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L’âge de la réputation selon Gloria Origgi

« Sagesse en réseaux : la passion d’évaluer » est un article très intéressant de Gloria Origgi. Il vient d’être publié par La vie des idées et reprend le débat sur la problématique de la sagesse des foules. Je retiendrai trois points de son exposé :

1) le web révolutionne notre mémoire

2) une typologie des formes de coordination/formation de l’intelligence sur le web

3) Et si le web était plus un enjeu de réputation que d’information ?

***

Le web révolutionne notre mémoire

Comme je crois que ce blog n’a jamais abordé cette question autant en profiter :

1) Gloria Origgi nous rappelle qu’après l’écriture et l’imprimerie le web modifie profondément le rapport à notre mémoire : il est un support de mémoire extérieure qui démultiplie les possibilités que nous offraient jusqu’ici l’écriture et l’imprimerie.

2) Mais le plus important, selon l’auteur, concerne  notre méta-mémoire, c’est-à-dire les processus par lesquels on accède à la mémoire (notre éducation consiste à assimiler notamment des systèmes de méta-mémoire que sont les hiérarchisations, classifications etc.) :

Avec l’apparition des technologies qui automatisent les fonctions d’accès à la mémoire, comme les moteurs de recherche et les systèmes de traitement de la connaissance, la méta-mémoire devient également une partie de la mémoire extérieure : une fonction cognitive, centrale à l’organisation culturelle des sociétés humaines, est devenue automatisée.

Une typologie des formes de coordination/formation de l’intelligence sur le web

Comment cette méta-mémoire est-elle conçue aujourd’hui ? Voici succinctement la typologie proposée par Gloria Origgi, typologie qui repose sur une gradation de l’engagement de l’internaute dans la classification des informations :

– les systèmes automatisés, ce sont les filtrages à partir d’algorithmes qui traitent des données plus ou moins localisées (du système d’algorithme d’Amazon au Page Rank de Google) avec lesquels l’internaute interagit plus (comme dans le cas d’Amazon) ou moins (comme dans le cas de Google);

– les systèmes de réputation à l’exemple d’ebay où la sagesse apparait en raison de l’angoisse d’avoir justement une mauvaise réputation ce qui nuirait aux transactions à venir.

– les systèmes de collaboration du type wikipedia où la sagesse se fait par la coopération entre les membres (mais également par leur réputation comme le rappelle ce billet que l’on avait consacré à la question)

– les systèmes de recommandation où la sagesse est organisée à partir des « connaisseurs » où l’on révèle ses préférences aux autres internautes en leurs conseillant tel ou tel ouvrage, telle ou telle musique, etc.

Et si le web était plus un enjeu de réputation que d’information ?

Que déduire de cette typologie de l’organisation de la méta-mémoire selon Gloria Orrigi ?

Mon idée, c’est que le succès du web (…) vient de sa capacité à fournir non pas tant un système potentiellement infini de stockage de l’information, qu’un réseau gigantesque de systèmes de hiérarchisation et d’évaluation dans lesquels l’information prend de la valeur pour autant qu’elle a déjà été filtrée par d’autres êtres humains. Ma modeste prévision épistémologique est que l’âge de l’information est en train d’être remplacé par un âge de la réputation dans lequel la réputation de quelque chose – c’est à dire la manière dont les autres l’évaluent et la classent – est la seule manière dont nous pouvons tirer une information à son sujet. (…)

Plus le contenu de l’information est incertain, plus le poids des opinions des autres pour établir la qualité de ce contenu est important. (…)

Le Web n’est pas seulement un puissant réservoir de toutes sortes d’information labellisée ou non labellisée, mais il est un puissant outil réputationnel qui hiérarchise, introduit des systèmes de classement, de poids et de biais dans le paysage de la connaissance.

Ce que j’aime bien dans cette proposition (modeste mais géniale dirait l’autre) est qu’elle nous évite le chausse-trappe de l’âge de la conversation qui fait tourner à vide bon nombre de débats et engage les institutions diverses et variées (de l’homme politique à la marque) dans des solutions parfois très trompeuses… Mais j’imagine que mon avis sera loin d’être partagé…

PS : Un reproche à l’article ? À chaque fois, les applications sont présentées sous leur angle vertueux (ce qui biaise forcément la démonstration quand même) à l’exemple de Wikipedia pour lequel Gloira Origgi nous ressort le coup de l’article de Nature… Pour quelqu’un qui travaille sur l’épistémologie sociale c’est amusant.

