Archives de Catégorie: Google

Don’t be evil : Google et le suicide

Je me souviens de ce papier de Libé qui date d’il y a un peu plus d’un an, « La corde sur la toile« . Des chercheurs britanniques s’étaient posé la question de savoir si en effectuant des requêtes sur le suicide sur le web, on allait plutôt se faire aider ou se faire dissuader.

Leur réponse : le web avait plutôt tendance à aider, notamment parce que les sites de prévention n’arrivaient pas dans les premiers résultats. Embêtant pour Google en particulier et son « Don’t be evil »…

Sans refaire toute l’étude et les associations de mots-clé, je vois deux choses qui m’interpellent aujourd’hui :

– Sur la simple requête « suicide » sur Google.fr, je ne vois aucun « how-to » sur les 15 premières pages de résultat. On y trouve des définitions, des études, des résultats d’actualité, des sites de prévention (notamment le premier résultat), etc. Mais aucun mode d’emploi. Comme quoi sur certaines requêtes très sensibles les résultats peuvent être organisés autrement que par l’algorithme…

Mais faut-il en conclure que Google décourage complètement l’internaute qui envisage de se suicider ? Pas du tout, si l’on en croit la recherche assistée…

Google suicideEt quand on effectue ces requêtes « suggérées » et un peu plus précises que le simple mot « suicide », là on trouve du mode d’emploi…

Pas facile d’être 100% « don’t be evil » !

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Google Earth au Prado de Madrid : c’est ça la sérendipité ?

Qui l’eut cru ? Améliorer la finesse de notre regard sur un tableau grâce au système de Google Earth… Le mariage de la carpe et du lapin ? Et non, les miracles de la sérendipité (un terme cher à François) figurez-vous !

« L’initiative du projet est à mettre au crédit d’une salariée de la filiale espagnole de Google, Clara Rivera, qui, après une visite du Prado, ressentait la frustration de n’avoir pas pu savourer les oeuvres autant qu’elle l’aurait souhaité » (Le Monde du 17/01/09)

Avec le système Google Earth, Google propose donc de naviguer dans les toiles sélectionnées par le Prado. Ci-dessous, la vidéo d’explication promotionnelle du projet :

Voici ce que nous en dit Le Monde:

Quelle bénéfice pour le public ? « En appliquant ce principe à une oeuvre d’art, celle-ci devient accessible depuis n’importe quel coin du monde, et les secrets du peintre décelables jusque dans la plus infime des craquelures. « Le numérique ne peut se substituer à l’oeuvre originale, mais grâce à un niveau de résolution prodigieux, nous arrivons à des détails que jamais nous ne pourrions voir à l’oeil nu », s’est enthousiasmé le directeur du Musée du Prado, Miguel Zugaza ».

Le titre de l’article, « Le chef d’oeuvre au détail près » est une référence aux travaux de Daniel Arasse sur le détail (dont le fameux Le Détail. Pour une histoire rapprochée de la peinture, un déjà-classique disponible en poche). Google Earth démocratise ainsi une certaine lecture de l’oeuvre d’art – lecture habituellement réservée au spécialiste qui a le temps (et la patience et le savoir – ce dernier continuera à faire la différence quand même) de regarder en détail la toile. Quand on sait le temps moyen devant lequel le public reste devant un tableau, cette initiative est salutaire. Rencontrera-t-elle le succès une fois passé l’effet d’annonce ? C’est en tout cas, littéralement, une nouvelle manière de rentrer dans une oeuvre, comme on dit parfois…

Et parce qu’on croit encore à l’autorité du chercheur, on se demande bien ce qu’en pense André Gunthert… 😉

L’âge de la réputation selon Gloria Origgi

« Sagesse en réseaux : la passion d’évaluer » est un article très intéressant de Gloria Origgi. Il vient d’être publié par La vie des idées et reprend le débat sur la problématique de la sagesse des foules. Je retiendrai trois points de son exposé :

1) le web révolutionne notre mémoire

2) une typologie des formes de coordination/formation de l’intelligence sur le web

3) Et si le web était plus un enjeu de réputation que d’information ?

