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Le Président mytho de Facebook : quels enseignements ?

Edit 11/1 : je suis complètement interdit par cet article de Challenges signé Gilles Fontaine (rédac-chef adjoint), paru le 10 janvier soit une bonne semaine après que l’affaire a été démontée. Malgré plusieurs passages clairement ironiques, seule la lecture du blog de l’auteur m’a (vaguement) rassuré sur le fait qu’il n’était pas dupe. Subtil, très (trop) subtil.

Petit retour sur une affaire qui vient de faire beaucoup de bruit, l’annonce de l’élection du « Président Français de Facebook », Arash Derambarsh. On y voit maintenant à peu près clair et je vous encourage à lire la chronologie des événements retracée par Gilles Klein pour @si.

arash

L’affaire est intéressante d’abord pour voir comment les médias ont embrayé en reprenant des informations erronées sans les vérifier et rappelle à certains égards des impostures plus bluffantes encore, ou plus grave, c’est selon, comme celle d’Alexis Debat.

Je suis par ailleurs assez étonné de certaines réactions d’acteurs ayant « plongé » et qui ont un mal fou à reconnaître leur erreur dans l’affaire Derambarsh (à noter : Jean-François Achilli de France Inter s’explique sur @si), ainsi que de l’absence de rectificatifs sur les sites de médias qui s’étaient laissé berner.

Cette affaire pose plusieurs questions – bien connues.

D’abord, la question « blogueurs vs. journalistes ? » : il serait tentant de faire de cette affaire un cas d’école : des blogueurs qui sonnent l’alerte (je pense en priorité à Aziz Haddad sur Mashable), alors que les médias panurgiques reprennent largement une info erronée.

Ce n’est pourtant pas si simple : des blogueurs ont aussi plongé comme les journalistes et certains journalistes ont aussi vérifié l’info et dénoncé la supercherie (Gilles Klein : « @rrêt sur images contacte par courriel le siège de Facebook, qui confirme n’avoir aucun rapport ou contact avec cette soi-disante « élection » et Estelle Dumout de ZDnet dans cet article). Sans compter qu’un des « blogueurs » ayant remis les pendules à l’heure, Emmanuel Parody, se définit comme journaliste.

Une autre question que je me suis posée est « offline vs. online ? » : les reprises de l’information n’ont-elles pas été accélérées par le support web, moins prompt à vérifier l’information et davantage soumis à la pression de l’immédiateté ? Cette question était en fait caduque – j’ignorais qu’Arash Derambarsh avait fait l’objet d’une couverture presse écrite et TV bien avant l’annonce de son élection. On est bien dans le cas d’un bluff généralisé, quel que soit le support.

Il n’empêche que le web a contribué à la diffusion des fausses informations et on voit dans une affaire comme celle-là sa fonction paradoxale : être capable de produire du « mauvais bruit » comme être capable de le corriger rapidement (contrairement d’ailleurs aux autres supports où je n’ai pas connaissance de mea culpas).

Que retenir de tout ceci ? Les frontières entre les acteurs étant bien brouillées, la principale distinction entre ceux qui ont plongé et ceux qui ont vu clair me semble tout simplement relever de l’expertise : les non-experts se sont fait avoir, les experts ont joué leur rôle – journalistes ou blogueurs. La société a besoin d’experts, si les journalistes ne remplissent pas cette fonction (les contraintes économiques en décident autrement actuellement, avec de plus en plus de journalistes peu spécialisés), il faut espérer que d’autres le feront.

PS : cette polémique pourrait avoir fait naître des doutes sur le nombre d’utilisateurs de Facebook, Derambarsh utilisant le chiffre de 100 millions dans le monde. Il n’est pas très compliqué de vérifier ce chiffre, il suffit de se rendre sur la page « advertisers » de Facebook et de consulter les données d’utilisateurs pour chacun des pays proposés (47 en tout). En refaisant le compte ce soir, j’arrive précisément à 55 840 520 utilisateurs déclarés par Facebook. En y ajoutant les utilisateurs des pays non listés (pas plus de quelques dizaines de milliers par pays s’ils ne font pas partie de la liste affichée), on peut ajouter tout au plus 2 ou 3 millions d’utilisateurs supplémentaires. Ce résultat est cohérent (quoique légèrement en-dessous) avec le chiffre de 60 millions utilisé par les gens sérieux comme Mashable ou ZDnet.

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Advertising Age change la méthodo du classement des blogs Power 150

power 150

Dans la série « réflexions sur l’évaluation de l’influence en ligne » (ce que Joïakim appelle le Graal)…

… Nous avions parlé au mois d’août du classement Power 150 d’AdAge, un classement des blogs médias et marketing dont l’originalité était de croiser plusieurs critères :

– des critères de reconnaissance essentiellement basés sur les liens entrants (PageRank et Technorati)

– un critère d’audience (nombre d’abonnés Bloglines)

– et l’originalité de ce classement imaginé par Todd Andrlik : une note subjective de qualité du blog qui représentait 20% de la note totale

Le constat que nous faisions : la mixité des critères produisait un résultat intéressant ; le rôle du PageRank était extrêmement relatif ; l’utilisation d’un critère qualitatif était une bonne nouvelle.

Nous étions donc contents mais voilà-t-y-pas que nous sommes en 2008 et que Todd Andrlik et AdAge se sont entre-temps amusés à modifier la méthodo pour la complexifier. J’ai cherché des explications, mais celles que j’ai trouvée n’en sont pas vraiment (si ce n’est que Todd Andrlik utilise le feedback de ses lecteurs).

