Archives mensuelles : mars 2009

L’ère post-media vue par Felix Guattari

La jonction entre la télévision, la télématique et l’informatique est en train de s’opérer sous nos yeux et elle s’accomplira probablement durablement dans la décennie à venir. La digitalisation de l’image télé aboutit bientôt à ce que l’écran de télé soit en même temps celui de l’ordinateur et celui du récepteur télématique. Ainsi, des pratiques aujourd’hui séparées trouveront-elles leur articulation. Et des attitudes, aujourd’hui de passivité, seront peut-être amenées à évoluer. Le câblage et le satellite nous permettront de zapper entre cinquante chaînes, tandis que la télématique nous donnera accès à un nombre indéfini de banques d’images et de données cognitives. Le caractère de suggestion, voire d’hypnotisme, du rapport actuel à la télé ira en s’estompant. On peut espérer, à partir de là, que s’opérera un remaniement du pouvoir mass-médiatique qui écrase la subjectivité contemporaine et une entrée vers une ère postmedia consistant en une réappropriation individuelle collective et un usage interactif des machines d’information, de communication, d’intelligence, d’art et de culture.

Extrait de Félix Guattari, « Vers un ère post-media ». Parution initiale dans Terminal, n°51, octobre-novembre 1990.

Publicités

Twitter expliqué aux sceptiques

Une  vidéo qui circule pas mal déjà et trouvée via Julien d’Ekklektik :

Journalisme de liens et diffusion de fausses informations

EDIT important pour ceux qui découvrent ce billet : Il semblerait que je me sois trompé et que l’avocat de Mr Novelli a bien obtenu qu’on enlève le podcast de FRance 3 Centre dixit Fabrice Arfi de Mediapart. Il reste que ce point n’est pas clair puisque le podcast était encore téléchargeable après les premiers articles. Donc mon billet est à prendre avec des pincettes (pour la première partie) et sûrement un peu trop fort dans ses expressions. (emmanuel Bruant)

Narvic, a développé à de nombreuses reprises l’idée d’un « journalisme de liens ». Un concept, un idéal-type, qui vient compléter la panoplie du journaliste au quotidien : être journaliste c’est aussi être capable de chercher l’information, la recouper, la partager etc. à partir des liens hypertextes du web.

Cette pratique est-elle pour autant porteuse d’un nouveau paradigme journalistique ? Difficile à dire… car le journalisme de liens doit se battre avec les vieux démons du journalisme tout court : l’emballement médiatique et la vérification des sources.

Narvic l’a d’ailleurs très bien vu  dans  sa synthèse sur le sujet :

Le défi est double pour les journalistes. Démontrer d’abord, alors qu’ils sont tard venus à cet exercice, qu’ils sauront être aussi pertinents à dénicher sur le web le contenu le plus intéressant, pertinent et original, en concurrence avec des blogueurs et des internautes rompus à cette pratique de la veille en ligne et maîtrisant parfaitement les outils qui la facilitent. Démontrer ensuite la valeur ajoutée spécifique que peut apporter le journalisme dans cette veille, à travers la vérification de l’information et la garantie apportée par le respect d’une déontologie.

capture d'écran réalisée à 17h38

capture d'écran réalisée à 17h38

Et bien cela ne rate pas ! C’était le cas dimanche (22/03/09) dans la revue de web de Mediapart. Mediapart a linké deux informations fausses :

  • un article du Nouvel Observateur sur Hervé Novelli. Ce dernier a demandé qu’on ne diffuse pas un reportage le concernant (on y parle de ses amours de jeunesse portés à l’extrême droite). Le Nouvel Obs conclue son papier en expliquant que Novelli a obtenu que le podcast de France 3 centre soit retiré. Ce qui fait titrer Mediapart : « Hervé Novelli obtient le retrait d’un podcast du JT de France 3 Centre ».

