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Les blogueurs sont-ils journalistes ? (intervention colloque Ethic)

J’ai eu la chance d’intervenir hier au cours du colloque organisé par le Mouvement Ethic au Press Club sur le thème de la responsabilité des médias (programme complet). On peut d’ores et déjà en lire la synthèse complète de l’excellent @olivcim qui était dans la salle.

Ma table ronde portait sur le thème « tous journalistes ? », elle réunissait Pascal Perri à l’animation, et en intervenants Jean-François Kahn, le Général Jean-Philippe Ster du Sirpa et votre serviteur, dont la tâche était de répondre à la question « les blogueurs sont-ils journalistes ? »

Marrant comme angle, car si la question est aussi vieille que la blogosphère et paraîtra dépassée à certains, elle n’a me semble-t-il plus fait l’objet de grands débats blogosphériques depuis environ deux ans [et la polémique qui avait mis aux prises, entre autres Aphatie / Birenbaum / Morandini / Versac / Embruns / Luc Mandret / Koz, et qui avait conduit Versac a fermer Versac.net — une date dans l’histoire de la blogosphère a posteriori].

Mais je suis assez content que la question ait été posée, car depuis que toute l’attention publique s’est portée sur Twitter et Facebook, on parle moins du rôle des blogs qui sont toujours là et qui contrairement à Twitter et Facebook qui sont des lieux de distribution de contenus, sont des lieux de production de contenus. Au même titre que les médias.

Les blogueurs sont-ils des journalistes, donc ? A part Narvic (dont la relecture de la prose m’a beaucoup aidé à structurer mon intervention) et quelques autres, on va avoir du mal à trouver un journaliste qui considère qu’un blogueur est un alter ego, et un blogueur qui revendique faire du journalisme… La question pourrait donc être vite réglée.

Et pourtant : il y a « être journaliste » et « faire du journalisme ».

Etre journaliste (professionnel) : on peut identifier facilement un certain nombre de différences fondamentales entre l’exercice du blog et celui du journalisme (activité récréative vs. activité principale, point de vue particulier vs. point de vue général, prisme de l’information vs. prisme de l’opinion…). « Les blogs sont des médias, mais les blogueurs ne sont pas des journalistes », dit-on par chez nous pour résumer.

« Faire du journalisme » : de ce point de vue on peut tout à fait avancer l’idée que les blogueurs pratiquent une certaine forme de journalisme, voire en inventent de nouvelles. Commentaire, opinion, point de vue, humeur, contre-pouvoir sont aussi après tout des formes de journalisme, même quand on est dans un processus de production individuel qui ne comporte pas la commande d’un rédacteur en chef ou de contrainte de format (« tu me fais deux feuillets »).

Tous journalistes ? Non, mais tous médias… Potentiellement.

Au-delà de ces questions qui sont finalement des questions de définition (qu’est-ce qu’un journaliste ? Qu’est-ce qu’un blogueur ? Qu’est-ce qu’un média ? Qu’est-ce que l’information ?), il m’a semblé utile de réfléchir à la question de la concurrence et de la complémentarité entre les deux univers.

J’ai préparé une petite présentation sur tous ces sujets que vous trouverez à la fin du billet, et dont la conclusion aurait été (si le débat ne s’était pas installé en chemin, ô joies des tables rondes) que « bloguer n’est pas sale ».

Devant un parterre de chefs d’entreprises et d’intellectuels, cette idée est fondamentale. Dans un espace public ou la webophobie est encore maîtresse, je ne peux que vous conseiller de lire, relire, partager et archiver le billet de Cecil Dijoux intitulé « Intellectuels vs. Internet : l’autre fracture numérique« . Il y explique les résistances de l’élite intellectuelle française de multiples manières et conclut ainsi :

« Il est de la responsabilité des intellectuels d’aller au delà du rejet pour s’immerger enfin dans cette culture numérique pour l’enrichir, lui donner du sens et stimuler une innovation et une créativité numérique qui s’inscrit dans la tradition culturelle hexagonale. Sans quoi, l’adoption (inéluctable) de ces outils restera sans “conscience” et, en France, le 21ème siècle n’aura pas lieu. »

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Réflexions en vrac sur Twitter : Twitter et la blogosphère, je t’aime moi non plus

Suite de la trilogie « Twitter en vrac » entamée hier avec la question des usages.

Twitter est donc en pleine expansion et cela n’est pas sans conséquences sur le paysage des médias sociaux. Il convient d’abord de noter que Twitter n’est pas un continent fermé et déconnecté des autres (la plupart des fils sont ouverts et lisibles y compris par des non-inscrits, contrairement à Facebook où le profil ouvert est devenu l’exception). Twitter est avant tout un élément dans l’écosystème des médias sociaux, et un élément de plus en plus central.

Mais c’est au sein de la blogosphère que Twitter semble avoir le plus d’impact, sur le mode « je t’aime, moi non plus ». Cela ne signifie pas que Twitter a mangé l’audience des blogs, ça semble encore loin d’être le cas — petite démonstration avec les audiences comparées de Twitter et WordPress en France :

audience twitter wordpress

La première fois où ce phénomène de déplacement des usages vers Twitter m’a marqué, c’est lorsque j’ai publié « les 10 mythes du web 2.0 ». Sans revenir sur le fond de ce billet, c’était en soi une petite machine à buzz (avec les mots-clé « mythes », « web 2.0 » et « liste en 10 points », j’étais à peu près sûr d’être repris un peu partout). Ce billet a connu un certain succès, vu environ 4000 fois ce qui est bien pour un billet de blog spécialisé. Donc il n’est pas passé à côté de son objectif, mais j’étais persuadé qu’il allait générer de très nombreux liens depuis de très nombreux blogs, sur le mode « je suis tombé sur ce mec qui parle des 10 mythes (et voilà ce que j’en pense) ». Et finalement, pas tant que ça. Par contre le billet a été tweeté, ReTweeté, tweeté, ReTweeté, RT, RRT, RRRT et RRRRRRRRT. (Dommage, je n’avais pas fait les comptes à l’époque.)

Bref, cet exemple pour dire quelque chose que l’on a tous constaté : avec l’émergence de Twitter, les blogs se linkent moins les uns les autres. Le blogueur, au lieu de faire un billet pour signaler un autre billet, va le tweeter. Twitter a vocation à devenir un driver de trafic important pour les sites web en tous genre, comme Facebook d’ailleurs.

Le tweet ou le RT, simple et pratique, surtout quand on n’a pas de commentaires de fond à faire sur le billet qu’on linke. Mais que faut-il en penser ? On en parlait récemment avec Anthony qui voit plutôt la chose positivement : on ne fait plus de billets quand on n’a rien à dire, du coup la blogosphère se recentre sur son activité « naturelle » qui est celle de la publication. Elle remplit davantage sa fonction d’aller dans le fond ou au moins dans le contenu. La blogosphère perd en liens ce qu’elle gagne en qualité.

La fonction de veille revient à Twitter, la fonction de publication (l’analyse, l’opinion, etc.) à la blogosphère. On le voit assez bien d’ailleurs je trouve dans le succès sur Twitter de blogueurs comme Enikao (850 followers) ou Palpitt (1000 followers), excellents blogueurs mais restés assez confidentiels, enfin je crois (dites-moi si je me trompe ;-)) et « révélés » sur Twitter notamment grâce  leurs qualités de veilleurs (vous avez vu les garçons je parle de vous comme de grands champions).