Quels changements constate-t-on?

– on est passé de 4 à 8 critères (et d’une note sur 75 à une note sur 150)

le PageRank est utilisé de façon plus relative que jamais : il représente un total de 10 points sur 150 au lieu de 10 points sur 75. Donc presque rien. Voilà qui va dans le sens de ceux qui comme Olivier Andrieu disent que le PageRank « public » ne signifie plus grand-chose

le quanti reprend le dessus sur le quali, et c’est dommage. Tous les critères qui ont été ajoutés sont quanti et la note « subjective » attribuée par Todd Andrlik ne représente que 15 points sur 150 au lieu de 15 sur 75.

le vainqueur de cette opération est Technorati, dont 3 indicateurs sont utilisés et qui fournissent 70 points sur 150 : le « ranking » du blog étudié, son « autorité » (nombre de blogs différents ayant mis un lien vers le blog étudié) et les « InLinks », c’est à dire le nombre de liens entrants. Si vous voulez y voir clair, on prend l’exemple du premier du classement Power 150, le blog de Seth Godin : à cet instant d’après Technorati son ranking est 15, son autorité est 9079, son nombre de liens est 39 484.

– la notion d’audience est désormais utilisée avec deux critères : le score Alexa (sur 15), qui vient d’être ajouté, et le nombre d’abonnés via Bloglines (sur 10).

– davantage de points pour les calculs basés sur les liens entrants : le classement ajoute désormais les liens Yahoo!, et donc les 3 critères issus de Technorati (ainsi que d’une certaine manière, le PageRank).

Résumons :

– la note quali passe de 20% à 10% de la note finale

– les indices d’audience passent de 27% à 17% de la note finale

– les indices basés sur les liens passent de 53% à 73% de la note finale.

Le classement, que l’on peut voir ici, me semble donc basé sur une méthodo moins équilibrée que l’ancienne. Cela n’empêche pas Seth Godin de rester en première place, mais je vois dans le haut du classement beaucoup de blogs sur le SEO (référencement), ce qui n’était pas le cas dans l’ancienne version. La mesure par les liens mérite-t-elle de produire les 3/4 de la « valeur » d’un blog ? Je m’interroge.

Quoiqu’il en soit, ce classement conserve sa valeur première : être un annuaire de sources sur les médias, le marketing et la communication en général.

Sur le même sujet : « Du rôle de la notion d’audience dans l’évaluation de « l’influence » sur le web« 

Rétrospective 2007 : l’année web

La fin d’année est traditionnellement l’heure des bilans. Internet et Opinion n’y échappe pas et vous propose de revisiter 2007 à travers une sélection subjective des événements qui nous ont le plus marqué.

Janvier

5thThierry Crouzet publie Le Cinquième Pouvoir, un des (finalement) rares essais sur les effets de la participation sur Internet.

Coca-Cola consacre plus d’un quart du budget de lancement de Coca-Cola Zero à Internet : le record pour les gros lancements en ce début 2007.

Février

David Neeleman, patron fondateur de jetBlue, utilise YouTube pour s’adresser directement à ses clients à l’issue de la plus grande crise de l’histoire de la compagnie : une vidéo, « Our Promise To You », qui restera dans les annales de la gestion de crise en ligne.

DailyMotion, YouTube et les skyblogs sont les accélérateurs du mouvement qui envahit les dancefloors et les rues : la Tecktonik.

Mars

Le buzz de ce début d’année est l’oeuvre du magazine Choc (dont les ventes s’effondrent), pour qui l’agence Buzzman a conçu une campagne autour d’une vraie-fausse vidéo du pétage de plombs de Jean-Luc Delarue dans l’avion.

summizeLancement de Summize, nouveau modèle de consumérisme en ligne, dont on attend un équivalent français avec impatience.

La net-campagne bat son plein et est un terrain d’expérimentation pour les politiques qui utilisent le web au maximum de ses possibilités, allant jusqu’à investir Second Life, et pour les médias, qui font évoluer leurs formules en ligne pour y intégrer le maximum d’interactivité.

Avril

lifeL’emblématique magazine Life cesse sa parution : le Paris-Match américain n’existera plus qu’en ligne.

Consolidation dans la publicité en ligne : Google s’offre DoubleClick pour 3,1 milliards de dollars. Un mois plus tard, Microsoft rachète aQuantive pour 6 milliards de dollars.

Mai

Steve Jobs annonce une série de mesures visant à rendre Apple plus verte : c’est le résultat d’un travail de lobbying en ligne mené par Greenpeace depuis 9 mois au travers du site GreenMyApple.

Contrairement au référendum, les résultats de la campagne présidentielle ne reflètent que modérément le débat en ligne.

rue89Lancement le 6 mai de Rue89.com, première expérience online française de journalisme « hybride », où des journalistes issus de Libération encadrent des contributions extérieures de non-professionnels de l’information. Après 6 mois d’existence, Rue89 est l’auteur remarqué de plusieurs scoops et réalise près d’un million de visiteurs mensuels. D’autres projets comme Lepost.fr (groupe Le Monde) ou MediaPart, le projet d’Edwy Plénel, se faufileront dans ce créneau.

facebookFacebook ouvre la possibilité à tous ses membres de développer librement leurs applications en ligne et d’en tirer tous les revenus associés. C’est le signal d’une explosion qui fera de Facebook LE phénomène Internet de 2007, témoignant d’un nouveau rapport social entre les individus et éclipsant les MySpace, Second Life ou autres Twitter.

