Archives de Catégorie: Réseaux sociaux

55% des entreprises U.S. n’utilisent pas les réseaux sociaux

C’est à mon avis le chiffre le plus impactant issu de cette étude de Deloitte sur les réseaux sociaux et la réputation en ligne, qui a interrogé 2000 salariés et 500 dirigeants d’entreprises aux Etats-Unis au mois d’avril. Pour aller au plus intéressant, pour moi c’est le slide 15 qui montre qu’il y a du chemin à faire…

Et avec le « 58% des dirigeants considèrent que les réseaux sociaux devraient être un enjeu pour le comité de direction, mais seulement 15% reconnaissent qu’ils le sont véritablement », on mesure la difficulté pour les entreprises à traiter l’enjeu au fond.

L’étude creuse aussi la question du rapport salarié / marque employeur sur les réseaux sociaux.

Dans les choses qui font réfléchir, il y a ce « 49% des salariés estiment qu’une politique d’entreprise (relative aux réseaux sociaux) ne changera pas leur façon de se comporter en ligne ». Ce qui veut aussi dire que des guidelines de l’entreprise vis-à-vis de ses salariés sont quand même bienvenus pour l’autre moitié des salariés, mais que l’on marche sur des oeufs… cf. le fameux exemple Intel.

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Les groupes Facebook les plus populaires

Alors qu’on n’en fait plus un événement médiatique (excepté bien sûr l’Envoyé Spécial très controversé de France 2), et contre pas mal de prédictions, Facebook continue sa croissance a un rythme très élevé.

Comme je le relevais dans un de nos derniers billets, le nombre de membres en France est passé en 2008 de 1 à 6 millions, en tout cas si on se fie à la page « advertising ». Rien que ça.

Pour le sociologue et le communiquant, il y a donc une très belle matière à étudier dans les groupes Facebook. Quels sont les « mégagroupes Facebook », ceux qui réunissent le plus de membres ? Il n’y a pas vraiment de littérature sur ce sujet à ma connaissance, je suis donc allé farfouiller dans Facebook pour extraire les groupes les plus populaires (francophones et globaux).

Deux méthodes pour extraire ces données :

– de proche en proche : en utilisant les « related groups » indiqués dans la colonne de droite de chaque groupe (c’est à dire les groupes qui ont le plus de membres en commun avec le groupe que vous regardez). Puisque les « related groups » des gros groupes sont aussi de gros groupes, il suffit de prendre un gros groupe au départ, par exemple « Contre les cons qui restent immobiles à gauche dans l’escalator » (mon préféré), et de dérouler le fil.

– en utilisant le fonction recherche de groupes de Facebook. Les recherches classent les résultats par popularité. Facebook ne faisant pas apparaître de classement global, seulement des classements par catégories (« just for fun », « geography », « common interest »), je suis allé voir les groupes les plus populaires dans chacune des 11 catégories proposées.

Voici donc — sous toute réserve d’erreur comme d’habitude quand je me livre à ce genre d’expérience — les 38 groupes francophones qui dépassent les 100 000 membres. Le nombre de membres est celui au moment où j’ai relevé l’existence du groupe, dans la soirée du 23 décembre :

1. ♫ ♫ Pour ajouter de la musique sur facebook, cliquer ici ♫♫ 529810

2. pour savoir qui regarde le + votre profil !!! C SUPER SIMPLE 482042

(Mise à jour 2 janvier : vous êtes nombreux à cliquer sur les noms de ces groupes qui sont en fait des groupes spam dont le principe est d’inviter ses amis pour mettre en place une fonctionnalité qui n’existe pas)

3. Pour que Coyotte arrive enfin à choper Bip Bip et lui défonce sa gueule ! 448605

4. Tous les matins je me dis: « ce soir je me couche tôt » 430116

5. 1 Membre dans ce Groupe = 1 Raciste en moins dans le Monde ! 418553

6. Il faut boire avec modération, mais putain c’est qui ce modération ? 379561

7. je me tape souvent des fous rires tout(e) seul(e) en repensant à un truc 364487

8. Toi aussi tu est né(e) entre 80 et 90, alors ce qui suit va te plaire!!! 348215

9. Si ce groupe atteint 6 milliards de personnes, tout le monde sera dedans. 327568

10. Groupe de recensement du nombre d’inscrits sur facebook 314940

11. Pétition contre les tortures & maltraitances sur les animaux en Chine! 313247

12. je suis mort(e) plus de 342 fois pour ne pas avoir renvoyé des chaînes. 293635

13. ♫ – Ajouter de la musique sur facebook © 289011

14. PETITION POUR QUE FACEBOOK PROTEGE NOS DONNEES PERSONNELLES ! 277213

15. Je ne critique pas … non, je constate. 271304

16. Pour ceux qui disent « J’arive!! » alors qu’ils sont toujours chez eux. 267175

17. L’expérience Interdite par Facebook: J’ai besoin de vous!!! 258744

18. Participe au record du plus grand nombre de personnes dans un groupe 249747

19. PQUOI VIVRE D’AMOUR ET D’EAU FRAICHE QD ON PEUT VIVRE DE SEXE ET D’ALCOOL ? 246866

20. Pour tous ceux qui espèrent en début d’heure que le prof sera absent 236218

21. Chuck Norris ne porte pas de montre. Il décide de l’heure qu’il est. 216193

22. L’alcool ne résoud pas les problèmes… ceci dit l’eau et le lait non plu 202953

23. 100 trucs pour ne pas s’emmerder en classe. 189656

24. PETITION POUR QUE LE SMS COUTE ENFIN QU’UN CENTIME D’EUROS ! 187447

25. Le samedi 22 novembre 2008, tous les Francais s’habille tout en blanc. 171727

26. Fédération Française de l’Apéritif 165755

27. Pour la création d’un congé « lendemain de cuite » 164012

28. Parce que toi ossi ta djà essayé d’inserer l’antivol du caddie sur lui meme 161970

29. J’ai Souvent l’Impression de déja Avoir Vécu ce Moment 159172

30. Contre les cons qui restent immobiles à gauche sur l’escalator 149393

31. Un million dans ce groupe avant la fin de l’année, et je gagne mon pari 🙂 147143

32. J’ai un problème de motivation jusqu’à ce que j’ai un problème de temps. 145456

33. Comité de Lutte contre l’union du SLIM, de la TECKTONIK & de la COUPE MULET 138139

34. Tu sais que t’es un vrai parisien quand… 127509

35. EXPERIENCE : 1 ami facebook habite près de chez toi … 114670

36. Génération 88/92 ! Pour ceux qui ont connu les Pokemon et le Bigdil 111200

37. Pour que la tva passe a 0,5 et le taux d`alcool a 19,6 109320

38. RASSEMBLER TOUTE LA BELGIQUE SUR FACEBOOK DANS CE GROUPE… C’EST POSSIBLE? 101250

Et voici les 22 groupes globaux qui dépassent le million de membres :

