10 mythes du web 2.0

Ah, le web 2.0… Il va vite, très vite, trop vite. Et ce qu’on en dit aussi : dans le web 2.0, les blogs sont « influents » ; le journalisme est « citoyen », le marketing est « viral »…

Depuis environ 4 ans, de nombreux mythes ont jalonné les discours sur les médias sociaux. On est revenus de certains, mais d’autres ont la dent dure. Petite revue de 10 mythes du web 2.0, dans le désordre.

[Edit : le mot « mythe » est fort. Certains mythes ne sont peut-être que des « idées reçues » : l’exercice d’en sélectionner 10 oblige à grossir le trait. Ce billet n’a pas pour objectif de tomber dans la caricature inverse et de dire que la réalité se situe dans l’inverse des mythes tels que je les formule. Chacun des 10 points que je présente ici renvoie à une réalité, mais une réalité souvent exagérée. L’idée est donc d’introduire de la nuance, de réajuster, de « remettre les choses à leur place ».]

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1.    « Wikipédia est aussi fiable que Britannica. »

C’est le mythe sur lequel Wikipédia a bâti toute son image et sa crédibilité. La source paraît infaillible : c’est une étude de la très sérieuse revue Nature qui le dit : en comparant Wikipédia et Britannica, on trouve moins d’erreurs dans le premier que dans le deuxième.

Pourtant c’est archifaux. Relisez ce billet d’Emmanuel qui explique pourquoi.

2.    « Le Drudge Report est plus fort que le New York Times. »

L’idée est séduisante : le Drudge Report, cette page de liens qui incarne à merveille ce qu’on appelle le linkjournalism ou Journalisme de Liens, aurait réalisé davantage d’audience que le New York Times pendant la nuit des élections américaines (arrivé 6ème des audiences Internet selon Hitwise). Sans budget, sans équipe…

C’est Yohann, un commentateur chez Narvic (le #9), qui m’a mis la puce à l’oreille : « Les seuls classements où Drudge arrive en tête, ce sont les classements basés sur les pages vues, où il n’a pas de mal à arriver premier vu qu’il est le seul à s’auto-rafraîchir toutes les trois minutes ».

Le Drudge Report, ça marche — et de façon même assez  étonnante —, mais pas dans les proportions que l’on a décrites. On peut aussi comparer une estimation du trafic NY Times / DR ici.

3.    « Sur Internet, c’est facile de faire du participatif. »

Les internautes commentent sur les blogs, postent des photos sur FlickR, des vidéos sur YouTube, construisent Wikipédia… Le web 2.0 donne la possibilité à tous de participer à la production du contenu, c’est donc facile de faire du participatif.

Un raisonnement souvent tenu par les annonceurs, parfois mal conseillés. Résultat : combien de blogs de marques sans aucun commentaire, de sites soi-disant participatifs, de concours désertiques ?

On ne répètera jamais assez que la participation active est le fait d’une minorité. On ne génère pas de la participation en claquant des doigts (ni de l’audience d’ailleurs). A relire : ce tableau de McKinsey qui montre la proportion d’internautes actifs dans les grandes plates-formes web2 (Wikipédia, YouTube, FlickR, Felicious…) ainsi que l’étude de Rue89 sur la participation de son lectorat.

On y voit très clairement que « the many benefit from the few » : sur FlickR, 2% des utilisateurs génèrent 95% du contenu ; sur YouTube, 6% génèrent 95% ; etc.

4.    « Avec Internet, chacun peut devenir journaliste. C’est le journalisme citoyen. »

L’expérience Agoravox le montre : le journalisme citoyen produit avant tout de l’opinion — et beaucoup moins d’information brute.

Normal : chacun n’a pas sous le coude une pile de scoops à révéler ; produire de l’information, cela suppose du temps, des méthodes, des moyens. Le journalisme est un métier.

Je ne saurai pas mieux faire que de vous renvoyer à cette remarquable note d’Aurélien Viers sur la question du journalisme citoyen. Depuis 4 ans, on se trompe de vocabulaire : ce qu’Internet permet, ce qui a le vent en poupe, ce sont les témoignages participatifs.

5.    « Les blogs influents. »

Des 10 mythes, c’est sans doute le plus durable, car le moins faux. On en a parlé, reparlé, on a discuté, disserté, analysé… Il existe plusieurs formes d’influence des blogs, de la capacité de nuisance à la capacité de rectification, les search, les scoops, les communautés ou l’influence auprès de leaders d’opinion comme des journalistes…

Mais écrire un blog, ça ne veut pas dire avoir un public ; ni être audible ; ni être écouté. Bref, prendre la parole, ce n’est pas prendre le pouvoir. Et on a certainement tendance à exagérer l’influence réelle de beaucoup de blogs qui fonctionnent dans l’entre-soi.

6. « L’UGC prend le pas sur les contenus professionnels. »

Les mythes liés à l’UGC sont nombreux : leur qualité, leur emprise sur le web…

Mais dans l’immense masse de contenus générés par les utilisateurs, une faible proportion sont de bonne qualité. Et voici 3 exemples pour illustrer le fait que l’UGC ne prend pas nécessairement le pas sur les contenus professionnels :

– Au niveau de la vidéo, Youtube et DailyMotion ont construit leur audience sur la republication de contenus professionnels (avec ou sans les droits) plutôt que de contenus amateur. Wat a de son côté renoncé à faire de l’UGC son coeur de business.

