Nos plus belles années (2/4): les intellectuels

Le site Persee s’est refait une santé il y a quelques mois. Au fil des années, il a engrangé des revues académiques prestigieuses dont les archives sont désormais directement accessible à tout un chacun (plus besoin forcément d’un code secret, plus besoin d’aller dans une bibliothèque spécialisée où il faut montrer patte blanche). C’est sûrement ici que réside la véritable démocratisation du savoir, la meilleur accessibilité à la recherche – ce que nous rappelle le chercheur Pierre encrevé :

Quand j’étais étudiant, seul le professeur avait accès aux textes qui permettaient de fonder une parole magistrale. Il était difficile d’entrer dans la bibliothèque de la Sorbonne et interdit aux simples étudiants d’aller dans les rayons. A Paris, jusqu’à Vincennes, il n’y avait pas de bibliothèque universitaire en accès libre. Mais cette question est radicalement transformée par Internet, qui intervient désormais massivement dans la distribution des ressources qui fondent le savoir. S’instaure une vraie démocratisation de l’accès aux sources, mais sans la transmission personnelle typique du système d’enseignement, inséparable de l’autonomisation du sujet. (Pierre Encrevé, Libération du 19 avril 2008)

Ironie de l’histoire donc. Tout ce que nous apporte Internet en terme de moindre effort se fait à un moment historique où les hommes politiques remettent en cause les modèles de la recherche et de l’enseignement de notre pays. Au moment où les conditions techniques d’accessibilité au savoir et à l’information scientifique n’ont jamais été aussi aisées, les conditions économiques, juririques et humaines de transmission et d’accompagnement du savoir se durcissent invariablement.

PS : pour approfondir sur un versant plus technique la question, rendez-vous sur le site d’André Gunthert (un exemple avec ce post)

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