Juin

sarkog815 millions de vidéos vues en 10 jours pour se demander si Nicolas Sarkozy était bourré au G8. Etonnant buzz autour d’une vidéo finalement assez anodine.

Fin d’Arrêt Sur Images après 12 ans de bons et loyaux services. Après polémiques et pétitions, l’équipe de Daniel Schneidermann se délocalise, déménage le big bang blog et prépare son retour en ligne.

Aufeminin.com, leader des magazines féminins en ligne, est racheté à plus de 40% par le groupe allemand Springer, portant ainsi sa valorisation à 284 millions d’euros. Soit 44 millions d’euros de plus que le prix que Bernard Arnault déboursera pour Les Echos au mois de novembre.

Juillet

Agoravox lance sa première enquête participative, une nouvelle expérience d’intelligence collective coordonnée. La première d’entre elles est consacrée à la vaccination.

iab logoL’enquête de l’Interactive Advertising Bureau sur l’e-pub montre une progression des investissements en ligne de 40%. La SNCF reste le premier annonceur. Près de 11% des dépenses publicitaires en France sont désormais consacrées au web, seul segment dynamique du marché publicitaire.

Août

Avec une certaine discrétion, Google devient éditeur en annonçant la possibilité pour les parties prenantes d’une information de venir commenter les Google News qui les concernent. Une solution utilisée sur le Google News U.S. et avec parcimonie.

Un étudiant américain, Virgil Griffith, met en ligne le Wikiscanner, un outil permettant de remonter à la source des modifications anonymes sur Wikipédia. Nombreux sont ceux (partis politiques, entreprises, personnalités) qui sont pris la main dans le sac.

Les étudiants britanniques font plier HSBC en se fédérant sur Facebook : la pétition en ligne réunit plusieurs milliers de membres et permet l’annulation de l’augmentation de leurs agios.

Septembre

Chanel met le paquet avec une opération blogueurs impressionnante.

NYT onlineLe New York Times.com, site média le plus visité au monde, abandonne le modèle payant et rend gratuit l’accès à la totalité des contenus, pariant sur l’accroissement de trafic et des revenus de la publicité.

widgetupsC’est l’année des widgets. UPS consacre l’essentiel de son budget d’achat d’espace 2007 à la promotion on et offline de son compagnon de bureau : sans doute une des campagnes les plus ambitieuses et les plus osées pour un service web (signée McCann Erickson).

Octobre

onslaughtAprès une première campagne très remarquée intitulée « Evolution » qui dénonçait la dictature de l’image, Dove remet le couvert en s’attaquant aux marques dans sa nouvelle campagne, « Onslaught« . Une ligne jaune franchie pour beaucoup, qui rappellent que Dove, c’est Unilever et qu’Unilever, ce sont aussi des marques dont l’attitude est dénoncée… par Onslaught.

radioheadPlus de maison de disques, plus de points de vente : Radiohead utilise le web comme seul canal de lancement de son dernier album, In Rainbows, demandant à l’internaute de payer le prix qui lui paraît juste. Mais combien d’artistes peuvent se permettre une telle folie ?

Le magazine Géo lance ses webreportages : une belle réussite qui illustre l’intégration croissante de l’image en ligne et le phénomène des web TV.

martinePlus qu’un buzz Internet, c’est un véritable phénomène de société : impossible d’échappper au Martine Cover Generator. Casterman demandera la désactivation du site après un mois de franche rigolade pour les internautes.

Jean-Louis Borloo rencontre une assemblée de blogueurs à l’occasion du Grenelle de l’environnement.

zuckerbergFacebook accueille Microsoft dans son capital à hauteur de 1.6% (soit 240 millions de dollars) et annonce la personnalisation de la publicité.

Novembre

Un e-mail mal placé de BETC Euro RSCG à Laurent Gloaguen d’Embruns, doublée d’une campagne de publi-rédactionnels sur des blogs pour Ebay, met le feu à un bout de la blogosphère et relance le débat sur les relations entre les marques et les blogueurs.

C’est la fin de Pointblog, le magazine du blogging. L’audience et le rythme de publication n’auront pas suffi à attirer suffisamment de publicité. Gilles Klein continue avec Le Monde du Blog.

Le baromètre annuel d’IPSOS pour Australie montre un niveau élevé de publiphobie de la part des internautes.

olivennesLe patron de la FNAC Denis Olivennes réussit le joli coup de mettre d’accord les ayant droit de la musique et du cinéma et les fournisseurs d’accès et propose dans son rapport de sanctionner les pirates en coupant leur abonnement à Internet.

L’arrivée de l’iPhone marque le véritable lancement de l’Internet mobile.

Décembre

quidRobert Laffont annonce la fin du Quid papier, victime collatérale de l’abondance d’information en ligne (et peut-être de Wikipédia en particulier).

On semble s’ennuyer au Web3, le congrès international réunissant blogueurs et entrepreneurs de tous horizons à Paris. Peu de nouveautés dans les contenus, mais un « place to be » du networking malgré tout.

Facebook passe le million de membres en France.