– Au niveau médias, l’expérience Rue89 est éclairante : le site a ouvert une brèche entre le journalisme et l’UGC, en proposant le concept de l’info à 3 voix : journalistes, experts, citoyens. Autrement dit, du journalisme et de l’UGC encadré et validé par des journalistes.

Avec l’exigence journalistique qui est la sienne, le constat de Rue89 a rapidement été que peu de contenus amateurs était publiables : les contenus de journalistes ont toujours été dominants dans le site, causant un conflit avec Mikiane, l’un des fondateurs. Ce soir, je prends la home de rue89 : 12 des 16 articles du « fleuve » sont signés de journalistes ou assimilés.

– Au niveau des marques, on dit souvent que les contenus UGC sont plus visibles que les contenus officiels. C’est parfois vrai, parfois faux : quand on tape les noms des grandes marques dans les moteurs de recherche, les contenus officiels restent les plus accessibles.

7. « Le marketing viral, ça cartonne. »

Ah, le mythe de la publicité gratuite… C’est un mythe qui s’est assez largement dégonflé maintenant, mais on a connu une période où le marketing viral était le graal de la communication en ligne pour les annonceurs. On fait une vidéo rigolote ou sympa, et ça buzze.

Résultat : une profusion de campagnes de faible qualité qui n’ont jamais décollé de là où on les avait mises. Le cimetière du web est plein de campagnes virales. D’après Jupiter research, 15% des campagnes virales atteindraient leurs objectifs. D’après Georges Mohammed-Cherif (Buzzman), qui a signé quelques unes des campagnes les plus virales de ces dernières années, il y a une dizaine de campagnes vraiment virales par an.

Et ce n’est pas parce que l’on devient viral que c’est gagné : encore faut-il que cela serve réellement les intérêts de la marque.

8. « L’audience des médias traditionnels se dégrade. »

Pour la presse écrite, c’est très clair : baisse constante de la diffusion de la presse depuis 2000.

Mais pour la radio et la télévision, c’est moins évident. Le temps passé devant la télévision a même progressé d’une minute au dernier pointage : 3h28 par personne en octobre 2008. Aux Etats-Unis, la TV est à son plus haut historique.

9. « La confiance dans les médias traditionnels se dégrade. »

Pas en France en tout cas. Malgré les discours ambiants, malgré les affaires, la question de l’indépendance, les relations entre actionnaires et groupes médias, entre le pouvoir et les patrons de rédaction…

Non pas que la confiance dans les médias traditionnel soit élevée. Mais depuis 2000, les études ne montrent pas qu’elle a fondamentalement évolué : un peu moins bien par ci, un peu mieux par là…

Un aperçu de l’évolution de la confiance dans les médias telle que la mesure TNS Sofres pour la Croix et Logica, depuis plus de 20 ans, ne montre pas d’évolution majeure dans les années 2000 : les taux de confiance dans la presse écrite, la radio et la télévision sont supérieurs ou égaux à leurs niveaux de 2000. Et en 2009, toutes les catégories de médias voient leur côte de confiance remonter. C’est dans les années 90 que la confiance dans les médias s’est affaissée. cela mérite une petite image :

confiance-medias-2009

10. « Obama a construit sa victoire sur le réseau de petits donateurs. »

On l’a vu un peu partout : Obama aurait amassé plus d’argent via ses petits donateurs que via les gros donateurs. Un véritable effet longue traîne avec un bénéfice important : une moindre dépendance aux lobbies, grâce à des dizaines de milliers de petits donateurs ayant mis la main à la poche dans la mesure de leurs moyens (petit donateur = moins de 200 $).

Le problème, c’est que c’est faux, révèle le Campaign Finance Institute, un organisme indépendant. Les petits donateurs n’auraient représenté que 26% des finances d’Obama… soit approximativement la même proportion que les petits donateurs de Bush en 2004. Avec 210 millions de $ en provenance de gros donateurs et 120 millions de $ en provenance de petits donateurs, on est dans des proportions classiques.

La confusion vient du fait que beaucoup de donateurs ont fait plusieurs petits dons. Si je donne 6 fois 50 $, je fais 6 fois un petit don, mais à l’arrivée, je ne suis plus un « petit » donateur, ayant dépassé les 200$.

[Comment ça, le mythe n°10 n’est pas un mythe 2.0 ? avec les mots-clé « Obama » et « Longue Traîne », ça a sa place ici non ?]

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Voilà pour les 10 mythes qui me viennent à l’esprit. Il y a en a sans doute beaucoup d’autres (par exemple, j’ai évité le mythe de la « conversation » qui a déjà été évoqué sur ce blog dans un billet plus ancien ; on aurait aussi pu écrire « sur Facebook, tout le monde voit votre vie privée »). J’attends avec impatience que vous complétiez la liste ou que vous vous offensiez de ce que vous venez de lire…

40 réponses à “10 mythes du web 2.0

  1. tu veux dire qu’on nous aurait menti ?
    A l’insu de notre plein gré ?

    sinon : bonne année m’sieur !

  2. rien à voir, je ne sais pas pourquoi, mais y a cette horrible photo de moi qui s’affiche et je n’arrive pas à la changer. le plus dingue, c’est qu’elle ne s’affiche que sur les blogs WordPress.

    un message caché ? je dois arrêter de commenter les blogs wordpress ?

