The pyramid of online media consumption

This is the English translation of an earlier work we did to show the different levels of engagement of an audience towards an online media. Enjoy!

Les sites de marques et les sites corporate vont-ils mourir ?

Je vais très largement pomper l’idée de ce post de Leo Burnett : « Your brand site will die », mais je trouve la démonstration imparable : utiliser Google Trends pour regarder l’évolution du trafic de sites de marques et d’entreprises vs. l’évolution du trafic de sites « sociaux ».

Et puisque Leo Burnett a largement fait le job avec les courbes d’audience des sites de marques, on va regarder ici d’un peu plus près les sites corporate.

En commençant par le Cac 40, et en ne retenant que les courbes « complètes » (il arrive que Google Trend ne trouve pas de données significatives ou présente des courbes incomplètes), soit 17 sociétés du Cac 40 au total :

1. Total

2. Francetelecom

3. Axa

4. BNP Paribas

5. Société Générale

6. Carrefour

7. Air liquide

8. EDF

9. Arcelor mittal

10. Credit agricole

11. Accor

12. Michelin

13. cap Gemini

14. Alcatel-Lucent

15. renault

16. St microelectronics

17. peugeot

Et maintenant, même exercice, mais en partant du top 10 des marques les plus puissantes au monde d’après le classement de nos amis de Millward Brown :

18. microsoft

19. Coca-Cola

20. IBM

21. Mcdonald's

22. Apple

23. China Mobile

24. GE

25. Vodafone

Je crois que c’est globalement clair et que ça se passe de commentaires… d’autant plus que pendant la période étudiée (un peu plus de deux ans), la population connectée ne cesse de s’accroître !

Mais je n’irai pas comme Leo Burnett jusqu’à dire « votre site de marque va mourir » : le site de marque ou corporate est une composante à peu près indispensable d’une stratégie web, dont la première fonction est de répondre aux questions que se posent les internautes sur la marque ou l’entreprise, via les moteurs de recherche.

D’ailleurs les études de confiance ne sont pas catastrophiques pour les sites de marque (voir cette étude de TNS Media Intelligence par exemple).

Le problème est plutôt que pendant fort longtemps, « être présent sur Internet », pour une marque ou une entreprise, se limitait à avoir son site. C’est à dire à faire abstraction de son environnement et de tout ce qui peut se dire ou se faire autour de la marque ou de l’entreprise…

On peut schématiser en disant qu’il y a deux grandes stratégies possibles sur Internet : la centralisation (faire venir les publics à soi, sur son site) et la décentralisation (aller à la rencontre des publics, là où ils sont, sur les médias en ligne, dans les communautés, les médias sociaux, les blogs, etc.). Il est rare qu’il faille choisir entre les deux, mais il est clair que la culture des marques et des entreprises porte sur la centralisation plutôt que sur la décentralisation. On maîtrise son site. on ne maîtrise pas ses publics.

Attention, pour autant, cela ne signifie pas que toutes les courbes d’audience de tous les sites média ou sociaux soient « up » : WordPress est en recul depuis un an, FlickR idem, Typepad depuis 1,5 an, Wikipédia recule également légèrement depuis 1,5 an, MySpace…, DailyMotion est down… YouTube est probablement « up » mais Google Trends ne communique pas son trafic…

Comme Leo Burnett on pourrait montrer les courbes de Facebook, LinkedIn et Twitter qui sont éloquentes et en pleine croissance, mais ils serait exagéré de dire que tous les sites sociaux croissent. Ce qui se passe plus probablement je crois, c’est l’éclatement des audiences qui rend difficile la progression du trafic. (On le voit aussi sur le trafic des sites médias, avec beaucoup de courbes en recul).