Skyblog était un phénomène de société, c’est aussi désormais un phénomène économique : Skyrock annonce gagner davantage d’argent avec ses activités en ligne qu’avec la radio.

manaudouLa publication de photos de Laure Manaudou nue enflamme le web (et les stats de tous ceux qui utilisent les 3 mots magiques : Laure + Manaudou + Nue), mais un travail remarquable des avocats de la nageuse, qui obtiennent le retrait rapide des images là où elles sont publiées, vient démontrer qu’Internet n’est peut-être pas la zone de non-droit que l’on croit.

Bonne fin de fêtes de fin d’année à tous.

Grève et rapport de forces off contre on-line : le cas du blocage de Paris I

rubrique-1_01.gifVu chez Rue 89 : une consultation en ligne sur le blocage de la fac. Cette initiative de la présidence de l’université de Paris-I n’a rien d’anodine : elle permet de contrebalancer le rapport de force mis en place par les étudiants en grève (pour voir le communiqué de presse de la présidence, c’est ici; pour voir d’autres réactions issues du site Bella Ciao c’est par et ).

Dans la tradition syndicale étudiante, bloquer des bâtiments, organiser de manière très cadrée les Assemblées Générales, assurer le bon déroulement des manifestations et les prises de paroles médiatiques sont autant de manière pour rendre visible un rapport de force en leur faveur. Pour les autres, être contre signifie généralement ne pas avoir les moyens ni les lieux pour réagir, s’organiser et s’exprimer. Les syndicats ont la capacité d’aggréger autour d’eux. Les étudiants non favorables au blocage, eux, votent plutôt avec leur pieds. Tous ceux qui ont été étudiants et intéressés par les questions universitaires trouveront bien un exemple de la difficulté à prendre la parole dans une AG, à entamer une discussion contradictoire et être tout simplement écouté. D’où, généralement, l’instauration d’une spirale du silence du côté des étudiants non convaincus d’un arrêt des cours.

Une consultation sur Internet, faites dans les formes, rend ainsi plus aisée l’expression de tous et dans le cas présent la reprise en main de l’initiative par l’institution universitaire (même si dans ce cas, je suis très sceptique sur la manière dont la question de la consultation a été formulée). Les résultats diffusés aggrégent les voix contre le mouvement. Ils rendent visibles et appréhendables une autre opinion. Avec Internet, ce sont aussi les manières de donner de la voix, d’exprimer son opinion qui changent et rentrent en concurrence. Instrumentalisé ou non, c’est peut-être aussi ça le cinquième pouvoir ?

Mise à jour de François, 17/11 : nous avons la réponse de Thierry Crouzet à cette question. 

10 reasons why PR provides the best online communication

(This is an English translation of a French post. Original -with links- here)

(Ceci est une traduction d’un post en français. Original -avec les liens- ici)
For some time I’ve been meaning to write a little note outlining the benefits of online PR. So here we go, with this catchy title: ten reasons why we PR professionals provide the smartest online service 🙂
Based on the customer’s objectives (generating traffic or sales, enhancing public image, etc.), the ten reasons are:
1. “Eyeballs” dodge online advertising. They go straight to the content. Eye-tracking surveys are astonishing in this respect. Moreover, refer to the Ipsos Australia study of November 15: “Internet users becoming adverse to advertising”.
2. Content cannot be purchased. Not without taking a serious risk.
3. Free advertising from “the buzz” is more of a myth than anything else.
4. It turns out, the Internet is not a mass media. It is made up of a set of affinity networks know as – exaggeratedly – “communities”. The Web is a highly decentralised realm, in which one needs to identify opinion leaders and know how to address them. According to Arthur Kannas, founder of the Heaven agency:

“Our vision takes the decentralised nature of the Web as its starting point. We believe it is better to teach brands to take into account all the places where their consumers are, rather than make them spend a lot of money to take them to a single place, for instance a brand website.”

5. User-generated content is credible. The brand is not alone in expressing itself, audiences gain a share of voice.

6. To address audiences effectively, one needs non-intrusive, interactive, personalised and sincere relations. Bad practices create bad noise.

7. Search engines have become reputation management systems. They only offer up “official” information as one of many sources, so it’s better to generate coverage than be subjected to it.

8. Take a look at the tips for website referencing suggested by online experts: their leitmotiv is always the quality of the content.

9. Even a purely technical reading of referencing criteria take us back to good PR practices. In particular, incoming links are an important factor – and what’s the best way of generating incoming links if not… a PR campaign?

10. Web-writing is not so specific. What’s important is… writing well.

It is quite clear that “PR lives”. Of course, everything I say refers to good PR. The kind that respects its audiences and follows Seth Godin’s brilliant rule:

“So, the smart PR folks (the successful ones) struggle to make their lists smaller and smaller. The lazy ones just try to make them bigger.”

Du rôle de la notion d’audience dans l’évaluation de « l’influence » sur le web

« Ce site / blog / média en ligne est-il influent ? ». C’est une des questions les plus courantes, j’allais dire tarte à la crème, dans les RP online. Que la couverture soit voulue ou subie, favorable ou défavorable, analytique ou irréfléchie, morale ou factuelle, étayée ou superflue, chaque fois qu’on parle de vous la question se pose et le rôle du conseil est de donner les clés de décryptage de « l’influence » ou de « l’importance » d’une couverture donnée sur un site donné.

Cette analyse d’influence repose à la fois sur la couverture elle-même (importance du sujet abordé aux yeux du client, nature et crédibilité des arguments, etc.) et sur le lieu où ce billet est déposé. D’où la question ci-dessus : « ce site est-il influent ou pas » ?

