Etude TNS sur les sources de confiance : en gros, c’est bien compliqué cette affaire

Malheureux que nous sommes, nous n’avions pas encore pris le temps de commenter les résultats de la dernière enquête TNS sur les sources de confiance (vue il y a une quinzaine de jours sur le blog eMarketer par Emmanuel).

D’abord, les chiffres :

103387

Les résultats sont très intéressants car finalement on n’a pas eu tant que ça entre les mains des études de ce type avec des résultats portant spécifiquement sur la France. En gros, ce que l’on est sûr de savoir, c’est que parmi toutes les formes d’influence, c’est avant tout la recommandation personnalisée qui prime, c’est à dire l’influence du quotidien qui se fait au sein de la famille, des groupes d’amis ou de pair à pair.

Les données issues de cette étude de TNS ne remettent pas cette forme d’influence en question, mais avec 31% pour « recommendations by friends », on ne peut pas dire que le score soit très élevé.

Au contraire, concernant la colonne France, ce qui marque c’est finalement à la fois :

– le niveau relativement faible de confiance accordée dans les différentes sources, quelles qu’elles soient (jamais plus de 35%, score obtenu par les « industry magazines » que cela consolera peut-être un tout petit peu de leurs chiffres de vente).

– le tassement des chiffres concernant l’ensemble de ces sources : difficile de dégager une véritable hiréarchie de l’influence.

Bien sûr, on n’est « que » sur un échantillon d’internautes, soit pour la France entre 60% et les 2/3 de la population. Exit les non-consommateurs du web. Mais il est quand même assez troublant de voir que les « online news », les « newspapers » et… Wikipédia obtiennent exactement le même score (28%). Malgré tout ce que l’on peut dire ou lire sur Wikipédia (voir l’édifiante affaire de la page Maurice Jarre).

La France n’est presque bizarrement pas le pays étudié où l’information des entreprises est la moins considérée. Les « company websites » obtiennent un score de 21%, soit plus qu’en Allemagne ou en Espagne. Et le score des brochures est le plus élevé (ou plus exactement, le moins bas) de tous les pays européens (17%).

Que retenir de cette étude ? Finalement, là où elle me semble bel et bien confirmer les analyses actuelles, c’est que les système d’influence sont de plus en plus complexes emmêlés et difficiles à décrypter…

PS : rien à voir mais pendant que j’y suis : PUB pour le nouveau blog collectif de mes collègues à qui on souhaite longue vie (ou survie) dans la blogosphère.

8 réponses à “Etude TNS sur les sources de confiance : en gros, c’est bien compliqué cette affaire

  1. Intéressant d’avoir de telles données, mais il est en effet difficile d’en tirer quelque chose. Je suis un peu interloqué, par exemple, par l’ampleur des différences d’un pays à l’autre…

  2. François Guillot

    Et encore je n’ai pas reproduit le tableau des chiffres US et Canada que tu trouveras sur la source originale… Il y a un certain nombre d’études de ce type, françaises ou internationales, quanti ou quali, et c’est en les regardant toutes que je crois qu’on peut se faire une opinion. Emmanuel est spécialiste de ces questions. En gros je pense qu’il faut avoir trois choses en tête :
    – la première source d’influence, c’est les proches
    – les français sont très méfiants
    – les différents messages auxquels on est exposé (TV, radio, presse, web, marques…) sont reçus de façon assez mélangée et Internet brouille les pistes (sans que l’on puisse dire que le web fait tout).

    De plus cette étude porte sur la notion de confiance et il ne faut pas perdre de vue la notion d’audience. De ce point de vue les médias de masse que sont la TV, la radio et une partie de la presse écrite restent assez fortement structurant dans l’opinion.

    Il faudrait aussi faire un disntingo entre l’opinion qu’on se fait sur les sujets de société (les OGM, les élections européennes…) et l’opinion qu’on se fait sur des produits ou services. Le web est peut-être plus influent dans le second cas que dans le premier.

  3. Serge LEFORT

    Une question que je me pose depuis un certain temps : pourquoi les journalistes éprouvent-ils le besoin de créer des blogs alors qu’ils supportent difficilement le débat d’idées qu’ils font pourtant mine de susciter ?

    Ainsi, un certain Alain Joannès a effacé rétroactivement tous les commentaires, postérieurs au 6 mai 2009, de l’article La dynamique de désinformation sur les risques de pandémie. Voici la copie des commentaires réalisée avant l’opération chirurgicale de type stalinienne.

  4. ‘Achement intéressant, en tout cas, l’idée dégagée par le premier chiffre sur la recommandation (même si toutes ces études sont à prendre avec des pincettes). Merci ! Le pourcentage pour « TV news » sur la France est étrange – même s’il peut être plausible car la TV reste l’un des premiers moyens de s’informer. Prime au leader?

  5. François Guillot

    @ Serge Lefort : hum, je ne vois pas bien le rapport avec le sujet du billet… C’est ce qu’on appelle généralement du troll… en plus Alain Joannès est quelqu’un qu’on apprécie beaucoup ici. Je laisse votre commentaire en ligne mais si cela dérape je serai aussi stalinien qu’Alain Joannès.

    @ Aurélien : oui c’est peut-être là que l’audience agit sur la confiance… mais on ne peut pas se permettre trop de projections. Le chiffre de la confiance en la TV est quand même faible (24%), beaucoup plus que celui qui sort de l’étude TNS pour la Croix (plus ou moins 45%)…

  6. Pingback: Revue de web | Responsable de communication responsable

  7. Pingback: Etude du Credoc pour Ebay : 44% des internautes cherchent des avis conso en ligne « internet et opinion(s) – françois guillot et emmanuel bruant – web, médias, communication, influence, etc.

  8. Pingback: Les sites de marques et les sites corporate vont-ils mourir ? « internet et opinion(s) – françois guillot et emmanuel bruant – web, médias, communication, influence, etc.