Archives de Catégorie: Ergonomie

Traiter de la violence conjugale sur Internet : un exemple de communication responsable

Vous avez sûrement entendu parler de la campagne de sensibilisation au problème des violences conjugales. Un site existe également, stop-violences-femmes.gouv.fr, et il remarquablement bien fait.

Un de nos fidèles lecteurs, passionné de communication institutionnelle, a un oeil de lynx. Il a remarqué qu’en haut à droite, le site disposait de deux boutons :

  • Effacer les traces de votre passage explique la démarche nécessaire pour effacer l’historique et la saisi-automatique des requêtes dans un moteur.
  • Quitter rapidement ce site pointe vers MétéoFrance, ce qui permet de « zapper » si quelqu’un passe dans votre dos par exemple

Ne retenir que cela du site c’est évidemment le voir par le petit bout de la lorgnette. Mais c’est aussi insister sur l’intelligence des situations dont les concepteurs du site ont fait preuve  : on est pas toujours seul devant son écran et il est important de préserver son intimité ou le secret de la consultation d’un tel site.

Seul regret, les deux boutons sont quand même difficilement visibles.

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Nouvelle maquette : lemonde.fr se veut à la page

La nouvelle maquette du monde.fr est-elle le signe de l’effet d’apprentissage grandissant des médias traditionnels ? Assurément.

Et pour comprendre les sources d’inspiration, rien de mieux qu’une petite visite vers design et typo déjà linké par Mikiane qui nous propose de son côté une analyse plus éditoriale.

Mais outre l’organisation de la page d’accueil et de sa lecture , remarquons quand même l’apparition d’une nouvelle rubrique, la rubrique témoignages. Ce petit détail me semble tout sauf anodin et qui montre l’évolution à petit (grand ?) pas des « médias traditionnels ».

Car désormais le ventre de la page d’accueil est constitué du « tryptique d’opinion » suivant :

  1. republication des pages opinion du journal papier
  2. redirection vers les blogs issus de la plate-forme du monde.fr
  3. publication de témoignages d’internautes du monde.fr

Les deux premiers points sont bien connus de nous tous. Notons quand même que les pages opinions et les blogs sont désormais côte à côte, signe des temps… Et à côté de témoignages d’internautes donc sur des sujets posés par la rédaction, du style :

A noter également que ces témoignages sont redistribués ensuite en fonction du sujet dans les rubriques classiques correspondantes : ainsi préparer ses vacances sur internet se retrouve dans la rubrique voyages, habiter près d’un site nucléaire est publié sous « environnement, sciences » et les cadres/RTT dans la rubrique politique. lemonde.fr parle aussi « d’article interactif ».

La page d’accueil appelle ainsi les internautes à témoigner et plus seulement à voter, signe des temps là aussi, comme en ce moment avec la question : « vous faites partie des supporters d’Obama ? Pourquoi ? » :

Vous suivez la campagne présidentielle américaine depuis la France, les Etats-Unis, ou ailleurs, et vous faites partie des supporters de Barack Obama. Pourquoi et comment avez-vous succombé à « l’obamania » ? Qu’est-ce qui vous attire chez le candidat démocrate ? Qu’est-ce qui vous convainc dans son programme ?

Dernier indice que j’ai relevé dans cette nouvelle mise en page (et contrairement à ce que laisse penser Mikiane dans son papier 😉 : lemonde.fr propose désormais des liens en dehors de son réseau avec une Revue de web qui reprend des blogs, des articles du monde (bon on ne se refait pas manifestement) et des articles de la presse étrangère. Pour l’instant je n’ai pas encore vu de liens vers des médias français plus ou moins directement concurrents.

D’autres détails m’ont sûrement échappé, mais en tout cas l’intégration de la parole des internautes (du lecteur au blogueur maison ou non) est désormais plus qu’avancée et valorisée comme un contenu à part entière. L’écart avec les sites médias pure player comme Mediapart et rue 89 est en train de se réduire.

Le triangle d’or de Google (notre vieillerie de la semaine)

cropped.jpgLa vieillerie de la semaine revient !

Nous sommes en mars 2005. Quelques sites et blogs (entres autres, prweaver et prweb) relayent une étude eye-tracking américaine (commanditée par Did-it, Enquiro et réalisée par Eyetools). Ce qui donne l’image à votre gauche, la heatmap (pour bien la lire : cliquez ici pour l’agrandir, pour bien la comprendre : rendez-vous plus-bas dans ce post). Cela a-t-il évolué depuis ou est-ce toujours autant d’actualité ?