Sans vouloir entrer dans le détail de ce qu’on appelle l’influence sur le web (d’ailleurs personnellement je ne suis pas à l’aise avec l’usage permanent qui est fait de ce terme), on distingue trois niveaux d’analyse – complémentaires et imbriqués – pour apporter une réponse :

1. les indicateurs de reconnaissance dont le site / blog bénéficie (par exemple, la notion d’autorité basée sur les liens entrants Technorati, le PageRank Google, etc.)

2. les indicateurs de qualité du site (richesse / fréquence de la ligne éditoriale, commentaires, graphisme, etc.) qui sont analysés par l’oeil humain.

3. les indicateurs d’audience (c’est quand même bien de savoir combien de gens passent sur ces pages)

Toutes ces méthodes apportent quelque chose. Aucune de ces méthodes n’est satisfaisante. On en avait déjà parlé sur ces pages (d’ailleurs, ça me ferait plaisir si vous cliquiez ici pour aller relire notre papier d’analyse sur la méthodo du classement des blogs média et marketing d’Advertising Age).

Et on en a eu une nouvelle preuve récemment sur le troisième critère que je cite ici et qui est celui sur lequel nous allons nous attarder : l’audience.

Mais revenons un instant sur la notion d’audience en RP.

Si l’audience est le Graal en publicité, elle n’en est pas moins une notion majeure dans l’évaluation RP traditionnelle. Evaluation RP traditionnelle qui, si elle est compliquée et délicate, peut au moins s’appuyer sur des données de diffusion certifiées pour la majorité des titres de presse professionnelle : merci l’OJD.

Pas d’OJD de système de mesure généralisé de l’audience sur le web. Ou si peu. La notion d’audience des sites et des blogs en particulier est aussi mystérieuse que l’affaire des disparues de la gare de Perpignan (je regarde beaucoup Faites entrer l’accusé). Alors, des mesures d’audience, on en a : Médiamétrie, OJD Internet, Nielsen Netratings, Comscore… mais on parle de mesures – pas forcément publiques – qui concernent un nombre limité de sites à forte audience (il faut un minimum de 30 000 visiteurs uniques pour entrer dans Médiamétrie).

« Un nombre limité de références à forte popularité »… ça ne vous dit rien ? Bon sang mais c’est bien sûr : on est dans le haut de la longue traîne médiatique. La longue traîne médiatique, on en a déjà parlé sur ces pages : c’est l’idée, forcément schématique, qu’Internet, en facilitant la possibilité pour chacun de créer son propre média, donne (ou renforce, c’est selon) au paysage des médias une forme de longue traîne :

– des références en nombre limité qui ont de fortes audiences d’un côté (les médias « professionnels »)

– des références en très grand nombre avec des audiences de niche de l’autre, qui tendent vers zéro (les médias « personnels »).

(By the way rappelons que LiveJournal, un des services de blogs les plus populaires aux Etats-Unis, a indiqué que l’audience MOYENNE de ses 12.5 millions de blogs était de 7 lecteurs. Sept. Si c’est pas de la longue traîne, ça…)

longtail

Donc, puisque la question posée ici c’est : « et comment je fais pour savoir si ce site qui parle de moi est influent ? » et puisque là où je veux en venir, c’est la nécessaire prudence qu’il faut avoir avec la notion d’audience sur le web, on va dire que les méthodes « certifiées » de mesure d’audience, pour le conseil en RP, portent uniquement sur le haut de la longue traîne médiatique (en vert sur le graphe).

Et donc, comment je fais pour le bas de cette longue traîne (en jaune) ? Comment je fais quand, dans 97% des cas, je suis cité sur un blog dont l’audience n’est pas indiquée dans ces panels ?

Tentation : s’appuyer sur les « nombres d’abonnés au flux RSS » souvent (mais pas toujours, loin de là) affichés sur les blogs – vous savez, ces « XXXX readers » Feedburner qui nous disent que TechCrunch a « 154 K lecteurs », que Loïc Le Meur en a 25 279, que GuiM en a 1509 ou que Henri Labarre en a 7420 (on s’était même amusés il y a quelques semaines, sur i&o, à relever le nombre d’abonnés « déclarés » dans le top 50 de Wikio).

154Klecteurs

(TechChrunch compte les abonnés par 1000, comme i&o prochainement d’ailleurs)

Et bien non ou en tout cas : gaffe. La lisibilité des audiences du web « longue traîne » est encore moindre que ce qu’elle n’y paraît. C’est d’ailleurs l’objet de billets récents chez Emmanuel Parody et 2803 (à la suite d’un billet de Mashable U.S). Vous pensiez que le nombre d’abonnés indiqués par certains blogs allaient vous tirer de votre mauvais pas ? Que nenni. Tout porte à penser qu’il faut être extrêmement méfiants vis-à-vis de ces données.

Sans vouloir faire trop technique, on distingue plusieurs problèmes :

– les stats artificiellement gonflées par les moteurs de recherche qui indexent les flux (ça concerne tous les sites)

– les stats artificiellement gonflées par la présence du flux RSS dans un « package promotionnel » d’un service type Google Reader (ex : je m’abonne à Google Reader, on me met d’office un certain nombre de flux RSS en surveillance) : d’où des abonnés qui ne LISENT PAS les flux (ça concerne les gros sites)

– sans parler du décalage entre les stats d’abonnements au flux RSS et les stats « publiques » du site : si l’intégralité du contenu est dispo sur le flux RSS, je n’ai pas de raison de me rendre sur le site

– et (ça c’est moi qui le dis) le problème posé par la gratuité de l’abonnement : contrairement à la presse papier, on s’abonne mais on ne se désabonne jamais (ou si peu).