1. Let’s break a Guinness Record! 2009 Approved by guinnessworldrecords.com 3947922

2. Feed a Child with just a Click! 3815975

3. Let’s set and break a Guiness Record!!!! Approved by guinnessworldrecords.c 2770932

4. 1,000,000 AGAINST THE NEW FACEBOOK LAYOUT! 2722984

5. THEY ARE TRYING TO SHUT DOWN FACEBOOK – PETITION TO KEEP IT! INVITE ALL! 2281730

6. The Snowball Effect – Official Experiment 2213784

7. Six Degrees Of Separation – The Face book Experiment 2205442

8. 15,000,000 for lower gas prices 2170775

9. If you remember this you grew up in the 90’s 1783827

10. Petition Against the « New Facebook » 1637742

11. I Hate The New Facebook (www.new.facebook.com) 1523541

12. When I was your age, Pluto was a planet. 1507073

13. THE FACEBOOK BLACKOUT 1376868

14. COMO PONER EL FACEBOOK DE ANTES (APLICACION) 1302074

15. I Dont care How Comfortable Crocs Are, You Look Like A Dumbass. 1254180

16. 1,000,000 Strong For Stephen T Colbert 1203993

17. Facebook Will Be Forced to Shutdown in 7 Days! Join and Save it! 1196427

18. L’ ALBERO GENEALOGICO 1178888

19. Ultimate Social Experiment 1162602

20. The Official Petition for Colored Profiles on Facebook. 1152404

21. I Secretly Want To Punch Slow Walking People In The Back Of The Head 1103318

22. I bet I can find 1,000,000 people who dislike George Bush! 1003698

On ne se refait pas, voici donc quelques éléments d’analyse et de réflexion.

On s’en serait douté, une grande partie de ces mégagroupes sont à caractère potache. Mais pas que : 1 Membre dans ce Groupe = 1 Raciste en moins dans le Monde ! est le 5ème groupe francophone, tandis que Feed a Child with just a Click! est le 2ème groupe global.

Voici donc un essai de typologie des mégagroupes Facebook :

1. Les groupes potaches. Ils dominent le classement francophone et on peut les subdiviser en plusieurs catégories :

– les groupes absurdes ou rigolos : Chuck Norris ne porte pas de montre. Il décide de l’heure qu’il est. ; Pour que Coyotte arrive enfin à choper Bip Bip et lui défonce sa gueule ! ; 100 trucs pour ne pas s’emmerder en classe. ; I Dont care How Comfortable Crocs Are, You Look Like A Dumbass.

– les paris : Un million dans ce groupe avant la fin de l’année, et je gagne mon pari 🙂

– les groupes qui renvoient à la personnalité : Tous les matins je me dis: « ce soir je me couche tôt » ; Pour ceux qui disent « J’arive!! » alors qu’ils sont toujours chez eux.

– les groupes sur l’alcool et ses effets : Il faut boire avec modération, mais putain c’est qui ce modération ? ; Fédération Française de l’Apéritif ; Pour la création d’un congé « lendemain de cuite »

On notera que ces groupes potaches sont beaucoup plus dominants dans le top des groupes francophones que dans le top des groupes globaux.

2. Les expériences de groupe.

Là-dedans, je mets d’une part les groupes dont le principe est d’être le plus nombreux possible :

– soit à travers un « recensement » (euh, il faut expliquer à leurs membres que les données sont accessibles) : Groupe de recensement du nombre d’inscrits sur facebook

– soit à travers une volonté clairement affichée d’être le plus gros possible, en jouant sur l’absurde (Si ce groupe atteint 6 milliards de personnes, tout le monde sera dedans.) ou le fait de battre un record (Let’s break a Guinness Record! 2009 Approved by guinnessworldrecords.com). C’est un format qui plaît beaucoup aux anglo-saxons, il n’y a qu’à voir la liste.

Et d’autre part des groupes qui proposent une expérience on ou offline : EXPERIENCE : 1 ami facebook habite près de chez toi … (un jour donné, les membres portent un signe discret de leur appartenance au groupe sur eux) ; Le samedi 22 novembre 2008, tous les Francais s’habille tout en blanc. (moui…) ; Six Degrees Of Separation – The Face book Experiment ; THE FACEBOOK BLACKOUT

3. Les groupes à caractère politique ou citoyen

Et oui, il y en a donc quelques uns parmi les « mégagroupes » Facebook : on a mentionné « feed a child » et « 1 membre = 1 raciste en moins ». On peut aussi citer Pétition contre les tortures & maltraitances sur les animaux en Chine!.

On a aussi des groupes « politiques » avec une dimension pétitionnaire qui peut être fédératrice : I bet I can find 1,000,000 people who dislike George Bush!

4. Les groupes à caractère consumériste.

Et là c’est la question du prix des produits qui est fédératrice : au niveau francophone avec les SMS : PETITION POUR QUE LE SMS COUTE ENFIN QU’UN CENTIME D’EUROS ! ; au niveau global avec le prix de l’essence : 15,000,000 for lower gas prices.

5. Les groupes identitaires.

– les groupes générationnels, très populaires chez les jeunes : Toi aussi tu est né(e) entre 80 et 90, alors ce qui suit va te plaire!!! ; Génération 88/92 ! Pour ceux qui ont connu les Pokemon et le Bigdil ; If you remember this you grew up in the 90’s . Sur cette catégorie on a des équivalences évidentes entre les groupes francophones et les groupes internationaux.

