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Le monde des agences : les tergiversations budgétaires des clients

C’est la vidéo du moment, sûrement soutenue par les nombreux blogs de communiquants, de publicitaires ou de marketeux all around the world

Le principe est simple. Il joue sur le décalage suivant : et si les clients se comportaient dans la vie quotidienne comme ils se comportent en permanence avec les agences de pub

En deux minutes vingt, le novice de la relation client va comprendre ce qui fait toute la difficulté de ce métier : la négociation budgétaire. La rationalisation du secteur de la communication, à son apogée depuis les années 90, fait qu’une grande partie des énergies est dépensée à négocier les devis, les insertions publicitaires, les contrats, les honoraires, les pourcentages, les salaires, les primes… Et oui, la création, la sacro-sainte création n’est qu’une modeste part du travail en agence.

Les publicitaires ont un grand et beau épouvantail : le directeur des achats, le costkiller qui, souvent n’y connait rien mais qui a le pouvoir budgétaire en main. Le tout dans un secteur où il est parfois difficile de s’accorder ensemble sur la valeur de ce qui est réalisée (combien vaut vraiment une idée ?). Comme le titrait le blog PR-Squared, bienvenue dans le monde des agences :

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Rachida Dati et le communiqué de presse le plus court de l’histoire

En bloguant aux côtés de François, je suis devenu sensible à une prose bien particulière méconnue du grand public mais que les journalistes connaissent particulièrement bien – la prose du communiqué de presse. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur le sujet. Mais, aujourd’hui, on se contentera d‘un des derniers communiqués de Rachida Dati. La presse s’en est faite l’écho mais en vrai, en image c’est encore mieux. Cela se passe de commentaires. J’ai juste une pensée pour les attachées de presse, le webmaster, etc. enfin tout ceux par qui est passé ce bout de phrase ridicule.

En tout cas, on peut désormais trouver une nouvelle utilité aux communiqués de presse. Ils peuvent être de bons indices de l’état de délitement d’une institution ou d’une fonction (on pourrait faire un parallèle avec le militaire qui ne marcherait pas en rythme, qui serait mal rasé ou avec un uniforme mal repassé). Commercial, institutionnel ou politique le communiqué de presse doit avoir une certaine tenue. Le communiqué de presse, même s’il délivre une info, fait dans l’apparence et dans l’apparat. Le communiqué de presse est un outil de présentation de soi, de préservation de la face, d’une identité pour faire un clin d’oeil à Erving Goffman. Et aux journalistes de lire plus ou moins entre les lignes.

Ne sommes-nous pas devant le communiqué de presse le plus court de l’histoire, le plus lapidaire ? Y aurait matière à concours pour les journalistes 😉
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À lire également le constat désespéré de maître Eolas et le coup de gueule d’Enikao qui parle d’une sorte d’abus de bien social (bon là c’est un abus de langage 😉

Quand l’OCDE oublie le web… Sommeil, Bouffe et Télé sont-ils alors vraiment les trois piliers de la société française ?

L’OCDE publie ces jours-ci son Panorama de la société 2009 (via press-ses). Une longue compilation d’indicateurs clés dans de nombreux domaines. J’ai porté mon attention sur le chapitre spécial de cette nouvelle édition qui porte sur les temps de loisirs dans les pays membres de l’OCDE.

Avant de commencer, une remarque de forme. Il est particulièrement regrettable qu’une telle institution n’offre pas une meilleure diffusion de ces indicateurs. Aujourd’hui, avec les possibilités techniques offertes par Internet, il est dommage de voir que l’OCDE ne propose pas une navigation facile et « vulgarisée » dans ses indicateurs. Vraiment dommage !

Ceci dit, je retiendrais trois résultats de cette édition :