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Le droit à l’oubli selon Alex Türk ou l’extension du domaine de la lutte ?

Passionnante entrevue de Télérama avec Alex Türk, le président de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (plus connue sous son acronyme CNIL). Comme je n’ai pas été formé à la fiche de synthèse, pas de résumé ici, juste une citation qui fait écho à d’autres analyses du blog (cf. L’arythmie).

Charles Baudelaire revendiquait deux droits fondamentaux : le droit de s’en aller et le droit de se contredire. Le droit de s’en aller, aujourd’hui, est malmené par la vidéosurveillance, la géolocalisation… et tous les traçages dans l’espace. Le droit de se contredire est bafoué par les informations et les images qui restent sur la Toile et qu’on ne peut pas faire disparaître : je dois quand même avoir le droit de dire blanc à 20 ans et de penser noir à 30 ! Il faudrait que les réseaux laissent la maîtrise de l’information aux utilisateurs. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Première remarque : lire Alex Türk, comme d’autres, c’est comprendre et anticiper les enjeux d’opinion auxquels devront faire face, un jour où les autres, les moteurs et autres plateformes sociales. Le refrain « tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil » de la Génération Y avec lequel les uns et les autres nous serinent n’aura qu’un temps.

Deuxième remarque : à la première lecture, les propos d’Alex revigorent. Mais si on relit attentivement, il y a quelque chose qui cloche.

Ce n’est pas aussi simple. Est-ce une question de droit ? Google, Facebook, MySpace et consorts n’interdisent pas de dire tout et son contraire; ils rendent juste visibles, ils médiatisent (même à petite échelle) que l’on a dit tout et son contraire. Le risque n’est pas tant juridique que moral et social : du style apprendre qu’un de vos récents amis était un raciste notoire dans son adolescence. L’éclairage d’un Maître Eloas (déjà esquissé par là notamment) sur les propos d’Alex serait d’une grande utilité.

Il me semble (attention, j’enfonce une porte grande ouverte 😉 ) que l’ambivalence vient du fait que ce qui était jusqu’ici réservé aux personnalités publiques (qui donc avaient choisi de s’exposer) s’applique à nous tous désormais. S’exposer publiquement relevait d’une lourde industrie (discuter avec un journaliste, prendre un micro, etc.) comparée au simple mot de passe qui valide mon inscription sur Facebook (et non, je ne citerai pas l’artiste surestimé de la Factory).

En fait il n’y a pas de droit à se contredire, mais plutôt une tolérance sociale envers la contradiction plus ou moins forte et contraignante. Et dans nos sociétés, la tolérance à la contradiction est très faible ou disons qu’au mieux on ferme les yeux. Les participants de Mai 68 trainent parfois comme un boulet leur appartenance radicale : regardez Daniel Cohn-Bendit et son livre justement intitulé Forget 68 !

Et Internet dans tout cela ? Et bien, le net ne risque pas d’arranger cette intolérance à la contradiction, au contraire, il peut l’entretenir à moindre frais. Car jusqu’ici il fallait être bien informé pour retrouver ou avoir retenu telle déclaration tenue 10 ans auparavant et contradictoire avec la position actuelle. C’est par exemple un travail dans lequel excellent des journalistes comme Serge Halimi. Désormais, ce travail d’orfèvre est bien plus facile, voire accessible à tout un chacun.

Un dernier point pour finir : et si Google facilitait  l’oubli ? Trop d’information tue l’information, non ? Chercher dans les milliers de résultats qu’il nous propose équivaut à chercher dans une botte de foin. On ne trouvera sûrement la phrase qui fait mouche que si on a déjà une idée derrière la tête… Pas si simple donc !

Lectures

Deux lectures récentes à ne pas manquer :

1/ le dernier billet de nos amis de PR2Peer : « blogging et célébrité : l’équation impossible« , qu’il faut à mon sens traduite par « conversation et popularité : l’équation impossible ». Ou comment la conversation n’est possible qu’en bas de la longue traîne médiatique. Je me permets de piquer un visuel explicite :

A rapprocher également de cette analyse de Ils.sont.la sur la difficulté de gestion des commentaires pour un média en ligne (et l’exemple de Libé).

2/ les résultats de la dernière étude d’eye-tracking sur Google, à lire chez Fred Cavazza ou Ecrans.

En deux mots, c’est une étude importante pour comprendre le comportement de l’internaute, qui recentre sa lecture des résultats du moteur sur les tout premiers résultats naturels et préfère affiner la recherche par de nouveaux mots-clé que de descendre dans la page.