– les groupes géographiques, culturels ou communautaires : Tu sais que t’es un vrai parisien quand… ; RASSEMBLER TOUTE LA BELGIQUE SUR FACEBOOK DANS CE GROUPE… C’EST POSSIBLE?

6. Les groupes sur Facebook.

Logique, on est sur Facebook, l’outil est donc aussi le contenu. Facebook vient d’ailleurs de créer une catégorie à part entière, à côté de « common interest », de « Internet & technology » ou de « Music » ; la catégorie « Facebook ». Dans cette catégorie, on a trois types de groupes :

– les pétitions pour améliorer le service, notamment le retour à l’ancienne version de Facebook : 1,000,000 AGAINST THE NEW FACEBOOK LAYOUT! ; Petition Against the « New Facebook » ; mais aussi sur son design (The Official Petition for Colored Profiles on Facebook.)

– les groupes parano : THEY ARE TRYING TO SHUT DOWN FACEBOOK – PETITION TO KEEP IT! INVITE ALL! (j’adore le « They ») ; Facebook Will Be Forced to Shutdown in 7 Days! Join and Save it!

– les groupes de spam. Ceux qui prétendent rendre un service autour d’une application Facebook et consistent en réalité à inviter ses amis pour pouvoir ajouter une application qui n’existe pas. Ces groupes sont une tendance récente et qui malheureusement cartonne. A surveiller de près : que fera Facebook face à ce nouveau phénomène ?

♫ ♫ Pour ajouter de la musique sur facebook, cliquer ici ♫♫ ; pour savoir qui regarde le + votre profil !!! C SUPER SIMPLE ; COMO PONER EL FACEBOOK DE ANTES (APLICACION)

Quand on rejette un oeil à la liste après avoir regardé la typologie, on note que pas mal de groupes peuvent être classés dans plusieurs rubriques de la typologie : pétitions absurdes, pari dans le domaine politique, etc. : c’est aussi ce qui fait leur force.

Sur les différences entre les francophones et les « globaux » (anglo-saxons très majoritairement), on voit donc plus de potache ici et plus d’expérience collective là-bas.

Une des choses qui me frappe est que, finalement, on ne trouve pas beaucoup, dans ces mégagroupes, des sujets ayant trait à l’actualité. On aurait pu imaginer des groupes autour des J.O., ou un mégagroupe Obama. Il paraît logique de penser qu’un groupe recrutera beaucoup plus facilement si son sujet est en résonance avec l’actualité médiatique. Mais j’ai le sentiment que ces groupes en phase avec une actualité sont des groupes de taille plus moyenne, et que les mégagroupes dont on parle ici atteignent leur taille justement parce qu’ils ont un caractère universel. Ils touchent au quotidien ou à la personnalité de l’individu avant de toucher à l’actu.

Dernier élément de réflexion : les créateurs et administrateurs de ces groupes sont devenus de véritables leaders d’opinion en puissance. Il serait intéressant de savoir s’ils ont beaucoup oeuvré à la popularité de leur groupe ou si les groupes sont devenus populaires très spontanément, par des mécaniques virales facilitées par le fonctionnement de Facebook.

Il y a sans doute des deux, mais une des choses qui m’ont frappées en visitant les groupes a été de voir que beaucoup d’entre eux, dans la partie « description », en haut de la page, communiquaient un mode d’emploi à l’attention de leurs membres pour que ceux-ci fassent du prosélytisme : « cliquez sur invitez vos amis, sélectionnez les tous… ». Il y a le hasard des choses, et les coups de pouce qu’on peut donner.

Enfin, et c’est un point très particulier, les créateurs et administrateurs de ces groupes ont la possibilité d’envoyer des mails à la totalité de leurs membres. Marketing direct à coût zéro. C’est un peu comme s’ils avaient hérité de la clé de l’arme atomique.

Si j’étais le créateur du groupe « Guinness Record » avec 4 millions de membres, qu’est-ce que je ferai de cette possibilité ? Le bon sens veut que l’on ne soit pas intrusif et qu’on ne poste que des informations en rapport direct avec la vocation du groupe, ce qui rend la fonction « mail aux membres » inopérante dans beaucoup de cas (tous les groupes potaches notamment). Mais je serais curieux de savoir si certains des administrateurs de ces groupes utilisent, même de temps en temps, ce « pouvoir »…

PS : Edit du 2 janvier à lire ici.

Un échange avec Reid Hoffman

Soirée schizo hier puisque je (le blogueur) ai participé au dîner organisé par nous (l’agence) pour LinkedIn (notre client). L’objectif était de mettre en contact les équipes LinkedIn avec une dizaine de blogueurs, à l’occasion du lancement de la version française du réseau. Certains en ont déjà parlé et l’annonce est un peu partout (et notamment la vidéo du lancement).

[edit : ont aussi publié depuis la mise en ligne de ce billet, Verbal et Bertrand Duperrin avec un point de vue passionnant]

Parmi les personnes représentant LinkedIn se trouvait Reid Hoffman, qui s’est déplacé tout autour de la table et s’est retrouvé entre Guillaume Buffet et moi pour le dessert. Reid est le co-fondateur de LinkedIn, son ancien CEO mais toujours Président, et un investisseur de la Sillicon Valley (il investit dans Facebook, Technorati, Wikia, Digg, Friendster, SixApart, Seesmic…). Je tente de restituer la conversation.

« Alors on dit toujours que tu as dit la phrase suivante « MySpace is the bar, Facebook is the home, LinkedIn is the office », mais plus tôt dans le dîner j’ai entendu la même avec « Facebook is the barbecue ». Donc Facebook, c’est la maison ou le barbecue ?

Initialement j’avais pris l’image du barbecue. C’est ce que tu fais au fond de ton jardin. C’est ton territoire, c’est un territoire ludique et tu peux inviter tes amis ou tes relations professionnelles, mais tu vas essayer de ne pas mélanger les deux.

Tu investis dans Facebook, tu considères donc que Facebook et LinkedIn ne sont pas concurrents ?

Je sais que beaucoup de monde pense ça. Mais effectivement ce n’est pas le cas. LinkedIn est un réseau clairement identifié comme professionnel. Et quand on regarde les usages qui sont faits de Facebook, c’est très clair : la plus grande partie du temps qui y est consacré par des internautes l’est pour les applis photos (50% des pages vues) et les jeux (30%). Il y a donc une vraie logique à ce qu’un individu ait un profil Facebook et un profil LinkedIn, et pas juste l’un des deux.