Donc Twitter permettrait à la blogosphère de se recentrer sur l’essentiel. Mais on sent tous à l’inverse que l’on passe à côté de débats blogosphériques qui se limitent désormais au tweet et au RT. La tentation de la précipitation est grande. On se contente de tweeter. On « perd le goût de l’effort », pour parler comme les gens d’autres générations 😉

Twitter participerait ainsi à « assainir » mais aussi à affaiblir la blogosphère. Et le « je t’aime, moi non plus », on le voit aussi dans la circulation de l’info : Twitter aime la blogosphère dont il se nourrit pour vivre et la blogosphère aime Twitter qui lui envoie du trafic. La blogosphère aime Twitter où elle peut aller chercher de l’inspiration pour de nouveaux billets.

Intéressant d’ailleurs de noter que le jour du bac philo, Twitter s’est « mis en route » vers 10h alors que France Info divulgait les sujets dès 8h. Oui, Twitter est une partie intégrante et importante de l’écosystème des médias sociaux, mais n’est-il pas coupé des médias offline (sauf en cas de livetwit de la Nouvelle Star, j’entends bien) ?

Bon, il faut quand même noter une dernière chose, c’est que l’ensemble des constats que je fais est très probablement accentué au sein des sphères dans lesquelles j’évolue et évoluent la plupart de mes contacts : les sphères médias-web-techno. Pas sûr que Twitter ait encore grignoté la blogosphère culinaire ou littéraire.

Suite et fin demain : Twitter, révélateur de réputation numérique.

10 mythes du web 2.0

Ah, le web 2.0… Il va vite, très vite, trop vite. Et ce qu’on en dit aussi : dans le web 2.0, les blogs sont « influents » ; le journalisme est « citoyen », le marketing est « viral »…

Depuis environ 4 ans, de nombreux mythes ont jalonné les discours sur les médias sociaux. On est revenus de certains, mais d’autres ont la dent dure. Petite revue de 10 mythes du web 2.0, dans le désordre.

[Edit : le mot « mythe » est fort. Certains mythes ne sont peut-être que des « idées reçues » : l’exercice d’en sélectionner 10 oblige à grossir le trait. Ce billet n’a pas pour objectif de tomber dans la caricature inverse et de dire que la réalité se situe dans l’inverse des mythes tels que je les formule. Chacun des 10 points que je présente ici renvoie à une réalité, mais une réalité souvent exagérée. L’idée est donc d’introduire de la nuance, de réajuster, de « remettre les choses à leur place ».]

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1.    « Wikipédia est aussi fiable que Britannica. »

C’est le mythe sur lequel Wikipédia a bâti toute son image et sa crédibilité. La source paraît infaillible : c’est une étude de la très sérieuse revue Nature qui le dit : en comparant Wikipédia et Britannica, on trouve moins d’erreurs dans le premier que dans le deuxième.

Pourtant c’est archifaux. Relisez ce billet d’Emmanuel qui explique pourquoi.

2.    « Le Drudge Report est plus fort que le New York Times. »

L’idée est séduisante : le Drudge Report, cette page de liens qui incarne à merveille ce qu’on appelle le linkjournalism ou Journalisme de Liens, aurait réalisé davantage d’audience que le New York Times pendant la nuit des élections américaines (arrivé 6ème des audiences Internet selon Hitwise). Sans budget, sans équipe…

C’est Yohann, un commentateur chez Narvic (le #9), qui m’a mis la puce à l’oreille : « Les seuls classements où Drudge arrive en tête, ce sont les classements basés sur les pages vues, où il n’a pas de mal à arriver premier vu qu’il est le seul à s’auto-rafraîchir toutes les trois minutes ».

Le Drudge Report, ça marche — et de façon même assez  étonnante —, mais pas dans les proportions que l’on a décrites. On peut aussi comparer une estimation du trafic NY Times / DR ici.

3.    « Sur Internet, c’est facile de faire du participatif. »

Les internautes commentent sur les blogs, postent des photos sur FlickR, des vidéos sur YouTube, construisent Wikipédia… Le web 2.0 donne la possibilité à tous de participer à la production du contenu, c’est donc facile de faire du participatif.

Un raisonnement souvent tenu par les annonceurs, parfois mal conseillés. Résultat : combien de blogs de marques sans aucun commentaire, de sites soi-disant participatifs, de concours désertiques ?

On ne répètera jamais assez que la participation active est le fait d’une minorité. On ne génère pas de la participation en claquant des doigts (ni de l’audience d’ailleurs). A relire : ce tableau de McKinsey qui montre la proportion d’internautes actifs dans les grandes plates-formes web2 (Wikipédia, YouTube, FlickR, Felicious…) ainsi que l’étude de Rue89 sur la participation de son lectorat.

On y voit très clairement que « the many benefit from the few » : sur FlickR, 2% des utilisateurs génèrent 95% du contenu ; sur YouTube, 6% génèrent 95% ; etc.

4.    « Avec Internet, chacun peut devenir journaliste. C’est le journalisme citoyen. »

L’expérience Agoravox le montre : le journalisme citoyen produit avant tout de l’opinion — et beaucoup moins d’information brute.

Normal : chacun n’a pas sous le coude une pile de scoops à révéler ; produire de l’information, cela suppose du temps, des méthodes, des moyens. Le journalisme est un métier.

Je ne saurai pas mieux faire que de vous renvoyer à cette remarquable note d’Aurélien Viers sur la question du journalisme citoyen. Depuis 4 ans, on se trompe de vocabulaire : ce qu’Internet permet, ce qui a le vent en poupe, ce sont les témoignages participatifs.

5.    « Les blogs influents. »

Des 10 mythes, c’est sans doute le plus durable, car le moins faux. On en a parlé, reparlé, on a discuté, disserté, analysé… Il existe plusieurs formes d’influence des blogs, de la capacité de nuisance à la capacité de rectification, les search, les scoops, les communautés ou l’influence auprès de leaders d’opinion comme des journalistes…

Mais écrire un blog, ça ne veut pas dire avoir un public ; ni être audible ; ni être écouté. Bref, prendre la parole, ce n’est pas prendre le pouvoir. Et on a certainement tendance à exagérer l’influence réelle de beaucoup de blogs qui fonctionnent dans l’entre-soi.

6. « L’UGC prend le pas sur les contenus professionnels. »

Les mythes liés à l’UGC sont nombreux : leur qualité, leur emprise sur le web…

Mais dans l’immense masse de contenus générés par les utilisateurs, une faible proportion sont de bonne qualité. Et voici 3 exemples pour illustrer le fait que l’UGC ne prend pas nécessairement le pas sur les contenus professionnels :

– Au niveau de la vidéo, Youtube et DailyMotion ont construit leur audience sur la republication de contenus professionnels (avec ou sans les droits) plutôt que de contenus amateur. Wat a de son côté renoncé à faire de l’UGC son coeur de business.