On peut observer ces décalages comme Henri Labarre l’a fait en jouant avec Google Reader : faire « add suscription » en entrant un bout d’url du blog recherché et voir le résultat (et après ça on préfère admirer son compteur WordPress). Pour ce qui le concerne, Feedburner indique environ deux fois plus de lecteurs via Google Reader… que Google Reader lui-même.

La compréhension de la notion d’audience, en tant que clé de lecture de l’influence, est donc encore plus complexe qu’il n’y paraît sur le web.

MAIS.

Mais est-ce que c’est grave ?

Pas pour les gens de publicité, mais pour les gens de RP, je veux dire.

Réfléchissons un instant : la notion d’audience a surtout du sens quand elle porte sur des sites dont les niveaux d’audience sont élevés (vous allez me dire, c’est quoi un niveau d’audience élevé et là je suis mal parce qu’effectivement je n’en sais rien. Mais vous allez voir où je veux en venir). Et quand les niveaux d’audience sont différenciés d’un média à l’autre.

Exemple : on réfléchissait récemment avec un client au choix d’un média papier à qui proposer une belle info. La réflexion a surtout été conduite autour de la cohérence rédactionnelle / profil du lecteur par rapport à l’info en question / image du support, mais aussi quand même un peu par rapport à l’audience du média. Et là, dans notre « short list », on avait des supports dont la diffusion variait de plus ou moins 100 000 exemplaires.

Les audiences des blogs, elles, ne varient pas de 100 000 lecteurs. C’est justement tout le principe de la longue traîne médiatique décrit plus haut : audiences de niche, peu différenciées.

Donc est-ce qu’on a besoin de connaître exactement ces audiences, puisque les blogs sont par définition et dans l’ensemble sur de « petites » audiences ? C’est ici qu’il nous faut rappeler que la réflexion « traditionnelle » de stratégie de communication fonctionne différemment sur le web. Elle obéit grosso modo à 3 finalités :

I. on est moins là pour faire de l’audience que pour parler à un public bien qualifié (ce qui est est complètement naturel dans les RP, au passage) – les fameuses « communautés » (qui ne sont d’ailleurs pas vraiment des communautés mais bon), ces relais d’opinion dont les niveaux d’expertise sont, on l’espère en tout cas, assez élevés sur leur sujet. On est dans une logique d’hyperqualification plus que d’audience.

II. on est aussi là pour « rendre un message disponible » : et oui, la navigation sur le web c’est beaucoup de search. L’idée des RP en ligne étant justement d’essaimer un message pour le rendre plus facilement accessible dans l’espace profondément décentralisé qu’est le web (notons à nouveau que cette idée « d’essaimer » est complètement naturelle dans les RP). C’est à dire faire en sorte que celui qui se renseigne puisse trouver son info : on agit alors moins sur de la puissance (audience) que sur de la crédibilité et de la conviction.

III. enfin on bénéficie du retour d’expérience du consommateur, dont les réactions ont souvent beaucoup de choses à apprendre à la marque. Soit une logique bottom-up.

Vous allez donc me dire : tout ce papier pour démolir la notion d’audience.

Mais nooooooooooooon.

On est bien contents, quand on a des audiences connues et fiables. Ca aide bien à la comprendre, cette mystérieuse « influence » sur le web.

Mais (et hop, résumé de l’article) : il y a deux points de relativisation de l’audience quand on fait des RP en ligne (au fait, « RP » c’est à dire : quand on apporte un message à un public).

1. la finalité de ces stratégies porte moins sur l’audience (la masse) que sur ce que je viens de lister en 3 points (vous remontez les yeux svp sur les I, II et III, je ne vais pas les recopier, je radote assez comme ça)

2. la compréhension de « l’influence » d’un site s’appuie sur la complémentarité de plusieurs critères (et là c’est au début de l’article que l’on remonte et ce sont les chiffres arabes, pas romains), l’audience n’étant que l’un d’eux. Et l’œil humain n’étant pas le moindre.

L’écrit sur l’écran : analyse et conseils du Professeur Roger Chartier

logocdf.jpgQuand nous avons commencé à réfléchir à Internet & Opinion, la première chose qui nous est venue à l’esprit tournait autour d’une question grossière et un peu floue : que change Internet à nos opinions? On s’interrogeait donc, entre autres choses, sur le rôle de la matérialisation des idées.

Une contribution de taille à cette question est celle de Roger Chartier qui avec d’autreschartier.jpg a tenté d’analyser les enjeux des « écrits d’écrans » (une autre de ses communications se trouve par là; son point de vue d’historien sur les droits d’auteurs, c’était en 2005 et c’est toujours aussi intéressant). Sa leçon inaugurale au Collège de France est l’occasion de parler de son travail. Les plus intéressés pourront lire des longs extraits dans Le Monde sous le titre : L’écrit et l’écran, une révolution en marche (espérons que la page reste disponible à tous… merci d’avance Bruno Patino) .

