Archives de Catégorie: Entreprise

Vidéo de la semaine : The Office

C’est le week-end, alors on partage avec vous cet extrait de The Office qu’on aime beaucoup chez Internet & Opinion(s) :

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Lectures conseillées : journalisme et Internet, UGC, Wikipédia, prédictions 2008, etc.

Nos lectures de la semaine :

– L’entretien de Bruno Patino avec la revue des deux mondes qui est actuellement en ligne ici (sous l’éditorial). On retiendra les extraits suivants :

« C’est cette même inquiétude au regard de la qualité du journalisme qui a conduit Jürgen Habermas à faire surgir le débat d’un service public de l’information en Allemagne. C’est un thème qui va aussi arriver en France. »

« s’ils voient un message posté par toto27 qui leur recommande tel shampooing, ils n’éprouvent aucune suspicion et ne se disent pas qu’il pourrait avoir été rédigé par trois salariés de l’entreprise de cosmétiques. En matière de consommation d’information, c’est tout à fait différent. L’identité de l’émetteur du message est primordiale dans la façon dont ce message est reçu, de façon positive ou négative, d’ailleurs. »

« la presse, c’est aussi se définir comme membre d’une communauté sociale et/ou géographique. Le Web bouleverse tous ces repères. Il permet aux gens d’entrer en relation non pas en raison de leur appartenance à une classe sociale, ni de leur lieu d’habitation, mais en fonction de leurs centres d’intérêts. C’est cela qui explique le succès d’un site comme FaceBook. »

Et en vrac :

– Il y a quelques mois Emmanuel Parody s’inquiétait de la webophilie des futurs journalistes. Un article de Journalismes.net fait le point sur l’intégration – ou non- du multimédia dans les écoles de journalisme.

– Un passionnant entretien avec Olivier Ertzcheid dans Ecrans, à propos de Wikipédia.

– La quantité de contenus générés par les utilisateurs (UGC) aurait augmenté de 70% en 2008 et augmenterait encore de 50% en 2008, selon une étude de Research and Markets.

– Un marché à inventer ? Celui des coachs digitaux au service des PME. Je souscris à 100%.

– Enfin un peu de prospective Internet avec les prévisions 2008 du Journal du net et une synthèse de prévisions 2008 lues un peu partout, effectuée par Ecrans.

Quand un terme en cache un autre : la variation obsidionale de Laurence Parisot

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C’était dans Le Monde, on le retrouve dans la salle de presse du Medef. Laurence Parisot est marquée par la mort d’un de ses proches collaborateurs et par les affaires qui assaillent l’organisation patronale. Ce qui ne l’empêche pas de lancer avec force son analyse de la crise actuelle :

Il faut abandonner le concept d’une entreprise obsidionale. Obsidionale, ça veut dire assiégée. Il faut abandonner cette idée d’une entreprise obsidionale, assiégée, et passer complètement, embrasser totalement l’idée d’une entreprise ouverte. Cela a toujours été mon projet, ça l’est plus que jamais.

siege-de-la-ville-de-bude-big.jpgObsidionale ? Hé, l’ami… du latin obsidio qui signifie siège. C’est même Laurence qui le dit. On parle, manifestement, de la fièvre obsidionale, cette psychose collective qui peut frapper les populations assiégées. Cela caractérise bien les réactions des états-majors de nombreuses entreprises en pleine tempête médiatique ou face à la déferlante du net.

Laurence Parisot s’offrirait-elle les services d’un médiéviste à temps partiel ? Plus sérieusement, on peut saluer l’usage d’un si joli mot, d’une façon aussi simple et naturelle. D’autant que ce passage n’est pas n’importe lequel. Il est au coeur du discours de la présidente qui réaffirme avec force son projet pour le MEDEF. Obsidionale est à mettre en relation avec le reste du passage (« passer complètement, embrasser totalement l’idée d’une entreprise ouverte »). Entreprise ouverte ? Tiens… A première vue, les deux termes peuvent sembler antinomiques – en tout cas, laisser un brin songeur.

popper_karl.jpgCe serait oublier à quoi cette expression fait référence, la « société ouverte »de Karl Popper. Karl Popper (et pas de mauvais jeux de mots, merci), auteur notamment de La société ouverte et ses ennemis, est une des principales références des libéraux du monde entier et donc… français. Tiens, pour toi lecteur, les deux premiers résultats de ma recherche quand je demande « société ouverte » à Google : number one, numéro deux

4126ep027xl_aa240_.jpg41c0q3v7tfl_ss500_.jpgQuoi qu’on en pense sur le fond, ce passage reste un bel indice de l’influence d’un livre sur la politique symbolique d’une organisation patronale. Livre qui date de la sortie de la Seconde Guerre mondiale, 1945. Heureusement qu’il existe encore des mots compliqués, un peu perdus dans le dictionnaire et des gens qui les reprennent pour réveiller notre attention.