– Au niveau médias, l’expérience Rue89 est éclairante : le site a ouvert une brèche entre le journalisme et l’UGC, en proposant le concept de l’info à 3 voix : journalistes, experts, citoyens. Autrement dit, du journalisme et de l’UGC encadré et validé par des journalistes.

Avec l’exigence journalistique qui est la sienne, le constat de Rue89 a rapidement été que peu de contenus amateurs était publiables : les contenus de journalistes ont toujours été dominants dans le site, causant un conflit avec Mikiane, l’un des fondateurs. Ce soir, je prends la home de rue89 : 12 des 16 articles du « fleuve » sont signés de journalistes ou assimilés.

– Au niveau des marques, on dit souvent que les contenus UGC sont plus visibles que les contenus officiels. C’est parfois vrai, parfois faux : quand on tape les noms des grandes marques dans les moteurs de recherche, les contenus officiels restent les plus accessibles.

7. « Le marketing viral, ça cartonne. »

Ah, le mythe de la publicité gratuite… C’est un mythe qui s’est assez largement dégonflé maintenant, mais on a connu une période où le marketing viral était le graal de la communication en ligne pour les annonceurs. On fait une vidéo rigolote ou sympa, et ça buzze.

Résultat : une profusion de campagnes de faible qualité qui n’ont jamais décollé de là où on les avait mises. Le cimetière du web est plein de campagnes virales. D’après Jupiter research, 15% des campagnes virales atteindraient leurs objectifs. D’après Georges Mohammed-Cherif (Buzzman), qui a signé quelques unes des campagnes les plus virales de ces dernières années, il y a une dizaine de campagnes vraiment virales par an.

Et ce n’est pas parce que l’on devient viral que c’est gagné : encore faut-il que cela serve réellement les intérêts de la marque.

8. « L’audience des médias traditionnels se dégrade. »

Pour la presse écrite, c’est très clair : baisse constante de la diffusion de la presse depuis 2000.

Mais pour la radio et la télévision, c’est moins évident. Le temps passé devant la télévision a même progressé d’une minute au dernier pointage : 3h28 par personne en octobre 2008. Aux Etats-Unis, la TV est à son plus haut historique.

9. « La confiance dans les médias traditionnels se dégrade. »

Pas en France en tout cas. Malgré les discours ambiants, malgré les affaires, la question de l’indépendance, les relations entre actionnaires et groupes médias, entre le pouvoir et les patrons de rédaction…

Non pas que la confiance dans les médias traditionnel soit élevée. Mais depuis 2000, les études ne montrent pas qu’elle a fondamentalement évolué : un peu moins bien par ci, un peu mieux par là…

Un aperçu de l’évolution de la confiance dans les médias telle que la mesure TNS Sofres pour la Croix et Logica, depuis plus de 20 ans, ne montre pas d’évolution majeure dans les années 2000 : les taux de confiance dans la presse écrite, la radio et la télévision sont supérieurs ou égaux à leurs niveaux de 2000. Et en 2009, toutes les catégories de médias voient leur côte de confiance remonter. C’est dans les années 90 que la confiance dans les médias s’est affaissée. cela mérite une petite image :

confiance-medias-2009

10. « Obama a construit sa victoire sur le réseau de petits donateurs. »

On l’a vu un peu partout : Obama aurait amassé plus d’argent via ses petits donateurs que via les gros donateurs. Un véritable effet longue traîne avec un bénéfice important : une moindre dépendance aux lobbies, grâce à des dizaines de milliers de petits donateurs ayant mis la main à la poche dans la mesure de leurs moyens (petit donateur = moins de 200 $).

Le problème, c’est que c’est faux, révèle le Campaign Finance Institute, un organisme indépendant. Les petits donateurs n’auraient représenté que 26% des finances d’Obama… soit approximativement la même proportion que les petits donateurs de Bush en 2004. Avec 210 millions de $ en provenance de gros donateurs et 120 millions de $ en provenance de petits donateurs, on est dans des proportions classiques.

La confusion vient du fait que beaucoup de donateurs ont fait plusieurs petits dons. Si je donne 6 fois 50 $, je fais 6 fois un petit don, mais à l’arrivée, je ne suis plus un « petit » donateur, ayant dépassé les 200$.

[Comment ça, le mythe n°10 n’est pas un mythe 2.0 ? avec les mots-clé « Obama » et « Longue Traîne », ça a sa place ici non ?]

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Voilà pour les 10 mythes qui me viennent à l’esprit. Il y a en a sans doute beaucoup d’autres (par exemple, j’ai évité le mythe de la « conversation » qui a déjà été évoqué sur ce blog dans un billet plus ancien ; on aurait aussi pu écrire « sur Facebook, tout le monde voit votre vie privée »). J’attends avec impatience que vous complétiez la liste ou que vous vous offensiez de ce que vous venez de lire…

Les médias en ligne et leurs politiques de blogs

Je viens de faire un travail qui me tenait à cœur depuis plusieurs mois : décortiquer les politiques de blogs menées par les principaux médias en ligne généralistes — les « grands médias », si on veut.

Qu’est-ce que j’appelle la « politique de blogs » des médias en ligne, d’abord ? Tout simplement la manière dont ces médias proposent des blogs, ou pas, à leurs lecteurs.

Cela peut prendre des formes multiples : des blogs de journalistes sur le site du média (par exemple celui de Corinne Lesnes du Monde), une plate-forme de blog proposée aux internautes sous la marque du média (monblog.lemonde.fr), etc.

Or on sait que les médias français ont une vision culturellement très méfiante vis-à-vis d’Internet. Pourtant, bloguer est à la fois un moyen de :
– proposer un service additionnel à son public (un service d’information quand le média édite des blogs, un service de participation quand le média propose une plate-forme de blogs ouverte au public)
– d’interagir avec lui pour enrichir l’information et être à son écoute
– ou encore tout simplement une pratique inhérente au métier de journaliste, qui peut utiliser le blog pour raconter les coulisses de son métier, expliquer les dessous d’une enquête, diffuser des informations complémentaires, proposer des analyses complémentaires avec un point de vue plus personnel comme le blog le permet bien.

Même si cela a tendance à évoluer un peu depuis quelques mois, on sait que les journalistes français se servent encore malgré cela assez peu des blogs, que ce soit comme source d’information ou comme outil de publication. Et l’image générale dans la blogosphère est que très peu de journalistes bloguent et que beaucoup de ceux qui le font ne le font que dans une logique descendante, ne répondant pas aux commentaires, etc.

L’autre raison de mon intérêt pour cette question est que l’on sait que ces médias hébergent une quantité tout de même assez importante de blogs, parfois de très bonne qualité, parfois avec de très nombreux commentaires et, on peut le supposer, une audience importante… mais dont la logique de valorisation est assez différente de la blogosphère la plus visible, celle du haut du classement Wikio.

En effet, les blogs hébergés sur des sites ou des plates-formes de médias en ligne ne sont le plus souvent pas tenus par des auteurs très intégrés dans la blogopshère, qui maîtrisent la notion de lien entrant et sortant, et qui l’utilisent pour émerger en visibilité.