Je pense pouvoir affirmer, sans trahir j’espère sa pensée, qu’une des idées de Chartier est la suivante : ce que nous voyons en ce moment même avec Internet fait écho à des pratiques éloignées et oubliées de circulations très particulières des textes. Chartier, dans ses cours montrait (et il le fait encore dans sa leçon inaugurale) comment il existait toute une circulation éphémère de textes, où la question de l’auteur n’était pas stabilisée , où l’on reprenait et modifiait les histoires etc. Ca ne vous rappelle pas quelque chose ?

Ce qui me semble particulièrement intéressant dans sa leçon, concerne les principes d’analyses qu’il emploie pour travailler et qui font sens à mon avis pour celui qui veut comprendre la circulation des idées et les usages dits « nouveaux ». Pour Chartier, l’enjeu fondamental est le suivant :

comprendre comment les appropriations particulières et inventives des lecteurs, des auditeurs et des spectateurs dépendent, tout ensemble, des effets de sens visés par les textes, des usages et des significations imposés par les formes de leur publication, et des compétences et des attentes qui commandent la relation que chaque communauté de lecteurs entretiennent avec la culture écrite.

Un second principe d’analyse, défendu par bien d’autres chercheurs (et l’on y reviendra moins pompeusement un de ces jours) est de :

« lier la puissance des écrits qui donnent à lire, ou à entendre [les représentations] avec les catégories mentales, socialement diffirenciées, qui sont les matrices des classements et des jugements ».

Quand l’on pense opinion on pense trop souvent (ou trop vite ou trop facilement) information sans se rendre compte que les représentations se jouent aussi (et peut-être surtout) dans les productions culturelles.

Enfin, Chartier rappelle l’importance de comprendre un objet présent par l’histoire dans lequel il s’inscrit et dont il emprunte des formes, des références, des caractéristiques :

cette possession [de la maîtrise historique] ou son absence distingue les savants des naïfs et elle porte les diverses relations que chaque oeuvre nouvelle entretient avec le passé : l’imitation académique, la restauration kitsch, le retour aux anciens, l’ironie satirique, la rupture esthétique.

475px-don_quixote_1.jpgDon Quichotte est l’exemple le plus connu de cette importance du contexte historique dans lequel s’inscrit cette oeuvre pour saisir toute son épaisseur .

So what dirons certains. Chartier nous rappelle simplement quelques principes de lecture et d’analyse sérieuses pour comprendre les productions actuelles – même si lui s’approche en historien d’objets très lointains pour la plupart d’entre nous. Il évoque, après bien d’autres, l’importance du métier d’historien qui contribue « à un diagnostic plus lucide sur les tranformations qui enthousiasment ou inquiétent ses contemporains ».

Il suffit de lire le début de sa leçon pour comprendre les implications actuelles de son travail. Mais ça, je vous laisse découvrir.

Sicko : Michael Moore et la gestion de la critique sur Internet

sickoVu Sicko hier. Ce billet non pas pour revenir sur la façon dont Michael Moore présente les systèmes de santé américain, canadien, anglais et français, mais sur ce qui intéresse naturellement un blog comme Internet et Opinion : la fin du film.

Il y est question du principal site anti-Michael Moore, MooreWatch. Le plus simple est de vous inviter à regarder la vidéo qui se trouve ici ou de lire la retranscription de ce passage de Sicko; une véritable démonstration de gestion de l’opinion sur Internet :

“That’s when I heard that the man who runs the biggest anti Michael Moore web site on the internet was going to have to shut it down. He could no longer afford to keep it up because his wife was ill and they couldn’t afford to pay for her health insurance. He was faced with a choice of either keep attacking me or pay for his wife’s health. Fortunately, he chose is wife. But something seemed wrong about being forced into such a decision. Why, in a free country, shouldn’t he be able to have health insurance, and exercise his first amendment right to run me into the ground? So I wrote a check for the twelve thousand dollars he needed to keep his wife insured and in treatment and sent it to him anonymously. His wife got better and his web site is still going strong.”

Allez, on fait l’effort de traduire :

« C’est alors que j’ai entendu dire que l’auteur du principal site anti-Michael Moore allait devoir le fermer. Il ne pouvait plus s’y consacrer car sa femme était malade et ils ne pouvaient pas payer son assurance santé. Il avait le choix entre continuer à m’attaquer ou payer les soins de sa femme. Heureusement, il a choisi sa femme. Mais il y avait quelque chose de bizarre dans le fait de se retrouver face à une telle alternative. Pourquoi, dans un pays libre, ne pourrait-il pas faire soigner sa femme et exercer son droit à me traîner dans la boue ? Je lui ai donc fait un chèque avec les 12000 dollars dont il avait besoin pour conserver l’assurance et faire soigner sa femme, et lui ai envoyé anonymement. Sa femme va mieux et son site se porte bien ».

Très voltairien, tout cela. Mais ce que le film ne peut pas raconter, c’est la réaction de Jim Kenefick, l’auteur du site concerné (ils sont en réalité plusieurs). Pas d’énorme surprise, en fait : Kenefick dénonce dans un billet la finalité de Moore (inclure ce passage dans le film), le fait que le site n’allait pas fermer (une exagération un peu borderline de Moore sans doute), se dit manipulé (« used me ») et continue les attaques.

Mais visiblement l’un des effets visés par Moore se produit : le site et les boîtes mail de ses auteurs sont inondés de messages pro-Moore. Kenefick installe alors un « avertissement » tout en haut de la homepage : « si vous êtes ici parce que vous avez entendu parler de MooreWatch en voyant Sicko, cliquez ici« .

