Le marché du dimanche matin (n°4)

Nous sommes lundi, mais bon… il y a parfois d’autres priorités que ce blog (cela est rare vous vous en doutez;-)

1) Privé/public et usages du net :

On a parlé ici-même de sociogeek qui aurait déjà eu plus de 3000 répondants. André Gunthert héberge le SDF virtuel qu’est Dominique Cardon (voilà jusqu’où certains poussent pour se dire intello précaire😉. Le sociologue d’Orange propose un long papier « pourquoi sommes-nous si impudiques? ». Extrait :

Lorsque nous nous inquiétons des risques de l’exposition des personnes sur Internet, on conçoit la visibilité sur le web sur le modèle des médias traditionnels. Tout ce qui y est publié est considéré comme unanimement et uniformément public. Une vision juridique et morale des comportements sur Internet contribue à cette généralisation, faisant du web un espace transparent d’informations accessibles à tous. Or, les utilisateurs ont une conception beaucoup plus pratique et moins maximaliste de leur exposition sur Internet. Ils considèrent la toile comme un espace en clair-obscur, plastique et paramétrable. Ils exploitent les propriétés des différentes plateformes pour construire un public adressé et se cacher des autres. Sur leurs Skyblogs, les adolescents paradent devant leurs copains. Parents, professeurs ou proviseur ne font pas partie du public visé et même s’ils peuvent accéder à leur Skyblog, il leur faut pour cela s’engager dans de fastidieuses et complexes explorations pour les découvrir.

L’opposition binaire privé/public cache en fait des dimensions beaucoup plus subtiles et de nombreuses positions intermédiaires. Patricia Lange parle d’une «fractalisation du privé et du public», afin d’insister sur le fait que cette opposition se rejoue toujours à différentes échelles . Il y a toujours du privé dans le public et inversement. Ainsi, sur la plateforme publique de YouTube est-il possible d’observer un ensemble de pratiques «publiquement privées» comme ces vidéos personnelles, révélant l’identité du producteur (son image ou sa signature y sont apparentes), mais dont la publicité est limitée à un cercle fermé. Il suffit de ne pas la taguer, ou de le faire à l’aide d’un code ésotérique connu par un petit groupe. La faiblesse des outils de recherche sur YouTube permet de préserver des zones de clair-obscur d’une vaste affluence et d’utiliser le système de tagging non pas pour inscrire la vidéo dans une vaste bibliothèque publique de termes de références, mais pour l’étiqueter avec un code privé. Ces détournements de fonctionnalité sont légions sur les SNS. Inversement, les SNS sont aussi plein de messages «privés-public» lorsque par un jeu de sous-entendus, d’allusions ou de codage les messages qui sont rendus publics ne peuvent en fait être interprétés que par un nombre limité de personnes. (en Français SNS, cela veut dire Social Network Site, hein)

2) La glande sur le web : Il y a quelques semaines je parlais de la glande sur le net. Un prof de philo a eu une idée similaire sur rue 89.

3) publicité et internet : le billet date mais c’est pas une raison, puisqu’il est bon, « Quand la pub fait mine d’écouter » chez PR2Peer.

Et ce sera tout pour cette semaine déjà entamée…

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