En revanche, le fait d’être situés sur des gros carrefours d’audience (les médias en ligne) peut être un vecteur de visibilité pour eux (à la fois par la faculté de cliquer depuis une rubrique « les blogs » sur la home, mais aussi parce que certains de ces médias intègrent des billets de blogs aux actus, donc dans la partie la plus visible et la plus suivie du média…).

Pour prendre un exemple, les blogs politiques du haut du classement Wikio ne sont pas, sauf quelques exceptions (Coulisses de Bruxelles, sur la plate-forme de Libé ; Jean-Michel Aphatie, chez RTL), hébergés par des médias en ligne mais sur des plates-formes de blogs classiques. Ces blogs maîtrisent bien les techniques qui permettent d’obtenir les précieux liens entrants qui permettent de remonter en popularité. A l’inverse, un blog comme celui d’Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro, est extrêmement vu et commenté sur le Figaro.fr. Il ne linke pas d’autres blogs ou participe à leurs commentaires pour les « draguer », et récupère donc moins de liens que ce qu’il pourrait. Pourtant, il est présent sur Lefigaro.fr et doit récupérer un trafic plus important que ne laisse suggérer sa 266ème place au classement Wikio, si on en juge par les centaines de commentaires qu’il peut avoir sur certains billets.

Bref, on a me semble-t-il affaire à des blogs qui échappent assez largement au système du netlinking et qui pour cette raison ne sont pas très visibles alors qu’ils peuvent être très visités. Et si l’influence, que l’on cherche tellement, n’était pas là où on la croit (dans le classement Wikio), mais aussi simplement dans ces outils moins communautaires mais à potentiel d’audience que sont les blogs édités par des médias ??

(Par ailleurs, soyons clair, je ne fais absolument pas partie des détracteurs du classement Wikio que j’estime nécessaire et plutôt bien fait).

Donc, je me suis penché sur la politique de blogs d’une grosse vingtaine de médias en ligne généralistes : les déclinaisons web de médias traditionnels et quelques pure players. J’en arrive à une typologie et une analyse quanti qui donne certaines tendances.

Je me suis en particulier attaché à regarder :
– le nombre de blogs existant, leur nature (blogs de journalistes, d’invités, d’internautes)
– leur vitalité, en utilisant la proportion de blogs actualisée au cours de la dernière semaine (relevés effectués dans la soirée du 29/11)
– la valorisation de ces blogs sur la homepage du site

Et non, je n’ai pas regardé le nombre de commentaires sur les blogs (j’ai été tenté, j’avoue, mais il y a un moment où il faut doser son effort 😉 ).

La conclusion est que l’on trouve en gros 4 politiques de blogs sur ces médias :

– les politiques « ouvertes » au public
– les politiques « semi-ouvertes »
– les politiques « fermées »
– les « non-politiques »

Sous réserve de toute erreur de lecteur, de décompte, etc., allons dans le détail et commençons par les non-politiques, ce qui est le plus simple. Parmi les médias que j’ai regardés, 5 ne proposent pas de blogs. Il s’agit de :

Marianne2 qui accueille des « blogueurs associés » sur ses pages, c’est à dire des blogueurs qui s’expriment sur d’autres plates-formes et qui sont invités à écrire sur Marianne2. Mais techniquement, Marianne2 (qui est, en fait, un blog…) n’accueille pas de blogs spécifiques de journalistes, d’experts ou d’internautes.

L’Humanité

France Info

RFI

Le Point, qui peut faire débat. D’abord, il y a un bouton « blog » trompeur dans le footer de la page d’accueil, puisqu’il ne mène nulle part. Ensuite, on peut considérer que certains espaces du site sont des blogs : Média 2.0 d’Emmanuel Berreta par exemple est un espace qui a une thématique (les médias), un nom, un auteur identifié, et dont les articles sont commentables. Mais n’est pas présenté comme « un blog ».

6 des pages du Point.fr ont ce profil, mais je ne les ai pas considérées comme des blogs au final, tout simplement car pas présentées comme telles. A la question « c’est quoi un blog ? », la réponse dans cette petite étude est : « ce que les médias présentent comme un blog ». il faut faire des choix.

Et maintenant, ceux qui présentent des blogs, donc.

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1. Les Politiques « fermées »

Il s’agit des médias qui proposent des blogs à lire, mais pas à écrire. Blogs de la rédaction, blogs d’experts ou de témoins invités par la rédaction, en quantité plus ou moins importante, ces médias sont dans une logique de proposition d’information supplémentaire ou complémentaire, par rapport à leur production éditoriale « officielle », mais ne proposent pas aux internautes de créer leur blog. On est dans la logique d’image de marque, pas dans la logique de service.

On peut distinguer deux sous-catégories au sein de ces politiques « fermées » : les médias qui ne proposent que des blogs de journalistes / rédaction / émission ; et les médias qui proposent des blogs de journalistes ET d’invités.

1.a. Politiques fermées : blogs de journalistes seuls. Il s’agit de :

– Le Figaro. Le Figaro propose 17 blogs qui sont tous des blogs (individuels ou collectifs) de journalistes de la rédaction, comme Suivez le Geek (Samuel Laurent et Laurent Suply) ou Etreintes Digitales (Marie-Catherine Beuth). 15 de ces 17 blogs ont été mis à jour au cours de la dernière semaine : pas mal ! Par contre Le Figaro valorise 3 de ces blogs depuis la home, ce qui le place en queue de peloton.

– Valeurs Actuelles… qui compte 1 blog : le blog de la rédaction (tenu à jour).

– La Croix, avec 5 blogs, dont 4 mis à jour au cours de la semaine. L’un des blogs fait intervenir des invités mais les autres sont des blogs de la rédaction, comme par exemple celui de Bruno Frappat. Les 5 blogs sont tous valorisés sur la home.

– La Parisien, c’est à peu près la même chose. On trouve seulement 6 blogs le Parisien, mais tous updatés dans la semaine et tous valorisés sur la home (dans un format blogroll). A noter que lorsque je m’étais penché une première fois sur la question au mois d’août, le Parisien ne proposait qu’un seul blog, sur les J.O. Il y a donc du changement… un exemple de variété des sujets abordés avec Jacky la main verte.

– RTL propose 8 blogs de la rédaction au total. 7 d’entre eux ont été mis à jour dans la semaine. 5 d’entre eux sont valorisés sur la home. On connaît bien Aphatie mais on peut aussi citer un exemple de blog jardinage. (Le parisien, RTL, des médias populaires à l’écoute des préoccupations pratiques de leurs publics ?)

– France Inter compte 22 blogs de journalistes (dont 5 correspondants à l’étranger). 14 d’entre eux ont été mis à jour dans la semaine, comme par exemple celui de Jean-François Achilli. Mais un seul est valorisé sur la home.

– Sur Europe 1, on trouve 3 blogs de la rédaction, tous mis à jour dans la semaine. Un seul également est valorisé sur la home. A noter que Europe 1 revendique des « blogs internautes » là où il n’y a en fait que des forums.

– RMC propose 11 blogs d’émissions, tous à jour. Tous sont cliquables depuis la home, et un d’entre eux est intégré aux actus de rmc.fr. On notera qu’ici aussi la thématique jardin est populaire.