Comme le font remarquer les auteurs de l’étude, il s’agit plus d’un « F » que d’un triangle car l’oeil effectue son trajet à la fois de manière verticale mais aussi de manière horizontale. Pour compléter cette image, on disposait aussi des taux de regards. Les résultats pour les liens référencés « naturellement » sont les suivants :

Organic Ranking Visibility
(shown in a percentage of participants looking at a listing in this location)

Rank 1 – 100%
Rank 2 – 100%
Rank 3 – 100%
Rank 4 – 85%
Rank 5 – 60%
Rank 6 – 50%
Rank 7 – 50%
Rank 8 – 30%
Rank 9 – 30%
Rank 10 – 20%

En ce qui concerne la publicité, les résultats sont sans appel. Seul le lien du haut qui ouvre la liste des résultats est visible quasiment à 100%. Pour les liens à droites, les taux chutent très vite :

Side sponsored ad visibility
(shown is percentage of participants looking at an ad in this location)

1 – 50%
2 – 40%
3 – 30%
4 – 20%
5 – 10%
6 – 10%
7 – 10%
8 – 10%

tobii_tracker_1.jpgeyetools-explain_387x180.gifCette étude avait été réalisé de la manière suivante : un panel de 50 individus est recruté. On demande à chacun des internautes sélectionnés de suivre 5 scénarios différents de recherche sachant que le moteur adopté était obligatoirement Google. Leur lecture des pages de résultats est alors enregistrée par une machine ad hoc, un tracker (en gros cela ressemble à un ordinateur équipé d’une webcam).

Pour terminer, petit rappel didactique sur la lecture de ce genre de tracker (cliquez pour agrandir et pouvoir lire correctement) :legend_individual.jpgheatmap_explained.png


Lectures conseillées : journalisme et web / marketing 2.0 / ergonomie / conversation / savoir se faire écouter

On ne peut pas parler de tout alors on fait court et on classe par thèmes :

Journalisme et web

Des étudiants en journalisme pas très web-aware… C’est l’épisode raconté par Emmanuel d’Ecosphère. Quand on le lit c’est assez angoissant, d’abord parce que ce sont des journalistes en puissance et ensuite parce que ce sont des jeunes, mais il faut je crois aussi le lire en arrêtant de se regarder le nombril : il y a une fracture numérique, tout le monde n’est pas technophile ou webophile, les flux RSS restent un mystère pour beaucoup. Il faudrait juste qu’ils ne le restent pas trop longtemps pour les étudiants du CFJ…

… Et leur montrer très vite la nouvelle vidéo de Michael Wesch, auteur de l’inoubliable The Machine is us/ing us. Ca s’appelle Information R/Evolution (MW aime les slash) et c’est centré sur les usages de l’information sur le web.

Rien à voir : The Economist s’appuie sur des blogueurs « influents » en leur livrant des contenus en avant-première : un vrai exemple d’interaction on-off.

Interaction on-off également (mais différemment) : le point de vue de Narvic de Novövision sur la nouvelle formule de Libé (d’autant plus intéressant qu’on n’a pas lu grand-chose d’autre que des commentaires sur la maquette elle-même).

Le New York Times a fait +10% d’audience depuis la mise en gratuité de la totalité de ses contenus il y a un mois : un indice qui lui donne raison d’avoir fait le choix du modèle économique publicitaire ? Edit 25/10 : c’est +10% en septembre par rapport à août… pas de quoi s’affoler donc à ce stade.

Marketing 2.0

La présentation « 10 truths of marketing in a web 2.0 world » de 360° Digital Influence, à télécharger ici. Vous verrez si ces vérités vous dérangent, personnellement il y en a deux qui résonnent très fortement par rapport à ce que j’observe : « Authenticity, not transparency » (chez nous on parle de « sincérité », mais l’important c’est de mettre à bas le mythe de la transparence sur le web alimenté notamment par la blogeoisie) et « They know you are marketing » (autrement dit la capacité de décryptage des publics)

La stratégie d’investissement de Nike vue par le New York Times avec un chiffre-clé : -55% d’investissement télé en 10 ans et une citation d’anthologie :

“We’re not in the business of keeping the media companies alive, we’re in the business of connecting with consumers.” (Trevor Edwards, Vice-Président Global Brand & Category Management)

(Via Branislav Peric)

Ergonomie

« 30 concepts-clé de l’utilisabilité », dit comme ça ça ne vous donne peut-être pas envie de cliquer mais c’est un excellent exercice pour se mettre à la place de son public. Règle des 2 secondes, règle des 3 clics, Banner blindness… A lire chez Sébastien Billard.

Conversation

On l’avait déjà dit ici, le web 2.0 est moins conversation que somme de commentaires. Pendant que Rue89 expérimente de nouvelles règles de modération, TechCrunch présente Intense Debate, service de suivi et d’amélioration du flux de commentaires. Il n’y aura pas de solution miracle mais il est utile d’expérimenter.

Savoir se faire écouter

Une candidature incontournable chez Wieden + Kennedy.

Un mail aux blogueurs qui… sort de l’ordinaire et réussit son coup. Perso, j’adore : c’est tout à fait emblématique du changement culturel lié au web 2 (car le plus grand changement est peut-être bien culturel). Cela crée moins de messages autour de la marque qu’autour de sa com, mais il y a au moins ce petit effet d’image et apparemment ça marche. Et hop un lien vers Mandellia, l’auteur de cette approche.