Pour autant, la conclusion est la même : le site de la marque ou de l’entreprise ne suffit pas et suffira de moins en moins. Aller à la rencontre des publics là où ils sont, investir les médias et les médias sociaux, cela peut faire peur. Mais quand on regarde ces courbes de tendance, on se dit qu’il n’y a plus vraiment de choix…

Effets Twitter sur le trafic des sites

Intéressants échanges (on ne peut pas dire « discussions ») sur Twitter depuis quelques jours, où la question de l’impact de Twitter dans le trafic de sites a été posée. Plusieurs éditeurs de sites ont eu la transparence de répondre et à défaut d’être capables d’en tirer des conclusions définitives, voici au moins une compilation de ce que j’ai vu passer à ce sujet :

Pour OverBlog : Twitter = 0,06% du trafic (source Frédéric Montagnon, sur FriendFeed, je ne sais pas faire de lien…) sur 10 millions de visites en l’espace de 5 jours

Pour Owni : Twitter = 6,7% du trafic (source : Nicolas Voisin)

Pour Rue89 : Twitter = 0,5% du trafic (source : Pierre Haski), en augmentation de +35% depuis 2 mois

Pour lexpress.fr : Twitter = 2% du trafic (source : Eric Mettout), boosté par les comptes de Christophe Barbier et Géraldine Dormoy. Edit du 26/9 : pour lexpress.fr, Twitter représente 4% des 7% de trafic en provenance des referrers, comme le montre le billet publié par Eric Mettout sur son blog avant l’ensemble des sources de trafic du site (une mine !). Soit 0,3% du trafic, on est donc plus proche de ce qu’annonce Rue89.

Pour Cnet : Twitter = illisible en raison des redirections d’URL (source : Emmanuel Parody). Edit du 26/9 : erratum, les Tinyurl n’empêchent pas la lecture des stats. Emmanuel avait qualifié ce trafic Twitter « d’insignifiant ».

Pour Ceza.me : Twitter = environ 20% (source : Erick Hostachy)

Pour LePost : « chez nous, c’est surtout Facebook qui monte » (source : Benoît Raphaël)

Et enfin après un moment d’affolement total suite à une mauvaise interprétation initiale qui a fait que certains ont cru que 10% du trafic du New York Times proviendrait de Twitter, Emmanuel Parody estime ce trafic à « 1 à 2% maxi« .

Très difficile de tirer des conclusions, je trouve. Qu’en pensez-vous ?

Bon et bien sûr, on aimerait avoir une vision plus globale notamment avec le trafic Facebook (au lieu de systématiquement bloquer sur Twitter) et Google, mais on fait avec les moyens du bord 😉

De mon côté, petite expérience d’observation sur l’effet Twitter dans les 24 heures qui ont suivi la publication du billet sur la communication de crise. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 24 heures,

– le billet a été linké 23 fois sur Twitter

– la somme des followers des 23 fait un total de 91 000 + contacts potentiels (dont 77 000 liés au seul @jeanlucr)

– sur ces 24 heures, le billet a été vu 229 fois (400+ au total), soit environ 10 par tweet en moyenne

Edifiant non ? Et encore, Twitter n’était pas le seul referer… ce qui s’explique à mon avis de la façon suivante :

– l’abondance d’info : un lien est trop facilement noyé dans le flux d’information

– le facteur hasard : ici en l’occurrence, Jean-Luc Raymond tweete le lien à 7h du matin. Pas le meilleur moment pour favoriser les clics (tiens, voir cette étude sur les facteurs de propagation sur Twitter : on a plus de chances d’être retweeté le vendredi à 16h)

– la circulation circulaire : sur Twitter, l’information tourne en boucle dans les mêmes communautés, auprès des mêmes publics, des mêmes individus

– les comptes fake et spam : si on regarde la liste d’abonnés de Jean-Luc Raymond, on voit énormément, énormément de comptes spam. Thierry Crouzet est en train d’expérimenter le truc semble-t-il, à suivre. Attention je ne dis pas que le compte de Jean-Luc Raymond est bidon, j’ai constaté plusieurs fois les effets de trafic qu’il peut apporter lorsqu’il a linké Internet et Opinion(s), mais cela se compte au maximum en quelques centaines de clics, pas en millers ou en dizaines de milliers. [Edit : voir l’analyse de PetitesPhrases : « quel est le prix d’un tweet de Jean-Luc Raymond ? »]

Merci à Nicolas Gosset qui a activement contribué à faire remonter ces chiffres.