Problème : j’ai pu télécharger sans aucun problème, le podcast en question. Donc Mediapart n’a pas fait la simple vérification d’usage à savoir aller chercher le podcast. Pan sur le bec ? Oui, et pan sur le bec aussi à Libération dont Le Nouvel Obs reprenait les propos. Donc Libé publie une fausse info (lisez cet article qui a tout déclenché), reprise sans vérif par Le Nouvel Obs que Mediapart reprend lui-même… Vous suivez toujours. (c’est exactement ce que Bourdieu appelait la circulation circulaire d’une info. On reprend en choeur et en  boucle sans vérifier) Aujourd’hui c’est Marianne qui reprend la même fausse info. Pour que les choses soient claires : le podcast est tout à fait disponible, il suffit de chercher. Je l’ai même téléchargé plusieurs fois tellement j’y croyais pas… La simple vérif de base pas faite c’est à pleurer. Je n’ai aucune amitié pour ce monsieur (faut-il le préciser?) mais Novelli n’a rien obtenu du tout ! Désinformation quand tu nous tiens par les liens…

– un article du blog de Sylvestre Huet titré ainsi : « Darcos plie, la réforme de la formation des enseignants reportée d’un an ». Problème le titre du billet de Sylvestre est trompeur… et plusieurs sites reprennent seulement l’information contenue dans le titre, imprécise. Mediapart également tombe dans le panneau en mettant exactement le même titre, sans plus de précisions. Le lendemain Sylvestre revient sur son titre imprécis et son billet pour rectifier les conclusions trop hâtives de certains de ses lecteurs (titre du billet : Mastérisation, sur quoi Darcos a-t-il reculé?)… Mais Mediapart ne signale pas le changement dans l’information. Rectification quand tu nous tiens par les liens.

On voit que le journalisme de liens ne règle strictement rien. Oui, c’est une nouvelle pratique très importante du nouveau journaliste. Oui, personne ne peut s’en passer. Mais il est impossible de la porter en étendard ou en politique tout simplement parce que le journalisme de liens n’est qu’une pratique comme bien d’autres dans le quotidien d’un journaliste. Et sans le recoupement des informations ou des sources on risque de diffuser des fausses informations comme Mediapart ce week-end…

Ce qui pose d’ailleurs un autre problème avec le journalisme de liens : celui de la rectification. Comment rectifier son erreur quand il s’agit d’un lien et que tout le monde est (en quelque sorte) déjà passé à autre chose ? Les débats entre journalistes ont de beaux jours devant eux…

EDIT (mardi 24 mars) : COMMENT TROUVER LE PODCAST du 19/20 de France 3 Centre ?

http://regions.france3.fr/32290074-fr.php?page=2

Cliquez sur sur Région Centre 19/20… Si vous êtes sur ITunes, l’application va s’ouvrir et vous pourrez sélectionner le 19/20 du 18 Mars avec le reportage de Novelli dedans.

En revanche, si vous cherchez en streaming, deux 19/20 de Frances 3 Centre manquent : celui du 18 (alors, censure ? Peut-être, cela contrebalancerait un peu mon propos) mais aussi celui du 19 (alors, pourquoi le 19 aussi ? Je sais pas, je ne suis pas journaliste)

Pourquoi faire un journal ? Quand Le Monde vend du temps de cerveau disponible

Il y a quelques semaines je parlais du supplément M qui contenait presque 75% de contenu publicitaire. Manifestement je n’ai pas été le seul à être surpris.

La médiatrice du Monde, Véronique Maurus, a consacré sa chronique au supplément devant plusieurs critiques de lecteurs ou d’abonnés. La tonalité et le fond des critiques est dans le même esprit que mon billet : pourquoi tant de pub ?

Réponse de Véronique et, sous sa plume, de Laurent Greilsamer, directeur adjoint du journal  :

Depuis plus de vingt ans, Le Monde publie, sans périodicité régulière, des suppléments spéciaux consacrés à la mode, aux voyages, à l’art de vivre, etc. Leur objectif principal – ce n’est un secret pour personne – est d’accueillir des publicités luxueuses peu présentes dans les pages du quotidien. (je souligne)

Intéressant de voir clairement exprimé (ce n’est un secret pour personne… ah bon ?) la finalité de certaines publications. Avec ces suppléments, Le Monde vend donc avant tout du temps de cerveau disponible.

Un journal est bien évidemment une institution sous contraintes : contrainte du lectorat, contraire des annonceurs et contrainte de l’actualité, etc.. Cela n’a rien de nouveau. Mais généralement (ou plutôt dans l’imagerie professionnelle et les représentations collectives), un journal a des priorités et celles des annonceurs sont les dernières.