***

Le web révolutionne notre mémoire

Comme je crois que ce blog n’a jamais abordé cette question autant en profiter :

1) Gloria Origgi nous rappelle qu’après l’écriture et l’imprimerie le web modifie profondément le rapport à notre mémoire : il est un support de mémoire extérieure qui démultiplie les possibilités que nous offraient jusqu’ici l’écriture et l’imprimerie.

2) Mais le plus important, selon l’auteur, concerne  notre méta-mémoire, c’est-à-dire les processus par lesquels on accède à la mémoire (notre éducation consiste à assimiler notamment des systèmes de méta-mémoire que sont les hiérarchisations, classifications etc.) :

Avec l’apparition des technologies qui automatisent les fonctions d’accès à la mémoire, comme les moteurs de recherche et les systèmes de traitement de la connaissance, la méta-mémoire devient également une partie de la mémoire extérieure : une fonction cognitive, centrale à l’organisation culturelle des sociétés humaines, est devenue automatisée.

Une typologie des formes de coordination/formation de l’intelligence sur le web

Comment cette méta-mémoire est-elle conçue aujourd’hui ? Voici succinctement la typologie proposée par Gloria Origgi, typologie qui repose sur une gradation de l’engagement de l’internaute dans la classification des informations :

– les systèmes automatisés, ce sont les filtrages à partir d’algorithmes qui traitent des données plus ou moins localisées (du système d’algorithme d’Amazon au Page Rank de Google) avec lesquels l’internaute interagit plus (comme dans le cas d’Amazon) ou moins (comme dans le cas de Google);

– les systèmes de réputation à l’exemple d’ebay où la sagesse apparait en raison de l’angoisse d’avoir justement une mauvaise réputation ce qui nuirait aux transactions à venir.

– les systèmes de collaboration du type wikipedia où la sagesse se fait par la coopération entre les membres (mais également par leur réputation comme le rappelle ce billet que l’on avait consacré à la question)

– les systèmes de recommandation où la sagesse est organisée à partir des « connaisseurs » où l’on révèle ses préférences aux autres internautes en leurs conseillant tel ou tel ouvrage, telle ou telle musique, etc.

Et si le web était plus un enjeu de réputation que d’information ?

Que déduire de cette typologie de l’organisation de la méta-mémoire selon Gloria Orrigi ?

Mon idée, c’est que le succès du web (…) vient de sa capacité à fournir non pas tant un système potentiellement infini de stockage de l’information, qu’un réseau gigantesque de systèmes de hiérarchisation et d’évaluation dans lesquels l’information prend de la valeur pour autant qu’elle a déjà été filtrée par d’autres êtres humains. Ma modeste prévision épistémologique est que l’âge de l’information est en train d’être remplacé par un âge de la réputation dans lequel la réputation de quelque chose – c’est à dire la manière dont les autres l’évaluent et la classent – est la seule manière dont nous pouvons tirer une information à son sujet. (…)

Plus le contenu de l’information est incertain, plus le poids des opinions des autres pour établir la qualité de ce contenu est important. (…)

Le Web n’est pas seulement un puissant réservoir de toutes sortes d’information labellisée ou non labellisée, mais il est un puissant outil réputationnel qui hiérarchise, introduit des systèmes de classement, de poids et de biais dans le paysage de la connaissance.

Ce que j’aime bien dans cette proposition (modeste mais géniale dirait l’autre) est qu’elle nous évite le chausse-trappe de l’âge de la conversation qui fait tourner à vide bon nombre de débats et engage les institutions diverses et variées (de l’homme politique à la marque) dans des solutions parfois très trompeuses… Mais j’imagine que mon avis sera loin d’être partagé…

PS : Un reproche à l’article ? À chaque fois, les applications sont présentées sous leur angle vertueux (ce qui biaise forcément la démonstration quand même) à l’exemple de Wikipedia pour lequel Gloira Origgi nous ressort le coup de l’article de Nature… Pour quelqu’un qui travaille sur l’épistémologie sociale c’est amusant.

Le droit à l’oubli selon Alex Türk ou l’extension du domaine de la lutte ?