  • le premier concerne le sommeil des Français. Selon les auteurs du panorama, les Français dorment plus que les autres population de l’OCDE. Notre temps de sommeil moyen par jour est de plus de 520 minutes faisant de nous les champions de l’OCDE. Un résultat intéressant mais en contradiction avec les derniers chiffres publiés sur la question en mars dernier lors de la journée nationale du sommeil. On y apprenait que les Français, entre 25 et 45 ans,  dormaient environ entre 7 heures en semaine et 7h50 le week-end. On est loin des  8 heures et 50 minutes affichées par l’OCDE… Qui dit vrai ? Je ne sais pas, d’autant plus que l’OCDE ne donne pas de détail sur les populations à partir desquelles il travaille…
  • sommeil2nd enseignement : la pratique du repas. Là aussi, et c’est un élément bien connu désormais, les Français passent le plus de temps à boire et à manger. Nous passons 135 minutes par jour en moyenne devant un repas. « Chaque jour, les Français consacrent presque deux fois plus de temps à leurs repas que les Mexicains, les Canadiens et les Américains » OCDE dixit. Les chiffres de l’OCDE me semblent fiables. Ils sont très proches des résultats des enquêtes Emplois du temps de l’INSEE à quelques minutes près.repas
  • Dernier enseignement : la télévision resterait le loisir préféré des populations de l’OCDE… Loin devant, très loin devant « visiter ou recevoir des amis », « se rendre à des manifestations culturelles » ou encore le sport. De quoi décourager les défenseurs du web…
    Oui mais voilà, petit souci : d’abord les chiffres datent de 2006 et dans certains pays les choses évoluent. Donc parler de la société en 2009 avec des chiffres publiés en 2006 (et donc récoltés peut-être même en 2005) faut faire attention… Surtout que, comme vous le verrez dans le graphique la catégorie qui vient juste après voir avant la télévision est « Autres activités de loisirs ». La catégorie fourre-tout est donc en première ou deuxième position. Le genre de situation impensable. Il en va ainsi de la France : la télé est à 35 % tandis que la catégorie autre est à 44%
    N’importe quel étudiant se ferait bouler pour présenter une catégorisation où la catégorie autre est majoritaire ou presque. Cela signifie donc qu’aujourd’hui, l’OCDE n’est pas en mesure de décrire convenablement les loisirs des ses populations (en même temps ce n’est pas sa priorité j’en conviens). Espérons que la prochaine édition prendra en compte Internet…

TeleAvez-vous remarquez le petit détail ? L’OCDE publie le tableau avec le titre suivant : « la télévision est l’activité de loisirs préférée ». Or la colonne de droite regroupe TV et Radio à la maison. Donc en fait, les chiffres que nous fournie l’OCDE ne permettent pas de démontrer que la télé est l’activité de loisirs préférée.

Pour terminer, réponse à la question en titre : La bouffe est toujours un piliers de la société française. Quand au sommeil j’ai des doutes, de même pour la télé (les raisons sont différentes : pour le sommeil, les données OCDE ne recoupent pas d’autres enquêtes nationales; pour la télé, c’est la catégorisation des chercheurs qui pose problème – dommage que l’on ait pas accès aux données brutes)… On attend enfin avec impatience que le web devienne « visible » pour l’OCDE.

Susan Boyle nue ou presque : éléments pour décrypter la vidéo de l’année

Edit : ce billet n’est intéressant qu’à partir des commentaires… Merci à Narvic et André  pour leur patience et leurs développements. Et au fait, Susan Boyle n’est pas nue sur ce blog

Vous avez aimé ou détesté Susan Boyle ? Vous y êtes indifférents ? Bien… Une chose est sûre, la vidéo continue à faire grand bruit. Grand bruit dans la blogosphère avec commentaires et analyses à la clé et surtout grand bruit sur les plates-formes vidéos puisque « Susan Boyle »  est devenue une des vidéos les  plus vues de l’histoire d’Internet voire la plus vue.

Grand bruit dans la blogosphère : une sélection de quelques liens intelligents

Que dire de « Susan Boyle » ? Que nous apprend cette vidéo ? J’ai choisi trois liens qui explorent de manières très différentes ce buzz :

  • Narvic insiste sur l’hybridation entre télé et web. Preuve que la télévision n’a pas dit son dernier mot ? Narvic est trop pressé de tuer les prophètes du web 2.0 (qu’il semble découvrir depuis quelques semaines) et sa démonstration, stimulante, prend un peu vite la partie pour le tout. Un exemple ne fait pas une généralité.
  • André Gunthert décrypte les motifs visuels de cette vidéo qui l’ancrent dans la culture populaire – imagerie détestable à son avis. La critique du chercheur, pertinente, perd hélas de vue les « qualités » de la séquence – tant et si bien qu’elle n’explique pas grand chose de ce succès (si « Susan Boyle » n’était que de la télé pourquoi buzze-t-elle autant ?).
  • Simon Dumenco d’Advertising Age, dans un piètre billet sur les leçons à tirer en matière de marketing, termine néanmoins par une fulgurance : combien de temps  Google pourra-t-il se permettre de laisser se diffuser un tel succès ? Car Susan Boyle, la vidéo, coûte cher en matière de bande passante… Et oui, un jour il faudra bien répondre à ces questions…

Grand bruit sur les plates-formes :

La société Visible Measures a publié sur son blog plusieurs données quanti de visionnages :

  • le 17 avril, la vidéo était déjà un carton historique, comparaison à l’appui :

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  • Plus récemment, le 27 avril, la vidéo continuait son audience folle, avec plus de 170 millions de visionnages :

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Tout est réuni pour faire de ce buzz, un cas d’école…

La poupée Vaudou de Sarkozy : retour sur l’affaire par Jeanne Favret-Saada

Cette fois, la vidéo de la semaine fait dans le lourd, dans le dur.