Avec M, avec les propos de la médiatrice comme de Greilsamer nous voyons sous nos yeux, explicité par la direction, le retournement de la logique journalistique du Monde :

  • L’enjeu n’est plus de traiter une information pour un public et trouver les financements et ressources qui permettront de le faire selon la ligne éditoriale du journal. (Priorité : Info majeur/pub mineur)
  • L’enjeu est de construire un type de support permettant d’accueillir la publicité la plus rentable et de construire le contenu et le public correspondant à cet univers publicitaire. (Priorité : Info mineur/Pub majeur)

C’est la mission même du journalisme qui me semble mise à mal. Sa mission d’information n’est plus prioritaire. Il apporte du contenu pour valoriser un espace publicitaire. (Attention, je ne critique pas du tout la présence de publicité. Je critique la place qu’elle prend dans le raisonnement de la construction du journal).

La vision de Greilsamer est proprement court-termiste : engranger coûte que coûte des recettes publicitaires ! Quitte à mettre à mal sa relation avec son lectorat.

Oui, la crise est là… Mais non elle ne doit pas se faire au détriment des lecteurs qui sont aussi la richesse d’un journal (et d’autant plus avec Internet qui fonctionne avant tout sur une économie de l’attention et de la captation des publics). La fuite en avant du Monde est particulièrement inquiétante.

Sur les enjeux du journalisme relationnel :

Rue 89 et bientôt deux ans

TF1 vous répond avec Mr Pillas

Le Figaro, le community management et la responsabilité sociale des médias

Comment fumer des « smarties » ?

Interdit la cigarette. Trop jeunes pour de l’herbe. La colle c’est fini : ils travaillent sur ordinateur. Il ne reste aux ados américains que… le bonbon, le Smarties (qui n’est pas à confondre avec notre smarties – le leur ressemble à des Pez). Et les ados américains ont appris à le fumer :

Cette vidéo (un peu moins de 180 000 consultation, rien que ça) m’inspire quelques remarques :

  • je suis impressionné par le détournement du produit. Je n’aurai jamais imaginé fumer un bonbon. Les arts de faire (Michel de Certeau) de ces ados me scotche. Des braconniers de la grande conso. Et comme tout braconniers ils inquiètent : les parents, les médecins et la marque de bonbon comme le révèle le Wall Street Journal.
  • Internet semble jouer un rôle important dans la diffusion de cette pratique. L’imitation, d’autant plus forte et visible à l’adolescence, est encore plus rapide avec la mise à disposition de vidéos explicatifs et pédagogiques (on trouve plusieurs vidéos intitulées « How To.. » ou « Tutorial »).
  • Le circuit médiatique est très court. La vidéo la plus vue sur le sujet a été postée fin février et moins d’un mois plus tard un article dans le Wall Street Journal.
  • Cette fois le détournement joue avec les tabous de la société américaine – propre et lisse dans ses valeurs. Il va être difficile de récupérer ce mouvement comme Mentos l’avait fait avec les geysers.

Autres liens sur le sujet :

Info trouvée via Rue 89.

Voir également la vidéo chez HomoSemiotikus

L’analyse de Pingwy.

Et si TF1 prenait de l’avance ? La carte Jean-Marc Pillas sur Internet

Capture du blog de TF1

Capture du blog de TF1

TF1 est en crise. Son audience, son modèle économique s’effritent. Pas la peine d’épiloguer on nous en parle régulièrement un peu partout. La tour de Boulogne s’affole.

Dans ce contexte difficile, il est particulièrement intéressant de relever les différents initiatives de TF1 depuis le début de l’année. La chaîne semble s’être lancée dans une vaste opération séduction – une opération de marketing relationnel, de dialogue avec ses téléspectateurs.

Il y a quelques semaines, j’insistais sur le fait que les solutions concrètes pour répondre à la défiance des grands médias sont bien connues. Seul le service public et quelques journaux comme Le Monde s’étaient dotés, avec plus ou moins de nonchalance, de postes de médiateurs. Un poste bien connu des rédactions américaines mais qui a longtemps fait défaut aux rédactions françaises.

Car les chaînes publiques ont toujours été gêné par les émissions du médiateur qui n’ont jamais  vraiment trouvé leur place dans les grilles de programmes. Pour caricaturer quand le médiateur avait une émission il était plus animateur qu’autre chose (donc le potentiel de médiation était très réduit et par là-même l’intérêt de l’émission); sinon il était cantonné à écrire un gros rapport annuel, certes très intéressant mais que personne ne lisait (je parle des médiateurs télé). (Je tiens à préciser que mes conclusions sont issues de plusieurs conversations avec Geneviève Guicheney et Jean-Claude Allanic deux anciens médiateurs de France 2). S’ils jouaient un rôle en interne ils étaient très peu visibles du public ou presque.