En France, la culture du networking est un truc spécifique à certains milieux socio-professionnels et qui n’est pas toujours bien perçu. J’ai l’impression que beaucoup de Français font l’apprentissage de cette notion de réseau avec des outils comme Facebook, MySpace ou LinkedIn. D’accord pour dire que vous tirez tous dans le même sens ?

Oh oui. C’est un phénomène culturel. Si tu t’accoutumes avec la mise en réseau alors que tu es étudiant via MySpace ou Facebook par exemple, tu as plus de chances d’être à l’aise avec LinkedIn quand tu es sur le marché professionnel.

LinkedIn a effectivement la spécificité d’être un territoire beaucoup mieux identifié que Facebook puisque clairement défini comme professionnel, mais LinkedIn a quand même aussi une problématique d’audience qu’il faut monétiser. Comment faire croître l’audience sans perdre son identité ?

Aujourd’hui LinkedIn dans le monde c’est 31 millions de membres et le réseau est leader des réseaux professionnels dans l’ensemble du monde anglo-saxon. En fait c’est surtout en France (avec Viadeo) et en Allemagne (avec Xing) qu’il n’est pas leader. Son identité est décisive et on parle d’ailleurs de réseau professionnel, pas de réseau social. L’audience croît naturellement d’une part (un nouveau membre chaque seconde), et d’autre part on la recherche avec les partenariats et le développement d’applications, comme Google Presentations ou Amazon Book Reviews.

Enfin le modèle économique de LinkedIn, ce n’est pas que l’audience. Il y a 5 sources de revenus différentes, dont la publicité fait partie, mais aussi différents niveaux de service aux particuliers (notamment pour la recherche d’emploi) et aux entreprises (dont les sondages, que nous venons de lancer).

En France, malgré des audiences parfois formidables, la publicité en ligne paie mal. Et aux USA ?

Je pense qu’il y a un problème de même nature mais de moindre ampleur. La question est celle de l’invention des modèles publicitaires, et les deux plus grandes inventions dans ce domaine jusqu’à présent sont Google Adwords et Google Adsense. Parce que sur Internet, les gens cherchent de l’info. Il n’est pas étonnant que Facebook, malgré son audience colossale, n’ait pas encore réussi à monétiser son audience… La question est aussi celle de la qualification de l’audience qui est d’ailleurs un des points forts de LinkedIn. Maintenant ce qui va se passer dans le contexte économique actuel va être très riche en enseignements.

LinkedIn c’est aussi un outil de réputation en ligne : on conseille de plus en plus aux cadres en entreprise de se créer un profil LinkedIn pour que ce soit la page sur laquelle les gens qui les Googlisent vont tomber. Avez-vous envisagé d’attaquer spécifiquement le marché des relations publiques, où des gens font du conseil en e-réputation, pour faire passer le message qu’on a tout intérêt à créer des profils LinkedIn pour ses clients ? Ou bien c’est un micro-sujet ?

(Il note l’idée). On n’y a pas pensé sous cet angle-là. On a effectivement travaillé le message « LinkedIn pour votre référencement / E-Réputation » mais au niveau des individus, pas au niveau des conseils. C’est intéressant car effectivement LinkedIn est une réponse aux besoins de ceux qui travaillent sur la question de la réputation, et plus un profil LinkedIn sera populaire, plus il aura de chances de sortir haut dans les résultats de recherche même si la personne a une grosse présence sur Internet. Mais la question vaut la peine d’être traitée comme telle si on pense que derrière ce marché, il y a au moins plusieurs centaines de milliers de nouveaux utilisateurs.

Comment choisis-tu les sociétés dans lesquelles tu investis ?

J’ai trois critères. 1. Il doit y avoir une idée nouvelle. 2. Le service doit toucher potentiellement des millions de gens. Au moins 10 millions. 3. Il faut que la personne me soit recommandée. Je ne discute qu’avec des gens qui me sont recommandés, et en général, je décide d’investir — ou pas — au premier rendez-vous, au  bout d’1h. Ce qui fait que je suis quasiment toujours l’un des premiers à investir.

Et parfois, je fais un chèque pour une initiative qui me tient à cœur, et je sais que je ne vais pas gagner d’argent dessus. Alors dans le carnet, à côté du montant que j’ai donné, je mets 0 dans la colonne « Valeur ».

C’est à cause de cette activité d’investisseur que tu as laissé la fonction de CEO de LinkedIn ?

Pas tellement. C’est plus que j’ai du mal à me dire que je vais me lever tous les jours à la même heure pour aller au même endroit. J’aime accompagner les nouvelles idées. C’est mon côté touche-à-tout.

Qu’est-ce que vous pouvez attendre réellement de la version française de LinkedIn ?

Nous sommes patients. On sait que c’était quelque chose de très attendu. Ca baisse le ticket d’entrée pour les nouveaux membres.

Quelle est l’anecdote la plus incroyable de quelque chose qui se serait passé sur LinkedIn, dont tu aies connaissance ?

Il y a par exemple un type qui a levé 250 millions de dollars pour sa société entièrement grâce à des contacts sur LinkedIn (il avait 50 millions avant, 300 millions après). C’est le genre de choses qu’il faut effectivement raconter, car notre message est aussi que LinkedIn c’est les relations professionnelles en général, et pas juste la recherche d’emploi. »

Voilà, comme dans toute restitution de conversation, il manque des tas de bouts, il y a des raccourcis honteux, des reformulations inacceptables et le vin n’aide pas, mais dans mon souvenir ça a ressemblé à ça et j’espère que Reid s’y retrouvera aussi.

Voir aussi cette interview très complète du CEO Dan Nye.

Et pour conclure sur le sujet du jour, join my network on Linkedin, pardon, J’aimerais vous inviter à rejoindre mon réseau professionnel en ligne, sur le site LinkedIn. – François

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On dirait pas comme ça, mais j’ai vraiment parlé avec Reid Hoffman. Crédit Photo Richard Menneveux.

MySpace is the bar, Facebook is the home, LinkedIn is the office.