Passionnante entrevue de Télérama avec Alex Türk, le président de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (plus connue sous son acronyme CNIL). Comme je n’ai pas été formé à la fiche de synthèse, pas de résumé ici, juste une citation qui fait écho à d’autres analyses du blog (cf. L’arythmie).

Charles Baudelaire revendiquait deux droits fondamentaux : le droit de s’en aller et le droit de se contredire. Le droit de s’en aller, aujourd’hui, est malmené par la vidéosurveillance, la géolocalisation… et tous les traçages dans l’espace. Le droit de se contredire est bafoué par les informations et les images qui restent sur la Toile et qu’on ne peut pas faire disparaître : je dois quand même avoir le droit de dire blanc à 20 ans et de penser noir à 30 ! Il faudrait que les réseaux laissent la maîtrise de l’information aux utilisateurs. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Première remarque : lire Alex Türk, comme d’autres, c’est comprendre et anticiper les enjeux d’opinion auxquels devront faire face, un jour où les autres, les moteurs et autres plateformes sociales. Le refrain « tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil » de la Génération Y avec lequel les uns et les autres nous serinent n’aura qu’un temps.

Deuxième remarque : à la première lecture, les propos d’Alex revigorent. Mais si on relit attentivement, il y a quelque chose qui cloche.

Ce n’est pas aussi simple. Est-ce une question de droit ? Google, Facebook, MySpace et consorts n’interdisent pas de dire tout et son contraire; ils rendent juste visibles, ils médiatisent (même à petite échelle) que l’on a dit tout et son contraire. Le risque n’est pas tant juridique que moral et social : du style apprendre qu’un de vos récents amis était un raciste notoire dans son adolescence. L’éclairage d’un Maître Eloas (déjà esquissé par là notamment) sur les propos d’Alex serait d’une grande utilité.

Il me semble (attention, j’enfonce une porte grande ouverte 😉 ) que l’ambivalence vient du fait que ce qui était jusqu’ici réservé aux personnalités publiques (qui donc avaient choisi de s’exposer) s’applique à nous tous désormais. S’exposer publiquement relevait d’une lourde industrie (discuter avec un journaliste, prendre un micro, etc.) comparée au simple mot de passe qui valide mon inscription sur Facebook (et non, je ne citerai pas l’artiste surestimé de la Factory).

En fait il n’y a pas de droit à se contredire, mais plutôt une tolérance sociale envers la contradiction plus ou moins forte et contraignante. Et dans nos sociétés, la tolérance à la contradiction est très faible ou disons qu’au mieux on ferme les yeux. Les participants de Mai 68 trainent parfois comme un boulet leur appartenance radicale : regardez Daniel Cohn-Bendit et son livre justement intitulé Forget 68 !

Et Internet dans tout cela ? Et bien, le net ne risque pas d’arranger cette intolérance à la contradiction, au contraire, il peut l’entretenir à moindre frais. Car jusqu’ici il fallait être bien informé pour retrouver ou avoir retenu telle déclaration tenue 10 ans auparavant et contradictoire avec la position actuelle. C’est par exemple un travail dans lequel excellent des journalistes comme Serge Halimi. Désormais, ce travail d’orfèvre est bien plus facile, voire accessible à tout un chacun.

Un dernier point pour finir : et si Google facilitait  l’oubli ? Trop d’information tue l’information, non ? Chercher dans les milliers de résultats qu’il nous propose équivaut à chercher dans une botte de foin. On ne trouvera sûrement la phrase qui fait mouche que si on a déjà une idée derrière la tête… Pas si simple donc !

Jouer à cache-cache, une nouvelle discipline olympique ?

Peut-être avez-vous entendu parler de la polémique concernant l’âge des gymnastes chinoises, en particulier Kexin He. Alors que l’âge plancher pour la compétition est de 16 ans, la gymnaste chinoise aurait en fait 14 ans.

Mais comment s’assurer de la bonne date de naissance de la jeune athlète sans passer par la case « officiels chinois » ? Google, pardi… Et c’est là que l’affaire se corse (gentiment). Car les listes officielles de gymnastes (publiées bien avant les JO) ont été retirées des sites. Les articles lisibles en ligne avant que la polémique n’éclate disparaissent mystérieusement (tout cela est raconté dans la notice Wikipedia).