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1.b. Politiques fermées : blogs de journalistes ET AUSSI d’experts invités. Il s’agit de :

– Libération. Libération propose 51 « Libéblogs ». Sur ces 51 libéblogs, 17 sont des blogs de journalistes (comme Secret Défense) et 34 sont des blogs d’invités (comme par exemple Serial Worker sur la vie au travail), ce qui en fait une des plates-formes les plus riches.

Sur les 51 libéblogs, 27 ont été actualisés depuis une semaine, soit une grosse moitié. Sur les 17 libéblogs de journalistes, 9 ont été mis à jour depuis une semaine, soit également une bonne moitié. Ajoutons également que depuis la home de Libé, 8 blogs sont cliquables (2 dans les actus, 6 dans la blogroll).

– L’Express. L’Express compte 28 blogs dont la moitié sont tenus par des journalistes de la rédaction (l’occasion de saluer le travail de transparence fait sur le blog Nouvelle Formule d’Eric Mettout). Les autres sont tenus par des experts (c’est chez l’Express que Jacques Attali tient sa conversation — qui n’en est pas une) ou des « témoins » (au sens large, exemple le blog de Jean-Pierre Dick ou le blog Elections Américaines qui était tenu par les étudiants en journalisme de Science po), voire des salariés non journalistes (le blog e-veille).

On peut cliquer 5 blogs depuis la home (un en actus, 4 en blogroll).

Sur les 28 blogs de lexpress.fr, 19 ont été mis à jour depuis une semaine, dont 12 des blogs de journalistes. Autrement dit, les journalistes qui participent aux blogs de l’Express sont assez actifs. Au moins en production éditoriale puisque je n’ai pas regardé leur activité dans les commentaires (je dis ça car j’ai en tête par exemple que Renaud Revel ne répondait pas aux commentaires, mais comme beaucoup d’autres).

– Rue89. La page « blogs » de Rue89 compte 84 blogs listés dans l’ordre alphabétique. Les « riverains » n’ayant pas la possibilité de créer leur blog Rue89, on est bien dans un modèle où les blogs sont ceux de la rédaction et d’invités.

Il n’y a pas d’autre méthode d’analyse que d’aller les visiter un par un et je n’ai pas eu la patience de regarder l’intégralité des 84. Je ne saurai donc pas dire combien de ces blogs sont des blogs de la rédaction de Rue89 (comme par exemple le Démonte-Rumeur, une excellente idée), et combien sont des blogs d’experts ou de leaders d’opinion (Rue89 avait réussi le joli coup d’embarquer 7 nouveaux députés dans le blogging).

Par contre j’en ai cliqué 30 pour voir le niveau de production éditoriale. 15 des 30 avaient été mis à jour dans la semaine. Les blogs Rue89 seraient donc « à moitié actifs ».

Ces blogs bénéficient par ailleurs d’une exposition plus ou moins forte, puisque certains d’entre eux sont intégrés dans la fil d’actu de la home (par exemple, ce qui était posté par Guillemette Faure sur le blog Campagnes d’Amérique était aussi intégré dans l’actu USA de Rue89. Donc pour certains au moins, ce sont davantage que des blogs annexés au média).

Dernier point : 9 blogs Rue89 sont cliquables depuis la home, et Rue89 est le seul média avec Backchich à proposer une blogroll pointant vers des blogs externes (certains médias font de la revue de web avec des liens pointant vers des sources / articles, mais Rue89 et Backchich sont bien les seuls à ma connaissance à proposer une sélection permanente de sources pointant vers des homepages).

– Métro (edit : je m’étais initialement trompé en classant Métro dans les « non-blogs », n’en ayant dans un premier temps trouvé aucun depuis la homepage…).

J’ai trouvé 20 blogs sous la marque Métro, dont 14 sont ouverts au public sous un format « d’appel à contributions » (exemple avec « Même pas honte« ). Modèle ouvert ou fermé ? Dans la mesure où il n’est pas possible de créer son blog Métro, je préfère garder Métro dans la catégorie « fermée ».

Par ailleurs Métro n’est pas très explicite sur le « statut » des auteurs des blogs, journalistes ou invités. 2 des blogs sont identifiables comme émanant de journalistes, comme par exemple celui de Nadia Loddo ; le reste étant des blogs invités (4, comme celui de l’écrivain Mabrouck Rachedi), et les blogs faisant appel à contribution.

Sur ces 20 blogs, seuls 6 ont été mis à jour dans la semaine (dont un des deux blogs de journalistes) et 2 sont valorisés sur la home, au sein des actus.

– Backchich. Backchich propose 18 blogs dont les profils semblent être journalistes + invités. je dis « semble » car les profils des auteurs sont difficiles à identifier : Si on sait que Nicolas Beau est le patron de la rédaction, Réda Sadki, responsable de Survivreausida.net, a plus le profil d’un « invité ».

En tout cas, 7 de ces 18 blogs ont été mis à jour dans la semaine, et 7 sont linkés depuis la home (1 en actu, 6 en blogroll).

Au passage, je donne quelques exemples de blogs sur chacune des plates-formes que je cite, mais il faut vraiment aller voir pour se rendre compte de la diversité, de la richesse et de l’originalité de beaucoup d’entre eux.

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2. Le modèle « semi-ouvert »

J’entends par là les médias qui proposent à leurs abonnés, et non à tous les internautes, de se créer un blog. Je serais tenté de dire qu’on est dans une logique de « service restreint ». On trouve donc sur ces plates-formes à la fois des blogs de journalistes, d’invités et d’abonnés. C’est en fait le cas des seuls Le Monde et Mediapart.

– Le Monde. Sur sa page blogs, le Monde a la particularité de ne parler que des « blogs invités », des « blogs sélectionnés » et des « blogs » tout court.

Il n’y a donc pas les « blogs de la rédaction » : les journalistes du Monde qui bloguent sont intégrés au blogs « invités » : cela permet de mettre en avant 20 blogs de qualité… dont seulement 4 à ma connaissance (comme Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire) sont tenus par des journalistes du Monde. Alors que le Monde a une plate-forme de blog les plus intéressantes et les plus complètes, la participation de ses journalistes reste bien maigre.

Les autres blogs « invités offrent une belle diversité d’idées de blogs (voir par exemple le blog « Démystifier la finance » du banquier Georges Ugeux). Tous les 20 ont été updatés dans la semaine.

Le deuxième niveau proposé par Le Monde, les « blogs sélectionnés », est issu des blogs d’abonnés. Il s’agit donc d’un choix éditorial de mettre certains blogs d’abonnés en avant (Gilles Klein qui est incontournable quand on s’intéresse aux médias en fait partie). 36 blogs sont ainsi « sélectionnés » par le Monde.

Pour le reste, on notera que le Monde valorise — sur sa page blog — les 30 derniers blogs d’abonnés mis à jour, et indique que 303 blogs ont été mis à jour depuis 2 mois. J’avais noté le même chiffre au mois d’août… et le jour où j’avais fait le relevé, le Monde indiquait 797 blogs updatés depuis deux mois. La plate-forme du Monde serait-elle en recul ??

Dernier point sur le Monde : la home du site linke 3 blogs dans les actus et en liste 13 dans ce qui ne s’appelle pas une blogroll mais occupe cette fonction. Ce sont donc 16 blogs du monde.fr qui sont cliquables depuis la home. On est dans la moyenne élevée.