Vidéos de la semaine : Hitler, Hitler, Hitler, Hitler, Hitler et Hitler

Vous êtes forcément tombé un jour ou l’autre sur une vidéo parodique mettant en scène une colère d’Hitler dans La Chute d’Olivier Hirschbiegel, (excellent) film sorti en 2004 qui raconte les derniers jours du dictateur avec Bruno Ganz (impressionnant) dans le rôle principal.

Dans la séquence originale, qui se situe à 1/3 du film, Hitler apprend que le général Steiner a refusé de mener une contre-offensive contre l’armée rouge, pique une colère contre la nullité de ses généraux, s’estime trahi, déclare la guerre perdue et conclut en disant qu’il préfère se tirer une balle dans la tête que d’abandonner Berlin. Séquence historique connue si j’en crois la biographie de Felix Steiner.

Un exemple de parodie où Hitler apprend qu’il n’aura pas son iPhone 3GS :

[Youtube id=http://www.youtube.com/watch?v=eqEpXj9Ot3A]

La nouveauté n’est évidemment pas l’idée de détourner une vidéo (la télévision fait ça depuis longtemps, le web le fait dans tous les sens, je ne parle même pas de Mozinor). Mais ce qui est assez marrant ici, c’est la multiplication récente des reprises de cette séquence de la Chute.

Il y a plusieurs mois, on trouvait déjà pas mal de parodies, comme celle de Left 4 Dead 2 :

[Youtube id=http://www.youtube.com/watch?v=GQe4tlsfRbY]

Il y avait aussi eu Hitler qui apprend la mort de Michael Jackson :

[Youtube id=http://www.youtube.com/watch?v=ELyTBXzfQJ8]

Et plus récemment et quasi coup sur coup, Hitler qui apprend le split d’Oasis :


Hitler / Hortefeux :


Et donc cette semaine, Hitler / Désirs d’avenir :

Et je passe sur certaines versions de la désormais légendaire scène de l’offensive Steiner.

Chacune de ces vidéos ayant apparu lors d’un buzz conséquent. Cette séquence hitlerienne est donc en quelque sorte devenue un « standard du buzz » et la question mérite d’être posée : faut-il avoir sa parodie d’Hitler pour avoir réussi son buzz ? 😉 On remarquera aussi le côté assez geek de l’humour et la réactivité de mise en ligne (celle de Michael jackson est datée du lendemain de sa mort).

Si la séquence d’Hitler est le parfait objet à détourner en soi (le dictateur fou + une séquence en allemand, donc on ne comprend pas un traître mot, + une scène qui semble avoir été scénarisée pour les détournements avec ses temps faibles et ses temps forts), je vois bien cette forme de parodie se développer systématiquement : le cinéma et la fiction regorgent de joyaux qui ne demandent qu’à se faire sous-titrer. D’autres séquences de la Chute feraient de très bonnes parodies, d’ailleurs.

Cadeau, le détournement de Pulp Fiction par les Cahiers du Foot, à l’occasion de la remise du ballon de Plomb à l’attaquant Fred Piquionne. Humour de footeux (et donc geek) garanti.

[Youtube id=http://www.youtube.com/watch?v=QtXl95iRdGw]

15 trucs pour la communication de crise sur Internet

Je sais, les listes en 10 ou 15 points c’est putassier, mais sur Internet et Opinion(s), on en fait. Bon, il se trouve qu’un sujet professionnel m’amène à poser quelques idées sur la gestion de crise sur le web. J’en profite donc pour dresser quelques grands constats et principes qui me semblent pouvoir s’appliquer à la gestion de crise en ligne.