C’est une citation de Reid Hoffman et c’est ce qui m’est venu à l’esprit en découvrant, chez Laurent François, ce tableau établi par Communispace pour décrire les besoins auxquels répondent les différentes catégories de « médias sociaux ».

Autrement dit, ce travail est très intéressant et mérite d’être largement commenté, mais il me paraît difficile d’amalgamer entre eux MySpace, Facebook et LinkedIn qui, bien qu’étant effectivement des « profile-driven social networks » comme les définit Communispace, répondent à des besoins différents les uns des autres. Dans leur vocation initiale, ou au moins dans l’usage qu’on en fait aujourd’hui.

Plus largement sur ce tableau, la distinction entre les 6 besoins me semble assez pertinente. On peut débattre de la façon dont les cases sont cochées et je serai ravi d’avoir vos avis, mais en lecture initiale ce qui me fait réagir se situe plutôt au niveau de la colonne de gauche : mélanger les réseaux sociaux pré-cités entre eux, donc ; mais aussi pourquoi amalgamer YouTube et les sites de bookmarking ?

Echange dix marketeurs « on-line » contre un Duncan Watts

La puce m’est venue à l’oreille grâce à Fred Cavazza. L’article de Fast Company, « Is the Tipping Point Toast ? », est une enquête autour des travaux de Duncan Watts – auteur de Six Degrees et sûrement un des meilleurs spécialistes des questions de réseaux et de la viralité sur la toile.

Outre une présentation et une discussion de ses travaux universitaires et de ses développements chez Yahoo!, Duncan Watts se lâche sur les marketers on line et ces évangélistes qui chantent les louanges des nouveaux prophètes, les e-influenceurs.

Investir dans la viralité, en faire un objectif premier de sa communication c’est se planter, martèle Watts tout au long de l’article. Et ceci, pour deux raisons principales :

  1. les e-influenceurs n’influencent pas toujours. Il existe des leaders d’opinion. Cela ne fait aucun doute. Affirmer le contraire est grossier et stupide. Mais croire qu’ils influencent urbi et orbi l’est encore plus. Le leadership d’opinion ne signifie pas l’influence. D’autre part, les solutions du type panel d’influenceurs sont contredites par les études de marketing depuis 50 ans (on est très rarement leader sur plus de 5 types de produits/secteurs d’activité). Dès lors, est-il raisonnable d’investir dans une campagne de viralité dont on ne contrôle pas grand chose ?
  2. le monde social est trop complexe. Duncan Watts qualifie d’anarchiques les réseaux sociaux. Impossible selon lui d’avoir un modèle de viralité et de dissémination de l’information. Dès lors, est-il raisonnable d’investir dans une campagne dont on est sûr de ne rien contrôler ?

Voilà pour le résumé maladroit de ses propos (bien plus riches dans l’article : je vous laisse découvrir le mix marketing proposé par Duncan Watts, somme toute très classique). Je me permets de rajouter quelques remarques en vrac :

  • même si on influence en ligne, on n’influence pas forcément off line. Cette articulation on/off line est un angle mort des recherches sur le sujet.
  • les marketeux français semblent avoir la tête tournée vers les US. Les exemples que j’entends ou lis sont des exemples outre-atlantique. Or, quand on connaît les différences culturelles sur ce genre de questions (cf. la sociabilité alimentaire par exemple), les résultats ou les transpositions de conclusions anglo-saxonnes sont à prendre avec beaucoup de pincettes. Les marketeurs et stratèges français sont assez myopes sur les propres caractéristiques de leur public, les Français.

Enfin, n’hésitez pas à lire les commentaires chez Cavazza qui sont aussi très instructifs. Certains y retrouveront une mélodie bien connue ici et fredonnée par notre ténor en titre, François Guillot.

Le fabuleux destin de Rachel Bekerman dévoilé par Le Monde

n835324859_1458.jpgL’enquête vient du journal Le Monde et donne un article édifiant et indispensable à lire.

Depuis novembre, une personne du nom de Rachel Bekerman (en possible photo à gauche…), se réclamant de la rédaction interactive du Monde, administre le groupe « Journalistes français » sur Facebook. Elle a réussi à fédérer environ 1300 personnes, journalistes, étudiants et professionnels de la communication.

Problème… Personne ne semble la connaître. L’intéressé(e) fait tout pour rester très discret(-ète). Acculé(e) par des journalistes du Monde, la Rachel déclare :

« Je suis attachée de presse pour un média Web dont j’aimerais garder le nom secret. (…) Mon travail consiste à faire parler des sites Internet que nous éditons. Je profite des réseaux sociaux pour créer un maximum de buzz. L’information se diffuse plus vite par le biais des journalistes. C’est pourquoi j’ai créé ce groupe. »

Antoine Barthelemy, dont le site Whosdaboss (?) est cité par Rachel Berkerman n’est ni surpris ni choqué :

« C’est de bonne guerre. C’est même une bonne méthode. En marketing, la fin justifie les moyens. Dans la vraie vie, ce n’est pas bien de mentir, mais sur Internet, tout le monde ment. C’est le jeu. »

J’ai entendu la même argumentation il y a moins d’une semaine de la part de deux responsables d’une web agency très respectable et à l’origine (selon moi) des projets les plus intéressants du net français. Pour dire que ce genre de mépris envers les internautes est partagé par certains acteurs du secteur. Ces pratiques de net-activisme, de promotion par des identités inavouées est particulièrement déplorable.

Effectivement, ce cynisme désespérant reste indolore tant qu’il n’est pas démasqué. Pourquoi s’en priver ? Mais il se révèle dévastateur en matière de confiance sur Internet. Il est dès lors contre productif à long terme :

  • Contreproductif pour les agences (je serais annonceur, je n’aurais pas envie de travailler avec des prestataires tricards; et je n’aurais pas envie qu’on sache que j’ai fait appel à eux).
  • Contreproductif pour les marques qui sont alors montrées du doigt : Seesmic, le dernier bébé de Loïc Le Meur est cité dans l’article du Monde par Rachel Bekerman comme un de ses « clients ». Même si rien ne le prouve, c’est embêtant en termes de réputation. Loïc Le Meur n’a pas, à cette heure, réagi sur son blog – alors qu’il ne peut pas ne pas être au courant de cet article comme il l’explique lui même dans son dernier billet.