  3. C’est une excellente synthèse qui est bien caractéristique de la phase de décantation dans laquelle le web 2 est. On relève les compteur et on voit.
    Le constat global, s’il y en avait un, c’est que le web est une grosse chambre d’écho. Une étude IPSOS vient d’ailleurs de montrer que les médias traditionnels sont massivement la source du buzz http://tinyurl.com/7cbpbe. Bref, ça semble boucler et parfois ça part en sucette. Normal, donc.
    De fait, le web sérieux et influent dont on parle est réduit et se présente plus comme une composante média, en témoigne la proposition des assises de la presse de faire rentrer les sites web relevant de sociétés de presse (donc aussi Rue89 par exemple) dans le giron de la presse (avec les aides et la TVA réduite que cela permet).
    Maintenant, il faut quand même se méfier des comparaisons. Quand seulement 15% des campagnes virales cartonnent, il faudrait aussi voir le degré de réussite des autres vecteurs et bien voir qu’on n’en est qu’au début et que ça reste expérimental. De fait, ne pas prendre des vessies pour des lanternes aide à prendre les virages. C’est la grande qualité de votre billet.

  4. Bravo et merci pour cette note rafraîchissante

    S’agissant du mythe évité (la conversation), voici une petite contribution
    http://www.xeres.com/xerescom/2008/12/le-marketing-de-la-conversation-le-d%C3%A9fi-du-temps.html

  5. Très belle synthèse en 10 points! Je suis d’accord avec tout ça. En finir avec les mythes et les idées reçues permet de regarder tout ça d’un oeil neuf et curieux (et non blasé: « vous voyez bien que ça ne marche pas!). Pour faire avancer le débat, je vais m’intéresser au verre à moitié vide:

    – La possibilité et ‘existence même de ce billet et de ce comm’ est la preuve que le web 2.0, c’est beau !
    – wikipedia, c’est pas fiable à 100%, il faut l’avoir en tête pour bien s’en servir, mais c’est ‘achement pratique: dans certaines rédactions, les journalistes ont l’INTERDICTION de s’en servir. Mais ils s’en servent quand même !
    – Le drudge report marche quand même très fort, comme tu le dis, pas besoin d’en rajouter.
    – Sur le participatif à toutes les sauces: non, ça ne marche pas tout seul. Mais attention avec les pourcentages: en volume, ça peut faire beaucoup. Les jeunes, qui vont devenir forcément mainstream, ont plus l’habitude de laisser des comm’, poster, bloguer, etc. Tout cela reste expérimental.
    – You tube commence à disposer d’outils sérieux pour retirer les contenus pirater, pourtant sa courbe de fréquentation est toujours en hausse. Les contenus pros autorisés sont certes parmi les plus vus, mais il y a aussi de l’amateur. Pour le classement 2008 du viral video chart, 4 parmi les 10 premiers sont des intiatives ou des contenus purement amateurs. Et pis la consommation de vidéos amateurs sur you tube, c’est juste énorme en volume. Une consommation qui n’existait pas il y a 4 ans, qui fait partie du quotidien (perso j’ai une préférence pour les vidéos de chats🙂 ).
    – Alexis a raison de rappeler le rôle central des médias, le web est une grande discussion. N’oublions pas le rôle d’alerte, de précisions et vérifications grandissant des amateurs + blogosphère.
    – Sur la confiance dans les médias tradi, je pense que la tolérance par rapport aux erreurs/couverture exagérée de certains sujets par les médias diminue, mais c’est subjectif. Cela dit, quand on voit que Sarcelles se déplace devant M6 pour un reportage jugé outrancier, on peut se dire que cette « tolérance » s’exprime plus souvent, plus ouvertement. Si je regarde les courbes, à part la radio, pour 50% des gens, les médias ne sont pas fiables: c’est beaucoup !

  6. Pingback: Web en Vrac du 9 janvier 2009 - midi ! - Darklg Blog

  7. Très bon papier, comme d’habitude. Je suis d’accord avec vous sur beaucoup de points, mais je n’irais pas vers le retournement de veste complet pour dire que rien de ce qui est ugc par exemple n’est pas en train de changer le monde. Clairement, wikipedia a aujourd’hui une influence plus importante que la Britannica, même si ce que l’on regarde sur youtube n’est pas forcément du perso il y a de belles success stories et surtout la possibilité à tout moment de faire diffuser son contenu, etc etc.
    Et puis pour obama, c’est un peu plus compliqué que cela, ce qui a fait la force de sa campagne d’après moi c’est le fait de penser le site my.barackobama.com comme un véritable réseau social, à voir à ce sujet mon article « Barack Obama, webmarketer de l’année » http://www.vincenthuguet.com/vincent_huguet/2008/11/obama-webmarketer-de-lannee.html
    Parlons prochainement ensemble dans un lieu non virtuel de tous ces bons sujets…

  8. @Xav :

    Il doit y avoir une image Gravatar enregistrée pour l’adresse e-mail que vous donnez lors d’un commentaire sur un blog WordPress.

    Allez voir sur Gravatar, donnez votre adresse e-mail et indiquez que vous avez perdu votre mot de passe.

    Avec le mot de passe reçu, connectez-vous à votre compte Gravatar, puis modifiez ou supprimez l’image associée à cette adresse e-mail.