C’était sans compter sur la fonction cache de Google. Le journaliste du New York Times y fait précisèment référence dans son enquête online, en date du 27 juillet dernier. Et il n’y a plus pour lui qu’à croiser les différentes listes qu’il trouve en cache et qui donnent trace de l’âge de la gymnaste.

Plus récemment, un blogueur a refait un travail identique. L’affaire est devenue un peu plus ardue. Les caches sont toujours consultables mais pas de manière complète. Persévérant, il trouve finalement des caches suffisamment complets sur un autre moteur de recherche que Google, Baidu (de conception chinoise manifestement). Et rebelotte, la chinoise n’a pas 16 mais 14 ans.

Morale de l’anecdote olympique ? Avec la toile, jouer à cache-cache prend un sens nouveau : c’est à celui qui cachera ou retrouvera les traces de documents dont la valeur informationnelle est réévaluée en fonction de l’actualité – tout cela en raison de la mémoire des moteurs. (d’autre part, cela délimite bien aussi le potentiel d’investigation des blogueurs, sans parler des journalistes).

Rien de nouveau sous le soleil, mais cet exemple est, je trouve, un bon cas d’école.

Volume de search et attractivité des marques media

C’est tout récent, c’est gratuit et c’est fort utile : Google communique les fréquences d’interrogation des mots-clé. Grâce à la fonction Google AdWords, vous pourrez par exemple savoir qu’au mois de juin, le mot « relations publiques » a été demandé 12 100 fois et que le mot « opinion » a été demandé 74 000 fois. Ou vous « Googleadwordiser » pour savoir si l’on s’intéresse à vous 😉

Et comme vous savez bien que chez Internet et Opinion(s), nous ne ratons pas une occasion de nous livrer à une petite expérience statistique, voici ce que nous indique Google quand on lui demande combien de fois les noms de certains médias sont demandés (moyennes mensuelles) :

(cliquez pour agrandir)

Deux données méthodolgiques à prendre en compte :

– les chiffres sont l’agrégation des termes pouvant conduire à la recherche du média : par exemple : « Nouvel Observateur », « Nouvel Obs », « Nouvelobs », « Nouvelobs.com », etc.

– sans faire un travail exhaustif j’ai retenu les termes associés à la marque quand Google indiquait au moins 10 000 recherches mensuelles moyennes.

Intérêt de l’exercice ? Je ne sais pas, à vous de me dire 😉

Plus sérieusement, je ne pense pas qu’il faille y voir une indication des volumes de trafic réalisés, mais plutôt un indicateur d’attractivité de la marque média.

Pourquoi pas un indicateur des volumes de trafic ? Le search, même s’il peut représenter une part énorme du trafic d’un média en ligne (jusqu’à 80%), repose sur le positionnement des sites en fonction d’une très grande variété de mots-clé. L’usage qui consiste à taper le nom du média dans Google pour se rendre sur la home page existe mais n’est qu’un usage parmi bien d’autres. On pourrait imaginer qu’un site récupère beaucoup de trafic via le search, sans pour autant que les internautes interrogent Google sur le nom de ce site.

Par exemple, si l’on interroge Google Adwords sur la popularité des termes associés à « Chauffeur de Buzz » (‘chauffeur de buzz’, ‘chauffeurdebuzz’, ‘chauffeurdebuzz com’, etc.), on va trouver une « fréquence d’interrogation mensuelle sur le nom du site » d’un peu moins de 30 000. A des années lumière des millions de pages vues réalisées par le site.

En revanche, quand on tape le nom du média, c’est que l’on désire accéder à sa home page, donc que l’on ressent une affinité avec sa marque. D’où l’idée d’indicateur d’attractivité de la marque média.

A partir de là, je ne suis pas sûr qu’il faille voir de franches surprises dans les résultats : les quotidiens devant, avec le Nouvel Obs qui parvient à se hisser à leur niveau de popularité. Rue89 largement devant les autres pure players, Mediapart plus confidentiel comme attendu. Je suis un peu surpris de voir Le Point devant l’Express. L’étonnement viendrait plutôt des ordres de grandeur que l’on constate, avec des écarts très importants et notamment la popularité / attractivité du Monde.