Bien sûr, l’enjeu de réputation sur les moteurs de recherche a toujours été de se positionner dans les tout premiers résultats, sur une variété de mots-clé, mais il n’en est que renforcé. Et cela me conforte dans le fait que l’analyse de 100 résultats Google sur un seul mot-clé n’a pas de sens.

Et hop, là aussi on pique un visuel explicite :

Jouer à cache-cache, une nouvelle discipline olympique ?

Peut-être avez-vous entendu parler de la polémique concernant l’âge des gymnastes chinoises, en particulier Kexin He. Alors que l’âge plancher pour la compétition est de 16 ans, la gymnaste chinoise aurait en fait 14 ans.

Mais comment s’assurer de la bonne date de naissance de la jeune athlète sans passer par la case « officiels chinois » ? Google, pardi… Et c’est là que l’affaire se corse (gentiment). Car les listes officielles de gymnastes (publiées bien avant les JO) ont été retirées des sites. Les articles lisibles en ligne avant que la polémique n’éclate disparaissent mystérieusement (tout cela est raconté dans la notice Wikipedia).

C’était sans compter sur la fonction cache de Google. Le journaliste du New York Times y fait précisèment référence dans son enquête online, en date du 27 juillet dernier. Et il n’y a plus pour lui qu’à croiser les différentes listes qu’il trouve en cache et qui donnent trace de l’âge de la gymnaste.

Plus récemment, un blogueur a refait un travail identique. L’affaire est devenue un peu plus ardue. Les caches sont toujours consultables mais pas de manière complète. Persévérant, il trouve finalement des caches suffisamment complets sur un autre moteur de recherche que Google, Baidu (de conception chinoise manifestement). Et rebelotte, la chinoise n’a pas 16 mais 14 ans.

Morale de l’anecdote olympique ? Avec la toile, jouer à cache-cache prend un sens nouveau : c’est à celui qui cachera ou retrouvera les traces de documents dont la valeur informationnelle est réévaluée en fonction de l’actualité – tout cela en raison de la mémoire des moteurs. (d’autre part, cela délimite bien aussi le potentiel d’investigation des blogueurs, sans parler des journalistes).

Rien de nouveau sous le soleil, mais cet exemple est, je trouve, un bon cas d’école.

Volume de search et attractivité des marques media

C’est tout récent, c’est gratuit et c’est fort utile : Google communique les fréquences d’interrogation des mots-clé. Grâce à la fonction Google AdWords, vous pourrez par exemple savoir qu’au mois de juin, le mot « relations publiques » a été demandé 12 100 fois et que le mot « opinion » a été demandé 74 000 fois. Ou vous « Googleadwordiser » pour savoir si l’on s’intéresse à vous 😉

Et comme vous savez bien que chez Internet et Opinion(s), nous ne ratons pas une occasion de nous livrer à une petite expérience statistique, voici ce que nous indique Google quand on lui demande combien de fois les noms de certains médias sont demandés (moyennes mensuelles) :

(cliquez pour agrandir)

Deux données méthodolgiques à prendre en compte :

– les chiffres sont l’agrégation des termes pouvant conduire à la recherche du média : par exemple : « Nouvel Observateur », « Nouvel Obs », « Nouvelobs », « Nouvelobs.com », etc.

– sans faire un travail exhaustif j’ai retenu les termes associés à la marque quand Google indiquait au moins 10 000 recherches mensuelles moyennes.

Intérêt de l’exercice ? Je ne sais pas, à vous de me dire 😉

Plus sérieusement, je ne pense pas qu’il faille y voir une indication des volumes de trafic réalisés, mais plutôt un indicateur d’attractivité de la marque média.

Pourquoi pas un indicateur des volumes de trafic ? Le search, même s’il peut représenter une part énorme du trafic d’un média en ligne (jusqu’à 80%), repose sur le positionnement des sites en fonction d’une très grande variété de mots-clé. L’usage qui consiste à taper le nom du média dans Google pour se rendre sur la home page existe mais n’est qu’un usage parmi bien d’autres. On pourrait imaginer qu’un site récupère beaucoup de trafic via le search, sans pour autant que les internautes interrogent Google sur le nom de ce site.

Par exemple, si l’on interroge Google Adwords sur la popularité des termes associés à « Chauffeur de Buzz » (‘chauffeur de buzz’, ‘chauffeurdebuzz’, ‘chauffeurdebuzz com’, etc.), on va trouver une « fréquence d’interrogation mensuelle sur le nom du site » d’un peu moins de 30 000. A des années lumière des millions de pages vues réalisées par le site.