1. Le web ne change rien aux principes universels de la gestion de crise : réactivité, humilité, circonscription, etc. Mais si la crise porte une dimension web spécifique, la cellule de crise doit accueillir un spécialiste du web.

2. La rapidité de circulation de l’information en ligne crée une tentation de la précipitation à laquelle il faut résister : en situation de crise, on ne peut communiquer que lorsqu’on a réuni un niveau d’information complet, ce qui n’est le plus souvent pas le cas en début de crise.

3. Une des difficultés réside dans la bonne évaluation de l’impact du web dans l’opinion. En multipliant le bruit à l’infini (ou presque), le web crée deux réactions potentiellement contradictoires au sein de l’entreprise : la dramatisation (« vous avez vu tout ce qui se dit sur le web ») et la banalisation (« de toute façon ce n’est que le web »).

4. En cas de crise de grande ampleur médiatique, le rôle du web est secondaire. La communication web de la Société Générale au moment de l’affaire Kerviel, c’est… la mise en ligne des statements officiels sur le site corporate, et c’est tout. A partir de là, le web reprend, commente et analyse les informations distillées dans les « grands » médias. Le besoin spécifique de parler aux publics du web est faible. Les interventions chirurgicales que supposent une stratégie sur les médias sociaux (répondre à un commentaire, contacter un blogueur, etc.) doivent être mesurées par rapport aux priorités (en cas de grande crise, on parle aux masses, donc à la TV).

5. Le choix de parler ou non aux publics en ligne est le résultat d’une équation entre la part d’influence du web dans la crise et la spécificité des communautés online (si certaines parties prenantes ne sont joignables que par le canal web).

6. Comme en gestion de crise offline, produire du silence peut être un objectif. Une prise de parole en situation de crise peut revenir à jeter de l’huile sur le feu.

7. Il est essentiel de distinguer les faits des opinions. Parce que les faits se propagent plus vite que les opinions, et parce que l’entreprise en crise à intérêt à répondre sur des faits plutôt qu’à entrer dans un débat d’opinion. La prise de parole doit viser à corriger au maximum les informations erronées.

8. Au niveau des moyens, le minimum est la publication des statements officiels sur le site corporate de l’entreprise. Le dispositif de prévention doit envisager l’hypothèse où le site saute et est remplacé par une simple page avec le statement.

9. L’achat de mots-clé pour renvoyer sur le site corporate doit être envisagé : il est facile à mettre en place et crée un contrepoids en dirigeant des internautes vers la position de l’entreprise.

10. L’idée d’un blog de crise ne fonctionne pas de manière évidente : le blog porte en lui une promesse de transparence et de régularité de publication qui n’est pas évidente à tenir lorsqu’on est en situation de crise et que les éléments d’information sont difficiles à réunir. La gestion de la crise des steaks hachés sur le blog de Michel Edouard Leclerc reste une exception.

11. En revanche, l’utilisation de son compte Twitter est un moyen rapide et viral de faire connaître ses positions en renvoyant vers son site corporate, d’autant plus que les blogueurs et journalistes en ligne sont nombreux sur Twitter. Twitter apparaît en particulier comme un des meilleurs moyens de lutter contre la désinformation et permet de répondre individuellement aux questions des internautes, donc d’afficher son attention.

12. Plus généralement, le web et les médias sociaux sont des moyens privilégiés de tenir informés ses publics les plus engagés (abonnés, membres du groupe Facebook…)

13. La vidéo est un moyen privilégié de nourrir le web et d’humaniser la communication, à chaud comme lors de la sortie de crise. Revoir l’exemple de la « promesse » du patron de JetBlue il y a deux ans. Le type est sincère, n’a pas dormi depuis une semaine… on y croit beaucoup plus qu’en lisant un communiqué de presse impersonnel.

14. Toutes les mises en ligne sur les médias sociaux et le site corporate doivent tenir compte des mots-clé recherchés par les internautes, de façon à favoriser leur position en référencement naturel.

15. En situation de crise le web est aussi un terrain de veille, qui permet de comprendre l’opinion en temps réel et d’ajuster sa stratégie (off et on) en fonction.

