Rue 89, bientôt 2 ans d’existence, fait le point avec Esprit

Pascal Riché et Laurent Mauriac font le point sur leur entreprise de presse, rue89, dans une entretien avec la revue Esprit. Une entrevue très grand public mais qui permet de continuer à être au clair avec les tenants et les aboutissants du web social.  Quelques extraits pour garder la forme (et surtout la tête froide) quand tout semble partir dans tous les sens.

Portrait du journaliste en fact checker

Contrairement à un mythe, les internautes n’envoient pas d’articles « journalistiques ». Ils ne demandent même pas à le faire. Ils envoient des idées, des commentaires, des tribunes, des analyses, des témoignages, des informations répétées soit sur un blog, soit dans un journal étranger, soit dans leur environnement. Cela ne les intéresse pas de faire un travail de journaliste, croisement des sources. Nous tenons à garder ce rôle : c’est la rédaction qui valide, hiérarchise, met en perspective le contenu de Rue89. Nous restons des journalistes avant tout, notre métier est de valider l’information.

Comment lit-on les commentaire sur rue89 ?

[l’internaute] a accès à l’ensemble des commentaires s’il le souhaite mais seuls 7% des internautes vont au-delà des « commentaires sélectionnés ».

Une information intéressante sur l’exposition des internautes aux messages des commentaires. Finalement, le premier lecteur des commentaires, c’est peut-être le moteur de recherche.

Portrait du journaliste en animateur : le « journalisme de conversation »

À l’échelle de son propre « journal », le journaliste est déjà un animateur de plusieurs communautés : La micro-communauté de son dernier article (les lecteurs-commentateurs); La meso-communauté de son nom plume (les fans d’Untel); La macro-communauté du site. C’est en tout cas ce que m’inspire ce passage de Pascal Riché :

« nous demandons (…) à nous journalistes de répondre aux commentaires, aux critiques, de modèrer eux-mêmes les commentaires, de rectifier ce qui doit l’être, éventuellement de compléter leur travail avec les informations qui viennent des internautes. C’est ce qu’on appelle le « journalisme de conversation » par opposition à un journalisme vertical, dans lequel le rédacteur octoie son info sans trop se soucier de celui qui la reçoit.

Le web, c’est de l’écrit avec les codes culturels de la radio

On considère souvent que le journalisme web est une nouvelle déclinaison de la presse écrite. C’est peut-être vrai, mais notre travail nous rapprochr par bien des aspects de la radio : la réactivité, l’absencde de deadline, le ton informel de l’écriture, et même l’échange participatif qui est (…) une invention de la radio.

Vous pouvez lire l’intégralité de l’entretien sur le site de la revue Esprit.

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3 réponses à “Rue 89, bientôt 2 ans d’existence, fait le point avec Esprit

  1. On peut étendre cette notion de journalisme de conversation à tout site social recevant beaucoup de commentaires. Se manifester en tant qu’auteur/modérateur (mais je préfère l’idée d’un auteur/relanceur qui donne du rythme, ce qui le légitime davantage au moment de devoir faire la police) c’est donner effectivement chair à un web moderne qui cherche au fond un seul truc : de l’humain, du lien. On n’en sort pas.

    Aucune fonctionnalité ne pourra à mon sens (mais je suis prudent avec les développeurs fous) remplacer la sympathie/empathie qui émerge entre des commentateurs qui se sentent « lus » par l’auteur et un auteur qui apprend à découvrir les opinions de ses lecteurs, lesquelles révèlent souvent une vraie sensibilité.

    Cela rejoint au passage l’idée qu’un réseau social s’anime et ne fonctionne pas exclusivement par de l’ugc.

    Allez, toute cette humanité en ligne, c’est trop émouvant tiens. snif… Aussi beau qu’un coucher de soleil sur l’Everest avec la tour Eiffel en arrière-plan et plus loin le golden gate qui se mire sur la grande barrière de corail. Comment ça, impossible ?

  2. Emmanuel Bruant

    @ Laurent : je te suis complètement sur la nécessaire humanité pour faire de tels sites. Si aujourd’hui, la grande majorité des sites est doté des fonctionnalités du web social il reste encore à socialiser justement pour la plupart.

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