– Mediapart. La conception ergonomique de Mediapart.fr rend difficile la lecture des données. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut faire partie du club pour avoir un blog sur Mediapart. En consultant la liste des blogs de Mediapart, j’en ai dénombré 677. Mais sur ces 677, seuls 145 ont publié 10 fois ou plus.

Difficile de mesurer davantage le niveau d’activité de la plate-forme… Difficile également de distinguer les blogs de journalistes, d’experts ou d’abonnés car il faut prendre les blogs un par un pour le voir. On notera qu’Edwy Plenel a publié 18 fois sur son blog Mediapart.

Enfin, la home de Mediapart permet de cliquer 9 blogs différents.

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3. Le modèle « ouvert »

On a ici affaire à des médias en ligne qui proposent à tout internaute de passage de se créer son blog sous la marque du média (monblog.20minutes.fr par exemple). A condition évidemment de se créer un compte, etc., mais gratuitement. C’est une logique de service dans une recherche d’audience. On va voir que cela réussit bien à certains et beaucoup moins à d’autres.

– Le JDD. J’espère pour lui que le JDD est en train de repenser entièrement sa politique de blogs. Non seulement la navigation n’est pas optimale pour accéder aux infos, mais en plus les infos auxquelles ont accède donnent une image déplorable de la démarche blog du JDD. En cherchant bien, on trouve 10 blogs de la rédac. Un seul (celui de Michel Deléan) a été mis à jour depuis une semaine, et la plupart d’entre eux n’ont pas été mis à jour depuis plus d’un an…

On trouve ensuite une catégorie « le meilleur des blogs JDD », avec une sélection de 39 blogs (même modèle que lemonde.fr : la rédaction choisit ses blogs de lecteurs préférés). Sans avoir visité les 39 blogs, on voit vite là aussi qu’on est dans un cimetière… les meilleurs blogs ont l’air d’être en grande majorité… des blogs défunts. Hum !

Enfin, on peut accéder aux blogs de la « communauté » JDD… pas bien active, puisque seuls 5 blogs JDD ont été actifs la semaine passée.

En ce qui concerne la valorisation de ces blogs : le JDD en linke 6 sur sa home.

– Le Nouvel Observateur. Le Nouvel Obs propose les 3 niveaux : journalistes, invités, internautes.

On trouve 19 blogs de journalistes dont 13 ont été updatés dans la semaine (comme par exemple celui de Claude Soula sur les médias). Il y a eu un sérieux nettoyage car à une époque on en trouvait des dizaines et des dizaines, et quand j’avais commencé l’exercice cet été, on pouvait encore trouver le blog de Laurent Joffrin, passé chez Libé il y a deux ans et avec un blog NouvelObs décédé en même temps.

On trouve ensuite 30 blogs invités de l’Obs. Mais seulement 3 ont été updatés dans la semaine (exemple : Patrick Lozès, qui blogue sur la question raciale). C’est je pense la faiblesse de la politique de blog du NouvelObs. Parmi les idées originales de blogs, notons par exemple celui de Laurent Jacqua, détenu à la maison centrale de Poissy.

Impossible de savoir combien de blogs d’internautes existent sur la plate-forme Nouvel Obs, mais on peut voir que 160 d’entre eux ont été updatés depuis une semaine, ce qui en fait une plate-forme sans doute plus active que celle du Monde (sachant que le Monde est semi-ouvert, donc semi-fermé).

Enfin, l’Obs valorise ses blogs avec 3 blogs dans les actus et 20 blogs en blogroll, soit 23 blogs cliquables depuis la home.

– 20 minutes. Il est très, très compliqué, de lire et de réunir les infos sur les blogs 20Minutes. Il faut tout lire depuis la home car je n’ai pas trouvé de page réunissant les blogs 20minutes. Par rapport aux autres médias, on est frappé de voir à quel point les blogs sont intégrés à la home page : on peut au total en cliquer 85… là où chez les autres, on ne dépasse jamais les 20 (23 exactement, pour le NouvelObs).

On en compte 5 dans les actus de 20 minutes et le reste en « blogroll » : avec 9 blogs photo, 2 « c’est blogué » (l’occasion de rappeler que le Bondy Blog est chez 20 minutes), 15 « haut les blogs » (l’équivalent de la « sélection » de 20 minutes), 15 avec une liste automatique des derniers mis à jour (20 minutes est le seul média en ligne « ouvert » à se risquer à cela), 10 blogs ville et encore 25 dans une catégorie « vos blogs ».

Finalement, dans cette profusion, ce qui est marquant c’est le peu de blogs de la rédaction que l’on trouve : seulement 4, dont deux ont posté cette semaine (voir par exemple Au début des années 2000).

– Le Post. Un mot sur LePost bien qu’il n’utilise pas le vocable « blog » (et non, faites la recherche sur la home page…). Car le site fonctionne sur un modèle contributif avec de nombreuses pages personnelles. Mais il reste difficile de lire les infos puisque chaque posteur à sa page lepost/perso/mapage. Et que, comme pour Rue89 partiellement, un billet publié peut se retrouver sur la home dans le fil d’actus.

Quand on regarde les derniers mis à jour, on a le sentiment d’une activité faible. Quand on regarde le fil d’actu, on a le sentiment d’une activité intense. En tout cas, la home valorise 6 invités posteurs, et la liste complète des invités fait apparaître 14 noms parmi lesquels évidemment Guy Birenbaum et William Rejault, mais aussi par exemple l’ex serial-buzzeur de DailyMotion Full HD Ready ou encore Eric Maillard.

Je n’inclus pas LePost dans le tableau récap : les infos sont trop difficiles à lire à et « catégoriser ».

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Voilà donc beaucoup de données brutes, qui méritaient d’être mises dans un beau tableau, et Samuel a fait preuve de l’intérêt de l’intelligence collective en prenant le relais.

[edit : si vous êtes passés plusieurs fois sur cet article, vous aurez remarqué des évolutions… On va dire qu’il s’agit d’un « work in progress ». J’avais initialement la flemme de produire un tableau récap, puis repris les tableaux de Samuel dans un second temps avant de prendre mon courage à deux mains et de faire mon propre tableau récap que voilà.]

tableau-media-blogs-final

(cliquer pour agrandir)

Conclusions.

Le modèle dominant est donc le 1.a. : seulement des blogs de journalistes. Le modèle 3 est aussi assez présent ce qui montre pour les médias qui le choisissent qu’ils utilisent clairement les blogs dans une logique d’extension de leur audience.

Concernant la pratique du blogging par les journalistes, à l’arrivée, on trouve quand même dans l’ensemble de ce que j’ai étudié, une centaine de blogs « rédaction » ou « journaliste », ce qui n’est pas minable même si les chiffres feraient sans doute assez mal si on allait voir combien de journalistes participent aux commentaires sur ces 100 blogs « officiels ».

Avec, selon les médias, un nombre de journalistes tenant un blog de façon active assez variable (de 1 à 15) et jamais en quantité large : c’est au Figaro, avec 15 blogs de journalistes mis à jour dans la semaine, qu’on trouve la plus grosse activité de journalistes qui bloguent.