Quelques lectures pour approfondir ? Notre analyse du cas Domino’s et tous les billets tagués « crise » de ce blog.

Vos réactions, compléments, indignations, etc. naturellement bienvenus 😉

« What the F**K is Social Media », un an après (et Internet et Opinion(s), deux ans après).

Internet et Opinion(s) a deux ans aujourd’hui ! Petite larme en relisant le tout premier billet

Pour fêter ça, voici republiée « what the F**K is Social Media, 1 year after? », présentation trouvée chez un ami-de-blog-depuis-plus-encore-plus-longtemps-que-deux-ans, et qui ne doit pas être très loin d’être la présentation de référence pour les webévangélistes que nous sommes.

Comme vous le savez ou comme vous l’aurez compris, cette présentation « One Year Later » fait suite à l’originale qui avait déjà bien fait le tour des blogs espaces web et marketing et qui était déjà l’oeuvre de Brand Inflitration.

A vrai dire je trouve la nouvelle version assez supérieure à la première. L’exercice de comparaison est intéressant :

– Les données statistiques de la partie « Why Care? » me convainquent davantage dans la dernière version. Pas seulement parce que les chiffres ont évolué en un an, mais aussi parce que l’ancienne version comporte un certain nombre de données qui ne signifient pas grand-chose : 73% lisent des blogs, 39% sont abonnés à des flux RSS, 83% regardent des vidéos… sans compter que Second Life faisait partie de l’argumentation 😉

– L’ancienne version verse davantage dans la justification et un certain nombre d’arguments sont contestables : « people talk about your brand, right now » – ben non, pas forcément. Et même si c’est le cas ça ne dit pas quel est le pouvoir d’influence du web…

– La nouvelle version comporte cette partie beaucoup plus pédagogique qui montre que tout est dans les médias sociaux : RP, service conso, fidélisation, collaboration, réseautage, thought leadership (jamais su comment on disait ça en français) et acquisition. Pédagogique aussi, l’idée qu’il faut penser « conversations et non campagnes ».

– L’ancienne version attaque plus frontalement le marketing traditionnel. Or c’est quand même là que réside le fond du problème et que les médias sociaux n’ont pas tout démontré : ce n’est pas parce que je parle avec des influenceurs online que le buzz se répand ou que le monde entier va être convaincu que mon produit est formidable.

De ce point de vue je reste fortement interpellé par les travaux de Duncan Watts qui montre que l’imprédictibilité des phénomènes viraux est telle que le meilleur moyen de générer de la viralité reste… le marketing de masse. Ca fait longtemps que je n’ai plus rien vu sur Duncan Watts, ses travaux et son approche… il serait temps d’en rediscuter !

Vidéo de la semaine : le record du monde de matelas dominos

Fidèles lecteurs, vous allez me dire qu’il y a bien longtemps qu’il n’y a pas eu de rubrique « vidéo de la semaine » (traditionnelle rubrique du samedi sur ce blog). Mais peu importe : la vidéo de la semaine est une tentative de record du monde de matelas dominos et la voici :

C’est donc un peu débile et rigolo comme on aime bien sur le oueb. Evidemment vous aurez noté la chute avec le camion Bensons for Beds, qui est le « Britain’s Biggest Bed Specialist« . La vidéo a été tournée dans un entrepôt de Tewkesbury dans le Gloucestershire (c’est dans le centre-ouest de l’Angleterre)  par les salariés et leurs amis, qui attendent l’homologation par Guiness.

La vidéo a été tournée il y a 6 jours et a été vue pour le moment 180 000 fois sur YouTube. Ce n’est pas encore un énorme score mais c’est suffisant pour faire abondamment parler de Bensons For Beds sur le web et probablement dans les médias (j’imagine qu’on va la voir dans la rubrique web de Télé Matin la semaine prochaine 😉 ).