En revanche, quand on tape le nom du média, c’est que l’on désire accéder à sa home page, donc que l’on ressent une affinité avec sa marque. D’où l’idée d’indicateur d’attractivité de la marque média.

A partir de là, je ne suis pas sûr qu’il faille voir de franches surprises dans les résultats : les quotidiens devant, avec le Nouvel Obs qui parvient à se hisser à leur niveau de popularité. Rue89 largement devant les autres pure players, Mediapart plus confidentiel comme attendu. Je suis un peu surpris de voir Le Point devant l’Express. L’étonnement viendrait plutôt des ordres de grandeur que l’on constate, avec des écarts très importants et notamment la popularité / attractivité du Monde.

Evidemment il ne faut pas prendre tout cela pour argent comptant :

– d’abord, les données indiquées par Google paraissent très approximatives. On voit sans cesse revenir les mêmes chiffres sur des mots-clé différents : 12 100, 40 500, 165 000… On est clairement sur des ordres de grandeur.

– ensuite, l’association de mots-clé peut ne pas signifier que l’on cherche le média en question : c’est pourquoi j’ai retiré Métro de la sélection, qui serait arrivé en deuxième place derrière Le Monde et aurait pu remercier les usagers de la RATP. Les données de « Capital » m’ont également paru suspectes, on peut avoir des doutes sur « Libération », est-ce que certains internautes ne demandent pas « La tribune » pour « la tribune de Genève », etc. Malgré ces précautions il y a certainement de la « pollution » et on prête aux internautes des intentions qui ne sont pas les leurs… Reste à savoir dans quelles proportions.

Ce petit exercice peut être répété à l’infini dans une variété de domaines : par exemple, les blogs… On y reviendra.

La soudaine popularité d’Internet et Opinion(s)

Une fois n’est pas coutume, nous sommes restés trois jours sans écrire sur ce blog. La raison en est simple : il n’y a plus besoin d’écrire pour que les lecteurs se précipitent sur Internet et Opinion(s).

Ces trois dernières journées ont en effet été parmi les meilleures de la petite histoire de ce blog au niveau statistique, comme en témoigne cette capture d’écran (stats par jour) :

stats i&o

Et oui, près de 1000 pages vues vendredi, 600 samedi et 500 dimanche alors que les jours de week-end sont censés être « morts », le tout même alors que nous n’avions jamais dépassé les 700 pages vues et que nous tournons à 300 les bons jours.

Pourquoi cette soudaine popularité ? Nous aimerions nous persuader que ce blog est devenu indispensable pour des centaines et des centaines de lecteurs, mais il nous faut affronter la réalité et la voici, sous la forme du tableau de requêtes mots-clé de la journée d’hier  :

mots clé i&o

Et oui, environ les trois quarts de ce soudain emballement est lié à des recherches sur le mot clé « r4v3n ». r4v3n, c’est le défunt annuaire de streaming dont nous avions parlé il y a quelques semaines. Il se trouve que Google nous a classés en 6ème position sur le mot clé « R4V3N » vendredi et cela nous a valu des centaines de visites d’internautes inquiets à la recherche de leur site favori. Des centaines de visites dont on peut supposer qu’elles n’auront pas duré plus que quelques secondes.

Amis référenceurs, aviez-vous pensé à ce truc imparable ? Etre les premiers à parler de la mort d’un « gros » site (avec son nom dans le titre du billet évidemment) et ainsi récupérer le trafic de ses visiteurs inquiets de ne plus le trouver en ligne et qui se précipitent à sa recherche sur Google ?

Evidemment ici nous n’avons pas de pub à vendre et souhaitons avoir l’audience la plus qualifiée possible. Les « erreurs Google » (trafic mal qualifié en provenance du moteur de recherche) représentaient une part très minoritaire de notre trafic jusqu’à présent, on espère revenir à une situation plus normale et plus lisible. Ce matin Google nous classe en 20ème position sur « r4v3n », le phénomène devrait donc se tasser un peu tout en représentant encore des centaines de visites éclair.

Croissance du search et intérêt des RP online

Vu dans la newsletter Stratégies de ce matin :

« En 2007, l’activité de recherche sur Internet («search») a connu une forte croissance en France, avec 2,7 milliards de requêtes, selon Comscore. Entre janvier et décembre 2007, la hausse a été de 24%. »

2,7 milliards de requêtes pour environ 30 millions d’internautes, cela fait grosso modo 100 recherches par internaute et par an.

