Jouer à cache-cache, une nouvelle discipline olympique ?

Peut-être avez-vous entendu parler de la polémique concernant l’âge des gymnastes chinoises, en particulier Kexin He. Alors que l’âge plancher pour la compétition est de 16 ans, la gymnaste chinoise aurait en fait 14 ans.

Mais comment s’assurer de la bonne date de naissance de la jeune athlète sans passer par la case « officiels chinois » ? Google, pardi… Et c’est là que l’affaire se corse (gentiment). Car les listes officielles de gymnastes (publiées bien avant les JO) ont été retirées des sites. Les articles lisibles en ligne avant que la polémique n’éclate disparaissent mystérieusement (tout cela est raconté dans la notice Wikipedia).

C’était sans compter sur la fonction cache de Google. Le journaliste du New York Times y fait précisèment référence dans son enquête online, en date du 27 juillet dernier. Et il n’y a plus pour lui qu’à croiser les différentes listes qu’il trouve en cache et qui donnent trace de l’âge de la gymnaste.

Plus récemment, un blogueur a refait un travail identique. L’affaire est devenue un peu plus ardue. Les caches sont toujours consultables mais pas de manière complète. Persévérant, il trouve finalement des caches suffisamment complets sur un autre moteur de recherche que Google, Baidu (de conception chinoise manifestement). Et rebelotte, la chinoise n’a pas 16 mais 14 ans.

Morale de l’anecdote olympique ? Avec la toile, jouer à cache-cache prend un sens nouveau : c’est à celui qui cachera ou retrouvera les traces de documents dont la valeur informationnelle est réévaluée en fonction de l’actualité – tout cela en raison de la mémoire des moteurs. (d’autre part, cela délimite bien aussi le potentiel d’investigation des blogueurs, sans parler des journalistes).

Rien de nouveau sous le soleil, mais cet exemple est, je trouve, un bon cas d’école.

7 réponses à “Jouer à cache-cache, une nouvelle discipline olympique ?

  1. Les Américains sont horriblement mauvais joueurs… On ne va pas pinailler!

  2. Emmanuel Bruant

    oui oui, la grosse artillerie pour ça… Je suis assez d’accord. Une autre preuve est la chauvinisme du New York Times qui adopté un autre principe de calcul du classement des nations pour faire apparaître les USA devant la Chine : http://www.nytimes.com/pages/olympics2008/index.html

  3. Ok, les USA sont chauvins.
    Ceci dit, cela nous montre tout de même que les Chinois sont eux aussi prêts à tout pour être devant…
    D’ailleurs, aux derniers JO, Liu Xiang n’était-il pas le premier médaillé olympique en Or chinois ?
    Et maintenant, les Chinois sont en tête du classement avec 45 (je crois) médailles d’Or.
    Je suis partagé entre le dopage, la tricherie arbitrale, et la quasi maltraitance des athlètes dès leur plus jeune âge dans l’unique but de faire d’eux des médaillés d’or olympique… =/

  4. Emmanuel Bruant

    @ Antoine :C’est clair. Effectivement il y a deux pois deux mesures. Dans un cas ce qui est amusant, c’est de voir des médias (mais on peut dire à peu près la même chose que nos journalistes à nous) qui perdent toute objectivité. Dans l’autre, ce qui est accablant, c’est de voir la planification totalitaire (pas de respect pour les athlètes élevés en batterie etc.) du sport de haut niveau d’un Etat.
    Perso, les chinois ne m’ont pas fait vibrer. D’ailleurs, perception personnelle, il me semble que le seul chinois dont les médias ont abondamment parlé c’est Liu Xiang, dont le forfait était un événement. Est-ce parce que tout d’un coup les athlètes chinois sont devenus humains aux yeux des correspondants étrangers ?
    En revanche, les Chinois étaient n°2 au JO d’Athènes avec 32 breloques en or contre 36 pour les Américains.

  5. « Est-ce parce que tout d’un coup les athlètes chinois sont devenus humains aux yeux des correspondants étrangers ? »
    > bonne remarque/question !🙂
    « En revanche, les Chinois étaient n°2 au JO d’Athènes avec 32 breloques en or contre 36 pour les Américains. »
    > Alors pourquoi tout cet engouement autour de Liu Xiang lors de sa médaille olympique ? C’était le premier médaillé chinois… en quoi ? athlétisme ? pourquoi tout cet engouement autour de lui alors ?

    Ce qui est certain, c’est que malgré toute leur « bonne volonté », les dirigeants chinois n’auront pas réussi à produire leurs « parfaits JO » : révélations concernant les trucages de la cérémonie d’ouverture, réalité des « athlètes élevés en batterie » (j’aime bien ton expression) , réalité des faux spectateurs-supporters (en réalité des employés dont la présence dans les tribunes est comptée sur leur temps de travail ! employés entraînés à crier et à s’enthousiasmer, même si on ne connait rien au sport auquel on assiste…), et j’en oublie sûrement, je n’ai en tête que ce que j’ai vu aux JTs – c’est dire s’il doit y avoir d’autres choses à souligner !!

  6. Faisons le cynique un instant : qui a dit que l’important c’était de participer ? Idéal de départ, certes, mais les JO sont d’abord une vitrine politique, économique, idéologique, et parfois… nationaliste.

    Je suis effaré en rentrant en France de ne lire que des compte-rendus… de comptables. On compare le nombre de médailles et le métal dont elles sont faites. On parle bilan financier et sponsors, on parle revanche à Londres pour monter à nouveau sur le podium. Comptes d’apothicaires partout, et sport… presque nulle part.

    Et voilà, ça y est, je suis parti sur ma lancée, maintenant je vais devoir faire un billet !😉

  7. François Guillot

    Intéressant, j’ai hâte de te lire. Mais attention car pour bien traiter un sujet comme ça, il faut un « corpus » large et bien se garder de ne produire l’analyse… que via ce qu’on voit en tant que consommateur d’info / fan de sport.

    Par ex mon sentiment personnel c’est que les titres des journaux pendant les JO ça n’a été que « combien de médailles françaises aujourd’hui ? ». Mais en même temps je suis sûr qu’il y a eu des traitements plus riches et plus diversifiés qui ne sont pas arrivés à moi ou auxquels je ne me suis pas intéressé.