On notera que la marque se fait discrète : pas dans la titre de la vidéo, ni dans l’intro, elle n’apparaît que sur le cul du camion et à travers les remerciements de fin de vidéo. Mais le produit est au coeur de la vidéo. Ca rappellera à certains des discussions qu’on a pu avoir sur les codes de la (bonne) viralité.

Intéressant également, apparemment c’est une initiative spontanée des salariés. Si Bensons For Beds avait engagé une réflexion stratégique de communication sur sa notoriété web, aurait-il fait aussi bien ? Apparemment le « jeu » du matelas-dominos vient des campus américains : les salariés qui ont eu ou piqué l’idée (si c’est bien eux) sont-ils donc aussi efficaces que la fonction planning stratégique ? 😉

Edit 5 août suite au commentaire de Venturi : une agence, Wand Agency, signe le film et je ne l’avais tout simplement pas vu… Après avoir cherché, je n’ai rien trouvé sur la génèse de ce film, il vaut donc mieux rester prudent, c’est peut-être bien une initiative top-down bien planifiée par la marque et non une initiative spontanée.

Gageons enfin que cette petite vidéo devrait contribuer à populariser le matelas-dominos au-delà des campus US. Pour ma part la seule fois que j’aurais pu y jouer aurait été à l’armée, mais vu l’épaisseur des matelas on se serait probablement fait très mal en tombant.

Enfin, rien à voir mais dans le genre « vidéo de la semaine » : la vidéo de l’arrivée des mariés et de leurs témoins sur un morceau (atroce) de Chris Brown (vue bientôt 14 millions de fois) aurait boosté les ventes du disque via iTunes. Là on a clairement un exemple d’écosystème vertueux entre vidéos UGC / YouTube / iTunes / les maisons de disque.  Sauf pour les mariés qui sont à l’origine de l’idée et ne touchent rien. Verra-t-on bientôt les maisons de disque encourager les internautes à utiliser leurs morceaux sur des vidéos virales ?? (via Orelien)

La pyramide de consommation des médias de Wired ou l’art d’induire le public en erreur

Via Twitter, les blogs, etc., vous avez peut-être, sans doute, vu passer cette magnifique pyramide de consommation des médias : c’est le schéma à la mode du moment.

Wired pyramide conso medias

Bluffant non ? Je me l’étais mise de côté sans l’analyser en détail, en remarquant d’une part que l’objet avait l’air de bien tourner dans le petit milieu des webologues, technologues et médiaphiles, et en me disant : « ça fera bien dans une prochaine présentation ».

Et en même temps quelque chose me gênait… non pas que je m’offusque de l’existence cette pyramide qui ose concurrencer la mienne (c’est un autre niveau de réalisation et ça ne traite pas le même sujet), mais en raison de l’absence de sources ou de certitudes sur l’origine des infos dans les sources auxquelles j’avais pu accéder.

Par exemple, les deux premiers résultats Google sur « Pyramide de consommation des médias » renvoient sur Emilie Ogez qui parle du « temps que nous passons à écouter/utiliser les médias » et pour qui « C’est une moyenne je suppose ». Et qui je pense a été loin dêtre la seule à faire cette hypothèse. Et pourtant… 1,5 heure de télé seulement sur 9h de consommation des médias ?

Aujourd’hui, en retombant sur ce chart cette fois chez Laurent, je comprends que la source est Wired, donc une bonne référence. Et le texte d’accompagnement du chart explique tout : « Here are Wired‘s suggested servings for optimal media health. »

C’est là qu’est le twist : le chart ne représente pas un état des lieux de la consommation de médias aux USA, mais la recommandation de Wired pour une consommatiobn médiatique « équilibrée ». Pas du réel, mais du souhaité.

On comprend mieux : aux dernières nouvelles, la consommation de TV aux USA était quand même proche de 5 heures par jour… sacré gap avec le schéma proposé…

Et c’est là que je m’énerve.