On notera aussi que seuls quelques-uns réussissent à entretenir des blogs « invités » : Le Monde, Libération, L’Express, Rue89, Mediapart dans une moindre mesure, et LePost à sa façon. Mais cette richesse est-elle suffisamment exploitée ?

On peut aussi se demander, enfin, entre les médias qui sont dans une logique d’image de marque (modèles fermés) et ceux qui sont dans une logique de service (modèles semi-ouverts et modèles ouverts), ce qui fonctionne le mieux. Je ne pense pas qu’il y ait un modèle qui doive s’imposer, mais que le choix doit être fait en fonction des priorités du média. Il me semble par exemple assez cohérent que 20minutes soit dans un modèle hyper ouvert.

En revanche, on note la vraie difficulté à faire en sorte que la production éditoriale des blogs suive à un bon rythme et il me paraît crucial pour l’image de ne pas donner à voir des blogs inactifs… voire carrément un cimetière comme le JDD.

Du point de vue du média, la politique de blogs demande une vraie réflexion stratégique et une vraie disponibilité… Bloguer, c’est exigeant et comme j’ai souvent l’occasion de le dire : un blog ce n’est pas un outil, c’est une stratégie.

Du point de vue des observateurs, cette blogosphère des médias a aussi le mérite de permettre d’identifier de nombreuses personnalités de la société civile, invités sur les blogs de médias, experts ou leaders d’opinion dans leur domaine. Il y a donc dans ces plate-formes de médias, je pense, une très grande richesse qu’on appréhende mal quand on aborde la blogosphère par le seul côté Wikio.

Et beaucoup d’autres commentaires à faire, mais je m’arrête là.

French paradox

Les Français, premiers de la classe quand il s’agit de bloguer.

Les journalistes français, derniers de la classe quand il s’agit de bloguer.

Influence des blogs : une étude de Jupiter Research

Encore un billet à partir d’une source vue chez Marie-Catherine Beuth. Il s’agit d’une étude américaine sur l’influence des blogs vs. les réseaux sociaux, conduite par Jupiter Research. Je n’en trouve pas le détail en dehors de ce communiqué de presse, donc pas d’analyse approfondie, juste un point qui retient mon attention :

« 50% des lecteurs de blogs considèrent leurs lectures utiles pour obtenir des informations en vue d’acheter. Ils font d’avantage confiance au contenu des blogs qu’à celui des réseaux sociaux pour faire une décision d’achat. » (1)

Intéressant car d’autres études avaient tendance à montrer une confiance pas terrible des internautes dans « les blogs ». Par exemple :

– pour l’Amérique du Nord, cette étude de Forrester : les blogs en queue du peloton des sources de confiance avec un score de 30%

– pour la France, cette étude de TNS (les blogs reçoivent la note de confiance la plus basse : 4,5/10)

Alors, quelle différence entre cette nouvelles étude et ces deux précédentes ?

L’étude Jupiter Research s’intéresse à une population plus ciblée, « les lecteurs de blogs » (ceux qui lisent des plus plus d’une fois par mois). Les deux études que je cite s’intéressent à une population large : « les internautes ».

En clair, cela veut dire qu’un lecteur de blog « habitué » a plutôt confiance (enfin, à 50%, il faut donc voir de quel côté du verre d’eau on se place…) dans ce qu’il lit dans les blogs. Il les connaît, il lit SES blogs.

Cela ne me semble pas contredire les deux autres études qui s’intéressent elles à tous les internautes, donc pas seulement aux lecteurs de blogs. N’est-il pas normal de ne pas avoir confiance dans « les blogs » (notion qui recouvre tout et n’importe quoi) quand on n’est pas un lecteur régulier de blogs ?

Tout ça n’est que du bon sens mais les deux études que je cite me gênaient car elles tendaient à discréditer « les blogs », vaste ensemble qui ne signifie pas grand-chose.

A partir de là,

Question : faut-il en conclure que les blogs influenceraient leurs lecteurs habitués, et pas tellement les internautes qui viendraient dessus pas hasard (par le moteur de recherche)… ? C’est un point important à mon sens car on parle beaucoup de l’influence des blogs comme étant leur pouvoir de référencement… Or l’étude m’amène à faire un distingo entre le lecteur habitué, qui a une certaine confiance, et le lecteur touriste, qui peut être plus ou moins méfiant, critique…

Remarque : s’intéresser à l’influence des blogs, c’est bien, mais s’intéresser à toutes les sources d’influence, c’est mieux. C’est donc l’occasion de rappeler qu’en règle générale, les études montrent que la source d’information dans laquelle on a le plus confiance, c’est l’Autre, la connaissance personnelle (bouche à oreille) ; et que viennent ensuite, avec des scores plus ou moins serrés : les médias professionnels (malgré tout ce qu’on dit sur leur discrédit), les sites de marque (oui) et les avis de consommateurs (type avis sur sites marchands).

Conclusion : ce que l’étude de Jupiter nous rappelle finalement, c’est qu’un blog, c’est un média, donc un outil de publication qui a un public et un contrat de confiance avec ce public. Si on lit un blog, c’est qu’on lui fait confiance, donc que ce blog est susceptible d’influencer… Tout simplement.

(1) A compléter par un constat sectoriel :

« Outside of technology-related purchases, for which 31 percent of readers say blogs are useful, other key categories include media and entertainment (15 percent); games/toys and/or sporting goods (14 percent); travel (12 percent); automotive (11 percent); and health (10 percent). »

Un mot sur la prophétie de Quatremer

« Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). Or, le FMI est une institution internationale où les mœurs sont anglo-saxonnes. Un geste déplacé, une allusion trop précise, et c’est la curée médiatique. Après Jacques Attali et ses goûts somptuaires qui lui ont coûté la présidence de la BERD, la France ne peut pas se permettre un nouveau scandale. »

Jean Quatremer, journaliste à Libération, sur son blog Coulisses de Bruxelles, en juillet 2007.

Ce qui m’intéresse dans ces paroles prophétiques est qu’elles ont été proférées par un journaliste sur son blog. On est en plein dans l’illustration de deux convictions qui nous animent sur ce blog :

– être journaliste, c’est un métier (le journaliste fournit une information ou une analyse de qualité supérieure Versus l’internaute qui est dans le commentaire, le point de vue. Même si le journaliste n’est pas toujours obligé pour cela de livrer des prophéties ou de mettre les pieds dans le plat de la vie privée des politiques)

– le blog (de journaliste) est un format libre et dynamique qui a tout son sens pour compléter l’information du média. Format encore sous-utilisé malheureusement…

Et oui, voilà, chers lecteurs, j’ai refait surface 😉

Le recyclage du commentaire a de l’avenir… Le premier né de « tous les médias »

Je me suis enfin procuré Tous les médias, largement présenté il y a déjà plusieurs jours chez Narvic et Eric Dupin notamment.

Dans un paysage médiatique en crise comment sortir un nouveau journal avec une faible mise de départ ? Il suffit de recycler du contenu déjà disponible. La généralisation du principe de la revue de presse à l’échelle de l’ensemble d’un journal. C’est en quelque sorte ce que nous propose Tous les médias, un nouveau mensuel dont le n°1 est dans tous vos kiosques.