  9. salut François

    Je me demande s’il ne faudrait pas ajouter deux mythes à ta liste :

    – 11. Dès qu’une idée, un avis, une opinion se répand largement en ligne : c’est que c’est un mythe.

    – 12. En ligne, toute analyse sensée doit pouvoir s’exprimer dans un billet court sous forme de liste (sinon, c’est que c’est un mythe. cf n°11)
    😉

    Plus sérieusement, j’ai peur que le terme de mythe ne soit pas très adapté. Il signifie que ces avis sont non fondés, que ce sont des sortes d’erreurs persistantes. Alors que pour la quasi totalité des points que tu abordes ça me semblent beaucoup plus compliquées que le simple noir/blanc auquel tu les résumes.

    Exemples :

    1. Wikipédia : on en sait en réalité très peu sur le « machin ». Affordance signalait récemment deux études statistiques totalement contradictoires sur la répartition de la participation : l’une dit que l’essentiel de la participation est le fait d’une infirme minorité, et l’autre dit exactement le contraire. Sur la question de la fiabilité, tu ne fais état, toi aussi, finalement, que de deux études contradictoires…

    Ce qui est intéressant, à mon avis, avec wikippédia, c’est que ce modèle participatif et bénévole donne au final un résultat qui est de bonne qualité, au point qu’il devient en effet comparable aux productions professionnelles. Ça, ce n’est pas un mythe.

    2. Le Drudge Report

    C’est un peu le même problème que « ton » mythe Wikipédia. Ce qu’il y a à en retenir, à mon avis, c’est que ce site réussit une très réelle performance d’audience. Une performance même très étonnante, en ne proposant qu’une agrégation de liens. Ce qui le place parmi les sites à très fort trafic américain, jouant dans la cours des grands, qui eux sont des producteurs de contenu.

    Je ne m’étends pas sur les autres points, mais à chaque fois le « mythe » que tu signales n’est qu’une mauvaise formulation, ou une mauvaise identification de quelque chose de réel : il s’est bel et bien passé quelque chose de spécial avec Obama sur internet, même si ce n’est peut-être pas cette question des dons, il y a un véritable problème de crédibilité des médias traditionnels, il se passe vraiment quelque chose avec l’UGC, il se produit des phénomènes « viraux » sur le net qu’on ne connaissait pas avant, de même qu’il se passe quelque chose autour des blogs et de la notion de journalisme citoyen, même si c’est mal identifié ou mal dit.

  10. François Guillot

    Waouh, plein de commentaires très riches, je vis répondre dans l’ordre :

    == Xav : bonne année aussi !! Tu as bien fait poser la question de la photo puisqu’apparemment grâce à i&o et ses commentateurs tu as ta réponse😉

    == Alexis : merci pour la référence à l’étude Ipsos, je ne connaissais pas. Cette idée de média-dépendance me saute aux yeux depuis que je traîne sur les blogs. Dans l’ensemble, les médias font l’agenda des sujets dont on discute.

    Sur l’exemple des 15% de campagnes virales, il est aussi normal qu’il y ait des effets d’apprentissage. Se lancer sur un territoire nouveau et mouvant ça veut aussi dire accepter d’expérimenter et de se planter (déjà qu’on se plante souvent sur des domaines perçus comme « stables »…)

    == Jean-Marc : merci pour le lien sur le site de Xeres. Effectivement la question du temps est clé dans la Conversation. Une marque ou une entreprise ne vit pas au même rythme qu’un individu. Je pense que la question essentielle est de savoir si les marques et les entreprises peuvent accepter de s’incarner dans des individus quitte à perdre le contrôle. C’est facile pour les structures légères, c’est compliqué pour les structures très organisées.

    Mais comme le disait Seth Godin (que j’aime beaucoup) récemment, le web 2 c’est une perte de leviers pour les annonceurs (davantage de canaux qui touchent moins de monde = plus d’efforts nécessaires) et un gain de leviers pour les publics (diversité des possibilités d’expression et de réunir un public). Conclusion pour les annonceurs : soit ils s’adaptent, soit ils perdent en pouvoir et impact.

    == Aurélien : d’accord sur tout. Sur Youtube et DM je vais peut-être un peu vite. Mais combien de fois suis-je tombé sur des contenus pirates vus des dizaines / centaines de milliers de fois, tandis que des contenus UGC lambda restaient très confinés… Je ne connais pas d’étude là-dessus et si tu n’en cites pas c’est sa,s doute qu’il n’en existe pas😉 – mais je crois que si l’UGC avait été si puissant dans les audiences de YT et DM, ces derniers ne se seraient pas privés de le dire et on nous l’aurait matraqué.

    Sur la confiance dans les médias je n’ai pas mentionné une des questions de l’étude TNS qui montre que la confiance dans les JOURNALISTES diminue. Cela rejoint ton intuition sur le « seuil de tolérance ». Päradoxal puisque la confiance dans les médias remonte d’après le même TNS. Je n’ai conservé que cet aspect car il me semble que la question posée « les choses se sont passées ou à peu près passées comme le média les raconte » est essentielle.

    == Vincent : je ne savais pas qu’on se vouvoyait😉

    Plus sérieusement le but n’est bien sûr pas de retourner sa veste. OUI Wikipédia est beaucoup plus important que Britannica. Mais en l’occurrence sur cette question il y a un mythe précis liée à une étude de Nature biaisée, sur la fiabilité des contenus. Cette étude massivement reprise par les médias a activement contribué à la réputation de l’encyclopédie, et j’ai souvent entendu des gens la citer ou encore lu récemment des références à cette étude « magique ». Wikipédia c’est une somme de connaissance incroyable et hyperaccessible, mais sur laquelle il faut avoir un oeil critique. C’est d’ailleurs un des points d’Aurélien dans son commentaire.

