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Le Community Management est-il un M*A*R*S ? L’hypothèse Antoine Daccord « manager » au Figaro.fr

Des M*A*R*S et le journalisme repart

Des M*A*R*S et le Journalisme repart

La lecture des récents billets de Narvic sur le journalisme de liens, l’ouvrage de Bernard Poulet sur la fin de l’information… J’étais conquis évidemment. Oui mais… il manquait toujours quelque chose. Pour moi, la relation avec le public n’était jamais bien abordée ou pas de manière frontale. Bien sûr, cela fait longtemps que les journalistes disent prendre en compte leur lecteurs-téléspectateurs-auditeurs.  Ils aiment  se croire en être les porte-parole (c’est une des vocations plus générales du journalistes d’ailleurs). Cela fait longtemps qu’on  nous parle de défiance etc. Mais que faire ? Que faire concrètement?

Très souvent, sur cette question relationnelle bien précise les réponses ou pistes concrètes ne sont pas abordées par les journalistes. Nous sommes dans un pays où les journalistes en sont encore à proposer des chartes quand des personnalités  comme Claude-Jean Bertrand ont prêché des années durant dans le désert. Je conseille la lecture de ses M*A*R*S ou Moyens d’Assurer la Responsabilité Sociale des Médias (cf. une tribune publiée chez Acrimed) :

Très divers, les M*A*R*S ont en commun d’être des moyens non-étatiques d’améliorer le service public des médias. Ils utilisent une ou plusieurs des approches suivantes :
– La formation. Solution à long terme de la plupart des problèmes de qualité : l’éducation des usagers et la formation universitaire des professionnels.
– L’évaluation. La critique est la plus vieille méthode pour améliorer les médias, la plus facile, la plus banale.
– L’observation systématique, monitoring. Nécessaire car les médias sont nombreux et beaucoup sont éphémères. Du fait aussi que les fautes des médias relèvent souvent de l’omission, difficile à repérer.
– La rétroaction, feed-back. Comment servir bien la société si l’on n’écoute pas les griefs des divers groupes d’usagers ?

En parallèle de ces débats qualifiés trop rapidement d’éthiques, la toile a vu naître des expérimentations,  des premiers pas  – pas toujours systématisés au départ… Récemment, je pense à Eric Mettout de l’Express qui a initié une démarche relationnelle avec plusieurs blogueurs et centralisée avec son blog. Démarche qui a pris une autre tournure, plus anecdotique de mon point de vue, avec 3001.

Narvic est arrivé avec son journalisme de lien. Une posture journalistique qu’il met  en pratique sur Slate. Ironie de l’histoire : le journalisme de lien pratiqué depuis deux semaines par Narvic relève plus de l’animation d’une communauté de lecteurs-blogueurs que du journalisme de synthèse ou d’enquête. L’amorce de la chronique de Narvic est avant tout relationnelle. Cela va sûrement changer, mais il est intéressant de noter que le premier temps est consacré à envoyer des liens, réponses aux questions, remarques etc.

Ces premiers pas de danse esquissés un grand media se jette à l’eau et créé un poste de « community manager » à la manière des grands réseaux sociaux ou des marques tellement présentes sur le net qu’elles sont devenues des médias à part entière… Le Figaro donc :

Afin de renforcer sa relation avec sa communauté d’Internautes sur LeFigaro.fr, le Groupe Figaro vient de nommer Antoine Daccord au poste de Community Manager.

Rattaché à Thomas Doduik, directeur des opérations du Figaro.fr, il a pour mission la mise en oeuvre de la politique d’animation de « Mon Figaro », la plateforme communautaire du site lancée en décembre 2008.Il pilote également les prochaines évolutions en termes de contenus, d’usages et de fonctionnalités techniques. (source Tarif Media)

Car enfin, c’est bien sûr !

Mis à part les réseaux sociaux qui possèdent les plus grandes communautés, les plus larges publics… ? Les médias. Cette importation du marketing social pourrait être une des réponses apportées à une crise de confiance – qui est aussi dès lors une crise relationnelle.

On a longtemps parlé des médiateurs par exemple. Ces postes se comptent encore sur les doigts d’une main en France tandis qu’ils sont devenus une tradition parmi la grande presse américaine par exemple. De plus, en France, être médiateur, c’est être au placard. Un placard doré assurément, mais un placard. C’est dire, comment en pratique, concrètement, les journalistes tiennent en haute estime ceux qui achètent leurs journaux ou consomment leur contenu. Derrière les mots, les discours (dont le dernier livre de Joffrin par ex.) ce cache une réalité beaucoup plus inquiétante de mépris du public.

Mais aujourd’hui, n’a-t-on pas besoin plus que jamais de ces médiateurs ? Relookage 2.0 oblige on les appelera « community manager »… Cela plaira sûrement un peu plus au DAF – il y a le mot magique… manager 😉


Si ce community manager adopte les codes et la posture relationnels, si il a les moyens en terme d’organisation interne… peut-être  que nous avons là une petite avancée dans la relation entre les grands médias et leur public…. Et pour une fois, les journalistes pourront remercier le marketing. Ce n’est pas tous les jours que la responsabilité sociale et le marketing convergent … Affaire à suivre !

PS : je comprends qu’on apprécie pas mon humour à deux francs 😉

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