du blogueur.

    Sinon, J’aime bien ce passage (même un peu excessif) du vol du vampire de Michel Tournier qui évoque les effets de la diffusion d’un livre. Je me demande si ce n’est un peu similaire pour tout écrit, blogs y compris, même dans une moindre mesure selon les sujets. Ce n’est pas exactement de l’influence mais une « incitation réciproque » à penser autrement.

    « Oui la vocation naturelle, irrépressible, du livre est centrifuge. Il est fait pour être publié, diffusé, lancé , acheté , lu. La fameuse tour d’ivoire de l’écrivain est en vérité une tour de lancement. On en revient toujours au lecteur, comme à l’indispensable collaborateur de l’écrivain. Un livre n’a pas un auteur mais un nombre indéfini d ‘auteurs. Car à celui qui l’a écrit s’ajoutent de plein droit dans l’acte créateur, l’ensemble de ceux qui l’ont lu, le lisent ou le liront. Un livre écrit mais non lu, n’existe pas pleinement. Il ne possède qu’une demi-existence. C’est une virtualité , un être exsangue, vide , malheureux qui s’épuise dans un appel l’aide pour exister. L’écrivain le sait, lorsqu’il publie un livre, il lâche dans la foule anonyme des hommes et des femmes une nuée d’oiseaux de papier, des vampires secs, assoiffés de sang, qui se répandent au hasard en quête de lecteurs. A peine un livre s’est-il abattu sur un lecteur qu’il se gonfle de sa chaleur et de ses rêves. Il fleurit, s’épanouit, devient enfin ce qu’il est : un monde imaginaire foisonnant, où se mêlent indistinctement – comme le visage d’un enfant les traits de son père et de sa mère – les intentions de l’écrivain et les fantasmes du lecteur. Ensuite la lecture terminée, le livre épuisé , abandonné par le lecteur, attendra un autre vivant afin de féconder à son tour son imagination, et, s’il a la chance de réaliser sa vocation, il passera de main en main(…) »

  28. @cécile : en ce qui concerne la responsabilité juridique du blogueur, je te conseille le « petit guide du publier tranquille » proposé par Maître Eolas : billet http://maitre-eolas.fr/2008/03/24/905-blogueurs-et-responsabilite-reloaded

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  32. Emmanuel Bruant

    @ Palpitt : j’ai vu ça ce matin. C’est aussi un très bon exemple d’une certaine lassitude de nombreux blogueurs à propos des sollicitations à tout va des agences de com’… peut-être

  33. Bonjour,
    Peut-être une qualité commune à tous les blogueurs : la ténacité.
    Continuer de publier malgré les stats en berne, malgré le manque d’inspriration, malgré le manque de temps …
    En un peu plus de trois ans, j’en ai vu des blogs disparaitre ou entrer dans une profonde léthargie.

    Un jour, viendra mon tour …

    … mais d’autres auront pris la relève🙂

  34. Merci de cette réflexion sur les blogueurs et les blogueuses🙂
    Je ne partage pas totalement le point de vue selon lequel les blogs seraient dépendants des media traditionnels: ils ne le sont pas plus que les media des agences de presse qui produisent une grande partie des articles. Ce qui se passe -évidemment- c’est que maintenant les lecteurs peuvent intervenir et éventuellement enrichir le contenu de départ: en ce qui me concerne assez souvent quand je cite un article j’y rajoute un/des liens qui ne s’y trouvaient pas. On peut bien entendu aussi pointer des erreurs.
    Mon sentiment c’est que le service procuré est un service de sélection/aggrégation/commentaire. Steve Rubel en parlait dans sa chronique d’aujourd’hui en évoquant la confiance portée à X ou Y pour faire une sélection intéressante, ajouter des remarques pertinentes, etc.
    Et bien entendu l’aspect fondamental c’est que c’est une quasi complète démocratisation de l’expression et de la diffusion.
    Portes ouvertes mais pour celles et ceux qui soudainement les découvrent…alors que au bout du compte (et ce n’est pas la honte) plein de gens ignorent totalement l’existence des blogs et l’immense majorité des blogs ne sont lus par personne ou si peu… mais ils sont là (et pourront éventuellement servir bien plus tard d’un coup de google ou autre).
    J’oublie aussi le fait -important pour moi- que le format blog en lui-même est radicalement plus simple, plus ouvert et plus exigeant (en terme de com) que les sites traditionnels: d’où la possibilité pour des organisations qui n’avaient pas les moyens d’un site ou qui étaient bridées par sa structure de communiquer beaucoup plus librement. D’où aussi la résistance aux blogs dans les organisations qui veulent contrôler étroitement l’information… ou qui préfèrent ne pas communiquer (moins fatiguant, moins risqué, etc.) C’est instructif de voir quelles organisations acceptent des blogueurs dans leur sein ou pas.

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  38. Excellent article et résumé !

  39. Farid jeune

    Très intéressant et tout à fait pertinent. Je me pose néanmoins une question : pourquoi tant de commentaires (parfois acerbes) venus de lecteurs de gauche sur les blogs de droite (le contraire ne me semble pas évident)? Ces lecteurs de gauche veulent-ils persuader leurs collègues de droite? En fait on pourrait, on devrait, compléter ton étude sur les blogueurs par une étude sur les commentateurs.

  40. Bonsoir François, merci pour ce billet. Une petite remarque cependant pour remettre les choses dans leur contexte.

    Tu parles là de la blogosphère des plus de 25 ans, qui sont sur wordpress et dont on parle au sein de « professionnels » du web parce qu’on s’auto lit de façon constructive. Pour donner une échelle importante :

    . 3 400 000 blogs sur wordpress.com (+ à peu près 5 millions de download de la version software)
    . Plus de 15 millions sur skyrock
    . 192 millions sur myspace.

    Voilou, c’est juste pour relativiser😉

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  42. Très bon billet, merci pour ce recul et cette analyse.

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  47. tres bon article. ça a le merite d’etre realiste!

  48. Un très bon billet avec un point de vue argumenté.
    Par contre je doute qu’à l’heure actuelle on puisse encore prétendre la m^me chose