Une vidéo de 50 minutes d’un séminaire à l’EHESS. Rajoutez-y le fait que le son n’est pas bon (comme d’hab dans les vidéos de la vie des idées) et vous obtenez une des vidéos les plus rebutantes de Dailymotion…

Oui, mais voilà, on y parle d’un sujet qui me tient à coeur – la poupée Vaudou de N. Sarkozy (deux billets ici et la); et l’oratrice, Jeanne Favret-Saada aura marqué plus d’un étudiant en sciences sociales (et d’un sociologue) avec son livre sur la sorcellerie en Mayenne, Les mots la mort, les sorts (pour ceux qui souhaitent en savoir plus je conseille son entretien avec la revue Vacarmes).

Le lien vers la vidéo puisque l’insertion déconne :

http://www.dailymotion.com/video/

La SCNF s’inspire d’un groupe Facebook : Quand Homer Simpson fait les annonces en gare

La veille sur Internet est souvent présentée comme une force occulte. Un fliccage soft qui renverrait au roman d’Orwell, 1984  (c’est d’ailleurs faire un peu injure à Orwell que de sortir le Big Brother alors que l’ouvrage est beaucoup plus riche et plus fin que la simple référence à Big Brother). On se souvient de la polémique autour de la veille du ministère de l’Education Nationale en pleine grêve des enseignants.

Néanmoins la veille a aussi son bon côté – un peu comme le Jedi qui peut choisir entre le côté obscure de la force et son bon côté. Bien utilisée, elle favorise le « dialogue » ou « la conversation » avec un public. Une extension du service consommateur en quelque sort (en France, le fin du fin de cette vision du marketing est tenue par François Laurent sur son blog Marketing is dead). C’est ce qui c’est passé le 1er Avril avec la SNCF.

Plusieurs groupes Facebook demandent qu’Homer Simpson fasse les annonces en gare (Petition pour mettre la voix d’Homer comme annonce dans les gares SCNF est composé de plus de 140 000 membres,ou plus anecdotique pour le remplacement de la voix sncf par celle d’homer simpson représente 120 personnes). Un « signal faible » succès de potaches comme seul Facebook en connaît. Quelques zozos rêvent d’un petit détournement… Et bien la SNCF l’a organisé pour le 1er Avril :

  • Homer interpelle un messieurs qui met les doigts dans son nez :
  • Homer chauffe la foule en délire 😉

Et le tout médiatisé en relations presse puisque, manifestement, le buzz est d’abord passé par les grands médias comme le Figaro. C’est aussi ça prendre en compte les avis et les demandes de ces usagers… Et cela prouve qu’une institution peut avoir le sens de l’humour…

Edit du 03 avril : Merci à Janny de m’avoir remis dans le droit chemin. J’ai écris mon billet trop vite et mal cherché sur FB tant et si bien que j’avais loupé un gros groupe… Erreur réparée dans le corps du billet

L’ère post-media vue par Felix Guattari

La jonction entre la télévision, la télématique et l’informatique est en train de s’opérer sous nos yeux et elle s’accomplira probablement durablement dans la décennie à venir. La digitalisation de l’image télé aboutit bientôt à ce que l’écran de télé soit en même temps celui de l’ordinateur et celui du récepteur télématique. Ainsi, des pratiques aujourd’hui séparées trouveront-elles leur articulation. Et des attitudes, aujourd’hui de passivité, seront peut-être amenées à évoluer. Le câblage et le satellite nous permettront de zapper entre cinquante chaînes, tandis que la télématique nous donnera accès à un nombre indéfini de banques d’images et de données cognitives. Le caractère de suggestion, voire d’hypnotisme, du rapport actuel à la télé ira en s’estompant. On peut espérer, à partir de là, que s’opérera un remaniement du pouvoir mass-médiatique qui écrase la subjectivité contemporaine et une entrée vers une ère postmedia consistant en une réappropriation individuelle collective et un usage interactif des machines d’information, de communication, d’intelligence, d’art et de culture.