    Sur Obama, idem je traite un point précis qui est celui des petits donateurs (et c’est pour ça que je m’excuse de ce hors-sujet : ce n’est pas à proprement parler un mythe web2). Une idée s’est répandue, je ne sais pas comment (le communication d’Obama peut-être), mais cette idée là n’est pas exacte et cela a été démontré. Pour le reste, je te rejoins sur la netcampagne d’Obama et sa puissance de cette stratégie d’ambassadeurs (la preuve, je l’ai dit dans ma rétro 2008😀 ). D’ailleurs j’ai demandé à mon équipe à l’agence d’apprendre par coeur le cas Obama, en disant qu’on allait nous en parler dans toutes les réunions en 2009.

    == Lionel : merci pour Xav

    == Narvic : le commentaire qui me donne le plus envie de réagir évidemment😉

    Ce billet présente un caractère marketing et tu fais bien de le remarquer. Il est assumé.

    Le caractère marketing vient de plusieurs choses :
    – l’utilisation du mot « mythes »
    – le fait de mélanger plusieurs choses : des points très factuels (l’étude de Nature, l’audience du Drudge Report, les petits donateurs d’Obama) et des points plus généraux (le participatif, l’UGC) ; voire d’intituler « web 2.0 » des points qui n’en relèvent pas forcément (et qui ne relèvent même pas forcément du web, cf. les deux points sur les médias traditionnels et le point sur Obama)
    – le fait de mélanger les points de vue pour lesquels on opte. On y contredit à la fois des points de vue d’annonceurs (le marketing viral, « c’est facile de faire du participatif »), des point de vue d’experts et des points de vue de M. Toutlemonde.
    – leur formulation parfois facile
    – la liste en 10 points

    Résultat : cette note a battu le record d’audience du blog (plus de 1200 pages vues avant que je commence à écrire mon commentaire). Je ne l’aurais pas parié en la mettant en ligne mais il est clair que j’ai cherché à « faire de l’audience » sur ce billet.

    Pourquoi j’assume le côté marketing ? Justement parce que l’objectif de ce billet est de faire du contrepoids. Ca aurait pu s’appeler : « quelques idées reçues liées à des phénomènes réels et importants autour du web, mais qu’on a tendance à exagérer ».

    OK. Mais on retombe dans une question qui se pose classiquement pour tous ceux qui, au sens large, communiquent : soit on grossit le trait pour être vu et c’est ce que je fais ici – avec un certain succès selon mes critères ; soit on reste exact et précis et on reste entre experts très pointus. En cela ma démarche est bel est bien marketing, publicitaire même si on veut.

    Je le fais comme cela car il me semble important de se faire entendre sur ces idées reçues : pour deux raisons :
    – justement parce qu’il s’agit d’idées reçues : elles sont assez répandues (comme tu le dis il y a une réalité derrière ces idées, mais des imprécisions dans la description de cette réalité et je pense être honnête vis-à-vis de ça : exemple, les médias ont un problème de crédibilité : oui mais leur taux de confiance est stable depuis 2000).
    – parce que le web est peuplé de webologues et d’évangélistes (voire d’ayatollahs) prompts à relayer toute info qui montre que le web est une révolution, moins prompts à relayer des informations qui ne vont pas dans le même sens et qui introduisent de la nuance.

    Je suis donc d’accord avec toi quand tu dis que le terme de mythes n’est pas très adapté. Il y a une part d’exagération, un parti-pris. Par contre je suis un peu vexé😉 que tu dises que je les résume à un noir-blanc : l’idée est de présenter une idée reçue, ok c’est noir. Mais les commentaires qui les accompagnent me semblent normalement nuancés.

    La liste est éventuellement trompeuse si tu prends les 10 points sans le texte (c’est ce qu’un blog a fait, je me suis trouvé un peu embêté en le voyant) ; mais quand on lit tout il me semble que le résultat est équilibré.

    Sur ce que tu dis à propos de Wikipédia, comme à Vincent je te répondrai que je ne nie pas que Wikipédia soit un produit dont la qualité d’ensemble est bonne. Ce n’est pas ce qui est écrit. Le mythe (et pour le coup c’en est un) c’est l’étude de Nature.

    Sur les règles de la participation, je renvoie sur McKinsey et Rue89. Je n’ai pas vu les études contradictoires chez Affordance à propos de Wikipédia mais je n’ai en fait jamais vu d’étude qui montre une participation massive des internautes : partout, à chaque fois que j’ai des données sous la main, je vois que ce sont des minorités qui participent.

    Cela n’empêche pas que les jeunes ont la participoïte plus aigüe et qu’il semble naturel que le sens de l’histoire soit que les participants soient de plus en plus nombreux. (cf. ce que dit Aurélien dans son commentaire).

    Si tu veux, je ressens le besoin de dire ce que je dis notamment du fait de mon expérience de discussions avec des clients, collègues, confrères et camarades. D’ailleurs quand on a un oeil sur les productions web des marques et des entreprises, on voit tellement de choses qui ne marchent pas qu’il semble évident que leurs concepteurs n’ont pas une bonne vision des lois de participation.