Jérémie Berrebi lui aussi cité, critique ces méthodes et déclare sur son blog qu’il y reviendra avec un argumentaire plus détaillé. On attend la suite avec impatience.

Reste un angle mort dans l’article du Monde. Rachel Bekerman n’est pas la seule à animer ce groupe. L’autre administratrice du groupe est une certaine Marianne Valentin. Qui est-elle ? Que fait-elle ? Peut-être que David Abiker, »friend » sur Facebook avec la demoiselle, pourra nous en dire plus ou la poker pour nous?

En 2007, j’ai raté… La première hotline communautaire française

Pour ceux qui, comme moi, n’avaient encore aucune idée de cette nouvelle application il y a encore deux semaines, je rappelle que l’initiative en revient à PriceMinister en partenariat avec Wengo (et je me permets de vous lancer sur la piste de patamiel). Ce développement est un nouvel exemple (et pas des moindres, je trouve) des solutions offertes à l’internaute pour obtenir des renseignements et informations sur un produit ou un service. On voit à quel point peut se développer une économie de la recommandation interpersonnelle (et en bonus, un petit papier de Neteco).

Après une phase beta lancée à la mi-2007, Price Minister et Wengo ont recruté plusieurs centaines de conseillers capables de répondre très rapidement aux autres internautes. Laissons pour quelques lignes la parole au communiqué de presse des deux entreprises :

Ces Conseillers PriceMinister sont des membres du site qui souhaitent faire profiter aux membres de la communauté de leurs compétences dans un domaine particulier. Pour cela, ils ont créé leur compte « Conseiller PriceMinister » sur la plateforme Wengo dédiée, et proposent leurs conseils gratuitement ou contre une rémunération qu’ils fixent eux-mêmes.

Ce sont des particuliers ou des professionnels, qui sont par ailleurs des experts dans des domaines variés : produits culturels (livres, CD, DVD, Jeux Vidéo), informatique, téléphonie, produits pour enfants, mode et accessoires, etc. Membres assidus de PriceMinister.com, ils connaissent bien tous les rouages du site et sont devenus des spécialistes de l’achat et de la vente sur ce site.

Après vous être enregistré vous accédez à la liste des conseillers PriceMinister et les contactez selon votre besoin et leur compétence. Ce contact se fait par téléphone et il est facturé selon le mode choisit par le conseiller. En retour, l’internaute peut noter et laisser un commentaire sur le conseil donné.
A l’heure actuelle, les profils des conseillers ressemblent effectivement à une hotline de PriceMinister : comment utiliser efficacement ce site pour bien acheter et bien vendre ? Par extension on y trouve aussi des profils plus spécialisés comme cette mère de trois enfants qui se propose d’aider à choisir les bons cadeaux ou les bons jouets. Pour le plaisir, j’ai sélectionné ce conseiller :

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Perso, la mécanique actuelle de conseil me semble un peu lourde et j’aurais quelques arguments pour penser qu’elle ne perdurera pas (lire un avis ou un commentaire d’un inconnu ne revient pas à téléphoner et à dialoguer avec un inconnu ; le différentiel de posture d’engagement ne me semble pas du tout négligeable surtout quand il faut in fine payer). Mais, enfin, on ne peut que saluer une nouvelle manière de mettre en avant le rôle des consommateurs comme prescripteurs. Pour expérimenter par vous-mêmes, c’est par là.

Lectures conseillées

La bonne résolution d’Internet et Opinion, c’est de ne pas oublier d’écrire ces billets « lectures conseillées » que nous produisons trop rarement à notre goût.

Dont acte, et en vous souhaitant une très belle année 2008.

Après notre essai et parmi l’ensemble des rétrospectives 2007 qu’on peut trouver un peu partout, voir la rétrospective « tendances 2007 » du Journal du Net. Parfait pour les profanes et synthétique pour les spécialistes. Personnellement j’aime beaucoup les rétrospectives, qui malgré le caractère un peu tarte à la crème nous permettent d’échapper au tout-instantané. Et un bon point pour le Journal du Net, qui a proposé d’autres rétrospectives 2007 sur des sujets variés.

Le web, un média réactif ? Le même Journal du Net produit le 1er janvier 2008 un diaporama sur l’étude de TNS Sofres « marques et web 2.0 : mythes et réalités »… Initialement présentée par TNS au TopCom Consumer, c’est à dire… il y a trois mois. Sur Internet et Opinion, nous avions un peu honte d’avoir commenté cette étude dans un délai d’un mois. Certes, le temps permet le recul et l’analyse et comme on vient de le dire, il faut échapper au tout-instantané, mais… trois mois, quoi. Sur un média en ligne. Et un mauvais point pour le Journal du Net.

Après les rétrospectives, les prédictions. Lire :

– celles de Business Week (via Lexeul) qui anticipe notamment moins d’ouverture et plus de vie privée dans les réseaux sociaux (je souscris)

– celles de Wired (soumises aux votes de ses lecteurs) qui anticipe notamment davantage d’applications business sur les réseaux sociaux (j’attends de voir : on a effectivement, pour le moment, très peu d’applications business dans le top 100 de Facebook par exemple).

– et celles (déjà) traditionnelles d’Emmanuel d’Ecosphère. Difficile d’en sortir une seule, mais un rappel opportun : « il ne faut pas confondre succès d’usage et succès commercial ». Ce n’est pas parce qu’un outil est utilisé qu’il génère du revenu, d’où la problématique de monétisation de tout ce qui est 2.0 / UGC et les difficultés des groupes médias.

C’est aussi l’occasion de signaler la dernière étude de FaberNovel sur les réseaux sociaux. Réseaux sociaux sur lesquels Barack domine Hillary (ce qui ne permet pas pour autant de faire de grandes prédictions sur son destin politique).

Des prédictions 2008 chez i&o ? On anticipe le retour de l’expert en général et du journaliste en particulier, j’espère qu’on aura l’occasion d’y revenir avec Emmanuel. Le dernier billet de PR2Peer va dans ce sens.

Rétrospective 2007 : l’année web

La fin d’année est traditionnellement l’heure des bilans. Internet et Opinion n’y échappe pas et vous propose de revisiter 2007 à travers une sélection subjective des événements qui nous ont le plus marqué.