Et puisqu’aux dernières nouvelles, le taux de connexion progressait d’environ 12% par an, cela veut dire que le search progresse deux fois plus vite que les connexions, donc qu’il accroît sa position dans l’usage d’Internet.

Ce qui confirme qu’une stratégie de présence sur Internet c’est aussi une stratégie de positionnement dans Google et les autres moteurs, devenus de véritables outils de réputation. Pour positionner son site bien sûr, mais aussi pour essaimer son message. Et ainsi faire apparaître les articles des médias en ligne et des blogueurs dans les premiers résultats de recherche sur les mots-clé qui nous concernent.

De là à conclure que la croissance du search renforce l’intérêt des RP online, il n’y a qu’un pas, non ?

Lectures conseillées (3) : derniers lancements sur le web

Evoquons d’abord Wikia, le moteur de recherche imaginé par Jimmy Wales, fondateur de Wikipédia, qui milite pour un peu de diversité dans un monde d’oligopoles. La particularité de Wikia : les internautes valident la pertinence des résultats. Nouvelle utopie ou modèle nécessaire ? A noter que Wikia est largement soutenu par Amazon.

Ensuite, deux lancements notables dans le domaine de la web TV : la résurrection d’Arrêt sur Images bien évidemment (avez-vous pensé à donner vos 30 euros ?). La première émission était moins pro que ce à quoi on a été habitué pendant 12 ans, mais l’émission est agrémentée de nombreux contenus écrits et il ne faudrait surtout pas cracher sur un contre-pouvoir indispensable et formateur. Longue vie.

Le lancement de Six35, le JT du web, nouveau bébé de Nicolas Voisin enfin, de qualité très pro, très nerveux, très stylé mais peut-être un peu trop « canal » dans la forme et un peu trop ambitieux sur le choix des sujets, en tout cas en ce qui à concerné la première (comment faire le point sur la question des droits de l’homme en seulement quelques minutes ?). A suivre de près.

Et pour se projeter dans le futur, mentionnons l’étude de Nemertes Research qui a fait un peu de bruit et qui évoque un possible engorgement de la bande passante après 2010. Qui pourrait freiner l’innovation sur Internet. Et provoquer ainsi une forme de statu quo du web ? A lire sur ZDnet.

10 reasons why PR provides the best online communication

(This is an English translation of a French post. Original -with links- here)

(Ceci est une traduction d’un post en français. Original -avec les liens- ici)
For some time I’ve been meaning to write a little note outlining the benefits of online PR. So here we go, with this catchy title: ten reasons why we PR professionals provide the smartest online service 🙂
Based on the customer’s objectives (generating traffic or sales, enhancing public image, etc.), the ten reasons are:
1. “Eyeballs” dodge online advertising. They go straight to the content. Eye-tracking surveys are astonishing in this respect. Moreover, refer to the Ipsos Australia study of November 15: “Internet users becoming adverse to advertising”.
2. Content cannot be purchased. Not without taking a serious risk.
3. Free advertising from “the buzz” is more of a myth than anything else.
4. It turns out, the Internet is not a mass media. It is made up of a set of affinity networks know as – exaggeratedly – “communities”. The Web is a highly decentralised realm, in which one needs to identify opinion leaders and know how to address them. According to Arthur Kannas, founder of the Heaven agency:

“Our vision takes the decentralised nature of the Web as its starting point. We believe it is better to teach brands to take into account all the places where their consumers are, rather than make them spend a lot of money to take them to a single place, for instance a brand website.”

5. User-generated content is credible. The brand is not alone in expressing itself, audiences gain a share of voice.

6. To address audiences effectively, one needs non-intrusive, interactive, personalised and sincere relations. Bad practices create bad noise.

7. Search engines have become reputation management systems. They only offer up “official” information as one of many sources, so it’s better to generate coverage than be subjected to it.

8. Take a look at the tips for website referencing suggested by online experts: their leitmotiv is always the quality of the content.

9. Even a purely technical reading of referencing criteria take us back to good PR practices. In particular, incoming links are an important factor – and what’s the best way of generating incoming links if not… a PR campaign?

10. Web-writing is not so specific. What’s important is… writing well.

It is quite clear that “PR lives”. Of course, everything I say refers to good PR. The kind that respects its audiences and follows Seth Godin’s brilliant rule:

“So, the smart PR folks (the successful ones) struggle to make their lists smaller and smaller. The lazy ones just try to make them bigger.”