    Sur le Drudge Report, je m’attaque à un fait contestable (DR plus vu que NYT). Pas au succès du Drudge Report. La performance d’audience est forte, et je le dis : le Drudge Report, ça marche. Peut-être que je ne le dis pas assez fort pour que l’idée centrale (le DR, exemple de linkjournalisme, est tout de même un succès étonnant), ça je te le concède.

    Sur le reste, c’est bien parce qu’il y a quelque chose de réel derrière chaque point que je produis ce billet : tous ces phénomènes ont une réalité ; ils sont importants, nouveaux, mais je suis assez agacé de les avoir vu autant exagérés, il s’agit donc de faire un « réajustement ». Pour faire ce réajustement, j’exagère en utilisant les termes de « mythe » et quelques formulations un peu limite. mis j’espère être entendu.

  11. Les 10 points + leur explication + ton commentaire (aussi long que le billet original) : l’ensemble me va et ça fait presque au total un billet aussi long que les miens.🙂

  12. François Guillot

    Tu oublies l’edit du billet : la nuit portant conseil, j’ai apporté quelques précisions dans l’intro😉

  13. Je trouve de mon côté l’usage du terme « mythe » intéressant. Et justement j’ai l’impression qu’il s’agit là d’une mystification complexe et non pas d’une simple duperie, ce que le terme de mythe permet de mettre en exergue.
    Le propre du mythe est de générer un ordre intrinsèque et un certain régime de vérité (réalité) qui peut sembler plus vrai que le vrai ou que l’on peut sciemment vouloir lui préférer. Il me semble assez proche du terme d' »idéologie. »
    Ce qui me semble intéressant aussi c’est de déterminer les raisons de vouloir que ces mythes persistent.
    Par exemple, pourquoi, si c’est inexact, avoir voulu amplifier l’audience du Drudge Report ? Pourquoi amplifier la puissance du marketing viral ? Pourquoi en général amplifier les réussites du web 2.0, à travers cette nouvelle économie de participation ?

    Le mythe est peut être intentionnel ici et je devine qu’il a une certaine légitimité, celle de la vraisemblance. Je ne sais pas si c’est cavalier mais on peutpeut-être considérer ces mythes comme des piliers du web 2.0 qui en assurent la continuité, la permanence et en construisent la nécessité.

  14. Ai beaucoup apprécié la lecture de ce billet et de son fil de commentaires. Chapeau pour la synthèse. Rien à ajouter (pour une fois😉 )

  15. animatedpress

    Beau travail !

  16. François Guillot

    Cécile : il est tout à fait clair qu’à l’origine de nombreux « mythes » ou « idées reçues » sur le web 2.0, sa force, son ampleur, la Révolution qu’il implique, sa magie, etc., on trouve des données et des analyses produites par des acteurs qui ont intérêt commercial à « vendre » le web 2.0. C’est à dire, des données biaisées.

    Cela peut par exemple s’incarner par des études faciles à biaiser et dont je me méfie énormément. Pour prendre les cas cités dans le billet, on voit par exemple que la légende de la fiabilité de Wikipédia repose sur une étude de Nature ; les stats du Drudge Report sur une étude de Hitwise ; les petits donateurs d’Obama, probablement plus de la communication du candidat. Je fais aussi référence dans le billet à une étude d’Oto Research qui essaie de faire croire que les contenus officiels de marques sont noyés par les UGC et qui est largement biaisée.

    Après, je ne sais pas quels sont les intérêts de Nature ou de Hitwise. Oto Research, c’est la filiale d’un groupe de communication qui vend du conseil web ; on voit aussi parfois des études TNS ou autres dont les méthodos sont un peu rapides et accommodantes vis-à-vis des intérêts de leurs donneurs d’ordre. En gros, quand on vend du web, on peut facilement utiliser des données qui laissent penser que le web change tout à tout pour vendre plus facilement son business. C’est comme ça.

    C’est aussi un peu l’effet Loïc Le Meur à son époque SixApart : son blog était la référence de l’observation de la blogosphère. Sauf que le métier de Le Meur était de vendre des blogs Typepad et on voyait clairement dans les infos qu’il sélectionnait qu’il retenait les infos qui l’arrangeaient : toutes les belles histoires, les chiffres impressionnants, etc. y étaient relayés. C’était beaucoup moins le cas quand les données et analyses laissaient place au doute. Loïc Le meur était clairement juge et partie, considéré comme expert (juge) mais en réalité du VRP des blogs (partie).

    Après, il faut des gens, qui jouent un rôle d’évangélisation. Car malgré ce travail d’évangélisation souvent biaisé, la plupart des acteurs de l’économie n’ont pas encore bien saisi, je pense, les enjeux du web. Donc il en faut, des gens qui exagèrent la réalité, qui font peur et qui in fine font bouger les lignes de force.

    @ Christophe D et Animatedpress : et bien merci à vous alors😉

  17. Je te remercie François pour ta longue réponse.

  18. Je reste impressionné devant la structure et les références de ce billet qui sublime son pouvoir d’attraction même si je m’interroge encore sur le but recherché. Comme Alexis, je pense que le Web2 est à l’état expérimental, qu’il souffre/bénéficie de son statut inédit et qu’il faut le considérer, d’un point de vue marketing comme une des parties d’une stratégie globale,. Merci pour le billet.

