Archives de Catégorie: Communication corporate

Traiter de la violence conjugale sur Internet : un exemple de communication responsable

Vous avez sûrement entendu parler de la campagne de sensibilisation au problème des violences conjugales. Un site existe également, stop-violences-femmes.gouv.fr, et il remarquablement bien fait.

Un de nos fidèles lecteurs, passionné de communication institutionnelle, a un oeil de lynx. Il a remarqué qu’en haut à droite, le site disposait de deux boutons :

  • Effacer les traces de votre passage explique la démarche nécessaire pour effacer l’historique et la saisi-automatique des requêtes dans un moteur.
  • Quitter rapidement ce site pointe vers MétéoFrance, ce qui permet de « zapper » si quelqu’un passe dans votre dos par exemple

Ne retenir que cela du site c’est évidemment le voir par le petit bout de la lorgnette. Mais c’est aussi insister sur l’intelligence des situations dont les concepteurs du site ont fait preuve  : on est pas toujours seul devant son écran et il est important de préserver son intimité ou le secret de la consultation d’un tel site.

Seul regret, les deux boutons sont quand même difficilement visibles.

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Vidéo de la semaine : Greenpeace parodie Dove

Quand on dit que l’entreprise est sous surveillance constante… Vous vous souvenez de cette campagne de Dove intitulée Onslaught (Matraquage) : « parlez à votre fille avant que l’industrie de la beauté ne le fasse » :

Voici la parodie signée Greenpeace, sur le thème de la déforestation : « Parlez à Dove avant qu’il ne soit trop tard ».

Cette parodie (7ème vidéo la plus postée sur des blogs depuis une semaine) n’est pas la première conséquence non recherchée pour Unilever.

Elle intervient après un débat, certes assez light, sur la schizophrénie d’Unilever, portant simultanément le  « parlez à votre fille … » de Dove et le « Plus t’en mets plus t’en as » d’Axe, discours jugés contradictoires.

Ce premier débat était en quelque sorte la réponse du berger à la bergère : la critique porte sur le sujet porté publiquement par Dove.

On voit maintenant qu’en optant pour une posture agressive sur le sujet de la publicité, Dove se voit interpellé sur ses autres domaines de responsabilité (en l’occurrence l’environnement)…

Cette fois, c’est plutôt un effet arroseur arrosé : la critique porte sur un autre sujet que celui porté publiquement par Dove.

Difficile sur Internet d’occuper le terrain de la communication responsable ou du débat sans accepter de recevoir la réponse du berger à la bergère et / ou d’être l’arroseur arrosé. Ce n’est pas forcément contre-productif pour la marque. C’est une question de retour sur investissement et d’acceptation de la critique. Cela s’anticipe et amène les entreprises à s’interroger à la fois sur les réponses attendues du berger (quelles sont les faiblesses de mon argumentation ?) et sur les pressions possibles des arroseurs (que peut-on me reprocher qui n’a rien à voir avec le sujet sur lequel je me place ?)

Comment évaluer le bénéfice et les risques de cette stratégie pour Dove et Unilever ? A vue de nez, la campagne originale a été vue 1,6 millions de fois sur YouTube et la parodie, pour l’instant, 220 000 fois. Soit un rapport de 8 à 1. Mais quelle est la trace laissée en termes d’image et de réputation ? Il est d’autant plus difficile de répondre que ces vidéos — l’originale de Dove et la parodie de Greenpeace — ne sont, dans un cas comme dans l’autre, que la partie la plus visible d’un dispositif plus construit :

– le fonds de l’estime de soi pour Dove

– la campagne valorisée à la une du site Internet de Greenpeace et suivi d’un appel à signer une lettre ouverte à Patrick Cescau, PDG d’Unilever.

Enfin, on se souviendra que ce n’est pas la première fois que Greenpeace détourne les codes d’une marque.  Le précédent, était moins agressif mais s’est avéré d’une efficacité redoutable puisqu’à sa suite Steve Jobs avait annoncé un « Apple plus vert » : il s’agissait de la campagne GreenMyApple.

A propos de l’étude TNS Sofres : « De nouvelles frontières pour la communication corporate »

Via Palpitt je trouve la nouvelle étude de TNS pour le TopCom 2008 (qui fait suite à celle-ci). Les deux points les plus intéressants à mon sens : Ce slide qui « hiérarchise » les secteurs les plus exposés aux avis conso et se passe de commentaires :

tns secteurs

Et ce slide où l’on voit assez clairement reconnue la notion de « droit de réponse » pour une entreprise : 74% des internautes jugent souhaitable ou indispensable qu’une marque réponde aux critiques sur les forums. Ce qui ne veut pas dire que ça se passe nécessairement bien pour la marque qui joue à ce jeu, mais doit être perçu comme un signe d’encouragement à participer au débat. A bon entendeur… tns droit reponse

Le slideshare complet :