Internet facilite les choses désormais :

  • On peut proposer au médiateur un espace d’expression et de dialogue plus facilement qu’auparavant (un blog ou une page ne coût rien en comparaison de 10 minutes de Télé)
  • Les publics de déplacent et sont présents en ligne. Un espace de dialogue et de médiation est une manière de diversifier le contenu de son site (une rubrique de plus c’est toujours bon à prendre) et de diversifier sa présence en ligne (potentiel de reprises dans d’autres blog etc.)

Pour l’instant, la stratégie relationnelle de TF1 se cantonne à un blog « La Rédaction vous répond » animé par Jean-Marc Pillas (la chaîne se dit plus ambitieuse dans les prochains mois). Près de 60 billets en 20 jours. Le blog est donc actif.

En revanche, je n’ai pas vu un seul commentaire. La forme des billets est celle de la question/réponse : un téléspectateur critique, questionne, fait une remarque. Jean-Marc lui répond. Le bon vieux courrier du coeur, le courrier des lecteurs. Voilà concrètement l’ambition de TF1 aujourd’hui. Cela peut sembler un brin ridicule ou passéiste, mais principe de charité oblige (oui, même avec TF1) on peut y voir l’illustration de l’effet diligence cher à Régis Debray et Jacques Perriault – du cercle des médiologues disparus.

TF1 est une grosse maison, ancrée dans un médias de masse du XXe siècle. Elle s’adresse à un public de masse dont on peut penser que la pratique des blogs est minime. On commence le plus simplement du monde en écrivant comme dans les Liaisons Dangereuses. Le blog est épistolaire. Après tout pourquoi pas… Affaire à suivre en tout cas.

Les lois de la participation

Cela fait des mois que nous n’avons pas publié une vieillerie. Celle qui suit date de 2006 et ne vient pas de n’importe qui – à savoir Ross Mayfield, dirigeant de SocialText. En matière de wiki et de participation c’est presque ce qu’on ferait de mieux. Et donc notre bonhomme avait proposé dans un billet intitulé « Power Law of Participation« , le joli graphique suivant :

135959002_044797a68c_o

Plus on est de fous plus on rit. Mais ceux qui montent sur la scène, même s’ls sont plus nombreux qu’avant, restent des happy fews. Pour moi, un tel graphique n’a rien perdu de son actualité…

  • Sur le même sujet sur Internet & Opinion(s) :

Et si la sagesse des foules c’était d’abord celle de se taire ?
Rue89 et les lois de la participation

La Fnac et l’innovation économique

Nous sommes très nombreux à réfléchir à l’avenir du web social. L’actualité est particulièrement tourmentée. Le vent de la normalisation souffle. Il va falloir que les blogueurs et les internautes actifs rentrent dans le rang. Cette situation de normalisation a de nombreux exemples historiques : la transformation du journal Libération, l’encadrement étatique et mercantile des radios libres, etc.

Un autre cas est celui de la grande distribution et notamment de la FNAC. Un simple exemple, en forme d’hommage à son fondateur qui vient de nous quitter il y a quelques jours :

Le 15 janvier 1973, la FNAC publie une annonce dans la presse magazine. Elle présente le nouveau Polaroïd de l’époque. Mais d’une certaine manière… :

« A la veille de lancer sur le marché le SX 70 (…) Polaroïd garde le silence. Réaction de la FNAC ?… (…) elle rompt le silence. Pour dire : à partir de maintenant, réfléchissez avant d’acheter un Polaroïd dont le prix dépasse les 700 francs.

Parce que (dans un an) le SX70 sera vendu en France à 1200 ou 1300 francs. Mais d’autres modèles suivront. Qui, eux, seront à des prix plus abordables.

Ralph Nader expliquait récemment pourquoi il avait accepté l’invitation de la FNAC : « parce que je crois qu’il peut y avoir des distributeurs qui se mettent réellement au service des consommateurs ». (source : Stratégies n°40, « Fnac contre Polaroid : jusqu’ou peut-on aller trop loin ? »)

Deux constats :

  • ce rôle de conseiller, cette implication militante dans l’achat dans le conseil est aujourd’hui assumé par des internautes anonymes.
  • cela montre à quel point la période actuelle est innovante par rapport à la décennie 90-2000 mais également à quel point la période post-68 était elle aussi pleine d’innovations aussi bien sociale qu’économiques.