Janvier

5thThierry Crouzet publie Le Cinquième Pouvoir, un des (finalement) rares essais sur les effets de la participation sur Internet.

Coca-Cola consacre plus d’un quart du budget de lancement de Coca-Cola Zero à Internet : le record pour les gros lancements en ce début 2007.

Février

David Neeleman, patron fondateur de jetBlue, utilise YouTube pour s’adresser directement à ses clients à l’issue de la plus grande crise de l’histoire de la compagnie : une vidéo, « Our Promise To You », qui restera dans les annales de la gestion de crise en ligne.

DailyMotion, YouTube et les skyblogs sont les accélérateurs du mouvement qui envahit les dancefloors et les rues : la Tecktonik.

Mars

Le buzz de ce début d’année est l’oeuvre du magazine Choc (dont les ventes s’effondrent), pour qui l’agence Buzzman a conçu une campagne autour d’une vraie-fausse vidéo du pétage de plombs de Jean-Luc Delarue dans l’avion.

summizeLancement de Summize, nouveau modèle de consumérisme en ligne, dont on attend un équivalent français avec impatience.

La net-campagne bat son plein et est un terrain d’expérimentation pour les politiques qui utilisent le web au maximum de ses possibilités, allant jusqu’à investir Second Life, et pour les médias, qui font évoluer leurs formules en ligne pour y intégrer le maximum d’interactivité.

Avril

lifeL’emblématique magazine Life cesse sa parution : le Paris-Match américain n’existera plus qu’en ligne.

Consolidation dans la publicité en ligne : Google s’offre DoubleClick pour 3,1 milliards de dollars. Un mois plus tard, Microsoft rachète aQuantive pour 6 milliards de dollars.

Mai

Steve Jobs annonce une série de mesures visant à rendre Apple plus verte : c’est le résultat d’un travail de lobbying en ligne mené par Greenpeace depuis 9 mois au travers du site GreenMyApple.

Contrairement au référendum, les résultats de la campagne présidentielle ne reflètent que modérément le débat en ligne.

rue89Lancement le 6 mai de Rue89.com, première expérience online française de journalisme « hybride », où des journalistes issus de Libération encadrent des contributions extérieures de non-professionnels de l’information. Après 6 mois d’existence, Rue89 est l’auteur remarqué de plusieurs scoops et réalise près d’un million de visiteurs mensuels. D’autres projets comme Lepost.fr (groupe Le Monde) ou MediaPart, le projet d’Edwy Plénel, se faufileront dans ce créneau.

facebookFacebook ouvre la possibilité à tous ses membres de développer librement leurs applications en ligne et d’en tirer tous les revenus associés. C’est le signal d’une explosion qui fera de Facebook LE phénomène Internet de 2007, témoignant d’un nouveau rapport social entre les individus et éclipsant les MySpace, Second Life ou autres Twitter.

Juin

sarkog815 millions de vidéos vues en 10 jours pour se demander si Nicolas Sarkozy était bourré au G8. Etonnant buzz autour d’une vidéo finalement assez anodine.

Fin d’Arrêt Sur Images après 12 ans de bons et loyaux services. Après polémiques et pétitions, l’équipe de Daniel Schneidermann se délocalise, déménage le big bang blog et prépare son retour en ligne.

Aufeminin.com, leader des magazines féminins en ligne, est racheté à plus de 40% par le groupe allemand Springer, portant ainsi sa valorisation à 284 millions d’euros. Soit 44 millions d’euros de plus que le prix que Bernard Arnault déboursera pour Les Echos au mois de novembre.

Juillet

Agoravox lance sa première enquête participative, une nouvelle expérience d’intelligence collective coordonnée. La première d’entre elles est consacrée à la vaccination.

iab logoL’enquête de l’Interactive Advertising Bureau sur l’e-pub montre une progression des investissements en ligne de 40%. La SNCF reste le premier annonceur. Près de 11% des dépenses publicitaires en France sont désormais consacrées au web, seul segment dynamique du marché publicitaire.

Août

Avec une certaine discrétion, Google devient éditeur en annonçant la possibilité pour les parties prenantes d’une information de venir commenter les Google News qui les concernent. Une solution utilisée sur le Google News U.S. et avec parcimonie.

Un étudiant américain, Virgil Griffith, met en ligne le Wikiscanner, un outil permettant de remonter à la source des modifications anonymes sur Wikipédia. Nombreux sont ceux (partis politiques, entreprises, personnalités) qui sont pris la main dans le sac.

Les étudiants britanniques font plier HSBC en se fédérant sur Facebook : la pétition en ligne réunit plusieurs milliers de membres et permet l’annulation de l’augmentation de leurs agios.

Septembre

Chanel met le paquet avec une opération blogueurs impressionnante.

NYT onlineLe New York Times.com, site média le plus visité au monde, abandonne le modèle payant et rend gratuit l’accès à la totalité des contenus, pariant sur l’accroissement de trafic et des revenus de la publicité.

widgetupsC’est l’année des widgets. UPS consacre l’essentiel de son budget d’achat d’espace 2007 à la promotion on et offline de son compagnon de bureau : sans doute une des campagnes les plus ambitieuses et les plus osées pour un service web (signée McCann Erickson).

Octobre

onslaughtAprès une première campagne très remarquée intitulée « Evolution » qui dénonçait la dictature de l’image, Dove remet le couvert en s’attaquant aux marques dans sa nouvelle campagne, « Onslaught« . Une ligne jaune franchie pour beaucoup, qui rappellent que Dove, c’est Unilever et qu’Unilever, ce sont aussi des marques dont l’attitude est dénoncée… par Onslaught.

radioheadPlus de maison de disques, plus de points de vente : Radiohead utilise le web comme seul canal de lancement de son dernier album, In Rainbows, demandant à l’internaute de payer le prix qui lui paraît juste. Mais combien d’artistes peuvent se permettre une telle folie ?

Le magazine Géo lance ses webreportages : une belle réussite qui illustre l’intégration croissante de l’image en ligne et le phénomène des web TV.

martinePlus qu’un buzz Internet, c’est un véritable phénomène de société : impossible d’échappper au Martine Cover Generator. Casterman demandera la désactivation du site après un mois de franche rigolade pour les internautes.