Extrait de Félix Guattari, « Vers un ère post-media ». Parution initiale dans Terminal, n°51, octobre-novembre 1990.

Twitter expliqué aux sceptiques

Une  vidéo qui circule pas mal déjà et trouvée via Julien d’Ekklektik :

Journalisme de liens et diffusion de fausses informations

EDIT important pour ceux qui découvrent ce billet : Il semblerait que je me sois trompé et que l’avocat de Mr Novelli a bien obtenu qu’on enlève le podcast de FRance 3 Centre dixit Fabrice Arfi de Mediapart. Il reste que ce point n’est pas clair puisque le podcast était encore téléchargeable après les premiers articles. Donc mon billet est à prendre avec des pincettes (pour la première partie) et sûrement un peu trop fort dans ses expressions. (emmanuel Bruant)

Narvic, a développé à de nombreuses reprises l’idée d’un « journalisme de liens ». Un concept, un idéal-type, qui vient compléter la panoplie du journaliste au quotidien : être journaliste c’est aussi être capable de chercher l’information, la recouper, la partager etc. à partir des liens hypertextes du web.

Cette pratique est-elle pour autant porteuse d’un nouveau paradigme journalistique ? Difficile à dire… car le journalisme de liens doit se battre avec les vieux démons du journalisme tout court : l’emballement médiatique et la vérification des sources.

Narvic l’a d’ailleurs très bien vu  dans  sa synthèse sur le sujet :

Le défi est double pour les journalistes. Démontrer d’abord, alors qu’ils sont tard venus à cet exercice, qu’ils sauront être aussi pertinents à dénicher sur le web le contenu le plus intéressant, pertinent et original, en concurrence avec des blogueurs et des internautes rompus à cette pratique de la veille en ligne et maîtrisant parfaitement les outils qui la facilitent. Démontrer ensuite la valeur ajoutée spécifique que peut apporter le journalisme dans cette veille, à travers la vérification de l’information et la garantie apportée par le respect d’une déontologie.

capture d'écran réalisée à 17h38

capture d'écran réalisée à 17h38

Et bien cela ne rate pas ! C’était le cas dimanche (22/03/09) dans la revue de web de Mediapart. Mediapart a linké deux informations fausses :

  • un article du Nouvel Observateur sur Hervé Novelli. Ce dernier a demandé qu’on ne diffuse pas un reportage le concernant (on y parle de ses amours de jeunesse portés à l’extrême droite). Le Nouvel Obs conclue son papier en expliquant que Novelli a obtenu que le podcast de France 3 centre soit retiré. Ce qui fait titrer Mediapart : « Hervé Novelli obtient le retrait d’un podcast du JT de France 3 Centre ».

Problème : j’ai pu télécharger sans aucun problème, le podcast en question. Donc Mediapart n’a pas fait la simple vérification d’usage à savoir aller chercher le podcast. Pan sur le bec ? Oui, et pan sur le bec aussi à Libération dont Le Nouvel Obs reprenait les propos. Donc Libé publie une fausse info (lisez cet article qui a tout déclenché), reprise sans vérif par Le Nouvel Obs que Mediapart reprend lui-même… Vous suivez toujours. (c’est exactement ce que Bourdieu appelait la circulation circulaire d’une info. On reprend en choeur et en  boucle sans vérifier) Aujourd’hui c’est Marianne qui reprend la même fausse info. Pour que les choses soient claires : le podcast est tout à fait disponible, il suffit de chercher. Je l’ai même téléchargé plusieurs fois tellement j’y croyais pas… La simple vérif de base pas faite c’est à pleurer. Je n’ai aucune amitié pour ce monsieur (faut-il le préciser?) mais Novelli n’a rien obtenu du tout ! Désinformation quand tu nous tiens par les liens…

– un article du blog de Sylvestre Huet titré ainsi : « Darcos plie, la réforme de la formation des enseignants reportée d’un an ». Problème le titre du billet de Sylvestre est trompeur… et plusieurs sites reprennent seulement l’information contenue dans le titre, imprécise. Mediapart également tombe dans le panneau en mettant exactement le même titre, sans plus de précisions. Le lendemain Sylvestre revient sur son titre imprécis et son billet pour rectifier les conclusions trop hâtives de certains de ses lecteurs (titre du billet : Mastérisation, sur quoi Darcos a-t-il reculé?)… Mais Mediapart ne signale pas le changement dans l’information. Rectification quand tu nous tiens par les liens.