Il y précise notamment qu’il a remércié Moore et qu’il lui en est reconnaissant ; qu’il ne faut pas confondre les différents auteurs du site ; que les lecteurs du site l’avaient sauvé avant que Moore ne fasse son chèque ; que les captures du site surlignées dans Sicko ne correspondent pas à l’histoire qu’il raconte ; sa femme ne « va pas mieux » (« got better »), sa santé s’améliore (« she is getting better ») ; enfin, qu’il faut tout questionner.

Il rend même hommage à Moore d’une certaine façon en sous-titrant son site :« 

…The biggest anti-Michael Moore website on the internet… » – Michael Moore

N’empêche : l’effet de Moore est au final particulièrement efficace est sert complètement la démonstration qu’il fait dans Sicko. Le film aura touché bien davantage de monde que le site, même en ayant reçu cette publicité inespérée… Il aura même réussi à noyauter le site en y envoyant la « communauté Moore ». Bref, c’est assez génial niveau efficacité.

Financer son ennemi pour gagner en stature et le neutraliser tout en servant sa démonstration : pourrait-on imaginer une entreprise agir de la même façon ?

Les blogueurs sont-ils des hommes-sandwich ?

C’est une question qu’on peut se poser et qui fera aussi écho au dossier de notre ami Alexandre Debouté dans le numéro d’été de Stratégies. Pour me faire une petite idée, je suis allé relever la présence de publicité dans les 50 premiers blogs du classement Wikio (le classement le plus convaincant à mon avis car basé sur la valeur des liens entrants et non sur le nombre de liens entrants lui-même, pour plus de réflexions sur les méthodos de classement / évaluation des blogs voir ici).

Les blogs « leader d’opinion » semblent bien intégrés comme espace média puisque 32 d’entre eux (près des 2/3 de ce petit échantillon) proposent de la pub sous une forme ou sous une autre. Il me semble que pour 2 d’entre eux, la pub est un espace vendu automatiquement par la plate-forme (en l’occurrence, canalblog) sur un modèle de blog gratuit. On peut donc dire que 30 blogueurs du top 50 français s’arrondissent leurs fins de mois de cette façon. Les autres font de la résistance et c’est tout à leur honneur (voir à ce sujet les points de vue croisés de Fred Cavazza et Aziz Haddad).

Pour repère, quelques chiffres d’audience du top 50 de Wikio (quand le nombre de « readers » est affiché par le blogueur) :

TechCrunch 99309
Loïc Le Meur 25198
Presse citron 12835
Journal du Geek 6922
« 2803 » 6626
E-mob 4738
Accessoweb 4702
JM Billaut 3709
Altaïde 3378
Simple entrepreneur 3142
Kelblog 2865
Tapahont 1713
Aysoon2.0 1618
GuiM 1340
Michel Leblanc 1316
Vtech 1306
Vincent Abry 990
Gonzague Dambricourt 811
Vincent Battaglia 516
Bleebot 493

Influence des réseaux sociaux

En plein dans le sujet Internet et Opinion : une étude de Global Market Insite sur l’influence des réseaux sociaux sur la Présidentielle U.S. (info et capture d’écran via Mashable). Dommage que l’étude en question ne soit pas accessible, il faut s’en tenir aux billets déjà publiés.

Les chiffres : sur un échantillon de plus de 2000 personnes, 17% déclarent avoir déjà regardé la page MySpace, Facebook ou autre d’un candidat à la présidentielle. Et 53% de ces 17%, soit 9% du total, se déclarent « davantage susceptible de voter pour un candidat après avoir vu sa page ».

mashable.png

Si on regarde plus précisément par tranches d’âge, les 9% de MySpace-Influençables se décomposent comme suit :
– 21% chez les 18-24
– 16% chez les 24-34
– 7% chez les 35-44
– 4% chez les 45-54
– 4% chez les 55+

La tentation est d’en conclure que les réseaux sociaux, dans la foulée du web 2.0, sont un vecteur d’opinion pour une partie importante de la population. Pourtant, ce n’est pas si simple :

– l’étude repose sur du déclaratif, dont il faut toujours se méfier. Les personnes interrogées peuvent être moins influençable qu’elles ne le laissent entendre

– si on prend l’exemple d’un fan de Barack Obama qui va voir la page MySpace de son poulain mais pas celles de ses concurrents : il va répondre oui à la question « avez-vous regardé la page de l’un des candidats ». Et si cette page lui a plu (il y a de bonnes chances), il peut répondre affirmativement à la question « êtes-vous davantage susceptible de voter pour l’un des candidats après avoir regardé sa page ? ». Moralité : l’étude ne dit pas que les personnes interrogées ont benchmarké les pages des candidats pour se faire une opinion.

– l’étude ne dit pas non plus combien de temps les personnes ont été exposées aux pages des candidats : si je suis resté 30 secondes sur la page d’Hillary, combien cela va-t-il peser face au temps que j’aurais consacré à la lecture de la presse à son sujet ? Face au temps passé à l’écouter à la radio, à la regarder à la télévision, à me documenter sur elle sur d’autres sites Internet ? Face au temps passé à parler d’elle avec mes amis ?

Bref, ne nous emballons pas. Les pages des candidats sur les réseaux sociaux sont une source d’information à leur sujet parmi des dizaines, des centaines d’autres. Et qui dit source d’information ne dit pas automatiquement source d’opinion.