Google Earth au Prado de Madrid : c’est ça la sérendipité ?

Qui l’eut cru ? Améliorer la finesse de notre regard sur un tableau grâce au système de Google Earth… Le mariage de la carpe et du lapin ? Et non, les miracles de la sérendipité (un terme cher à François) figurez-vous !

« L’initiative du projet est à mettre au crédit d’une salariée de la filiale espagnole de Google, Clara Rivera, qui, après une visite du Prado, ressentait la frustration de n’avoir pas pu savourer les oeuvres autant qu’elle l’aurait souhaité » (Le Monde du 17/01/09)

Avec le système Google Earth, Google propose donc de naviguer dans les toiles sélectionnées par le Prado. Ci-dessous, la vidéo d’explication promotionnelle du projet :

Voici ce que nous en dit Le Monde:

Quelle bénéfice pour le public ? « En appliquant ce principe à une oeuvre d’art, celle-ci devient accessible depuis n’importe quel coin du monde, et les secrets du peintre décelables jusque dans la plus infime des craquelures. « Le numérique ne peut se substituer à l’oeuvre originale, mais grâce à un niveau de résolution prodigieux, nous arrivons à des détails que jamais nous ne pourrions voir à l’oeil nu », s’est enthousiasmé le directeur du Musée du Prado, Miguel Zugaza ».

Le titre de l’article, « Le chef d’oeuvre au détail près » est une référence aux travaux de Daniel Arasse sur le détail (dont le fameux Le Détail. Pour une histoire rapprochée de la peinture, un déjà-classique disponible en poche). Google Earth démocratise ainsi une certaine lecture de l’oeuvre d’art – lecture habituellement réservée au spécialiste qui a le temps (et la patience et le savoir – ce dernier continuera à faire la différence quand même) de regarder en détail la toile. Quand on sait le temps moyen devant lequel le public reste devant un tableau, cette initiative est salutaire. Rencontrera-t-elle le succès une fois passé l’effet d’annonce ? C’est en tout cas, littéralement, une nouvelle manière de rentrer dans une oeuvre, comme on dit parfois…

Et parce qu’on croit encore à l’autorité du chercheur, on se demande bien ce qu’en pense André Gunthert… 😉

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Une réponse à “Google Earth au Prado de Madrid : c’est ça la sérendipité ?

  1. C »est le rêve de tout étudiant en histoire de l’art, depuis le Musée imaginaire de Malraux au moins… Google l’a fait – mais en constatant l’ampleur des moyens mobilisés pour le réaliser, on comprend qu’il n’est pas à la portée des départements universitaires, et qu’il risque bien de rester une performance isolée. Un plaisir en forme de trompe l’oeil, en somme…