La pyramide en elle-même est contre-intuitive : en tombant sur cet objet, on pense forcément à un état des lieux. L’objet est une image, il est donc clair quand on s’appelle Wired et qu’on le publie, que cette image va être reprise, republiée, twittée, qu’elle va circuler dans tous les sens. C’est un objet de buzz par excellence.

Or, l’image ne contient ni titre, ni source, ni signature, ni précision quand au fait qu’il s’agit d’une consommation « recommandée » et non réelle. La confusion sur la vocation de ce schéma est très prévisible.

Une pensée pour tous les gus qui ont dû se dire « waouh, incroyable la consommation de médias sociaux aux USA ». (Et quand je vois qu’on a eu une petite discussion là-dessus sur Twitter avec d’autres gars à l’oeil pourtant exercé, j’en suis d’autant plus persuadé). D’autant plus que même si les commentaires du blogueur ou du média sur le chart en restituent correctement le sens (comme c’est le cas chez Laurent), le regard du lecteur se dirige forcément directement sur le chart et pas sur ce commentaire…

Donc le schéma est fondamentalement trompeur pour son public. Au mieux, une sacrée maladresse. Au pire, du prosélytisme. Je ne suis pas adepte des théories du complot, mais quand on lit l’interview de Chris Anderson publiée avant-hier par Der Spiegel (1), on en vient à se demander s’il n’y a pas une volonté de brouiller les cartes en favorisant la perception qu’a le public des médias sociaux. On connaît les mécaniques d’évangélisation du web 2.0 : des parties prenantes qui se focalisent sur les « bonnes nouvelles » (principe du blog de Loïc Le Meur il y a quelques années, mais pas seulement bien sûr).

C’est le genre de truc qui m’énerve et qui m’avait amené à publier les 10 mythes du web 2.0. Non pas que je ne crois pas aux médias sociaux, mais merde, il faut être clair et intellectuellement honnête. Il y a assez de confusion comme ça.

Maintenant, il faut imaginer le même schéma avec la consommation actuelle des médias. Si l’hypothèse de 9h de consommation des médias est exacte (c’est ce que dit Wired, faisons-leur confiance), les 5h de consommation de TV (la base de la pyramide) occuperaient plus de la moitié de l’espace…

(1) : dont voici quelques extraits : « I don’t use the word media. I don’t use the word news »… « the vast majority of news is created by amateurs »… « (Information) comes to me in many ways: via Twitter, it shows up in my inbox, it shows up in my RSS feed, through conversations. I don’t go out looking for it »… « We’re tuning out television news, we’re tuning out newspapers. And we still hear about the important stuff »…

Etude du Credoc pour Ebay : 44% des internautes cherchent des avis conso en ligne

Depuis ses débuts, ce blog a beaucoup collecté et commenté les études sur la façon dont on s’informe en ligne ou offline, notamment dans une perspective d’achat (dernier billet en date, une étude de TNS sur les sources de confiance on et offline). Dans cette veine, Emmanuel me signale cette étude du CREDOC pour Ebay qui vient apporter quelques éléments d’information et de réflexion sur ce que nous avons appelé « le renouveau du consumérisme« .

Le pdf résumé de l’étude est sur le site du Credoc mais comme on est grands seigneurs vous l’aurez aussi en cliquant ici.

Premier point : l’étude s’intitule « L’Internet participatif redonne confiance aux consommateurs ». A vrai dire je ne comprends pas très bien ce choix de titre car l’étude montre surtout la proportion d’internautes qui cherche des avis consommateurs en ligne. Ils sont 44% à chercher des avis de consommateurs (voir camembert ci-dessous) et d’après le Credoc, « l’information recueillie est perçue comme objective et satisfait la quasi-totalité des internautes qui l’ont recherchée ». Le Credoc ajoute que 66% des 44% ont confiance dans les commentaires collectés sur les forums, blogs ou newsgroups.