Evidemment il ne faut pas prendre tout cela pour argent comptant :

– d’abord, les données indiquées par Google paraissent très approximatives. On voit sans cesse revenir les mêmes chiffres sur des mots-clé différents : 12 100, 40 500, 165 000… On est clairement sur des ordres de grandeur.

– ensuite, l’association de mots-clé peut ne pas signifier que l’on cherche le média en question : c’est pourquoi j’ai retiré Métro de la sélection, qui serait arrivé en deuxième place derrière Le Monde et aurait pu remercier les usagers de la RATP. Les données de « Capital » m’ont également paru suspectes, on peut avoir des doutes sur « Libération », est-ce que certains internautes ne demandent pas « La tribune » pour « la tribune de Genève », etc. Malgré ces précautions il y a certainement de la « pollution » et on prête aux internautes des intentions qui ne sont pas les leurs… Reste à savoir dans quelles proportions.

Ce petit exercice peut être répété à l’infini dans une variété de domaines : par exemple, les blogs… On y reviendra.

La soudaine popularité d’Internet et Opinion(s)

Une fois n’est pas coutume, nous sommes restés trois jours sans écrire sur ce blog. La raison en est simple : il n’y a plus besoin d’écrire pour que les lecteurs se précipitent sur Internet et Opinion(s).

Ces trois dernières journées ont en effet été parmi les meilleures de la petite histoire de ce blog au niveau statistique, comme en témoigne cette capture d’écran (stats par jour) :

stats i&o

Et oui, près de 1000 pages vues vendredi, 600 samedi et 500 dimanche alors que les jours de week-end sont censés être « morts », le tout même alors que nous n’avions jamais dépassé les 700 pages vues et que nous tournons à 300 les bons jours.

Pourquoi cette soudaine popularité ? Nous aimerions nous persuader que ce blog est devenu indispensable pour des centaines et des centaines de lecteurs, mais il nous faut affronter la réalité et la voici, sous la forme du tableau de requêtes mots-clé de la journée d’hier  :

mots clé i&o

Et oui, environ les trois quarts de ce soudain emballement est lié à des recherches sur le mot clé « r4v3n ». r4v3n, c’est le défunt annuaire de streaming dont nous avions parlé il y a quelques semaines. Il se trouve que Google nous a classés en 6ème position sur le mot clé « R4V3N » vendredi et cela nous a valu des centaines de visites d’internautes inquiets à la recherche de leur site favori. Des centaines de visites dont on peut supposer qu’elles n’auront pas duré plus que quelques secondes.

Amis référenceurs, aviez-vous pensé à ce truc imparable ? Etre les premiers à parler de la mort d’un « gros » site (avec son nom dans le titre du billet évidemment) et ainsi récupérer le trafic de ses visiteurs inquiets de ne plus le trouver en ligne et qui se précipitent à sa recherche sur Google ?

Evidemment ici nous n’avons pas de pub à vendre et souhaitons avoir l’audience la plus qualifiée possible. Les « erreurs Google » (trafic mal qualifié en provenance du moteur de recherche) représentaient une part très minoritaire de notre trafic jusqu’à présent, on espère revenir à une situation plus normale et plus lisible. Ce matin Google nous classe en 20ème position sur « r4v3n », le phénomène devrait donc se tasser un peu tout en représentant encore des centaines de visites éclair.

Les commentaires sur Google News : un premier bilan (et il est mitigé)

La lecture du dernier billet de Stan attire mon attention sur cet article d’Ecrans qui apporte des éléments de bilan sur la possibilité offerte par Google depuis le mois d’août de commenter les Google News US.

(Possibilité offerte aux parties prenantes de la news et non à tous, mais qui ouvre un champ intéressant de relations publiques en permettant aux personnes citées de mieux donner leur version de l’histoire.)

(Ecrans se basant lui-même sur le New York Times, vous aurez compris qu’i&o reprend PR2Peer qui reprend Ecrans qui reprend le New York Times – si c’est pas de la viralité, ça.)