On voit que le journalisme de liens ne règle strictement rien. Oui, c’est une nouvelle pratique très importante du nouveau journaliste. Oui, personne ne peut s’en passer. Mais il est impossible de la porter en étendard ou en politique tout simplement parce que le journalisme de liens n’est qu’une pratique comme bien d’autres dans le quotidien d’un journaliste. Et sans le recoupement des informations ou des sources on risque de diffuser des fausses informations comme Mediapart ce week-end…

Ce qui pose d’ailleurs un autre problème avec le journalisme de liens : celui de la rectification. Comment rectifier son erreur quand il s’agit d’un lien et que tout le monde est (en quelque sorte) déjà passé à autre chose ? Les débats entre journalistes ont de beaux jours devant eux…

EDIT (mardi 24 mars) : COMMENT TROUVER LE PODCAST du 19/20 de France 3 Centre ?

http://regions.france3.fr/32290074-fr.php?page=2

Cliquez sur sur Région Centre 19/20… Si vous êtes sur ITunes, l’application va s’ouvrir et vous pourrez sélectionner le 19/20 du 18 Mars avec le reportage de Novelli dedans.

En revanche, si vous cherchez en streaming, deux 19/20 de Frances 3 Centre manquent : celui du 18 (alors, censure ? Peut-être, cela contrebalancerait un peu mon propos) mais aussi celui du 19 (alors, pourquoi le 19 aussi ? Je sais pas, je ne suis pas journaliste)

Pourquoi faire un journal ? Quand Le Monde vend du temps de cerveau disponible

Il y a quelques semaines je parlais du supplément M qui contenait presque 75% de contenu publicitaire. Manifestement je n’ai pas été le seul à être surpris.

La médiatrice du Monde, Véronique Maurus, a consacré sa chronique au supplément devant plusieurs critiques de lecteurs ou d’abonnés. La tonalité et le fond des critiques est dans le même esprit que mon billet : pourquoi tant de pub ?

Réponse de Véronique et, sous sa plume, de Laurent Greilsamer, directeur adjoint du journal  :

Depuis plus de vingt ans, Le Monde publie, sans périodicité régulière, des suppléments spéciaux consacrés à la mode, aux voyages, à l’art de vivre, etc. Leur objectif principal – ce n’est un secret pour personne – est d’accueillir des publicités luxueuses peu présentes dans les pages du quotidien. (je souligne)

Intéressant de voir clairement exprimé (ce n’est un secret pour personne… ah bon ?) la finalité de certaines publications. Avec ces suppléments, Le Monde vend donc avant tout du temps de cerveau disponible.

Un journal est bien évidemment une institution sous contraintes : contrainte du lectorat, contraire des annonceurs et contrainte de l’actualité, etc.. Cela n’a rien de nouveau. Mais généralement (ou plutôt dans l’imagerie professionnelle et les représentations collectives), un journal a des priorités et celles des annonceurs sont les dernières.

Avec M, avec les propos de la médiatrice comme de Greilsamer nous voyons sous nos yeux, explicité par la direction, le retournement de la logique journalistique du Monde :

  • L’enjeu n’est plus de traiter une information pour un public et trouver les financements et ressources qui permettront de le faire selon la ligne éditoriale du journal. (Priorité : Info majeur/pub mineur)
  • L’enjeu est de construire un type de support permettant d’accueillir la publicité la plus rentable et de construire le contenu et le public correspondant à cet univers publicitaire. (Priorité : Info mineur/Pub majeur)

C’est la mission même du journalisme qui me semble mise à mal. Sa mission d’information n’est plus prioritaire. Il apporte du contenu pour valoriser un espace publicitaire. (Attention, je ne critique pas du tout la présence de publicité. Je critique la place qu’elle prend dans le raisonnement de la construction du journal).

La vision de Greilsamer est proprement court-termiste : engranger coûte que coûte des recettes publicitaires ! Quitte à mettre à mal sa relation avec son lectorat.

Oui, la crise est là… Mais non elle ne doit pas se faire au détriment des lecteurs qui sont aussi la richesse d’un journal (et d’autant plus avec Internet qui fonctionne avant tout sur une économie de l’attention et de la captation des publics). La fuite en avant du Monde est particulièrement inquiétante.

Sur les enjeux du journalisme relationnel :

Rue 89 et bientôt deux ans

TF1 vous répond avec Mr Pillas

Le Figaro, le community management et la responsabilité sociale des médias