  19. Pingback: 2009 : remise en question « Admorenoise

  20. François Guillot

    Admorenoise : merci. C’est le genre de billets qui sort relativement facilement mais après des mois de maturation.

    Sur le but recherché… Comme je le dis à Narvic il s’agit de remettre en place certaines choses… Je ne voudrais pas qu’on en conclue que je ne crois pas au web 2.0, ce serait faux. Je suis consultant en stratégies Internet (donc je ne cherche pas à me tirer une balle dans le pied !) mais dans un groupe de conseil généraliste (d’où la liberté de parole : on n’est pas obligés de vendre de l’internet).

    C’est pour cela que la réaction d’Aurélien, quand il dit (en substance) que ça permet de sortir du « c’est extraordinaire » ou du « ça ne marche pas », me fait plaisir.

  21. Oui effectivement entre ces deux extrêmes, il y a une myriade nuances à appréhender pour faire progresser le Web 2. Merci pour la réponse.

  22. François,
    Juste une dernière idée qui m’est venue en essayant de comprendre ta prise de position « réflexive » et qui donne, à son échelle, aux avancées du web 2.0 cette même dynamique réflexive. Une définition d’ Alaisdair MacIntyre ( Quelle justice, quelle rationalité, PUF, 1993, p 352) et qui me semble pertinente ici. Elle montre que l’on peut formuler, du dedans, un jugement avisé et critique sur un phénomène sans pour autant jeter le discrédit sur ce même phénomène.

    « Une tradition arrive à maturité dans la mesure exacte où ses tenants sont confrontés à des positions radicalement différentes et incompatibles qui posent les problèmes de l’incommensurabilité et trouvent une façon rationnelle de résoudre ou d’éviter ces confrontations. Dans cette situation, la capacité de reconnaître que les ressources conceptuelles dont on dispose sont inadéquates ou que l’on est incapable de produire une formulation satisfaisante des critiques ou réfutations d’autrui, et une conscience du problème des distorsions qui peuvent surgir lorsque l’on tente d’intégrer dans sa propre structure des thèses conçues dans une autre structure _ tout cela est essentiel à la formulation d’une tradition dont les conflits sont un tant soit peu complexes ou dont les mutations impliquent des transitions d’un type d’ordre social et culturel à un autre et d’une langue à une autre. »

    Il n’y a peut-être pas de tradition du web 2.0 mais n’empêche, il y a là la question de l’évolution des « lignes de force » que tu évoques, consécutive à une certaine évolution du web 2.0.

  23. Merci merci merci: ça fait du bien de lire ce genre de notes!

  24. il est fort ce François🙂
    pour ton point 5 que les blogs influents : tu mentionnes l’entre-soi, j’ajouterais que l’influence se joue aussi dans l’entresol🙂

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  26. (un peu à rebours et en retard, sur le point 10)

    Sur le financement, l’étude du campaign finance institute est critiquée. Ils n’ont pas pointé la nouveauté d’Obama, qui reste une double explosion : celle du nombre de donateurs, et celle du nombre de dons.

    Certes, le mythe selon lequel Obama n’aurait fait que lever de l’argent chez les petits est faux. Les bundlers et gros donateurs sont importants, et ils ont rejoint naturellement le train au fur et à mesure de l’explosion, et de la certitude qu’il serait président.

    Mais à jouer le contrepied, on oublie la différence, la nouveauté réelle, qui est bien que 50% des dons sont venus sous la forme de dons inférieurs à 200$, contre 30% pour MCCain. Et que la fidélisation à partir du premier don (vu comme un premier levier d’inscription) a permis d’augmenter les dons, jusqu’à amener le volume total de donateurs et de dons qu’on a vu.

    Donc, évidemment, le mythe est un peu exagéré. Mais quand même, la vraie nouveauté, ce n’est pas les bundlers, même s’ils se professionnalisent, mais bien l’élargissement de la base de donateurs, et l’investissement via des dons de petit montant. PLus de 3 milions d donateurs, on n’avait jamais vu ça.

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  28. s’il y a bien un mythe, c’est celui de la neutralité de wikipedia ! (nom de mon blog wikipedia ou le mythe de la neutralité)🙂
    le mythe de sa fiabilité, aussi grande que celle de Britannica, sur un thème lancé par Nature et orchestré par wikipedia et ses adeptes ensuite

    pourquoi Nature a-t-elle fait cela ? service rendu à wikipedia qui se traînait alors un gros boulet avec l’affaire Seigenthaler (accusé de complicité d’assassinat..)

    pourquoi voulait-elle lui rendre ce service ? on a peine à croire qu’un universitaire ou chercheur l’ait convaincue de l’intérêt de wikipedia (en France à part un prof en communication groupie de wikipedia et un autre, prof en informatique, on n’en connaît pas des comme ça, prêts à défendre la cause de wikipedia) tandis qu’il semble qu’elle ait eu des différends avec Britannica à cette période.

    En somme, tout ça pour embêter Britannica . Ce sont des querelles de clochers et des règlements de comptes petits, tout petits, petits.