Évidemment je caricature un peu, les brèves et articles sont écrits par les journalistes de la rédaction du journal. Mais la plupart des informations proposées au lecteur sont des info recyclées issues de journaux étrangers, de confrères français et surtout des blogueurs qui scrutent l’univers des médias on et off line.

Cela n’empêche pas ce nouveau journal de nous proposer une valeur ajoutée sympathique :

  • D’abord la compilation d’info et de croisement d’analyses/commentaires sur un mois qu’aucun lecteur ou internaute ne peut réaliser seul.
  • Un regard et un ton proche du journal satirique.  Une alternative au Plan B sur la critique des médias…
  • Un support papier (c’est tout bête mais il faut le rappeler) qui permet plein de choses que ne permet pas le web (ou pas de la même manière) : on peut facilement passer d’un article à un autre; La lecture flottante est facilitée voire privillégiée par la maquette.

Mon petit bémol : le peu d’importance consacré aux questions sociales et à leur traitement dans les médias. Il fût un temps, pas si lointain, où Le Monde avait un supplément initiatives, Libé un encart emploi etc. Tout cela a disparu aujourd’hui… Un regard critique et régulier sur ce traitement d’info serait utile et pas forcément chiant. On attend le prochain numéro avec impatience !!

De toute façon on reparlera de cette « papiérisation » du web comme dit Eric qui a déjà commencé outre-atlantique avec Bloghology et ne fait que commencer chez nous… espérons juste que « papiérisation » du web ne rime pas trop souvent avec « paupérisation » de la presse.

Blog day +1

Nous n’avons pas pu sacrifier à la tradition du blog day hier… faute de connexion. Qu’à cela ne tienne, voici les 5 blogs que nous voulons encourager à cette occasion :

Dans la catégorie médias :

– « Après la Télé » d’Aurélien Viers

– Le blog Nouvelle formule de l’Express, d’Eric Mettout

– On est mal de Pierre France

Dans la catégorie communication : le Blok Not d’Enikao

Dans la catégorie Sciences sociales : Une heure de peine, de Denis Colombi

N’hésitez pas à faire part de vos découvertes en commentaires : la vocation du blog day est de découvrir et d’encourager !

(les curieux trouveront un décryptage du Blog Day chez Sylvain Drapeau)

Relativiser le rôle de l’UGC

Le papier de Marie-Catherine Beuth dans le Figaro de vendredi, « Renault, champion des conversations sur les blogs« , a naturellement attiré mon attention.

Il reprend des éléments d’une étude d’Oto Research qui est parue il y a un gros mois. Tubby Dev en avait fait un résumé assez complet.

Alors, de quoi s’agit-il ? D’un livre blanc (sur demande auprès d’Oto Research) qui s’attache à mettre des chiffres en face d’un certain nombre de questions qui se posent pour les marques autour du web, et notamment à mesurer l’ampleur du phénomène « UGC ».

Je ne vais pas revenir sur l’ensemble de l’étude et vous conseille pour cela Tubby Dev. Le point qui attire mon attention est le même que celui autour duquel Marie-Catherine Beuth a construit le papier du Figaro : la « part de voix » des marques par rapport aux autres sources d’information : l’UGC, les distributeurs, les médias. Les discours sur les marques sont-ils dominés par les marques elles-même (sites de la marque), par l’UGC (internautes), les distributeurs (e-commerce) ou les médias ?

Pour mesurer cela Oto Research a étudié les 100 premiers résultats Google sur les requêtes concernant 110 marques de grande consommation. Et produit le camembert suivant :

Les marques produiraient à peine plus d’un quart des discours qui les concernent et l’UGC est le premier vecteur de discours. C’est la conclusion du Figaro et du livre blanc d’Oto Research.

Voilà qui est fort séduisant et qui est susceptible d’enflammer tout ce que le web et les métiers du conseil comptent d’évangélistes du web 2.0, non ?

Sauf que la méthode et la conclusion… sont assez contestables.

L’étude a été chercher les résultats Google du les requêtes concernant 110 marques. Les cent premiers résultats Google.

Vous allez souvent sur la 10ème page de résultats, vous ? Souvenez-vous de cette petite étude qui montrait que 62% des internautes ne vont jamais au-delà de la première page de recherche. Et même si les choses ont évolué depuis, une chose est sûre, le nerf de la guerre, ce sont les 10 premiers résultats Google. Pas les 100 premiers.

En allant chercher les 100 premiers résultats, on plonge dans la longue traîne. Normal d’y trouver beaucoup d’UGC. Tiens, je pourrais faire la même étude sur les 1000 premiers résultats Google des 110 marques étudiées et en conclure que 90% des contenus sur les marques sont UGC ! (Et les annonceurs affolés viendront m’acheter du conseil web, et je me frotterais les mains.)

Pour me faire une idée un peu plus précise, j’ai repris le principe de l’étude et l’ai raccourci à la première page de recherche pour les 10 sociétés qui, selon Oto Research, suscitent le plus de commentaires (commentaires de blogueurs en l’occurrence, dans la méthodologie de l’étude).

Ce top 10 des marques qui font buzzer les consommateurs est composé de : Renault, Nokia, Canon, Orange, Samsung, Peugeot, Panasonic, SNCF, France Télécom et Philips.

Donc, à la question, quelles sont les sources d’info à propos de ces marques quand on s’intéresse à la première page de résultats de Google, la réponse est :

Dans cas de figure, qui correspond beaucoup plus à la réalité des usages du web, les 10 marques qui font le plus parler maîtrisent plus de 50% du contenu Google qui les concerne. On est quand même nettement au-dessus des 27% d’Oto Research… Et l’UGC, sur la première page de recherche, est tout d’un coup bien moins inquiétant : moins de 10% des résultats contre plus de 30% dans la méthode Oto Research.

Sur ces 10%, 80% de Wikipédia et aucun blog.

Donc, tout ça n’est pas pour dire que l’UGC n’a aucune importance. Mais on en revient à un débat de fond qui anime ce blog : ce n’est pas parce que le phénomène de l’UGC est important qu’il faut exagérer son influence. Le web 2.0 n’a pas tout changé ; il ne faut pas confondre longue traîne et usages de l’internaute ; quantité de contenu et visibilité des sources ; visibilité et influence.

Les système d’opinion évoluent. Mais pas autant que certains le disent (les certains en question étant généralement curieusement des vendeurs de conseil web, ce que je suis aussi il faut bien le reconnaître, mais pas seulement 😉 ).

Ce type d’études permet de se remettre les idées au clair : les blogs sont essentiellement des médias de niche ; Wikipédia est un outil de réputation (on est quelques-uns à insister là-dessus et le débat n’est pas fini) ; l’influence UGC se fait beaucoup par les avis conso sur les sites marchands ; les forums restent des endroits hyperactifs.

Allez quand même jeter un œil à l’étude, notamment pour ce qu’elle fait ressortir en termes de « bruit sectoriel ». « Les secteurs qui génèrent le plus de bouche-à-oreille et de messages sur les blogs sont l’automobile (27 %), l’équipement (25 %) et le voyage (6 %). », relève Le Figaro.