10 raisons pour lesquelles les RP sont le meilleur de la communication online

Cela faisait longtemps que je voulais écrire un billet pour évoquer de façon globale l’intérêt des RP online. Nous y sommes donc, avec cette accroche très… marketing : 10 raisons pour expliquer pourquoi ce que nous, gens de RP, faisons, est tout simplement le meilleur et le plus intelligent de ce qui peut se faire en ligne 🙂

Donc, par-delà les objectifs posés (trafic, image, vente…), les 10 raisons sont :

1. L’oeil de l’internaute évite la publicité. Il va droit au contenu. Exemples sidérants d’eye tracking ici ou . [update 15/11 : étude Ipsos / Australie : « les internautes deviennent publiphobes« ]

2. Le contenu, ça ne s’achète pas. Ou alors on prend des risques.

3. Le buzz dont on pensait qu’il constituait une forme de publicité gratuite est un mythe.

4. Non, le web n’est pas un média de masse. Il est constitué d’un ensemble de réseaux affinitaires qu’on appelle (un peu abusivement) des communautés. C’est un espace profondément décentralisé dans lequel il faut être capable d’identifier des influenceurs et de savoir leur parler. Je cite Arthur Kannas d’Heaven :

« (notre) vision (est) centrée depuis le départ sur le caractère décentralisé du web. Nous pensons qu’il vaut mieux apprendre aux marques à prendre en compte l’ensemble l’ensemble des lieux où leurs consommateurs sont présents, plutôt que de leur faire dépenser beaucoup d’argent pour les amener sur un seul lieu, qui peut être par exemple un site de marque. »

5. Le contenu « user generated » est crédible. La marque n’est plus seule à s’exprimer, les publics gagnent en part de voix.

6. Pour bien parler à ses publics il faut des relations non intrusives, interactives, personnalisées, sincères. Les mauvaises pratiques créent du mauvais bruit.

7. Les moteurs de recherche sont devenus des systèmes de management de la réputation : la réputation se fait par les résultats qu’ils indiquent, qui ne proposent l’information « officielle » que comme une source parmi d’autres : mieux vaut donc générer sa couverture que de la subir.

8. Regardez les « tips » des conseils en référencement que l’on trouve un peu partout sur le web : on en revient toujours à la qualité du contenu.

9. Même une lecture technique des critères de référencement nous renvoie à des bonnes pratiques RP. Je pense notamment à l’importance des liens entrants car qu’est-ce qui permet d’avoir des liens entrants si ce n’est… une campagne RP ?

10. L’écriture web n’est pas si spécifique que ça. Ce qu’il faut avant tout… C’est savoir écrire.

J’ai donc beaucoup plus envie de dire « PR is alive » que « PR is dead ». Evidemment tout ce que je dis repose sur l’idée des relations publiques au sens noble du terme, bien pratiquées, dans le respect du public et qui ont fait dire à Seth Godin cette phrase que j’adore :

« So, the smart PR folks (the successful ones) struggle to make their lists smaller and smaller. The lazy ones just try to make them bigger. »

(update 16/11 : il semble heureusement que nous soyons un certain nombre à être d’accord là-dessus)

Au final, est-ce qu’il ne serait pas temps de se dire que le web 2.0, en redonnant la parole aux publics, fait (re)découvrir les relations publiques, une discipline naturelle, aux communiquants venus de tous horizons… et notamment du marketing ?

Session de rattrapage pour les néophytes : c’est quoi au juste les RP ?

On parle ici d’une discipline de la communication, les relations publiques, ensemble hétéroclite encore synonyme de petits fours pour certains, mais qui consiste surtout à établir, construire, entretenir etc. des « relations efficaces avec des publics utiles ».

Les RP englobent les relations médias, on les définit parfois comme les relations avec les influenceurs, ou comme le « hors media » puisqu’elle supposent de mener ces relations sans achat d’espace.

Au-delà de ça, il faut comprendre que les RP bien pratiquées consistent à :

– délivrer un ensemble de messages (parfois approfondis, complexes, ce qui suppose une bonne capacité à écrire)

– de façon ciblée à des publics (journalistes, leaders d’opinion, publics spécialisés comme les médecins…)

– réellement susceptibles d’être intéressés par ledit message (ce qui suppose une bonne capacité à « entrer en relation », donc une connaissance très fine de ces publics).

On délivre de l’information, on échange avec les publics et à la fin le client nous demande combien d’argent il a gagné et on s’étripe avec lui parce que là n’est pas la question 🙂