Nous étions plusieurs à évoquer ce lancement à l’époque, qui faisait tout simplement de Google un éditeur.

L’annonce de Google avait été la cible de nombreuses critiques, dont l’essentiel portait sur la faisabilité de l’opération : comment définir ou identifier une partie prenante ? L’opération est-elle rentable avecle temps passé à gérer ces commentaires ?

10 jours après le lancement de l’opération, je m’inquiétais de ne trouver aucun commentaire en fouillant le Google News US. Le bilan évoqué par le New York Times après quelques mois est donc le suivant : environ 150 commentaires sont visibles à la fois, et comme chacun d’eux reste en ligne environ un mois, ce sont 5 ou 6 nouveaux commentaires par jour qui sont publiés. Ce qui est très peu.

Google l’explique par le faible nombre de personnes citées dans les articles (ce qui en dit un peu plus sur ses critères de choix pour définir qui est une « partie prenante » : c’est donc une personne citée dans l’article). Google s’est même mis en situation de démarcher les personnes citées pour leur demander des commentaires.

Parmi les facteurs explicatifs, Ecrans cite Techdirt pour qui on n’a pas besoin d’une fonctionnalité comme celle de Google News :

« aujourd’hui, il est facile de créer son propre site web ou son blog et donner sa version de l’histoire ».

Mais cela ne me convainc pas car le web étant un espace extrêmement décentralisé, il y est difficile d’attirer le public à soi et l’on a intérêt à disséminer son message, surtout sur un espace à forte audience comme Google News.

Ecrans cite également John Battelle pour qui la raison est que Google News n’est pas un espace communautaire :

« Google News est entièrement géré par un algorithme informatique. Il n’existe pas de communauté explicite. (…) Ce n’est pas un endroit où les gens vont être sociaux. »

C’est un argument intéressant et, je crois, à retenir.

Mais ne faut-il pas y voir dans ce bilan très mitigé la difficulté structurelle pour les organisations à entrer dans le débat de façon réactive ? C’était déjà une des questions que nous posions sur Internet et Opinion au mois d’août et je ne la formulerais pas différemment aujourd’hui :

« Pour les parties prenantes des news publiées, la question est stratégico-culturelle : les personnes et organisations citées sauront-elles faire bon usage de cette possibilité, oseront-elles prendre leur part au débat ? S’agissant des entreprises, il y a de ce côté-ci de l’Atlantique encore un saut culturel à franchir. Dans leur intérêt. »

Stanislas encore lui répond que ce sujet est clairement au centre des enjeux de la communication des entreprises et mentionne l’initiative de la SNCF qu’il faut effectiver saluer. Il s’agit d’une logique « centralisée », c’est à dire que la SNCF crée un lieu de débat qui est le sien.

L’enjeu pour la communication des organisations est je pense, ou sera, de franchir le cap suivant : des stratégies « décentralisées », c’est à dire d’aller à la rencontre des publics en ligne là où ils sont. Comme par exemple, sur Google News.

Rétrospective 2007 : l’année web

La fin d’année est traditionnellement l’heure des bilans. Internet et Opinion n’y échappe pas et vous propose de revisiter 2007 à travers une sélection subjective des événements qui nous ont le plus marqué.

Janvier

5thThierry Crouzet publie Le Cinquième Pouvoir, un des (finalement) rares essais sur les effets de la participation sur Internet.

Coca-Cola consacre plus d’un quart du budget de lancement de Coca-Cola Zero à Internet : le record pour les gros lancements en ce début 2007.

Février

David Neeleman, patron fondateur de jetBlue, utilise YouTube pour s’adresser directement à ses clients à l’issue de la plus grande crise de l’histoire de la compagnie : une vidéo, « Our Promise To You », qui restera dans les annales de la gestion de crise en ligne.

DailyMotion, YouTube et les skyblogs sont les accélérateurs du mouvement qui envahit les dancefloors et les rues : la Tecktonik.