Jean-Louis Borloo rencontre une assemblée de blogueurs à l’occasion du Grenelle de l’environnement.

zuckerbergFacebook accueille Microsoft dans son capital à hauteur de 1.6% (soit 240 millions de dollars) et annonce la personnalisation de la publicité.

Novembre

Un e-mail mal placé de BETC Euro RSCG à Laurent Gloaguen d’Embruns, doublée d’une campagne de publi-rédactionnels sur des blogs pour Ebay, met le feu à un bout de la blogosphère et relance le débat sur les relations entre les marques et les blogueurs.

C’est la fin de Pointblog, le magazine du blogging. L’audience et le rythme de publication n’auront pas suffi à attirer suffisamment de publicité. Gilles Klein continue avec Le Monde du Blog.

Le baromètre annuel d’IPSOS pour Australie montre un niveau élevé de publiphobie de la part des internautes.

olivennesLe patron de la FNAC Denis Olivennes réussit le joli coup de mettre d’accord les ayant droit de la musique et du cinéma et les fournisseurs d’accès et propose dans son rapport de sanctionner les pirates en coupant leur abonnement à Internet.

L’arrivée de l’iPhone marque le véritable lancement de l’Internet mobile.

Décembre

quidRobert Laffont annonce la fin du Quid papier, victime collatérale de l’abondance d’information en ligne (et peut-être de Wikipédia en particulier).

On semble s’ennuyer au Web3, le congrès international réunissant blogueurs et entrepreneurs de tous horizons à Paris. Peu de nouveautés dans les contenus, mais un « place to be » du networking malgré tout.

Facebook passe le million de membres en France.

Skyblog était un phénomène de société, c’est aussi désormais un phénomène économique : Skyrock annonce gagner davantage d’argent avec ses activités en ligne qu’avec la radio.

manaudouLa publication de photos de Laure Manaudou nue enflamme le web (et les stats de tous ceux qui utilisent les 3 mots magiques : Laure + Manaudou + Nue), mais un travail remarquable des avocats de la nageuse, qui obtiennent le retrait rapide des images là où elles sont publiées, vient démontrer qu’Internet n’est peut-être pas la zone de non-droit que l’on croit.

Bonne fin de fêtes de fin d’année à tous.

Où l’on parle enfin de communication sur Facebook – 2

Suite du post entamé hier, dont l’objet est de gloser sur la communication sur Facebook, un sujet sur lequel on voit me semble-t-il bien peu de littérature, à partir du slide show de Forrester Research que re-voici.

Episode 2 – Le vif du sujet

Forrester évoque ainsi la communication via les groupes et les applications :

– créer un groupe pour fédérer une communauté (et non créer un groupe comme un simple espace publicitaire, comme Gillette a pu le faire, pour prendre un exemple qui n’est pas dans le slide show de Forrester), en utilisant toutes les fonctionnalités des groupes (discussion, photo, vidéo etc.). On a déjà parlé ici du potentiel consumériste de Facebook. (1) et (2)

– créer une application (widget) pour rendre un service aux utilisateurs (d’où par exemple la rumeur sur le rachat de « Where I’ve Been », la carte sur laquel on met en couleurs les pays qu’on a visités, par un acteur du tourisme). Et de préférence une une application utile, sympa, qui soit cohérente avec les codes Facebook, avec un plan pour favoriser sa viralité et un feedback demandé aux utilisateurs. Il est d’ailleurs intéressant de voir comment cette idée fait du développeur une arme de communication.

Forrester ne mentionne pas – mais elle est loin de concerner tout le monde – l’application « Causes » qui permet de recruter voire de lever des fonds (même si c’est très limité) pour les bonnes oeuvres. Un peu de lecture à ce sujet ici et . On citera aussi l’application « events » qui apparaît comme son nom l’indique un grand facilitateur d’événementiel (on en parle rapidement ici mais ce n’est pas rien).

On l’a dit précédemment et c’est aussi ce qui ressort de la présentation de Forrester, sur Facebook il s’agit surtout d’être en contact. Loin d’être un média de masse, Facebook est, à l’image du web 2.0, un outil affinitaire qui permet d’entrer en relation avec des communautés (ou des réseaux, c’est selon). C’est la publicité personnalisée qu’on nous promet (voir la page « flyers » en démo chez Jean-Marie Le Ray), mais c’est aussi (et je pense surtout) l’interaction avec les publics.

La conclusion de Forrester est finalement tout naturelle : faites de la communication, pas de la publicité (j’ai envie de dire : faites des relations publiques). Soyez dans le contenu, dans la conversation.

Groupes, Applications, Causes, Events : on a listé les outils Facebook qui permettent d’être dans le contenu et la conversation plutôt que dans la publicité. Mais au-delà de ce regard nécessairement technique sur l’outil, il me semble qu’il ne faut pas passer à côté de ce qui fait aussi l’essence de Facebook : le fait d’être ensemble.

A cet égard, il me semble que la communication d’une marque ou d’une entreprise sur Facebook est aussi la communication des individus qui sont derrière cette marque ou cette entreprise.

On est d’une certaine façon dans un modèle de RP « de réseau », où il n’y a pas une marque d’un côté et ses publics de l’autre, mais des individus ensemble, certains étant – volontairement ou non – porte-parole de la marque. Et là, on n’est plus, plus du tout, dans le marketing…

PS : les commentaires d’Aymeric, qui se reconnaîtra, sont les bienvenus 🙂

Notes

(1) Je pose une réserve sur les communautés « highly engaged » que décrit Forrester : le problème de beaucoup de groupes Facebook est qu’ils ne fonctionnent qu’en one-shot. Une fois qu’on a adhéré à un groupe, on n’y revient pas (connaissez-vous le groupe « I see the group name, I laugh, I join, I never come back » ?). La question de faire vivre un groupe n’est pas évidente et suppose de mailer régulièrement les membres, chose que ne peut faire que l’administrateur du groupe, qui a intérêt à avoir de bonnes raisons de le faire.

(2) Et pour être tout à fait justes rappelons que le slide 34 de l’étude de référence de Fabernovel sur Facebook, dont on a déjà parlé ici, dit à peu près la même chose que Forrester : les taux de clics sur les bandeaux publicitaires étant très, très bas, l’idée est de faire interagir les internautes autour de la marque notamment en utilisant les groupes.