Mais est-ce pour autant qu’Internet redonne de la confiance aux consommateurs ? Je peux avoir confiance dans ce qui se dit sur Internet, et du coup freiner mes achats car les avis récoltés sont négatifs et cassent ma confiance dans le produit. Bref, confiance dans une source d’information ne signifie pas confiance dans des produits, surtout que sur le web, c’est toujours les mécontents qui s’expriment le plus facilement.

credoc pour ebay

Mais bref. Premier enseignement intéressant de l’étude à mon avis : ces fameux 44% d’internautes qui cherchent des avis de consommateurs, dont 14% qui le font régulièrement. Si on considère qu’environ les 2/3 de la population française est internaute, cela veut tout de même dire qu’environ 1/4 de la population aurait recours aux avis de consommateurs en ligne. Quand même. Et comme une grosse partie de cette recherche d’avis se fait par le moteur de recherche, on en revient à un constat désormais bien connu : le rôle du moteur de recherche dans les stratégies de réputation.

Autre constat intéressant : les internautes qui effectuent des recherches d’avis conso ont tendance à ajouter cette recherche à leurs autres sources d’info (magain, ami / membre de la famille, revue spécialisée). Pas à la substituer. Internet viendrait donc comme un canal d’information complémentaire pour internautes éclairés (là on est en plein dans le renouveau du consumérisme, pour le coup). De quoi contrarier les prophètes de malheur pour qui le web n’est qu’aveuglement et manipulation 😉

Enfin, l’étude confirme que le web est LE lieu de l’achat malin : 79% des internautes estiment que le web leur permet de faire des économies grâce notamment à la faculté de comparer les offres. Spéciale Ebay : 35% des Français ont déjà acheté un produit avec l’idée de le revendre d’occasion. Dont 54% des 18-24…

Voilà qui devrait promettre Ebay à un bel avenir mais un rapide coup d’oeil sur Google AdPlanner montre une décroissance importante de l’audience du site (données Google Adplanner, trafic France), qui confirme des difficultés dont le dernier épisode est la pétition lancée par Ebay contre les marques qui bloquent la revente de leurs produits :

audience ebay

C’est un autre sujet que celui de ce billet, celui des modèles économiques du web, mais qui reste toujours aussi épineux…

Pour en revenir à l’étude du Credoc, ce qui manque dans ce type d’étude, c’est une différenciation des pratiques d’information en fonction des types d’achat concerné.

Plus l’achat est lourd, plus on aura tendance à s’informer en général et donc à s’informer en ligne (ex : le matériel high-tech). En revanche pour les achats légers du quotidien et les achats d’impulsion, ce n’est pas du tout la même chose. Il ne faut donc pas conclure que 44% des internautes vont chercher des avis sur des laitues avant d’aller au marché !

Don’t be evil : Google et le suicide

Je me souviens de ce papier de Libé qui date d’il y a un peu plus d’un an, « La corde sur la toile« . Des chercheurs britanniques s’étaient posé la question de savoir si en effectuant des requêtes sur le suicide sur le web, on allait plutôt se faire aider ou se faire dissuader.

Leur réponse : le web avait plutôt tendance à aider, notamment parce que les sites de prévention n’arrivaient pas dans les premiers résultats. Embêtant pour Google en particulier et son « Don’t be evil »…

Sans refaire toute l’étude et les associations de mots-clé, je vois deux choses qui m’interpellent aujourd’hui :

– Sur la simple requête « suicide » sur Google.fr, je ne vois aucun « how-to » sur les 15 premières pages de résultat. On y trouve des définitions, des études, des résultats d’actualité, des sites de prévention (notamment le premier résultat), etc. Mais aucun mode d’emploi. Comme quoi sur certaines requêtes très sensibles les résultats peuvent être organisés autrement que par l’algorithme…

Mais faut-il en conclure que Google décourage complètement l’internaute qui envisage de se suicider ? Pas du tout, si l’on en croit la recherche assistée…

Google suicideEt quand on effectue ces requêtes « suggérées » et un peu plus précises que le simple mot « suicide », là on trouve du mode d’emploi…

Pas facile d’être 100% « don’t be evil » !