Deux questions  :

  • comment et pourquoi  la FNAC a-t-elle quitté ce positionnement et ce rôle d’innovation économique et sociale ?
  • si mai 68 n’est plus passé depuis, nous connaissons l’effervescence de l’avis conso 2.0 : cela donnera-t-il des idées concrètes à la grande distribution ?

Rue 89, bientôt 2 ans d’existence, fait le point avec Esprit

Pascal Riché et Laurent Mauriac font le point sur leur entreprise de presse, rue89, dans une entretien avec la revue Esprit. Une entrevue très grand public mais qui permet de continuer à être au clair avec les tenants et les aboutissants du web social.  Quelques extraits pour garder la forme (et surtout la tête froide) quand tout semble partir dans tous les sens.

Portrait du journaliste en fact checker

Contrairement à un mythe, les internautes n’envoient pas d’articles « journalistiques ». Ils ne demandent même pas à le faire. Ils envoient des idées, des commentaires, des tribunes, des analyses, des témoignages, des informations répétées soit sur un blog, soit dans un journal étranger, soit dans leur environnement. Cela ne les intéresse pas de faire un travail de journaliste, croisement des sources. Nous tenons à garder ce rôle : c’est la rédaction qui valide, hiérarchise, met en perspective le contenu de Rue89. Nous restons des journalistes avant tout, notre métier est de valider l’information.

Comment lit-on les commentaire sur rue89 ?

[l’internaute] a accès à l’ensemble des commentaires s’il le souhaite mais seuls 7% des internautes vont au-delà des « commentaires sélectionnés ».

Une information intéressante sur l’exposition des internautes aux messages des commentaires. Finalement, le premier lecteur des commentaires, c’est peut-être le moteur de recherche.

Portrait du journaliste en animateur : le « journalisme de conversation »

À l’échelle de son propre « journal », le journaliste est déjà un animateur de plusieurs communautés : La micro-communauté de son dernier article (les lecteurs-commentateurs); La meso-communauté de son nom plume (les fans d’Untel); La macro-communauté du site. C’est en tout cas ce que m’inspire ce passage de Pascal Riché :

« nous demandons (…) à nous journalistes de répondre aux commentaires, aux critiques, de modèrer eux-mêmes les commentaires, de rectifier ce qui doit l’être, éventuellement de compléter leur travail avec les informations qui viennent des internautes. C’est ce qu’on appelle le « journalisme de conversation » par opposition à un journalisme vertical, dans lequel le rédacteur octoie son info sans trop se soucier de celui qui la reçoit.

Le web, c’est de l’écrit avec les codes culturels de la radio

On considère souvent que le journalisme web est une nouvelle déclinaison de la presse écrite. C’est peut-être vrai, mais notre travail nous rapprochr par bien des aspects de la radio : la réactivité, l’absencde de deadline, le ton informel de l’écriture, et même l’échange participatif qui est (…) une invention de la radio.

Vous pouvez lire l’intégralité de l’entretien sur le site de la revue Esprit.

Le Tigre sort ses clics sur Marc L.

tmarclEn réponse à certains commentaires suite à mon billet sur Le Tigre et les moutons, je reprends les chiffres donnés par Le Tigre dans son dernier numéro. D’où sont venus les internautes intéressés par l’article du Tigre sur le désespérant désespéré Marc L. ?

Le Tigre a consacré un article rétrospectif sur cet emballement, « Marc L. genèse d’un buzz médiatique ». Je vous invite à le découvrir en ligne ou en kiosque (un peu de sport ne fait pas de mal). Je ne reprendrai que deux extraits qui donnent quelques renseignements sur les origines du trafic vers  l’article :

Il n’est (…) pas inintéressant de constater que sur près de 200 000 personnes qui ont cliqué sur le portrait de Marc, 9% proviennent du site du Monde, 4% proviennent du site de l’Express, 3% du Figaro, 1,8% de Facebook, et 1,7% de lepost.fr. Où l’on voit que les médias traditionnels continuent, malgré tout, à organiser le grand barnum de l’information…

Si l’on prend en compte les sites français ayant apporté plus de 118 visiteurs, 37% seulement sont des pure players [de Facebook à Google en passant par Rue89 ou Mediapart], contre 63 % de médias traditionnels (…) Ce qui signifie que, même pour un sujet concernant internet, les visiteurs continuent à suivre un flux dominé par les marques anciennes.