Mars

Le buzz de ce début d’année est l’oeuvre du magazine Choc (dont les ventes s’effondrent), pour qui l’agence Buzzman a conçu une campagne autour d’une vraie-fausse vidéo du pétage de plombs de Jean-Luc Delarue dans l’avion.

summizeLancement de Summize, nouveau modèle de consumérisme en ligne, dont on attend un équivalent français avec impatience.

La net-campagne bat son plein et est un terrain d’expérimentation pour les politiques qui utilisent le web au maximum de ses possibilités, allant jusqu’à investir Second Life, et pour les médias, qui font évoluer leurs formules en ligne pour y intégrer le maximum d’interactivité.

Avril

lifeL’emblématique magazine Life cesse sa parution : le Paris-Match américain n’existera plus qu’en ligne.

Consolidation dans la publicité en ligne : Google s’offre DoubleClick pour 3,1 milliards de dollars. Un mois plus tard, Microsoft rachète aQuantive pour 6 milliards de dollars.

Mai

Steve Jobs annonce une série de mesures visant à rendre Apple plus verte : c’est le résultat d’un travail de lobbying en ligne mené par Greenpeace depuis 9 mois au travers du site GreenMyApple.

Contrairement au référendum, les résultats de la campagne présidentielle ne reflètent que modérément le débat en ligne.

rue89Lancement le 6 mai de Rue89.com, première expérience online française de journalisme « hybride », où des journalistes issus de Libération encadrent des contributions extérieures de non-professionnels de l’information. Après 6 mois d’existence, Rue89 est l’auteur remarqué de plusieurs scoops et réalise près d’un million de visiteurs mensuels. D’autres projets comme Lepost.fr (groupe Le Monde) ou MediaPart, le projet d’Edwy Plénel, se faufileront dans ce créneau.

facebookFacebook ouvre la possibilité à tous ses membres de développer librement leurs applications en ligne et d’en tirer tous les revenus associés. C’est le signal d’une explosion qui fera de Facebook LE phénomène Internet de 2007, témoignant d’un nouveau rapport social entre les individus et éclipsant les MySpace, Second Life ou autres Twitter.

Juin

sarkog815 millions de vidéos vues en 10 jours pour se demander si Nicolas Sarkozy était bourré au G8. Etonnant buzz autour d’une vidéo finalement assez anodine.

Fin d’Arrêt Sur Images après 12 ans de bons et loyaux services. Après polémiques et pétitions, l’équipe de Daniel Schneidermann se délocalise, déménage le big bang blog et prépare son retour en ligne.

Aufeminin.com, leader des magazines féminins en ligne, est racheté à plus de 40% par le groupe allemand Springer, portant ainsi sa valorisation à 284 millions d’euros. Soit 44 millions d’euros de plus que le prix que Bernard Arnault déboursera pour Les Echos au mois de novembre.

Juillet

Agoravox lance sa première enquête participative, une nouvelle expérience d’intelligence collective coordonnée. La première d’entre elles est consacrée à la vaccination.

iab logoL’enquête de l’Interactive Advertising Bureau sur l’e-pub montre une progression des investissements en ligne de 40%. La SNCF reste le premier annonceur. Près de 11% des dépenses publicitaires en France sont désormais consacrées au web, seul segment dynamique du marché publicitaire.

Août

Avec une certaine discrétion, Google devient éditeur en annonçant la possibilité pour les parties prenantes d’une information de venir commenter les Google News qui les concernent. Une solution utilisée sur le Google News U.S. et avec parcimonie.

Un étudiant américain, Virgil Griffith, met en ligne le Wikiscanner, un outil permettant de remonter à la source des modifications anonymes sur Wikipédia. Nombreux sont ceux (partis politiques, entreprises, personnalités) qui sont pris la main dans le sac.

Les étudiants britanniques font plier HSBC en se fédérant sur Facebook : la pétition en ligne réunit plusieurs milliers de membres et permet l’annulation de l’augmentation de leurs agios.

Septembre

Chanel met le paquet avec une opération blogueurs impressionnante.

NYT onlineLe New York Times.com, site média le plus visité au monde, abandonne le modèle payant et rend gratuit l’accès à la totalité des contenus, pariant sur l’accroissement de trafic et des revenus de la publicité.

widgetupsC’est l’année des widgets. UPS consacre l’essentiel de son budget d’achat d’espace 2007 à la promotion on et offline de son compagnon de bureau : sans doute une des campagnes les plus ambitieuses et les plus osées pour un service web (signée McCann Erickson).