    Car il n’est pas digne d’une revue dite scientifique de publier des études aussi bidon.

    ce que j’en pense : http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com/article-6213952-6.html

    mythe 9 : pour les informations, le taux de confiance accordé à internet est de 30%.

    mythes 4, 5, 6 : montrent / rappellent que le journalisme est un métier
    alors pour une encyclopédie, vous imaginez !

    enfin le mythe du web.02 , devenu un mythe parce que « participatif » : j’écoutais ce jeudi 15 sur France-cul l’émission « Place de la toile ». ce qui est frappant c’est qu’ils n’avaient absolument rien à dire hormis grande banalités du type du prof en communication : c’est bien parce que c’est bien et on y croit , hormis un intervenant qui a fait remarquer avec pertinence la régression considérable que représente le web.02 pour ce qui est des contenus, si on compare avec ce qu’on avait avant sur des Cd, fort bien faits, par des professionnels.

    Le mythe du web.02 et du participatif est à lui seul un vaste chapitre.

  29. François Guillot

    N : merci pour ces précisions. On y reviendra dans un prochain billet sur le rapport de la mission Obama dont tu as fait partie.

    Alithia : précision en ce qui concerne la confiance placée dans Internet selon TNS / La Croix, c’est maintenant 34% (31% l’an dernier, 30% il y a deux ans).

    J’ai pris le mythe de la fiabilité de Wikipedia plutôt que celui de sa neutralité sur la foi d’une intuition personnelle : je suis frappé de voir l’étude de Nature encore citée de temps à autre (et beaucoup à l’époque de sa sortie, où il y avait beaucoup de naïveté devant l’intelligence collective) ; tandis que je ne croise jamais personne, ou je ne lis jamais rien, qui dise que Wikipedia serait un lieu de neutralité.

    J’imagine que parmi les rédacteurs de Wikipedia c’est le cas, mais ce n’est pas réellement quelque chose que je constate dans mon expérience personnelle. J’ai peut-être la chance d’évoluer dans un milieu socio-professionnel où les gens ont facilement un regard critique, en tout cas je n’ai jamais été troublé par le mythe de la neutralité de Wikipedia à mon niveau.

  30. le thème de la neutralité est avancé par wikipedia qui se présente comme écrite sous le principe de la neutralité .
    celui de la fiabilité est une question posée à wikipedia.

    la neutralité, c’est leur baratin en somme
    la fiabilité, c’est une question à partir du doute qu’on peut avoir : besoin de vérifierr ce qu’elle vaut
    C’est l' »étude » de Nature qui a lancé le thème.

    La croyance en la fiabilité d’internet monte ? Faudrait voir de + près (vous savez que les sondages posent des questions auxquelles les gens ne savent aps répondre, donc ils répondent n’importe quoi, et suvent la réponse est incluse dans la question).

    Votre milieu, c’est le journalisme ? Dans ce milieu , c’est peu de dire qu’ils sont critiques à l’égard de wikipedia… mais ils le disent peu.

  31. François Guillot

    D’accord avec vos explications sur la neutralité et la fiabilité : c’est bien pour cela que j’ai repris le thème de la fiabilité (caution Nature) que celui de la neutralité (discours Wikipédia). Je pars d’un point de vue externe (les perceptions sur Wikipédia).

    Sur les chiffres de la confiance dans Internet : je suis bien d’accord sur le fait que les sondages consistent souvent à poser à des gens des questions qu’ils ne se posent pas. En l’occurrence la question ne signifie pas grand-chose car « Internet » est un ensemble beaucoup trop vaste. Si on me demande si j’ai confiance en Internet, dois-je comprendre : en les blogs ? en les médias ? les forums ? lesquels ? ceux que je lis et en lesquels j’ai confiance ? Ou tous les autres ? les espaces d’experts ? de journalistes ? Les skyblogs ?

    Cependant l’intérêt de cette étude est que ce sont les mêmes questions qui sont posées chaque année. Donc on voit que le score de « Internet » est passé de 30 à 31 puis 34 ces 3 dernières années. ce qui place Internet bien en-dessous de la radio, de la presse écrite et de la télévision. et ce qui me paraît normal puisqu’on a d’un côté des médias professionnels, de l’autre tout et n’importe quoi.

    Enfin dernier élément, mon milieu c’est la communication, pas le journalisme. Wikipédia y est à la fois beaucoup utilisé comme source d’info sur des éléments simples / factuels et suscite beaucoup de méfiance.

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  33. un des meilleurs articles que j’ai vu depuis quelques temps c’est salutaire d’aller contre courant e d’être lucide au moment ou tout le monde semble aller dans un sens unique sans trop penser, l’web est le l’endroit ou le plus au monde circulent des idées reçues republiés répétés a l’infini c’est parfois très décevant 🙂

  34. François Guillot

    Finalement aucun milieu professionnel n’accorde à wikipedia d’ête fiable. Tous les indices convergent.

    Qui utilise vraiment wikipedia comme une encyclopédie du reste ? La question reste posée, car on sait que son grand succès tient d’abord aux sujets liés au sexe, record absolu des consultations, aux loisirs et aux sports, puis les précisions factuelles qui peuvent être utiles. Après ? on est dans le flou.

    Comme pour « le net » sur lequel on fait des sondages, ce qui ne veut pas dire grand chose, vous avez raison de le rappeler, le net n’est qu’un support sur lequel on peut trouver des études savantes et des articles utiles pour étudier un sujet, les sites des grands journaux, des blogs d’opinion ou de critiques littéraire de qualité, des sites de propagandede porno, des forums de discussion. C’est à peu près comme si on disait l’écrit ou la chose imprimée et qu’on demandait lui faites-vous confiance ?

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