Octobre

onslaughtAprès une première campagne très remarquée intitulée « Evolution » qui dénonçait la dictature de l’image, Dove remet le couvert en s’attaquant aux marques dans sa nouvelle campagne, « Onslaught« . Une ligne jaune franchie pour beaucoup, qui rappellent que Dove, c’est Unilever et qu’Unilever, ce sont aussi des marques dont l’attitude est dénoncée… par Onslaught.

radioheadPlus de maison de disques, plus de points de vente : Radiohead utilise le web comme seul canal de lancement de son dernier album, In Rainbows, demandant à l’internaute de payer le prix qui lui paraît juste. Mais combien d’artistes peuvent se permettre une telle folie ?

Le magazine Géo lance ses webreportages : une belle réussite qui illustre l’intégration croissante de l’image en ligne et le phénomène des web TV.

martinePlus qu’un buzz Internet, c’est un véritable phénomène de société : impossible d’échappper au Martine Cover Generator. Casterman demandera la désactivation du site après un mois de franche rigolade pour les internautes.

Jean-Louis Borloo rencontre une assemblée de blogueurs à l’occasion du Grenelle de l’environnement.

zuckerbergFacebook accueille Microsoft dans son capital à hauteur de 1.6% (soit 240 millions de dollars) et annonce la personnalisation de la publicité.

Novembre

Un e-mail mal placé de BETC Euro RSCG à Laurent Gloaguen d’Embruns, doublée d’une campagne de publi-rédactionnels sur des blogs pour Ebay, met le feu à un bout de la blogosphère et relance le débat sur les relations entre les marques et les blogueurs.

C’est la fin de Pointblog, le magazine du blogging. L’audience et le rythme de publication n’auront pas suffi à attirer suffisamment de publicité. Gilles Klein continue avec Le Monde du Blog.

Le baromètre annuel d’IPSOS pour Australie montre un niveau élevé de publiphobie de la part des internautes.

olivennesLe patron de la FNAC Denis Olivennes réussit le joli coup de mettre d’accord les ayant droit de la musique et du cinéma et les fournisseurs d’accès et propose dans son rapport de sanctionner les pirates en coupant leur abonnement à Internet.

L’arrivée de l’iPhone marque le véritable lancement de l’Internet mobile.

Décembre

quidRobert Laffont annonce la fin du Quid papier, victime collatérale de l’abondance d’information en ligne (et peut-être de Wikipédia en particulier).

On semble s’ennuyer au Web3, le congrès international réunissant blogueurs et entrepreneurs de tous horizons à Paris. Peu de nouveautés dans les contenus, mais un « place to be » du networking malgré tout.

Facebook passe le million de membres en France.

Skyblog était un phénomène de société, c’est aussi désormais un phénomène économique : Skyrock annonce gagner davantage d’argent avec ses activités en ligne qu’avec la radio.

manaudouLa publication de photos de Laure Manaudou nue enflamme le web (et les stats de tous ceux qui utilisent les 3 mots magiques : Laure + Manaudou + Nue), mais un travail remarquable des avocats de la nageuse, qui obtiennent le retrait rapide des images là où elles sont publiées, vient démontrer qu’Internet n’est peut-être pas la zone de non-droit que l’on croit.

Bonne fin de fêtes de fin d’année à tous.

La première page de recherche

Et allez, hop, une petite vieillerie.

Delerm nous a habitué à la première gorgée de bière. Avec Google, nous nous sommes habitués à la première page de résultats. Abondance avait relevé cette étude en provenance de la société iprospect (et réalisée par Jupiter Research) qui date de 2006.

À la question, « quand vous faites une requête sur un moteur de recherche et que vous regardez les résultats, combien approximativement, d’entrées regardez-vous avant de cliquer sur l’une ? » 62 % des internautes interrogés cantonnent leur recherche à la première page. Le genre de résultat qu’il est bon d’avoir en tête, même si il a sûrement évoulé depuis.

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